Rencontre avec Peter Waldner, sommité du clavecin et de l'orgue ancien

par

Nous avions découvert Peter Waldner il y a une vingtaine d’années par deux parutions chez Extraplatte (2004), consacrées à des orgues alentour de Renon, dans la province de Bolzano. Cet éminent spécialiste du répertoire baroque et du patrimoine organologique de son Tyrol natal fête ce mois-ci son soixantième anniversaire. Il a accepté de revenir sur son parcours, ses prédilections, et de nous informer de ses projets.

Monsieur Waldner, rappelleriez-vous à nos lecteurs quel itinéraire vous familiarisa à la musique ancienne et aux instruments historiques que vous pratiquez avec une autorité internationalement reconnue ? Quelle est la part de l’apprentissage auprès de vos maîtres, et de la curiosité personnelle ? Face à vos soixante bougies, quel regard jetez-vous sur votre enviable trajectoire ? Inclut-elle des regrets ?

Je suis né et j'ai grandi à Mals im Vinschgau, dans le Tyrol du Sud, à la campagne, au milieu d'un paysage naturel encore très préservé et d'une ambiance culturelle archaïque, avec de nombreuses églises carolingiennes et romanes abritant des fresques d'une grande importance historique et artistique : une circonstance qui m'a très tôt marqué et qui a éveillé en moi l'amour et l'intérêt pour tout ce qui est ancien. Après cinq ans de cours d'accordéon et huit ans de cours de piano, je n'ai pu réaliser mon rêve d'enfance, jouer du clavecin, qu'à l'âge de 19 ans, lorsque j'ai commencé mes études à Innsbruck. Reinhard Jaud, mon professeur de clavecin et d'orgue au conservatoire et responsable du célèbre orgue Renaissance (1558) de Jörg Ebert dans l'Église de la Cour, l'un des orgues historiques les plus importants au monde, a éveillé en moi l'enthousiasme et la passion pour la musique ancienne, à laquelle je me suis consacré corps et âme. Mes études de musicologie et de littérature et langue allemande à l'université ont renforcé cet intérêt. Après avoir terminé mes études à Innsbruck, j'ai approfondi ma formation auprès de grands maîtres européens dans leur domaine musical : Gustav Leonhardt, Hans van Nieuwkoop et Kees van Houten en Hollande, William Christie à Paris et Jean-Claude Zehnder à la Schola Cantorum de Bâle. Je dois à mes professeurs d'innombrables impulsions et inspirations ; ils m'ont beaucoup appris sur le plan technique, stylistique, esthétique et gustatif. Curieux de nature, avide de connaissances, aux intérêts variés, travailleur, ambitieux et constant, j'ai toujours continué à me former par moi-même afin de trouver ma propre voie et mon propre style, ce qui est certainement l'une des raisons du succès de mon travail musical. Comme j'ai toujours attaché une très grande importance à rester fidèle à moi-même et à suivre sans relâche ma propre étoile, je peux maintenant, à 60 ans jeter un regard satisfait sur le chemin parcouru jusqu'à présent, mais je préfère me tourner vers l'avenir et me réjouir des années à venir, pour lesquelles j'ai encore beaucoup de projets et au cours desquelles je souhaite continuer à évoluer sur le plan musical, humain, spirituel et intellectuel. Bien sûr, dans la vie de chacun, il y a aussi des détours et des erreurs, des fautes regrettables ou de mauvaises décisions, mais dans l'ensemble, je suis en accord avec le cours de ma vie et reconnaissant.

Les églises de votre région recèlent maintes valeureuses tribunes d’époque. Vos albums Historical Organs in South & North Tyrol (capté en 1993-996, réédité en 2021), Manualiter (juin 2021), Italiani & Oltremontani (mai 2022), Historische Orgeln der Steiermark (juillet & octobre 2022) valorisent la facture patrimoniale. Nonobstant la diversité des instruments, observe-t-on des traits communs à cette production entre Italie et Allemagne ? Quels sont vos orgues préférés ? Dans ce terroir ou d’autres, y aurait-il des consoles auxquelles vous n’avez encore jamais joué ou que vous aimeriez révéler aux mélomanes ?

Il convient tout d'abord de souligner que, à l'époque baroque, presque tous les pays européens, et souvent même différentes régions d'un même pays, avaient leur propre tradition distinctive et caractéristique en matière de facture d'orgues et de clavecins, et que les orgues, clavecins, clavicordes, épinettes, virginals et, plus tard, pianofortes étaient généralement construits dans un seul et même atelier. Ces différences et particularités nationales et régionales, qui ne concernaient pas uniquement la facture des instruments à clavier, revêtaient une importance bien plus grande qu'aujourd'hui, à une époque où, malheureusement, beaucoup de choses sont nivelées et souvent édulcorées. Les principes de construction spécifiques des orgues italiennes, par exemple, n'ont pratiquement pas changé depuis des siècles. Bien que la facture d'orgues baroque dans le Tyrol du Sud, en Styrie et dans certaines régions d'Autriche en général ait été fortement et durablement influencée par la facture d'orgues italienne en raison de la proximité géographique, elle n'en reste pas moins indépendante et spécifique. En fin de compte, les traditions italiennes, sud-allemandes et centro-allemandes, mais aussi bohémiennes, par exemple, se sont rencontrées dans ces régions. Toujours à la recherche du son original le plus authentique possible, j'ai une grande préférence pour les orgues Renaissance et baroques qui ont été conservés dans leur état d'origine et qui offrent une qualité sonore exceptionnelle. Comme je m'intéresse davantage à la qualité qu'à la quantité, les orgues plus petits peuvent également être très attrayants. Bien que j'aie déjà joué sur d'innombrables orgues historiques importants et que j'en aie enregistré certains sur CD, il existe bien sûr encore des orgues que je ne connais pas (encore) ou sur lesquels je n'ai pas (encore) joué ; mais c'est une bonne chose, car il reste encore beaucoup à découvrir.

Associant les tuyaux aux œuvres qui leur conviennent, vos anthologies accueillent les signatures notoires (J.J. Froberger, G. Frescobaldi, G. Muffat, J.S. Bach…) autant que des « petits maîtres » d’envergure locale. Quels compositeurs méconnus avez-vous plaisir à aborder et divulguer ?

Le répertoire européen pour orgue et clavecin des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles étant étonnamment riche et vaste, et la musique pour instruments à clavier ayant été composée et jouée sans interruption et en abondance dans presque tous les pays européens, nous, organistes et clavecinistes, contrairement aux joueurs de certains autres instruments, ne souffrons d'aucun manque de répertoire. Il reste encore beaucoup de musique pour clavier à découvrir, à sortir des archives et à faire revivre. Le niveau de composition était généralement élevé et tout à fait très respectable, c'est pourquoi je n'aime pas particulièrement le terme petits maîtres. De très nombreuses œuvres de ces petits maîtres se révèlent étonnamment des trésors musicaux extrêmement charmants et ravissants lorsqu'elles sont préparées avec amour, passion et soin et jouées de manière stylistiquement correcte sur les instruments originaux appropriés, même si la plupart de ces compositions n'atteignent jamais le niveau de génie musical universel de Jean-Sébastien Bach. Comme je m'occupe depuis huit ans déjà très intensivement de documenter systématiquement les orgues historiques de ma région natale, le Tyrol du Sud, sous forme de CD et de vidéos, activement soutenu par mon technicien du son et de la vidéo, j'ai parcouru et découvert la quasi-totalité du répertoire italien, sud-allemand et autrichien pour orgue des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Il me tient particulièrement à cœur de redonner aujourd'hui à ce répertoire de nos latitudes, malheureusement souvent sous-estimé, la place et l’importance qu'il mérite. Dans ce contexte, il convient de mentionner les noms de compositeurs sud-allemands et tyroliens encore bien trop peu connus tels qu'Ingenuin Molitor, Johann Speth, Anton Estendorffer, Johannes Justus Will (Justinus a Desponsatione Beatae Mariae Virginis), Franz Xaver Murschhauser, Severin Schwaighofer, Johann Pader, Bartholomäus Weisthoma ou Johann Jacob Walther.

Vos anthologies autour des Virginalistes anglais (John, come kiss me now, 2012), du Musicalischer Parnassus (avril 2023), des Pays Bas post-Renaissance et de la France du Grand Siècle (septembre 2022) témoignent du large territoire que vous relayez au clavecin. Quelle place tient cet instrument dans vos prédilections ?

Comme je l'ai déjà mentionné, dès mon enfance, j'ai voué tout mon amour et toute mon affection au clavecin. La diversité étonnante et impressionnante, les différences nationales et régionales des clavecins historiques ne sont pas moindres que celles des orgues historiques. Comme autrefois par exemple pour Louis, François et Armand-Louis Couperin, Marchand, Clérambault, Rameau, Frescobaldi, Pasquini, Storace, Pachelbel, Haendel ou Bach, l'orgue et le clavecin sont pour moi, en tant que claviériste d'aujourd'hui, les deux faces d'une même médaille, indissociables l'une de l'autre. Mon cœur de musicien bat toujours très fort pour le clavecin, ou plutôt pour la diversité des clavecins, c'est pourquoi j'ai acquis au fil des décennies une vaste collection de copies de haute qualité d'instruments à clavier historiques, qui me permettent de jouer le répertoire pour clavier de la fin du Moyen Âge au début du romantisme sur des instruments historiquement corrects.

Au sein de votre abondante discographie, on relève un double-album de 2012 consacré à Franz Schubert sur Hammerflügel. On vous connaît moins au pianoforte et dans le giron préromantique. Est-ce un spectre que vous souhaiteriez développer envers votre public ?

C'était pour moi extrêmement important et un rêve professionnel de toute une vie, pour lequel j'ai réservé une année entière de ma vie et que j'ai finalement réalisé sous la forme d'un double CD : étudier de manière très intensive les dernières œuvres pour fortepiano de Franz Schubert sur deux copies d'une qualité exceptionnelle, historiquement fidèles aux anciens pianos à marteaux viennois des années 1810 à 1815. La plupart de mes collègues pianistes, souvent très renommés, jouent Schubert sur des fortepianos à marteaux viennois beaucoup trop tardifs (1830-40), par exemple ceux de Conrad Graf. Compte tenu de l'évolution extrêmement rapide de la fabrication de fortepianos viennois durant la première moitié du XIXe siècle, il s'agit, à mon avis, d'une erreur fondamentale et lourde de conséquences. L'interprétation des œuvres de Schubert sur des fortepianos viennois des deux premières décennies du XIXe siècle m'a conduit à des résultats complètement différents. Ainsi, la musique de Schubert, qui est pour moi l'un des compositeurs les plus profonds et les plus émouvants, gagne en intimité, en délicatesse, en transparence, en légèreté, en grâce, et en humour. La lassitude du monde, souvent excessivement mise en avant, ainsi que la lourdeur fatale et la lenteur insoutenable auxquelles on associe fréquemment sa musique me semblent avant tout une construction des écoles de piano du XIXe siècle. Bien sûr, j'adorerais rejouer du fortepiano à l'avenir pour surprendre mon public, mais au final, c'est surtout une question de temps et de priorités, à mesure que la durée de vie disponible devient de plus en plus limitée.

Dans votre récent CD Frisch frölich wölln wir singen (« Divertissement de cour au Tyrol vers 1600 »), vous apparaissez avec l’Ensemble Polyharmonique. Vous avez aussi intégré de prestigieux collectifs autour de Jordi Savall, ou Odhecaton. Par-delà votre carrière soliste, quel attrait voyez-vous à ces collaborations ?

Collaborer avec des musiciens et des ensembles exceptionnels et créer des projets stimulants est pour moi une source d'inspiration et d'épanouissement immense. Si, en solo, je suis entièrement responsable de mon travail, puisant mon inspiration dans les partitions et en moi-même, les projets d'ensemble impliquent de s'intégrer à un collectif de musiciens et de développer et façonner une œuvre ensemble, ce que je trouve toujours très attrayant pour la variété qu'il offre. Je ne voudrais rater pour rien au monde de telles expériences de jeu en ensemble dans ma vie musicale très diversifiée.

Vos enregistrements se diffusent principalement par votre propre label Tastenfreuden. Quelles considérations vous amenèrent à le fonder ? Songez-vous à l’ouvrir à d’autres musiciens, en tant que producteur ou directeur artistique ?

J'ai fondé mon label Tastenfreuden en 2011, très franchement, par déception et frustration face à des conditions financières inacceptables et aux mauvaises expériences que j'ai eues avec certains labels. Ainsi, j'ai beaucoup plus de liberté et je peux donner à mes productions la forme que j'imagine et que je souhaite. Le label Tastenfreuden est exclusivement dédié à mon travail artistique sur les instruments à clavier historiques. L'ouvrir à d'autres musiciens n'est pas envisageable pour moi, du moins pas dans les années à venir.

Pour l’audience qui vous ignorerait encore, quels albums souhaiteriez-vous promouvoir ? Lesquels vous représentent le mieux, auxquels êtes-vous le plus attaché ?

En réalité, tous mes albums me sont également chers, car ils sont tous réalisés avec le même soin méticuleux et une attention très sincère aux détails. Cependant, si je devais retenir quelques productions, ce seraient par exemple mon dernier double CD d'orgue (Tastenfreuden 13), que j'ai enregistré sur douze orgues baroques et rococo de grande valeur en Styrie, ou mon dernier double CD de clavecin (Tastenfreuden 14), pour lequel j'ai enregistré l'intégralité du Parnassus musical ainsi que plusieurs suites de la collection Les Pièces de clavessin de Johann Caspar Ferdinand Fischer sur le magnifique clavecin original (1624) de Ioannes Ruckers à Colmar. Aux amateurs de musique classique viennoise, je voudrais recommander mon double CD de Schubert susmentionné (Tastenfreuden 3), et aux amis de la musique de la fin de la Renaissance et du début du baroque, mon CD Life Pictures - Scenes of the Life of King Christian IV (Tastenfreuden 8), que j'ai enregistré sur le célèbre orgue aux tuyaux en bois (1610) d'Esaias Compenius de l'église du château de Frederiksborg à Hillerød au Danemark.

Au-delà du disque, vous assumez une constante activité en concert et en festival. Comment se constituent vos programmes ? Dans un répertoire qu’on dirait « de niche », clavecin et orgue motivent-ils les auditoires et notamment la jeune génération ? Dans ce cadre, transmission et vulgarisation sont-elles des gageures ou des opportunités ?

Lors de l'élaboration de mes programmes de concert, la logique interne, la cohérence thématique, la pertinence stylistique et un fil conducteur sont essentiels à mes yeux. L'accent est mis soit sur un compositeur ou un groupe de compositeurs, soit sur un thème ou une thématique spécifique, soit encore sur des évolutions stylistiques. Un mélange arbitraire est hors de question. D'après ma propre expérience, je suis absolument convaincu que les récitals d'orgue et de clavecin peuvent fasciner et inspirer profondément le public, y compris les jeunes, pourvu qu'il assiste aux concerts. Lors d'interprétations vivantes de musique ancienne, non seulement les émotions et les sentiments sont transmis, mais une véritable étincelle d'enthousiasme s'allume instantanément dans l'auditoire. Pour moi, la musique (ancienne) est un langage universel et une forme de communication très vivante et naturelle avec le public. Il suffit donc de saisir l'essence même de l'œuvre et de la transmettre avec émotion et vivacité sur des instruments stylistiquement appropriés pour toucher et inspirer le public. La popularisation, voire la vulgarisation, n'est à mon avis ni nécessaire ni une voie viable. Finalement, ce qui compte et ce qui importe vraiment, c'est toujours la qualité de la composition et du compositeur, ainsi que la vitalité, la vivacité et la force de persuasion de l'interprétation et de l'interprète.

En tant que professeur au Tiroler Landeskonservatorium et à l’Université Mozarteum, quels conseils professionnels, quelles valeurs partagez-vous avec les étudiants ?

J'éprouve une immense joie à enseigner et à travailler avec les jeunes, notamment pour transmettre mes connaissances, mes réflexions et mon expérience aux générations futures, dans un véritable esprit de générativité. Il est primordial pour moi non seulement de stimuler mes élèves, mais surtout de les soutenir, de prendre au sérieux leurs personnalités humaines et musicales, et de respecter leurs opinions et leurs points de vue, pourvu qu'ils soient réfléchis et argumentés, plutôt que de leur imposer mes propres idées. Dans mon enseignement, je me vois davantage comme un catalyseur au sens de la maïeutique, c'est-à-dire dans la pratique intellectuelle et émotionnelle de la sage-femme du philosophe grec Socrate.

Pouvez-vous confier à nos lecteurs votre actualité, et vos ambitions discographiques ?

Avec grand plaisir ! Mon prochain projet de CD, prévu pour début juin 2026, sera consacré à l'un des plus anciens orgues jouables et en grande partie d'origine au monde : le précieux orgue gothique en nid d'hirondelle (1430-35) de la Basilique de Valère à Sion, en Suisse romande. Sous le titre Danserye, j'enregistrerai un programme très riche et vivant de musique d'orgue européenne inspirée par la danse, allant de la fin du Moyen Âge à la Renaissance, jusqu'au début de l'époque baroque. Il y a peu, une opportunité professionnelle particulièrement enthousiasmante s'est présentée à moi : dans la grande salle de la toute nouvelle Maison de la Musique d'Innsbruck, la capitale de la musique ancienne où je vis, travaille et enseigne pendant des décennies, je vais jouer, dès cette année, une série de concerts, un cycle d'un genre très particulier. Débutant par l'intégrale des œuvres pour clavecin luth de Jean-Sébastien Bach, j'interpréterai, au cours des prochaines années, les cycles les plus importants de son œuvre pour clavier (Six Partitas / Clavier-Übung I, Clavier-Übung II, Variations Goldberg, Six Suites françaises, Six Suites anglaises, Sept Toccatas, Inventions et Sinfonias, L'Art de la fugue, Le Clavier bien tempéré I et II, etc.), cela à intervalles annuels réguliers, sur mes copies de haute qualité d'instruments à clavier originaux. J'inviterai ainsi le public à un voyage passionnant à travers l'univers intemporel de Jean-Sébastien Bach pour clavier, lors d'interprétations exemplaires. Quelles perspectives d'avenir positives et prometteuses et quel merveilleux cadeau pour mon soixantième anniversaire !

Le site de Peter Waldner : www.peterwaldner.at

Crédits photographiques : DR

Vos commentaires

Vous devriez utiliser le HTML:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.