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Une reprise attendue, à Dijon

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Alexandra Conunova

On attendait beaucoup de cette soirée, trop peut-être. Après de longs mois de silence contraint, du moins dans sa formation symphonique, l’Orchestre Dijon Bourgogne retrouvait son public, au Grand Théâtre, avec un chef invité d’excellente réputation et une soliste renommée, dans un programme séduisant.

Privés de chef permanent depuis le départ de Gergely Madaras pour Liège, les musiciens allaient-ils retrouver leur cohésion, leur équilibre, leur implication ? Il est vrai que durant ces temps difficiles, tous se sont engagés dans des actions originales, en petites formations très diverses, pour répondre aux besoins de publics les plus variés, ce dont il faut les féliciter, mais qui ne peut se substituer à un travail par pupitre ou collectif.

L’orchestre, dont les musiciens sont distanciés, a trouvé place sur une scène agrandie au proscenium, débordant la fosse. Le seul handicap, réel, est l’éloignement en fond de scène des bois, dont le déséquilibre sera patent dans Beethoven.

Sur les bords du Léman, un festival à découvrir : Tannay

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A une quinzaine de kilomètres de Genève, à proximité de Nyon, se situe la charmante commune de Tannay qui a la chance de posséder un château du XVIIe siècle avec un grand parc donnant sur le Lac Léman. Chaque été, depuis dix ans, y est édifiée une vaste tente sur infrastructure métallique pouvant accueillir plus de quatre cents spectateurs, où se déroule un festival de musique de chambre intitulé les Variations Musicales de Tannay sous l’égide de Serge Schmidt, son infatigable président.

Depuis le début de l’aventure, Renaud Capuçon en est l’un des habitués ; pour cette saison, il s’est produit le 20 août avec un ensemble qu’il a formé en février 2018, les Lausanne Soloists, composé d’une vingtaine d’étudiants des classes terminales de la Haute Ecole de Musique de Lausanne (HEMU).

Alexandra Conunova, violoniste polyglotte et engagée

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Alexandra Conunova

Lauréate des concours Tchaïkovski de Moscou et Joachim de Hanovre, élève de Renaud Capuçon, Alexandra Conunova est l’un des grands talents émergents de notre époque. Parlant sept langues, cette jeune musicienne aime les défis et défricher des pans inconnus du répertoire violonistique. Alors qu’elle prend part à deux parutions discographiques consacrées à Ludwig van Beethoven et Jean-Pascal Beintus, Alexandra Conunova répond aux questions de Crescendo-Magazine  

Vous êtes originaire de Moldavie, vous résidez en Suisse et vous parlez 7 langues. Est-ce que vous vous définissez comme une citoyenne du monde ? La notion d'identité est-elle importante pour vous ?

En menant une vie de soliste, je suis bien évidement et surtout une citoyenne du monde. L’affirmer peut sembler banal mais c’est la vérité ! Je suis originaire d’une famille russophone de Moldavie, j’ai étudié en Allemagne et maintenant je réside en Suisse...J’ai l’énorme chance de vivre dans une époque qui offre la possibilité de voyager partout et le fait de parler sept langues me permet de me sentir bien où je vais. Mais au plus profond de moi je me sens Moldave, je suis fière de mon pays, de sa culture, de ses coutumes et de ses habitants. Mon pays me manque toujours, mais je suis très touchée et reconnaissante par l’accueil que l’Europe m’a réservée à mes débuts en 2004 lors d’un concert à Vienne. Pour moi, il est extrêmement important de ne jamais oublier ses origines mais je considère que l’identité se construit au long de toute une vie.

Vous êtes en soliste de l'enregistrement de la “Suite de concert sur le Petit prince d’après Antoine de Saint-Exupéry” de Jean-Pascal Beintus (21 Music). Comment incarne-t-on musicalement un tel personnage “légendaire” de la littérature ? Est-ce qu’il faut garder son âme d’enfant pour être le Petit prince au violon ?

Depuis toute petite, j’ai une imagination assez débordante qui m’emmenait très loin, parfois trop loin ! Ce fut absolument magique d’incarner musicalement le personnage du Petit prince pour lui donner une vie à travers les notes ! Il est vrai que dans le monde parfois impersonnel et froid d’aujourd’hui, il nous est difficile de garder ou faire ressortir la part d’enfant qui vit encore en nous. Mais en étant maman d’un garçon de 7 ans, je retrouve mon esprit rêveur en lui lisant les contes, et notamment le Petit prince. Je fais le voyage imaginaire dans le temps et je me laisse emporter par les émotions qui s’éveillent en moi. Pour la “Suite de concert sur le Petit prince” d’après Antoine de Saint-Exupéry” de Jean-Pascal Beintus, j’étais éblouie par la précision et la manière dont le compositeur a su trouver les rythmes, les harmonies, et utiliser les instruments pour décrire les personnages en musique.