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A Lille, succès d’Alevtina Ioffe dans la Sérénade de Tchaïkovski

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On devine combien les salles doivent motiver un large public, dans le contexte (sanitaire et économique) que l’on sait tendu. Mais on peut aussi regretter que les programmations ne brillent toujours par leur imagination. Les répertoires anglais et scandinaves recèlent de fort intéressantes pièces pour cordes désertées sous nos latitudes et que les effectifs réduits, favorisés en cette période, pourraient s’ingénier à valoriser. Préliminaire ; agrée qui voudra. Sous l’engageant titre-concept de Divertimenti, la soirée réunissait deux œuvres aussi agréables que notoires. Initialement prévu à Audruicq ce 30 septembre, le concert a dû être accueilli au Nouveau Siècle. Les 24 et 25 septembre, la crise nous a privés de Nemanja Radulović, remplacé par Edgar Moreau dans le Concerto en ut de Joseph Haydn. Le virtuose serbe devait jouer le K.216 de Mozart qui est devenu la première partie de ce que nous entendîmes ce mercredi, sous l’archet de Lorenzo Gatto. Les pupitres étaient guidés par Alevtina Ioffe, directrice musicale de l’Opéra National Natalia Sats de Moscou qui, depuis son prix au concours Victor de Sabata à Trieste en 2009, a confirmé ses talents de conduite d’orchestre, en Russie et en Allemagne.

Hier, Orchestre National de Lille : rentrée en fanfare

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Ces 24 et 25 septembre (jour de notre présence), l’ONL faisait sa rentrée au Nouveau Siècle. Sans présumer de ce qui conduisit à choisir la Fanfare for the common man d’Aaron Copland pour introduire la saison 2020-2021, on réalise combien cette pièce d’inspiration anti-impérialiste (1942), hommage aux gens ordinaires, entrait en résonance avec le contexte pandémique qui a renforcé les solidarités, la conscience citoyenne, le courage quotidien et a promu de nouveaux héros, altruistes, au sein de la société civile. L’ensemble de cuivres se déployait en tribune sur l’arrière-scène : les trois trompettes à gauche, les quatre cors face au public, les trois trombones et le tuba à droite, tous surplombant la percussion (timbales, grosse caisse, tam-tam). Cette spatialisation ne pouvait que solenniser et impressionner l’écoute. Le bref morceau, aussi édifiant qu’émouvant, s’afficha avec une autorité glabre et tendue, dans un silence recueilli.

Les exigences de distanciation peuvent inciter à une programmation de plein orchestre en petit effectif, ou alors dissocié par familles d’instruments. Ainsi la cérémonie du 60e anniversaire de l’Orchestre Philharmonique de Liège, annoncée pour le 3 octobre, pousse-t-elle l’exercice à aligner des œuvres successivement pour cuivres, pour cordes, pour bois puis pour percussion. Sans verser dans ce compartimentage, ce soir à Lille, on n’entendrait plus les cuivres. Sauf deux cors dans le Concerto pour violoncelle en ut majeur de Haydn qui invitait Edgar Moreau, vedette de la nouvelle génération dont la stature internationale brille comme l’on sait. Précisons que c’est Mozart qui était initialement prévu, sous l’archet de Nemanja Radulović, mais le violoniste serbe était empêché pour des raisons de précaution sanitaire : on espère le retrouver à la mi-octobre en ce même lieu dans un récital avec piano.

Le Printemps des Arts de Monte Carlo

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A mi-parcours du Printemps des Arts de Monte Carlo édition 2019, le festival prend le temps d’un week-end “cordes” avec des quatuors à cordes et du violon. En tête d’affiche Renaud Capuçon se présentait en soliste concertant mais aussi avec son quatuor.

Mais en introduction de ce week end, le Musée Océanographique accueillait le quatuor allemand Signum pour une soirée Beethoven avec deux des derniers quatuors. Mais comme c’est de tradition au Printemps des Arts, le concert s’ouvrait avec une pièce contemporaine : le court “Rage against the” du Sud-Africain Matthijs van Dijk, exploration rageuse des capacités des instruments mais aussi de l’expression des musiciens qui tapent plusieurs fois des pieds en accord avec cette musique. Changement de registre avec deux “gros” quatuors de Beethoven : Opus 132 et Opus 130 (renforcé par la grande fugue en si bémol majeur en mouvement ultime). La force magmatique el la haute densité du discours musical font de ces quatuors une expérience unique, presque hors du temps tant ils soumettent en concert la concentration du public à rude épreuve. Le défi pour les interprètes n’en reste pas moins immense et il est brillamment relevé par les musiciens du quatuor Signum qui trouvent encore l’énergie de se lancer dans un “bis” après plus de deux heures de musique : un lied de Schubert transcrit pour quatuor.

Coup d'envoi de l'Année Debussy

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Claude DEBUSSY
(1862 – 1918)

Trio pour piano, violon et violoncelle; Syrinx pour flûte solo; Sonate pour violon et piano; Sonate pour flûte, alto et harpe; Sonate pour violoncelle et piano
Emmanuel Pahud, flûte; Gérard Caussé, alto; Edgar Moreau, violoncelle; Marie-Pierre Langlemet, harpe; Bertrand Chamayou, piano; Renaud Capuçon, violon
2017-DDD-Livret français, anglais, allemand-Erato 0190295773960