La reine des neiges de Lucilin
Il y a du microscopique à l’œuvre dans cette belle et discrète partition de Hans Abrahamsen, qui, depuis sa création à Witten (Allemagne) en 2008 par l’Ensemble Recherche, s’est forgé une place dans la bibliothèque du compositeur copenhagois – il s’inscrit d’abord dans le courant de la nouvelle simplicité (née en réaction à la complexité, perçue comme aride, de l'avant-garde européenne – celle de Darmstadt en particulier), avant de picorer dans la période romantique puis, après une pause de huit ans, de dessiner un style plus personnel, entre rigueur moderniste et économie de moyens, une simplicité toujours travaillée par la complexité.
Schnee pousse cette logique un pas plus loin, avec un dispositif scénique séparant en deux les associations d’instruments (côté jardin : piano 1, violon, alto et violoncelle ; côté cour : piano 2, flûte hautbois et clarinette ; le percussionniste – des surfaces à frotter, des cloches, le gong –, face au chef, se pose en arbitre) et des mouvements (cinq canons, a et b, et 3 intermèdes) qui mobilisent l’un ou l’autre groupe, les deux ou d’autres combinaisons collaboratives – on suit le son comme devant un Wimbledon au ralenti.