Le Quatuor Ébène et l’Orchestre Français des Jeunes fêtent Beethoven
Dernier concert de cette douzième édition de la Biennale de quatuors à cordes, où le Quatuor Ébène aura été à l’honneur. C’est lui qui a lancé ces huit jours de célébration de la reine des formations de musique de chambre (en compagnie du Quatuor Belcea). C’est lui qui les clôture, cette fois avec l’Orchestre Français des Jeunes. C’est qu’ils ne sont pas du genre à rester dans l’entre-soi, et au contraire aiment participer à des aventures, souvent hors sentiers battus, avec des musiciens d’origines artistiques diverses.
La première partie est entièrement consacrée à Beethoven, en version originale... ou presque.
Le programme de salle prévient : « Pour ce concert, Marie Chilemme est exceptionnellement remplacée par Laurent Marfaing, altiste du Quatuor Modigliani. » Nous l’avions vue, en effet, le week-end précédent, en attente assez visible d’un « heureux événement ». Souhaitons-lui donc, après ce bonheur partagé avec ses collègues des Quatuors Ébène et Belcea, où elle nous a une fois de plus ému au plus haut point par son jeu chaleureux, passionné et attentionné, un autre bonheur, au moins aussi intense, dans les mois à venir. En attendant, elle ne se remplace pas facilement ! Avec Laurent Marfaing, par ailleurs impeccable, la sonorité tellement épanouie du Quatuor Ébène ne l’est forcément plus tout à fait autant.
Ils jouent le premier des trois quatuors dits « Razoumovski », en référence au commanditaire. C’est avec eux que Beethoven inaugure, dans son fabuleux corpus des quatuors à cordes, ce que l’on appellera la « deuxième période », selon une chronologie en trois parties couramment admise (que Franz Liszt appellera « l’Adolescent, l’Homme, le Dieu », et Vincent D’Indy « d’imitation, de transition, de réflexion »). Quel plaisir que ce chef-d'œuvre joué ainsi ! Après un Allegro plein de violence et de tendresse mêlées, le Molto adagio est tout simplement sublime. L’Allegretto retrouve une alternance de coups et de caresses, avant un Presto tout en muscles et en sourires.

César Franck (1822-1890) :