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À Rouen, Macbeth de Verdi ouvre la saison sous le signe de la noirceur

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L’Opéra Orchestre Normandie-Rouen ouvre sa saison avec Macbeth de Verdi, dans une mise en scène d’Ambre Kahan. Pierre Dumoussaud inaugure son mandat de directeur musical à la tête de l’orchestre, en dirigeant un plateau vocal de haute volée.

Entre ici-bas et au-delà

La scène est fermée par un rideau sur lequel apparaît une peinture à la Turner, dont l’image est brouillée par un effet de sfumato. À travers ce rideau apparaît, comme un spectre, une sorcière blanche accompagnée de ses suivantes. Le début du spectacle, jusqu’à l’assassinat du roi, se déroule derrière ce voile, comme pour montrer que le projet de Macbeth reste obscur et secret.

Au milieu de la scène trône une cheminée monumentale ornée de crânes, qui évoque d’emblée le royaume de la mort vers lequel court tout droit le drame. C’est de la flamme, bien réelle, de cette cheminée que surgit Lady Macbeth, tandis que le fantôme de Banco apparaît au-dessus d’elle lors du banquet. Cette cheminée devient ainsi une porte reliant ce monde à celui de l’au-delà.

L’aspect surnaturel est également présent lorsque la table du banquet descend des cintres. De part et d’autre de la cheminée, deux espaces, doublés ou triplés par des miroirs, reflètent des actes et des peuples ténébreux. La scénographie d’Anne-Sophie Grac est belle dans sa noirceur, accentuée par les lumières efficacement lugubres de Zélie Champeau. Quant aux costumes de Colombe Lauriot-Prévost, armures, kilts, robes élisabéthaines (celles-ci sont revues et corrigées par le XIXe siècle, celui de Verdi), auxquels s’ajoute une touche fantaisiste (les sorcières vêtues ou coiffées de miroirs), ils offrent un très bel ensemble, varié sans trop s’éloigner de l’époque shakespearienne, et surtout un plaisir visuel incontestable.

Exaltation verdienne : Nabucco de Giuseppe Verdi au Grand Théâtre de Luxembourg

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Des réactions exaltées pour une proposition d’intense exaltation verdienne ! C’est en effet avec enthousiasme que le public luxembourgeois a salué, au Grand Théâtre, la représentation du Nabucco de Verdi. Une production déjà passée par Séville, Genève et Anvers.

Avant tout, il y a, bien sûr, la partition de Verdi, la façon dont elle exalte les péripéties et retournements de situations du livret de Temistocle Solera. Une œuvre conçue pourtant dans un contexte si difficile pour le maestro. Familialement avec les morts successives de sa fille en 1838, de son fils en 1839 et de sa femme en 1840. Lyriquement avec l’échec retentissant de son deuxième opéra, Un Giorno di regno, en septembre 1840.

Verdi a raconté comment la découverte du livret l’avait littéralement happé et comment il n’avait eu de cesse de le concrétiser musicalement. La création en mars 1842 à La Scala de Milan est un triomphe.

Un triomphe pour cette histoire d’Hébreux captifs de Nabuchodonosor, roi de Babylone, un roi qui défie leur dieu, qui en sera puni, mais qui connaîtra la rédemption ; pour cette histoire d’ambitions terribles, celles d’Abigaille qui découvre qu’enfant d’esclaves, elle n’est pas la fille de Nabucco, et veut s’emparer du pouvoir ; pour cette histoire de rivalité amoureuse pour un ennemi, qui oppose Abigaille à sa « sœur » Fenena. Une histoire de sentiments exacerbés pour laquelle Verdi a composé une partition qui en multiplie l’intensité. Quels airs ! Des airs que la distribution réunie à Luxembourg a exaltés à son tour. La prétention, les provocations, la punition, la déréliction, le repentir, la conversion du Nabucco de Juan Jesus Rodriguez. La présence vocale et scénique si imposante du Zaccaria de Vittorio de Campo ; la fragilité bousculée de la Fenena de Lotte Verstaen ; les élans amoureux de l’Ismaele de Matteo Roma, et tout particulièrement les déferlements de l’Abigaille d’Ewa Vesin, aussi convaincante dans ses fureurs que dans son dernier chant d’adieu. Carmen Buendia-Anna, Hugo Kampschreur-Abdallo et Nika Guliashvili- Il Gran Sacerdote sont leurs justes comparses.

Mais une mention plus que particulière doit être faite du remarquable Choeur de l’Opera Ballet Vlaanderen, si bien préparé par Jan Schweiger, si déterminant dans cette œuvre qui lui fait la part si belle. Une puissance qui s’impose tout en restant nuancée.

A Pesaro, un ROF en plein air ! 

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En cette année 2020, la 41e édition du Festival Rossini de Pesaro a d’abord le mérite d’avoir lieu. Pandémie du Covid-19 oblige, le programme prévu a été reporté à la saison prochaine, en maintenant les productions de Moïse et Pharaon, Elisabetta regina d’Inghilterra et Il Signor Bruschino. Durant ce mois d’août, festivaliers et agences de spectacle se sont arraché les cinq représentations de La Cambiale di Matrimonio données au Teatro Rossini, dont le  nombre de places a été drastiquement réduit par les mesures sanitaires. 

C’est donc à ciel ouvert, Piazza del  Popolo, que se sont déroulées les autres manifestations. L’on y a édifié une scène avec un arrière-fond en bois, jouxtant une imposante fosse d’orchestre  surmontée de haut-parleurs superposés. Une fois les premières mesures passées, le produit de cette ‘alchimie’ sonore paraît plutôt satisfaisant, face à un parterre de plus de 1400 sièges dont ne sont utilisées que 680. Ceci m’a toutefois permis d’entendre deux grands chanteurs dialoguant avec la Filarmonica Gioacchino Rossini ainsi qu’une représentation d’Il Viaggio a Reims.

Un chef-d'oeuvre du Grand Opéra Français

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© Lorraine Wauters

La Favorite de Gaetano Donizetti
Dans un avenir incertain,  après la destruction de la nature, une secte dirige le monde en cultivant des vestiges du passé dans des bocaux, conservés à l'intérieur d'un gigantesque tableau périodique. Les hommes sont séparés des femmes : privées de tous droits, elles élèvent une génération de soldats. Tout cela est bien joli, mais où est le rapport avec le livret de Scribe et consorts pour ce grand opéra de Donizetti, créé à Paris en 1840 ?