Le Quatuor Arod et l’Opus 76 de Haydn : merveilles, vertiges... et questions
L’actualité du Quatuor Arod, c’est l’intégrale du fantastique recueil des Six Quatuors Opus 76 de Joseph Haydn.
Au disque, d’une part, avec leur cinquième album. De leurs quatre premiers, une moitié était consacrée à ce que l’on peut désormais appeler des classiques du début du XXe siècle (Webern, Schönberg et Zemlinsky, puis Debussy et Ravel – avec une œuvre contemporaine de Benjamin Attahir), et l’autre à des compositeurs romantiques qui avaient encore le classicisme comme référence (Mendelssohn, puis Schubert). Avec l’Opus 76 de Haydn, son dernier recueil de quatuors à cordes, on peut parler d’un compositeur classique, bien sûr, mais qui regarde déjà vers le romantisme. Et même, à l’écoute de cette interprétation des Arod, vers ce début du XXe siècle qu’ils semblent tellement affectionner, et où toute l’histoire de la musique était remise en question, tant leur lecture exalte la modernité de l’écriture de Haydn. Deux heures et vingt minutes de musique, répartis sur 2 CD dans l’ordre de publication, ce qui non seulement est assez évident du point de vue technologique, mais obéit aussi à une certaine progression de ces Quatuors, les trois derniers étant clairement tournés vers l’avenir (le premier d’entre eux – le Quatrième du recueil, donc – ayant précisément comme sous-titre, comme un symbole, « Lever de soleil »).
Au concert, d’autre part, à la Cité de la Musique, dans le cadre de la Biennale de quatuors à cordes : ni plus ni moins que l’intégrale en un concert ! Ils font toutefois le choix de les jouer en trois parties, avec deux entractes. Pour d’évidentes raisons de fatigue, pour eux comme pour le public. Et puis, cela leur permet de regrouper les œuvres par deux, de tonalités proches : N° 1 en sol majeur et N° 3 en ut majeur ; N° 4 en si bémol majeur et N° 6 en mi bémol majeur ; N° 2 en ré mineur et N° 5 en ré majeur.

The Mathilde Album.