Jean-Paul Gasparian ou le piano à l’épreuve de l’opéra

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Jean-Paul Gasparian

Pianista | Jean-Paul Gasparian ♭

Programma

Piotr I. Tchaikovsky, da Le Stagioni, op.37a: Gennaio (Accanto al Focolare), Febbraio (Il Carnevale), Marzo (Il Canto dell’Allodola), Aprile (Il Bucaneve), Maggio (Le notti bianche)
Giugno (Barcarola)
Sonata in sol maggiore per pianoforte, op.37 “Grande Sonate”
Aram Khachaturian, Spartak, Adagio di Spartaco e Frigia (trascrizione per pianoforte)
Franz Liszt / Richard Wagner, Tannhäuser, Recitativo e Romanza “O du mein holder Abendstern”, S.444
Franz Liszt / Giuseppe Verdi, Rigoletto. Paraphrase de concert, S. 434/Miserere du Trovatore, Paraphrase de concert, S. 433

Teatro di San Carlo | BLU
sabato 8 febbraio 2025, ore 20:00 – F.A. – BLU – VIII

♭ debutto al Teatro di San Carlo

Le pianiste français Jean-Paul Gasparian s’est produit en récital à la Salle Gaveau, le 9 octobre dernier, dans le cadre de la saison de Philippe Maillard Production. Après une première partie consacrée à Chopin, il a proposé un programme de transcriptions pour piano de pages célèbres de Verdi par Franz Liszt, tirées de son dernier disque, A Night at the Opera.

La première partie du récital de Jean-Paul Gasparian, consacrée à Chopin, se distingue par une approche robuste, qui privilégie la densité sonore et l’affirmation du discours. Dans les Mazurkas, plutôt que de jouer sur les subtilités du rubato et les inflexions rythmiques caractéristiques de ces pièces, le pianiste choisit de donner à la sonorité un noyau dense, en faisant ressortir avec netteté certaines voix intérieures. Cette manière de construire le tissu musical, en soulignant les lignes qui le composent, confère à l’interprétation une assise solide, mais laisse moins de place à la souplesse rythmique et aux nuances de caractère qui participent à la singularité de ces pages.

La Troisième Ballade révèle, quant à elle, une remarquable aisance technique. La musique semble couler sans entrave, portée par une fluidité qui ne se dément jamais. Chaque phrasé est admirablement réalisé, sans effort apparent, avec une maîtrise qui permet aux difficultés de s’effacer derrière le mouvement musical. Mais cette qualité devient aussi une limite lorsque les phrases s’enchaînent sans arrêt, comme si le souci de préserver la continuité prenait systématiquement le pas sur celui de ménager des respirations. L’oreille, privée de ces moments de détente où le discours peut se déposer et retrouver son élan, finit par éprouver une forme de saturation, voire d’étouffement. La fluidité, pourtant si séduisante au départ, se transforme alors en un flux presque ininterrompu, qui laisse peu de place à la suspension, essentielle pour un espace sonore.

Renaissance, au Artonov Lab, envisage trois mémoires

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Dans le panorama événementiel du Festival Artonov qui, outre les concerts, performances ou spectacles de danse, propose, pour sa 12ème édition, un regard par le trou de la serrure sur la culture populaire japonaise, au travers d'une exposition de sculptures bouddhiques et textiles boro (tissus rapiécés des campagnes) signés d'artisans anonymes, je choisis de retrouver Sturm und Klang à l'ancienne centrale électrique de Sainte-Catherine (Artonov s’installe volontiers dans des architectures sortant de l’ordinaire), devenue espace de création interdisciplinaire – une autre source d’étincelles. Dans Renaissance, c’est du passé qu’il s’agit, un temps qui a eu lieu, qu’on pourrait croire déchu, révolu, décédé – que le programme de ce soir définit toutefois comme une réalité susceptible de réémerger, travestie peut-être, à la surface de la vie. Trois œuvres, aux démarches compositionnelles distinctes, parlent donc de mémoire – comme d’un processus de mutation.

A la manière de Hans Zender, auprès de qui elle se perfectionne à l’Ecole supérieure de musique de Francfort – dans son « interprétation composée » du Winterreise de Schubert, le compositeur et chef d'orchestre allemand fait ressortir, avec des moyens contemporains, des dimensions expressives et structurelles jusque-là peu saillantes –, sa compatriote Isabel Mundry met en évidence des relations habituellement peu perceptibles – comme le dévoilement du réseau de poutres de soutènement d’un édifice – dans la musique de Guillaume Dufay, compositeur de l'école bourguignonne (point de départ de l'école franco-flamande) dont les pièces annoncent le madrigalisme et la musique de la Renaissance ; une façon d’en renouveler l’écoute autour d’une instrumentation contemporaine qui change la perspective et la temporalité.

L'Agenda Crescendo est en ligne : tous les concerts classiques de Belgique et de l'Eurorégion, en un seul endroit

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Plus de 2 000 concerts à venir, de Bruxelles à Liège, d'Anvers à Lille, de Luxembourg à Aix-la-Chapelle : Crescendo Magazine lance son agenda des concerts classiques. Gratuit, sans inscription, mis à jour chaque semaine, et même consultable depuis votre assistant d'intelligence artificielle.

Vous nous le demandiez depuis longtemps : où trouver, en un coup d'œil, tout ce qui se joue près de chez vous ? La réponse tient désormais en une adresse :agenda.crescendo-magazine.be

Toute la saison, partout autour de vous

L'Agenda Crescendo rassemble la programmation de quelque 80 salles et festivals : les grandes maisons comme Bozar, Flagey, La Monnaie, l'Opéra Royal de Wallonie ou deSingel, mais aussi les festivals, les séries de concerts de midi, les conservatoires et les lieux plus intimes. Nos partenaires, l'IMEP, le Grand Manège de Namur et l'Atelier Lyrique de Tourcoing, y sont accessibles en un clic, tout en haut de la page. L'agenda couvre toute la Belgique et l'Eurorégion : Hauts-de-France, Metz, Luxembourg, Maastricht et Aix-la-Chapelle.

Opéra, symphonique, musique de chambre, récitals, baroque, création contemporaine, théâtre musical, concerts pour enfants : chaque concert est classé par la rédaction, pour que vous trouviez vite ce qui vous ressemble.

Trouver son concert en quelques secondes

  • Ce soir, ce week-end, ce mois-ci : un clic suffit pour voir ce qui se joue bientôt.
  • Près de moi : sur votre téléphone, l'agenda affiche les concerts à moins de 40 km.
  • Par ville, salle, festival, compositeur, ensemble ou genre : envie de Bach à Gand, d'opéra à Liège ou de musique baroque à Bruxelles ? Les filtres s'en chargent.
  • Compositrices à l'affiche : un filtre pour découvrir les concerts qui font entendre des compositrices.
  • Jeune public : tous les concerts pensés pour les enfants et les familles, réunis en un clic.

Chaque concert a sa propre page : programme, interprètes, lien direct vers la billetterie et, quand la rédaction en a parlé, nos critiques et interviews des artistes. Et pour chaque compositeur, un lien vers Pauline, notre guide de découverte de la musique classique.

Votre salle préférée, directement dans votre agenda

Vous ne voulez rien manquer de votre salle ou de votre festival favori ? Choisissez-le dans les filtres, cliquez sur « S'abonner », et ses concerts s'ajoutent à votre agenda personnel (Google Agenda, iPhone ou Outlook). Ils se mettent ensuite à jour tout seuls, sans que vous ayez à y penser.

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C'est une nouveauté dont nous sommes fiers : l'Agenda Crescendo est interrogeable depuis les assistants d'intelligence artificielle comme Claude ou ChatGPT. Ajoutez simplement l'adresse pauline.crescendo-magazine.be/mcp comme connecteur dans votre assistant, puis posez-lui vos questions en toutes lettres : « Que joue Flagey en novembre ? », « Où entendre Vox Luminis cet hiver ? », « Un concert pour enfants à Namur ce week-end ? ». La réponse vient de notre agenda, avec un lien vers chaque concert.

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Du piano à quatre mains pour trois compositeurs italiens

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Ildebrando Pizzetti (1880-1968) : Trois Préludes symphoniques pour « Œdipe Roi » de Sophocle ; Concerto dell’estate. Italo Montemezzi (1875-1952) : Paul et Virginie, poème musical pour orchestre. Arrangements pour piano à quatre mains de Mario Pilati (1903-1938). Marcos Madrigal et Alessandro Stella, piano. 2021. Notice en anglais, en français et en italien. 66’ 41’’. Artalinna ATL-A040.

Rungis Piano-Piano Festival : le dynamisme du duo de pianos

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La 7e édition du Rungis Piano-Piano Festival, dédié au duo de pianos et au piano à quatre mains, s’est tenue du 30 septembre au 4 octobre, sous la direction artistique du duo Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle. Elle témoigne de la richesse du répertoire et des multiples possibilités offertes par ces formations. Nous avons assisté à deux concerts le 3 octobre.

Dans la matinée du samedi 3 octobre, quatre duos formés de jeunes musiciens prometteurs se produisaient à la Grange Sainte-Geneviève. Nous regrettons vivement de ne pas avoir pu assister à ce concert, dont le programme était particulièrement alléchant : Three March Rhythms, Étude pour 2 pianos n° 1 et 3 et Hebrew Slumber Song de Victor Babin, Shéhérazade de Rimski-Korsakov, Lilli Bulléro op. 62 de Théodore Gouvy, Scaramouche op. 165b de Darius Milhaud, et enfin trois Valses de Tchaïkovski.

Deux suites de Rachmaninov

Dans l’après-midi, à l’auditorium du conservatoire, le duo formé par Antonio Pompa-Baldi et Emanuela Friscioni proposait deux suites de Rachmaninov : la n° 1 op. 5 et la n° 2 op. 17. Les deux pianistes enseignent au Cleveland Institute of Music, dont Victor Babin (1908-1972) fut le directeur de 1961 jusqu’à sa mort en 1972. Celui-ci formait avec son épouse Victoria (Vitya) Vronsky le duo de pianos le plus célèbre de son temps. Pompa-Baldi et Friscioni perpétuent ainsi l’héritage de Babin aux États-Unis, tandis que leur présence fait un clin d’œil au programme du concert matinal.

Les deux Steinway, aux caisses satinées, l’une brun foncé tirant sur le rouge, l’autre noire, résonnent généreusement dans le petit auditorium du conservatoire de Rungis. Au programme, donc, deux suites de Rachmaninov. Dans son commentaire sur la Première Suite, écrite alors que le compositeur n’avait que vingt ans, Pompa-Baldi évoque l’idée de l’amour avant même d’avoir aimé quelqu’un : une vision rêveuse et romantique. Dans leur interprétation, ce caractère reste intact, voire plus prononcé encore dans le « Romance » de la Deuxième Suite.

Une sobriété intense : Otello de Verdi aux Théâtres de la Ville de Luxembourg

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Après l’Opéra national du Rhin et celui de Nancy-Lorraine, les Théâtres de la Ville de Luxembourg accueillent l’Otello de Verdi mis en scène et scénographié par Ted Huffman. Une réussite !

Une sobriété intense : un titre qui en résume l’essence et les effets.

Pas de reconstitution pseudo-historique, pas de grands déploiements architecturaux, pas de défilés de costumes « d’époque », pas de couleur locale, pas de cliquetis militaires. Non, un vaste espace de jeu aux grandes parois ouvertes (ou fermées, c’est essentiel) par quelques portes. Deux fauteuils, des chaises, les tables dressées d’un banquet d’apparat. Cela suffira pour que la tragédie soit !

Une tragédie, c’est une cristallisation progressive ou soudaine. Une parole, une réaction, un désir, une frustration seront les mèches d’une explosion inéluctable. Comme l’a écrit Jean Anouilh : « Et voilà… C’est tout. Après, on n’a plus qu’à laisser faire. On est tranquille. Cela roule tout seul. C’est minutieux, bien huilé depuis toujours. La mort, la trahison, le désespoir sont là, tout prêts… » L’envieux, le frustré, l’intrigant Iago instille la jalousie au cœur d’Otello. Tout ira à son terme : Desdémone, la tant aimée, la tant condamnée, mourra. Shakespeare en a fait un chef-d’œuvre ; Verdi et son librettiste Boito l’ont magnifié dans leur transposition lyrique.

Et c’est alors que la mise en scène de Ted Huffman (reprise, avec une connotation féminicide, par Franciska Ery à Nancy et Luxembourg) trouve toute sa pertinence.

Kakhi Solomnishvili et Jorge Luis Prats à l'OPMC : une soirée éblouissante

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L'Auditorium Rainier III a accueilli ce dimanche un nouveau concert de l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo (OPMC), avec le chef d'orchestre Kakhi Solomnishvili et le pianiste Jorge Luis Prats. Trois compositeurs majeurs du répertoire russe étaient à l'honneur : Igor Stravinsky, Sergueï Rachmaninov et Sergueï Prokofiev.

Kakhi Solomnishvili avait déjà dirigé l'OPMC dans le cadre d'un concours organisé en 2022 et avait alors laissé une forte impression. Depuis, sa carrière a pris un nouvel essor. Il a été nommé chef principal de l'Orchestre philharmonique slovène en 2024, puis du Philharmonique de Géorgie et de l'Opéra de Tbilissi. Depuis 2022, il est également l'assistant de Charles Dutoit et collabore activement avec l'Orchestre philharmonique de Buenos Aires et le Teatro Colón, où il a fait ses débuts en dirigeant The Rake's Progress d'Igor Stravinsky.

C'est précisément avec Feu d'artifice de Stravinsky qu'il ouvre le concert. Une miniature de cinq minutes, composée en 1908, qui attira l'attention des membres des Ballets russes et contribua à ouvrir la voie au premier des grands ballets de Stravinsky, L'Oiseau de feu (1910). Feu d'artifice annonce déjà la maturité du compositeur. On y trouve des effets instrumentaux précurseurs de l'orchestration de ses futurs ballets, ainsi qu'une asymétrie métrique et une imprévisibilité qui deviendront des marques de fabrique de son langage musical. Sous la baguette du jeune chef, l'OPMC en livre une lecture nette et colorée.

Le pianiste d'origine cubaine Jorge Luis Prats retrouve ensuite Monaco avec le Troisième Concerto pour piano de Rachmaninov. Lors de sa précédente venue, il avait interprété le concerto de Gershwin, une œuvre qui lui allait comme un gant. Le Troisième Concerto de Rachmaninov compte parmi ses chevaux de bataille, même si son interprétation ne fait pas l'unanimité.

Prats n'a rien perdu de sa virtuosité, mais sa palette dynamique semble se déployer principalement entre le doux et le fort. C'est toutefois son jeu franc et direct qui séduit. L'artiste a connu la gloire et, même si sa présence sur la scène internationale s'est faite moins fréquente, le public monégasque continue de l'apprécier et de l'acclamer.

En guise de bis, il offre trois pièces de compositeurs cubains, Ernesto Lecuona et Ignacio Cervantes, que peu de pianistes savent faire vivre avec autant de naturel. Son interprétation mêle sensualité, humour, délicatesse, mélancolie, saveur et passion. Dans ce répertoire, Jorge Luis Prats révèle une personnalité musicale attachante.

Après l'entracte, nous plongeons dans l'univers tourmenté de Prokofiev, entraînés dans un parcours intérieur. Beauté et laideur, harmonie et dissonance, tension et apaisement s'y confrontent dans une œuvre de vastes dimensions. La Cinquième Symphonie, la plus vaste des sept symphonies du compositeur, est une œuvre marquée par le contexte patriotique et guerrier de sa création.

« Messiah » d’Händel : la métamorphose des Monteverdi Choir et English Baroque Soloists sous l’impulsion racée de Rousset

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Georg Friedrich Händel (1685-1759) : Messiah. Ana Vieira Leite (soprano), Dame Sarah Connolly (mezzo-soprano), Andrew Staples (ténor), William Thomas (basse) ; Monteverdi Choir ; English Baroque Soloists, direction Christophe Rousset. 2025. Livret en français, anglais et allemand. 2h12. harmonia mundi HMM905428.29, 2 CD.

Gavin Bryars : le Titanic coule, les notes surnagent

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Sa musique est pour moi une vieille connaissance, même si elle vient à mes oreilles par le chemin détourné du monde rock de la deuxième moitié des années 1970, insinuée entre les interstices électriques, puis électroniques de Brian Eno, un autodésigné « non-musicien » (son premier instrument est un enregistreur à bandes) dont le travail, au fil des décennies, acquiert sa notoriété dans le circuit des philharmonies. En 1975, après sa période glam (des plumes et un maquillage outrancier) avec Roxy Music, alors que sort son troisième album solo (qui prépare le terrain à sa proposition ambient – une réponse renouvelée à la musique d’ameublement d’Erik Satie), Eno débute un label discographique sur lequel il édite, coup sur coup, plusieurs disques marquants, où l’on retrouve, outre sa propre production (Discreet Music), des œuvres de John Adams, David Toop, Christopher Hobbs – et Gavin Bryars, qu’Eno rencontre dans le Scratch Orchestra au Portsmouth College of Art et dont le vinyle, catalogué « Obscure no.1 » inaugure l’étiquette et ses pochettes sombres à la découpe lumineuse (elle vivra 3 ans et hébergera dix parutions de musique expérimentale).

Avec les amis d’alors (les mêmes que je retrouve, un temps avant l’ouverture du Palais des Beaux-Arts de Charleroi, pour un verre avant le concert), nous avons une préférence pour la face B, Jesus' Blood Never Failed Me Yet, une composition de 1971 de Bryars, qui s’appuie sur l'enregistrement d'un court couplet improvisé par un sans-abri inconnu (capté à l’occasion d’un documentaire sur la vie dans la rue dans les quartiers d'Elephant and Castle et de Waterloo, à Londres), une boucle que Bryars enrichit de cordes, de cuivres (Michael Nyman y joue de l’orgue) – une considération qui se matérialise aujourd’hui par le morceau What’s in a name du groupe bruxellois The Names, qui rend hommage au musicien anglais en ressuscitant le procédé (boucle grésillante, voix mélancolique, tempo flou, cordes – ici synthétiques) dans un environnement actuel. Ce qui ne nous empêche pas de retourner le Long Playing et d’approfondir The Sinking of the Titanic – et son intrigante question sous-jacente : que reste-t-il d’une musique lorsque ceux qui l’interprètent disparaissent ?