Le Diotima joue la carte de la radicalité révélatrice dans les derniers quatuors de Beethoven

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Beethoven : The Late String Quartets. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Quatuor à cordes n° 12 en mi bémol majeur op. 127 ; Quatuor à cordes n° 14 en ut dièse mineur op. 131 ; Quatuor à cordes n° 15 en la mineur op. 132 ; Quatuor à cordes n° 16 en fa majeur op. 135 ; Quatuor à cordes n° 13 en si bémol majeur op. 130 (avec ses deux finales : Grande Fugue op. 133 et Allegro de substitution). Quatuor Diotima. 2024. Notice en français et en anglais. 73' 22'', 65' 15'', 58' 19''. Pentatone PTC 5187604

Avoir vu et revoir : Requiem de Mozart au Festival d’Aix-en-Provence

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Ce Requiem de Mozart « revisité » par Romeo Castellucci avait été un des moments forts de l’édition 2019 du Festival d’Aix-en-Provence. En 2022, il a fait l’événement à La Monnaie à Bruxelles. Le voilà de retour à Aix. Retrouvailles pour les uns – dont moi-même -, découverte pour les autres.

Le revoir donc.

Commencer d’abord par rappeler qu’il n’est pas une œuvre scénique. C’est une messe, une Missa da Requiem. Mais de nos jours, on le sait, la tendance est à mettre en scène des oratorios ou autres œuvres du genre. Il y a peu, je rendais compte ici même d’une version scénique de la Missa da Requiem de Verdi créée à l’Opéra de Nancy.

Souligner ensuite la personnalité de celui qui s’est lancé dans l’entreprise. Romeo Castellucci, on connaît son talent, la radicalité de ses interpellations scéniques. Pour le meilleur et pour le pire. Personnellement, il m’a offert des moments d’émerveillement, inoubliables, mais il m’a tout aussi prodigieusement agacé. 

Castellucci, n’illustre pas l’oeuvre qu’il met en scène, il n’est jamais dans le pléonasme. Toujours, il nous propose des univers parallèles en quelque sorte, des équivalences plastiques ; il se livre à des « performances ». Toujours, il nous interpelle et nous oblige de ce fait à adopter un autre regard sur les œuvres qu’il s’approprie. Avec lui, il s’agit de renoncer à un regard rationnel, qui veut à tout prix comprendre ; il faut s’abandonner à ce qui nous est proposé, laisser libre cours à une perception sensorielle. C’est la clé d’un éventuel bonheur. Eventuel parce que ça ne marche pas à tous les coups !

Ce qui est incontestable cette fois, c’est que son Requiem, cette messe des morts, cette messe de la mort, est paradoxalement un hymne à la vie.

Pärnu Music Festival : leçon de musique et de répertoire avec Neeme Järvi

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Salle comble hier soir au Pärnu Kontserdimaja pour l'ouverture du festival , avec un programme d'une cohérence rare, articulé en arc de l'aube au crépuscule, servi par le Järvi Academy Symphony Orchestra sous la direction du légendaire Neeme. Une soirée foncièrement anti-spectaculaire — et foncièrement musicale.

Les premières mesures de Koit de Heino Eller donnent immédiatement le programme : cordes basses tenues, montée lente vers la lumière, aucune emphase. Neeme Järvi n'a pas besoin de trois minutes pour installer un climat : il lui suffit d'un tempo juste et d'un orchestre qui écoute. Le Pärnu Kontserdimaja est comble, l'atmosphère tient autant du rendez-vous artistique que de la réunion de famille, et l'évidence s'impose dès cet accord initial — avec Neeme Järvi au pupitre, on part pour une aventure. Le maître estonien a construit un programme dont l'ambition d'écoute contredit la modestie apparente : pas de soliste-vedette, pas de concerto, pas de morceau de bravoure. Six poèmes symphoniques et une pièce élégiaque, dont plusieurs pages que l'on n'entend pratiquement jamais en concert. Un programme das l'ADN du maestro : la découverte avant tout.

Le geste programmatique mérite qu'on s'y arrête. En encadrant chacune des deux parties par une page de Heino Eller — Koit (L'Aube, 1918) puis Videvik (Crépuscule, 1917) —, Neeme Järvi poursuit un travail de défrichage qu'il a mené sur le versant discographique pour Chandos : installer Eller au rang qui lui revient, celui de fondateur du symphonisme estonien, maître d'Eduard Tubin, jalon indispensable entre Sibelius et Pärt. Le placer face à Dvořák, Smetana, Fibich et Grieg ne relève pas de la coquetterie muséale mais d'une revendication d'équivalence de statut. Que ces deux tableaux aient été composés en 1917-1918, à quelques mois de la déclaration d'indépendance estonienne du 24 février 1918, ajoute à l'événement une résonance historique que le festival — et l'Académie qui porte le nom de Järvi — assument pleinement.

La poésie de Heinrich Heine, fil conducteur d’un récital de la mezzo Helen Charlston 

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A Poets’Love. Carl Loewe (1796-1869) : Die Lotosblume op. 9-1/1. Josephine Lang (1815-1880) : Wenn zwei von einander scheiden op. 33/6. Fanny Mendelssohn-Hensel (1805-1847) : Schwanenlied op. 25/7 ; Fichtenbaum und Palme. Robert Schumann (1810-1856) : Die Lotosblume op. 25/7 ; Dichterliebe op. 48. Felix Mendelssohn (1809-1847) : Reiselied op. 34/6. Héloïse Werner (° 1991) : Knight’s Dream.   Helen Charlston, mezzo-soprano ; Sholto Kynoch, piano. 2024. Notice en anglais, en allemand et en français. Textes chantés reproduits, avec traduction en anglais. 62’ 52’’. BIS-2704

Voyage stylistique au Festival international de Colmar

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Comme chaque année, le Festival international de Colmar propose trois concerts par jour à son public. Le premier est destiné aux jeunes talents du CNSM de Paris, le deuxième à la musique de chambre, et le troisième à un ensemble ou soliste de prestige. 

Pour cette première journée complète, nous avons commencé avec un récital de la pianiste tadjike Anastasiya Magamedova. Consacrée aux compositrices, cette prestation fut l’occasion de découvrir une musicienne sobre, efficace, avec un jeu lisible et une belle gestion des textures. Le public a ainsi pu profiter des Trois morceaux pour piano de Lili Boulanger, des Soirées musicales Op.6 de Clara Schumann, de L’oiseau lunaire de Sato Matsui ainsi que des Six études de concert Op. 35 de Cécile Chaminade. Malgré quelques fragilités dans le maintien de la tension et de l’attention dans certaines pièces, Anastasiya Magamedova nous a livré de très beaux moments. L’oiseau lunaire nous a permis d’apprécier sa gestion très juste des silences et sa sensibilité jusque dans les motifs les plus simples, tandis que les Trois morceaux pour piano furent un terrain de jeu idéal pour démontrer toute sa maîtrise des textures et son toucher très fin. Un récital agréable et homogène qui aurait peut-être mérité de compter l’une ou l’autre pièce avec une atmosphère différente. 

Des émotions délicates : Accabadora de Francesco Filidei au Festival d’Aix-en-Provence

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Proposer une création lyrique contemporaine dans le si élégant petit théâtre à l’italienne qu’est le Théâtre du Jeu de Paume : c’est le magnifique paradoxe perpétué de ces représentations-là au Festival d’Aix-en-Provence. Des notes et des airs d’aujourd’hui dans ce théâtre d’hier. Cela nous a valu plus que régulièrement de vivre quelques-uns des plus beaux moments de ce festival. Cette année encore.

Il est vrai que l’intimité de ce petit lieu et la proximité des spectateurs avec le plateau suscitent une atmosphère acoustique toute particulière, favorable à la rencontre, à l’échange.

Cette année : Accabadora de Francesco Filidei.

Un titre inattendu, difficile à énoncer du premier coup.

De quoi s’agit-il ? De qui s’agit-il ? Dans les campagnes de Sardaigne, d’une femme, la « Dame de la bonne Mort », la « dernière mère », celle qui, à la demande de la famille ou des proches, venait mettre un terme aux souffrances d’un mourant, l’euthanasier en quelque sorte, notamment en l’étouffant avec un oreiller.

L’autrice Michela Murgia a écrit un beau roman inspiré de cette tradition. Qui a lui-même inspiré le compositeur Francesco Filidei, déjà connu et reconnu pour trois autres créations : Giordano Bruno, Le Nom de la Rose et L’Inondation, créée au même Festival d’Aix-en-Provence en 2019.

Dans ce petit village sarde, Maria, née dans une famille trop pauvre, est confiée à Tzia Bonaria Urrai, une couturière âgée et mystérieusement respectée. Maria est ainsi ce que l’on appelle là-bas « une enfant de l’âme ». Peu à peu, elle va s’interroger sur les activités parallèles de Tzia et finira par découvrir la réalité de sa « mission ». Bouleversée, elle quitte le village pour aller s’installer dans le nord de l’Italie. Quelques années plus tard, elle est rappelée au chevet de Tzia Bonaria mourante. C’est alors qu’elle va accepter d’assumer à son tour le geste de Tzia.

La transcription lyrique de ce récit nous vaut un opéra d’émotions délicates.

Claire-Marie LeGuay : Bach, de la joie à la lumière

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Un livre écrit à quatre mains avec Erik Orsenna, un disque (Mirare), des récitals aux Midis-Minimes à Bruxelles et Louvain, un concert et une rencontre avec Orsenna à La Roque d’Anthéron, Claire-Marie LeGuay et Bach font la une de l’activité musicale en ce mois de juillet.

Comment s’est déroulé cette réflexion conjointe avec Erik Orsenna, comme une série de réactions instinctives ou comme l’application d’une conduite préétablie ?

Plutôt comme un dialogue construit au fil des ans. Tout a démarré avec un concert paroles et musiques qui apportaient un regard sur Bach au travers de ses deux femmes Très intéressé, le public nous a incité à faire quelque chose ensemble, une sorte de dialogue croisé où nous nous adressions directement au lecteur et non pas l’un à l’autre. Certes nous nous répondions et évoluions en parallèle mais en étant surtout sensibles aux expériences que nous voulions partager : l’apprentissage de pianiste amateur d’Erik, mon travail avec Thierry Escaich ou la découverte conjointe des manuscrits lors d’une incroyable visite d’initiation dans un département secret de la Bibliothèque nationale. Notre objectif était de retrouver l’image de Bach et de le sentir proche de nous.

C’était l’expression d’un rendez-vous quotidien avec le maître qui revêtait pour chacun d’entre nous une importance capitale comme l’équivalent de l’air que l’on respire.

Peu de compositeurs suscite cette quotidienneté. On pense à Chopin qui jouait tous les matins un prélude et fugue de Bach. Qu’est-ce qui le rend aussi présent chez ceux qu’il fascine ?

On a chacun ses points de repère, nous avons tous nos œuvres chères. C’est une sorte de dialogue avec soi-même qui traverse notre vie avec ce qu’elle comprend d’efforts, de voyages, de responsabilités multiples qui s’expriment chez lui dans un paroxysme d’énergie et me rapproche de sa personnalité. Ce quotidien devient alors l’œuvre d’une vie, de l’espoir aussi qui permet de lutter contre les tracas d’une existence. Et lui-même n’a cessé de se battre, porté par une espérance sans faille.

Bach traversa en fait une vie très dure.

Elle le fut depuis son enfance où il s’est retrouvé loin de ses parents, amené à apprendre en copiant des œuvres d’origines diverses, entreprenant de longs voyages à pied pour faire des découvertes musicales (Reinken à Hambourg, Buxtehude à Lubeck).

Et plus tard sa vie devient une expérience ahurissante quand il compose à Leipzig en donnant cours aux élèves, éduquant enfants et élèves chez lui au milieu d’une foule de gens et composant dans cet incroyable brouhaha. En musique, il accumule expériences et connaissances avec une gourmandise insatiable et défend ses positions vis-à-vis de sa tutelle avec un courage audacieux.

Et que dire de cet émouvante fin de vie où malade et mal voyant, estimant avoir tout dit, il se recentre sur l’essentiel avec ses grandes compositions aux architectures structurées, fasciné à la fois par les mathématiques et une volonté d’abstraction totale dans ses compositions. Il creuse son être tout en restant fasciné par la densité du propos. Sur son lit de mort, il demandait encore à entendre de la musique. Il n’a jamais cessé de jeter des ponts vers tout le monde. Etonnante fin de vie de créateurs : Bach se concentre à l‘extrême là où Schuman insensiblement s’efface.

Cette vie engouffrée dans la création permanente est en contradiction avec l’image du compositeur dans sa tour d’ivoire que va imaginer le romantisme et qui va imprégner tout le 20e siècle.

Oui mais c’est aussi une question de personnalité. Prenez Thierry Escaich dont je parle dans mon livre parce que, comme Bach, il pratique au plus haut point l’improvisation. Il part sans cesse à la découverte de choses nouvelles et est habité par la curiosité d’aller vers les autres. Ce travail face au texte est aussi à la base des transcriptions (Bach en faisait beaucoup) où Florian Noack est incomparable. L’écriture fournit une perception à l’interprète qui l’utilise dans son interprétation mais celle-ci varie inéluctablement au fil des circonstances. On peut alors prendre une chose et la faire sienne.

Un puzzle exactement agencé, des convergences dynamiques : les clés d’une réussite confondante : Die Frau ohne Schatten de Richard Strauss au Festival d’Aix-en-Provence

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C’est avec un enthousiasme unanime que le public du Grand Théâtre de Provence a manifesté son bonheur à la fin de la représentation de La Femme sans ombre de Richard Strauss. Ovationnant une incontestable réussite.

Il s’agit là effectivement d’une production qui s’inscrira dans le souvenir de ceux qui auront eu la chance d’y assister – un public qui se multipliera d’ailleurs grâce à une diffusion en direct sur Arte ce jeudi 9 juillet à 19h et, coproduction oblige, en la découvrant à La Monnaie de Bruxelles lors d’une prochaine saison.

Dans ce cas-là, chaque fois, on se demande pourquoi on est ainsi exalté, convaincu, bouleversé, si heureux d’avoir vécu ces moments-là.

Deux mots pour expliquer cela : puzzle et convergence.

Puzzle : une production, c’est l’assemblage d’une série de « pièces », d’éléments essentiels à l’accomplissement d’un projet. Il faut qu’ils soient exactement découpés. Convergence : il faut que les pièces ainsi découpées s’agencent, se combinent et s’amplifient, dans le dynamisme de leur jonction.

Il y a d’abord « l’histoire », le récit, le livret. L’Impératrice, fille du roi des Esprits, a épousé l’Empereur des Îles du Sud-Est. Elle n’a hélas ni ombre ni enfant ; et si cela ne se résout pas, son mari sera changé en pierre ! Elle descend donc chez les humains afin d’y trouver l’ombre nécessaire. Ce qui la conduira chez le teinturier Barak et sa femme. Vouloir se procurer l’ombre de cette femme confrontera l'Impératrice à de graves questionnements. Rassurez-vous, happy end, tout sera bien qui finira bien pour les deux couples.

C’est Hugo von Hofmannsthal qui signe ce livret, un livret composé en accord (désaccords parfois) avec Strauss. Il est vrai que les deux hommes ont formé un duo remarquable, qui nous aura valu six chefs-d’œuvre : Elektra, Der Rosenkavalier, Ariadne auf Naxos, Die Frau ohne Schatten, Die ägyptische Helena et Arabella. On imagine aisément leur complicité et la façon dont le compositeur pouvait amener son auteur à comprendre ses exigences de composition.

Mais surtout, il y a la partition. Comme l’a dit Klaus Mäkelä, le chef d’orchestre : « D’une richesse extraordinaire, elle fait appel à toutes les ressources possibles ». Incontestablement, ellee fait de l’orchestre un personnage à part entière. Comme le prouvent d’ailleurs les intermèdes qui le laissent s’exprimer en solo. Quelle intensité, quels contrastes, quelle belle place laissée à des solistes, quels déferlements, quels épanchements, quelles subtilités.

Et Klaus Mäkelä, justement, lui confère une vie extraordinaire. De ma place dans la salle, je pouvais le voir diriger. Quelle façon de prendre son orchestre « à bras-(baguette)-le corps, de l’exalter, de le conduire à des raffinements extrêmes. Il est vrai que « son » Orchestre de Paris est en phase avec lui.

Ouverture du Festival international de Colmar 

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La quatrième édition du Festival international de Colmar version Alain Altinoglu s’est ouverte avec un concert de l’Orchestre symphonique de la Monnaie, dirigé par le chef français. Cette édition se place sous le signe de la continuité. Les habitués du festival seront donc ravis de retrouver Grigory Sokolov, l’Ensemble Ô-Celli (déjà présent en 2023) ou encore l’Orchestre National de Mulhouse. Bien sûr, les nouveautés ne manquent pas avec notamment la venue du B’Rock Orchestra ou de la soprane Natalie Dessay. La programmation d’Alain Altinoglu se veut ouverte à tous les publics, toutes les esthétiques, allant de Beethoven à Edvard Grieg en passant par John Williams, Alberto Ginastera ou Chick Corea. 

Le concert d’ouverture fut consacré à trois tubes du répertoire, La Chevauchée des Walkyries de Richard Wagner et les Quatre derniers Lieder et Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss. 

Joanna Woźny, la perception, camarade !

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Like little … sunderings. Joanna Woźny (1973-). Talea Ensemble, Susanne Blumenthal, Sylvia Kimiko Krutz, Eriko Muramoto, Ensemble Ascolta, Jonathan Stockhammer, Vokalensemble NOVA, Schallfeld Ensemble, Marie Jacquot, Tiroler Symphonieorchester Innsbruck, Peter Rundel. 56’46". 2025. Livret : anglais, allemand. Kairos. 0022051KAI.