Le droit d'auteur européen nouveau est (presque) arrivé !

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La veille de la Saint-Valentin, une délégation de la Commission, du Conseil et du Parlement européens est enfin parvenue à un accord sur la révision du droit d’auteur de l’Union européenne. Les accents triomphalistes du communiqué de presse portant le nouveau texte sur les fonts baptismaux parviennent difficilement à faire oublier les âpres discussions auxquelles la réforme a donné lieu. Le 14 février 2019, c’est par un « Je t’aime, moi non plus » que la plupart des parties intéressées ont accueilli le nouveau régime juridique, fruit d’un fragile compromis.

Il faut dire que les intérêts en présence étaient particulièrement difficiles (pour ne pas dire impossibles) à concilier. Une véritable quadrature du cercle qui aura coûté au triumvirat européen deux ans et demi d’efforts. Manœuvrant dans les eaux tumultueuses d’un triangle des Bermudes dessiné par trois lobbies aux positions antagonistes et parfois virulentes – représentants des auteurs, interprètes et exécutants et de leurs ayants-droit; plateformes en ligne; et utilisateurs –, le législateur a lui-même dû composer avec ses diverses composantes: une Commission soucieuse d’harmoniser le droit des Etats membres de l’Union, jusqu’ici relativement fragmenté dans le domaine du droit d’auteur; un Conseil donnant de la voix aux intérêts des Etats; et un Parlement attentif aux opinions de la société civile, divisée sur la question.

Denis Sungho, artiste pluriel

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Né à Busan (Corée du Sud) en 1975, il arrive la même année dans sa famille belge. Une jeunesse paisible où la musique prend rapidement une place de choix. Alors, c’est le Conservatoire de Huy, le Conservatoire de Bruxelles (classe de Sergio Assad) avec, à la clé, un Premier Prix en 1994, et des formations complémentaires à l’Ecole Normale Supérieure Alfred Cortot (Paris) auprès d’Alberto Ponce puis chez Odair Assad au Conservatoire Mons où il obtient son Diplôme Supérieur en 1998.

Travail et talent se conjuguent avec bonheur. Il est d’abord lauréat de la musique de la Fondation Belge de la Vocation puis, en 2005, son tout nouveau statut de Rinsing Star lui ouvre les plus grandes scènes. Ce seront Carnegie Hall (New York), le Concertgebouw d’Amsterdam, le Musikverein (Vienne), le Mozarteum (Salzburg), le Symphony Hall (Birmingham), le Konserthuset Stockholm, le Megaron (Athènes), le Palais des Beaux-Arts à Bruxelles, la Cité de la Musique (Paris), la Philharmonie de Cologne, celle de Berlin...
On le retrouve dans le cadre de festivals tels que le MusikTriennale à Koln et avec des ensembles comme l'Ensemble Intercontemporain ou Oxalys.  Ses enregistrements chez Fuga Libera, EMI et Naxos sont salués par les critiques spécialisés.

https://cetanres.com/single-frauen-werl/

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Tout comme cela fut fait pour Debussy, Warner publie un gros coffret avec les oeuvres d’Hector Berlioz, magnifique entrée en matière pour les célébrations des 150 ans de la mort du génial compositeur. A cette occasion, Crescendo Magazine vous propose une rencontre avec Philippe Pauly, la cheville ouvrière de ce coffret et l’un des plus grands connaisseurs de la discographie de la musique classique.  

Dans le cadre de cette intégrale, vous avez dû planifier des enregistrements pour compléter le coffret par des œuvres inédites. N’est-il pas surprenant, en 2018, d’avoir encore des inédits de Berlioz comme cette Nonne Sanglante ?

Je dirais oui et non : plusieurs raisons peuvent expliquer de tels phénomènes. Parfois, une partition que l’on croyait perdue est miraculeusement retrouvée : ce fut le cas de la Messe solennelle de Berlioz. D’autres fois, le manuscrit est connu mais appartient à des collections privées et reste longtemps inaccessible : c’est encore le cas de certaines pages de Debussy. La résurrection de fragments plus ou moins achevés nécessite souvent un long travail d’édition et de reconstruction afin de rendre ces œuvres exécutables. Concernant Berlioz, son œuvre ne fit l’objet de recherches approfondies que relativement récemment : dois-je rappeler qu’il fallut attendre 1969 pour que la partition complète des Troyens soit enfin éditée ?

Liège : salle comble pour Rachmaninov

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Après 2 concerts à Flagey et à Metz, Denis Kozhukhin et l’OPRL sous la direction de John Axelrod se produisaient à Liège ce vendredi 15 février, dans un programme assez sombre.

Œuvre-phare de la soirée, le Concerto n°2 de Sergueï Rachmaninov, dont le succès ne s’est jamais démenti depuis sa première exécution, est dédié à l’hypno-thérapeute Niels Dahl, qui avait aidé le compositeur à sortir d’une dépression due à l’échec de la création de sa Première Symphonie. Au fil des trois mouvements, on assiste donc à son retour à la vie active (et à l’écriture).

César Franck en intégrale

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César Franck (1822-1890) : Intégrale de l’œuvre. 2019-DDD-23 CD-Textes de présentation en anglais-Brillant Classics-95793

Franck, le plus français des compositeurs belges, doit sa renommée à quelques ouvrages bien connus des mélomanes tels que ses pièces pour orgue, pour piano, de musique de chambre ou symphoniques dont il faut souligner l’extrême finesse. Et finalement, voilà un nom célèbre qui trouve rarement le chemin des salles de concerts à l’exception de quelques ouvrages, sans doute plus accrocheurs : la Symphonie en ré mineur, Le Chasseur maudit

Trois nouveaux opus aux Éditions Symétrie

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Toujours à la pointe dans la recherche de répertoires inédits, les Éditions Symétrie nous gratifient ces dernières semaines d’ouvrages consacrés à Antoine Reicha, Guy Sacre et Hector Berlioz.

Guy Sacre (1948) : Enfance, deux mélodies sur des poèmes de Rimbaud

Guy Sacre est un compositeur français né en 1948 dont le style ne s’attache à aucune école bien définie. Avec ces deux mélodies sur des poèmes extraits des Illuminations de Rimbaud (« Enfance », III et IV), un monde léger et subtil se substitue, comme le dit très bien Guy Sacre, à « tant de masques contradictoires : le mystère et le révolté, le sauvage et le savant… » Car ce que distingue Guy Sacre dans l’une des plus grandes plumes de la littérature française, c’est le visage d’un enfant. Et à juste titre, ces deux tableaux écrits pour l’un en octobre 2015 (« Au bois ») et l’autre en mai 2016 (« Je suis le Saint ») se différencient de beaucoup d’autres textes mis en musique par le soin porté ici aux inflexions du textes et de leurs significations. Le langage est fluide, coloré par des harmonies tantôt chaleureuses, tantôt plus symboliques aux accords larges et éclatés, la ligne vocale libre et sans aucune chausse-trappe. L’écriture pianistique se distingue par une exploration de tous les timbres et épouse avec soin le contour mélodique. Ajoutons à cela de nombreuses dynamiques pour appuyer le pouvoir des mots et l’émotion qu’ils procurent.

Hélène Desaint, l'alto remarquable

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Robert Schumann (1810-1856) : Märchenbilder, Op. 113 pour alto et piano*, Romances, Op. 94 pour alto et piano*, Märchenerzählungen, Op. 132 pour alto, clarinette et piano°. György Kurtág (1926) :  Signes, jeux et messages pour alto solo, Hommage à R. Sch. pour alto, clarinette et piano°. Hélène Desaint (alto), Ronald Van Spaendonck (clarinette), Louis Lortie* et Nathanaël Gouin° (piano). Fuga Libera FUG 611 - DDD - 2018 - 60’48 - Textes de présentation en anglais et français.

Beethoven en perspective avec Alain Altinoglu

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Dans le cadre de sa saison symphonique au Palais des Beaux-Arts, l’Orchestre symphonique de La Monnaie et son directeur musical Alain Altinoglu proposent une intégrale des symphonies de Beethoven mise en relief avec des créations contemporaines qui permettent d’offrir de la visibilité aux solistes de l’orchestre.  Pour cette étape les Symphonies n°5 et n°6 étaient confrontées à la création du Concertino pour harpe (...after a soft Silence, an enormous Thunder…) du compositeur belge Wim Henderickx avec la harpiste Agnès Clément en soliste.

Le violoncelle et la renaissance musicale anglaise

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Rebecca CLARKE (1886-1979) – Sonate pour violoncelle et piano. Frank BRIDGE (1879-1941) – Serenade, Spring Song, Scherzo, Sonate pour violoncelle et piano. Ralph VAUGHAN WILLIAMS (1872-1958) – Six Studies in English Folk Song. Natalie Clein (violoncelle), Christian Ihle Hadland (piano) – 60’07 – Textes de présentation en français, anglais et allemand – Hyperion CDA68253

La violoncelliste Natalie Clein et son pianiste Christian Ihle Hadland nous offrent ici des versions de référence de trois œuvres datant de la renaissance musicale anglaise du début du XXe siècle, signées Rebecca Clarke, Frank Bridge, et Ralph Vaughan Williams.

Un chef d'œuvre post-baroque au Bach Heritage Festival

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Du 6 au 10 février dernier se tenait à BOZAR la troisième édition du Bach Heritage Festival. Philippe Herreweghe et le Collegium Vocale Gent, qu’il a fondé en 1970, avaient présenté en concert d’ouverture une série d’œuvres de Jean Sébastien Bach en parallèle avec la projection du film Lebenslicht. Le dimanche 10 février, ils étaient de retour, accompagnés cette fois par l’Orchestre des Champs-Elysées, ensemble lancé en 1991 à l’initiative de Philippe Herreweghe et d’Alain Durel, pour clôturer le festival avec l’oratorio Elias de Felix Mendelssohn Bartholdy.