L’OCP et Philipp von Steinaecker : passionnant rapprochement entre Webern et Beethoven, et lumineuse Alena Baeva

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« Deux Vienne(s) » : tel est le titre de la soirée proposée par l’Orchestre de Chambre de Paris, en référence aux deux « écoles de Vienne » : la première (Haydn, Mozart et Beethoven), que l’on n’a appelé « école » qu’après coup, et la « seconde école de Vienne » (Schönberg, Berg et Webern), pour marquer le changement radical non seulement avec la première, mais aussi avec tout ce que les compositeurs avaient produit entre temps. Au programme, les deux compositeurs qui ont porté chaque école à son point culminant... presque de non-retour, puisqu’après eux chaque compositeur a dû chercher sa propre voie, sans possibilité de se glisser dans celle du passé. Comment écrire encore un quatuor à cordes, une symphonie ou une sonate pour piano après Beethoven ? Il faudra passer à la musique romantique. Comment aller plus loin dans la concentration et la concision après Webern ? Il faudra passer à la musique contemporaine.

Au pupitre, Philipp von Steinaecker, violoncelliste et chef d'orchestre allemand que la biographie officielle présente comme « réfléchi et polyvalent », avec un répertoire qui englobe non seulement ces deux écoles de Vienne, mais aussi la période baroque. Chacune des deux parties du concert commence par Webern, et se poursuit par Beethoven.

A Genève, l’exhumation d’un ouvrage rare, La Femme nue d’Henry Février

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Depuis 2017, s’est créée, à Genève, l’Association Ascanio destinée à soutenir le chef d’orchestre Guillaume Tourniaire, afin de faire connaître par le concert, la représentation scénique et l’enregistrement, des œuvres lyriques injustement oubliées. Ainsi, en novembre 2017, ont pu être exhumés Ascanio de Camille Saint-Saëns qui n’avait jamais été joué intégralement puis La Sorcière de Camille Erlanger en décembre 2023. Et mercredi dernier 14 octobre, au Victoria Hall de Genève, a eu lieu la redécouverte de La Femme nue d’Henry Février.

Que sait-on de ce musicien, né à Paris le 2 octobre 1875, la même année que Maurice Ravel, et mort dans cette même ville le 8 juillet 1957 ? L’on évoque parfois l’un de ses ouvrages lyriques, Monna Vanna, en ignorant qu’il en a écrit sept autres. Au Conservatoire de Paris, Henry Février fut l’élève des compositeurs Xavier Leroux, Jules Massenet, Gabriel Pierné et du pianiste Raoul Pugno qui assuma, en 1903, la création de sa Sonate pour violon et piano avec George Enescu. Mais c’est sa production lyrique qui lui assura le succès avec Le Roi aveugle (1906), Monna Vanna (1909), Carmosine (1912), Gismonda (1918) qui fut créée par Mary Garden, La Damnation de Blanche-Fleur (1920), L’Ile désenchantée (1925), La Femme nue (1929) et Sylvette (1932).

Pour en venir à La Femme nue, l’ouvrage a été créé à l’Opéra de Monte-Carlo le 23 mars 1929 puis présenté à l’Opéra-Comique le 25 avril 1932. Le livret de Louis Payen est basé sur la pèce homonyme d’Henry Bataille datant de 1908. A grandes lignes, le sujet peut se résumer ainsi : Pierre Bernier est un peintre ambitieux qui attend la gloire et la médaille d’honneur au Salon de peinture. Il a peint Lolette nue, de dos, pour la toile présentée au jury. Bernier s’est épris d’elle et tous deux songent au mariage, mariage qui deviendra réalité, après qu’il a remporté la médaille. Cinq ans plus tard, lors d’une fête chez lui, Bernier est exaspéré par la continuelle référence à La Femme nue que font ses collègues peintres, alors qu’il a changé de style pour brosser le portrait de la Princesse de Chabran dont il est éperdument amoureux. Lorsqu’elle apparaît, Lolette comprend immédiatement la situation et s’en prend à sa rivale. Elle impose à son époux de choisir. Mais se sentant rejetée, elle songe d’abord au divorce ; puis elle tente de mettre fin à ses jours. Dans la maison de santé, la Princesse demande pardon à Lolette, en libérant de ses obligations envers elle Bernier qui est prêt à revenir vers son épouse par pitié. Mais l’amour est mort. Et Lolette finit par accepter l’offre de son ex-soupirant Rouchard qui lui propose de vivre à la campagne sous sa protection (tandis que dans une seconde version du finale que présente Guillaume Tourniaire en fin de concert, le peintre revient pour proclamer son amour pour Lolette et son désespoir).

Pour une quête intérieure, avec Satie, Poulenc et Cage

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Caesura 65:41’’. Erik Satie (1866-1925) : Sports et Divertissements, extraits ; Trois Mélodies ; Quatre petites mélodies : Chanson à boire ; Ogives 1 et 2 ; Je te veux - Valse pour piano ; Élégie. Francis Poulenc (1899-1963) : Violon ; Hôtel ; Miel de Narbonne ; Montparnasse ; La dame de Monte Carlo ; Enfant de troupe. John Cage (1912-1992) : A Flower ; She is asleep ; The Wonderful Widow of Eighteen Springs ; Sonnekus2. Lore Binon, soprano ; Inge Spinette, piano. 2024. Notice en néerlandais, en anglais et en français. Textes chantés reproduits. 65’ 41’’. Passacaille 1165.

Raretés romantiques du piano anglais et belge, avec Naruhiko Kawaguchi et Christopher Howell

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Adieu. Romantic Flemish piano music. Edgar Tinel (1854-1912) : Morceaux de fantaisie Op. 2. Chanson Op. 7 no 2. Sonate Op. 9. Jan Blockx (1851-1912) : Nocturne. Suite dans le style ancien. Intermezzo. Valse noble. Berceuse. Naruhiko Kawaguchi, piano. Octobre 2023. Livret en anglais, flamand. 66’58’’. Et’Cetera KTC 1840

Charles Hubert Parry (1848-1918) : Sonate no 2 en la majeur. Sonnets and Songs without Words, -Book II. Hands across the centuries. Christopher Howell, piano. Février, mars, novembre 2023. Livret en anglais. 56’27’’. Da Vinci Classics C01138

Anneleen Lenaerts entraîne ses partenaires chambristes à la conquête de sonorités inouïes

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French Trios . Claude Debussy (1862-1918) : Sonate pour flûte, alto et harpe, CD 145 ; Prélude à l'après-midi d'un faune. Louis Vierne (1870-1937) : Deux Pièces pour piano et alto, op. 5. Jacques Ibert (1890-1962) : Deux Interludes pour flûte, violon et harpe. Maurice Ravel (1875-1937) : Sonatine en trio pour flûte, alto et harpe ; Ma mère l'Oye. Joseph Jongen (1873-1953) : Deux Pièces en trio, op. 80. Adam Walker, flûte ; Timothy Ridout, alto ; Anneleen Lenaerts, harpe. Texte de présentation en anglais, français et allemand. 76'30''. Warner Classics 1200214336233.

Bruno de Sá, un sopraniste en majesté tous azimuts

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Heitor Villa-Lobos (1887-1959) : Bachianas brasileiras n°5. Camille Saint-Saëns (1835-1921) : « Le Rossignol et la Rose », « Le Cygne ». Joseph Canteloube (1879-1957) : « Lou Coucut », « Malurous qu'ouno fenno », « Lo Fiolairé ». Richard Strauss (1864-1949) : « Kling ! ». Alberto Nepomuceno (1864-1920) : « As Uyaras ». George Gershwin (1898-1937) : « The Lorelei ». Maurice Ravel (1875-1937) : « Vocalise-étude en forme de habanera ». Enrique Granados (1867-1916) : « La maja y el ruiseñor ». Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : « Vocalise op. 34 n°14 ». Heinrich Proch (1809-1878) : Aria e Variazioni « Deh, torna mio bene ». Bruno de Sá, sopraniste ; Comunicantus Choir ; Opéra Orchestre Normandie Rouen, direction Pierre Dumoussaud. Texte de présentation en français, anglais et allemand. 59'00''. Erato 0827568014917.

Ravel retrouvé, Ravel métamorphosé

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Maurice Ravel (1875-1937) : Sites auriculaires (orchestration de Kenneth Hesketh) ; Une barque sur l'océan, Alborada del gracioso ; Deux mélodies hébraïques ; Chanson hébraïque ; Rapsodie espagnole ; Bolero. Rinat Shaham (mezzo-soprano) ; Orquestra Simfònica de Barcelona i Nacional de Catalunya, direction Ludovic Morlot. 2025 et 2026. Livret en anglais, français et catalan. 61'14''. L'Auditori