https://buildmuscleswomen.com/

par http://kingsworthy-pc.org.uk/

Josquin & Bruxelles. Josquin Desprez (c1440-1521) : Messe Faysant regretz ; Messe Sine Nomine. Ensembles Métamorphoses, dir Juliette de Massy. Corinne Bahuaud, mezzo. Léo Fernique, contre-ténor. Clément Debieuvre, Vincent Lièvre-Picard, Marcio Soarès-Holanda, hautes-contre. Fabrice Foison, ténor. Enrico Bava, Philippe Roche, basses. Livret en français et anglais. Pas de livret des paroles chantées. Septembre 2020. TT 53’09. Éditions de l’Homme Armé AR RE-SE 2021-1

Un parcours pianistique original dans la musique anglaise pour Franziska Lee

par

London Nights. Michael Tippett (1905-1996) : Sonate pour piano n° 1. Benjamin Britten (1913-1976) : Holiday Diary op. 5. Frank Bridge (1879-1941) : Three Sketches pour piano H. 68. John Ireland (1879-1962) : Ballad of London Nights op. posth. Arnold Bax (1883-1953) : First Sonata pour piano en fa dièse mineur GP 127. Franziska Lee, piano. 2020. Notice en allemand, en anglais et en coréen. 75.49. Capriccio C3010.

Transcriptions pour théorbe de célèbres pages du Baroque français

par http://kingsworthy-pc.org.uk/

Au Monde. Antoine Forqueray (1672-1745) : La Couperin ; Le Carillon de Passy. François Couperin (1668-1733) : Les Baricades Mistérieuses ; Les Bergeries ; Les Silvains. Jean-Baptiste Lully (1638-1687) : Assez de pleurs. Michel Lambert (1610-1696) : Ma Bergère est tendre et fidèle ; Vos mépris chaque jour. Robert de Visée (c1650-c1732) : Prélude ; Pastoralle ; Sarabande ; Bourée. Monsieur du Buisson (c1622-c1680) : Plainte sur la mort de Monsieur Lambert. Anonyme populaire : Une Jeune fillette [transcriptions Daniel Zapico] / Robert de Visée (c1650-c1732) : Prélude ; Chaconne [Manuscrit Vaudry de Saizenay]. Daniel Zapico, théorbe. Livret en français, anglais, espagnol. Juin 2019. TT 52’50. Alborada éditions ALB001

Lisztomanias à Châteauroux fête ses 20 ans

par

Le festival Lisztomanias a fêté cette année ses 20 ans sous le thème de « Liszt a 20 ans » en mettant en valeur les œuvres de jeunesse. Mais au concert du dimanche 17 octobre, l’accent est mis sur l’Amérique, un centre musical qui attirait déjà de nombreux talents au XIXe siècle. Ainsi, Lorenzo da Ponte, Sigismond Thalberg, Anton Rubinstein et bien sûr Antonín Dvořák s’y installèrent, ce dernier dirigeant le Conservatoire de New York à la fin du siècle. Liszt, un grand voyageur, aurait pu traverser l’océan Atlantique.

Ce voyage lointain, c’est aussi un voyage intérieur. Avec Dante. Ainsi, Alexandre Kantorow ouvre le concert en solo, sur la scène de l’Equinox où les sièges des musiciens d’orchestre sont encore vides. On a déjà beaucoup parlé de lui, de son génie, de son jeu inspiré, de sa technique infaillible, de sa musicalité hors pair, de sa liberté d'expression… Une fois de plus, il a mis ces qualités au service de la musique, avec tout un imaginaire lisztien et dantesque. Première ovation, déjà plus que nourrie.

A Genève, Anna Bolena selon Mariame Clément  

par

En trois saisons successives, le Grand-Théâtre de Genève prend le parti de présenter les trois grands ouvrages que Gaetano Donizetti a consacrés à la dynastie des Tudor en commençant par Anna Bolena. Aviel Cahn, son directeur, fait appel à Mariame Clément pour la mise en scène, à Julia Hansen pour les décors et costumes et à Stefano Montanari pour la direction d’orchestre.

L’intérêt du spectacle réside dans l’aspect visuel. Durant l’ouverture, les dames de la Cour, vêtues de noir comme des béguines du XVIe siècle, et les hommes en tenues de chasseurs proches de notre époque, se regroupent en rangs serrés autour d’un objet qui est en fait le billot sur lequel la reine sera décapitée. La vision se dissipe pour laisser place à une serre entourée de feuillages verdoyants, tandis qu’un peintre s’affaire à portraiturer la souveraine blonde portant robe verte jalonnée d’or. Mais que sont donc ces deux énormes serins jaunâtres se juchant sur les fenêtres sans attirer l’attention d’Elizabeth enfant qu’amène sa gouvernante Giovanna/Jane Seymour arborant un rouge orgueilleux ? Comment croire que, sous les draps du lit de la souveraine, le pauvre Smeton se donne du plaisir en fixant le tableau rejeté lors de la scène initiale ? Alors que le plateau tournant permet à un gigantesque quadrilatère de bois de pivoter en faisant se succéder les intérieurs du palais, les courtisans déambulent en observant tout sans relâche. La petite princesse fait de même en conservant indélébilement dans sa mémoire le cours des événements qui la marqueront à jamais, ce que semble manifester Elizabeth Ière, la reine vierge apparaissant comme un spectre lors des scènes charnières. Le pont reliant ce premier volet aux deux suivants est donc échafaudé…

Pourquoi évoquer en premier lieu la mise en scène d’une œuvre dont le belcanto est l’essence ? Le bât blesse au niveau de la musique. Sous la baguette de Stefano Montanari à la tête de l’Orchestre de la Suisse Romande, la Sinfonia d’ouverture paraît bien mollassonne, ce que l’on dira aussi d’une direction qui manque du véritable souffle tragique qui devrait innerver cette longue opera seria. Et l’on se passerait volontiers de ce forte-piano que semble suggérer la musicologie d’aujourd’hui, mais qui paraît totalement incongru quant au traitement du recitativo

Donaueschinger Musiktage : 3 + 1 jours de nouvelles musiques

par

Cette année, noire et irrespirable

Elle vit près de Boston mais est née en Israël ; elle nourrit les orchestres et chanteurs depuis plusieurs décennies d’un langage bien à elle, où elle tente l’impossible alliage entre la sensitivité exacerbée de l’écorché et la précision analytique du chirurgien. La mort de George Floyd l’a fâchée, touchée, troublée -et cette phrase, de la jeune fille qui filme les derniers instants de celui qui clame ne plus pouvoir respirer, peut-être encore plus : « je suis restée là à m’excuser, m’excuser auprès de George Floyd de ne pas en faire plus, de ne pas interagir physiquement et de ne pas lui avoir sauvé la vie. » Alors, comme le fait une artiste, elle intègre l’événement, son inspiration, sa respiration coupable, les mots, la souffrance de l’homme -et celle de la femme- dans sa musique, monument de 55 minutes consacré au dernier souffle, de Floyd le Noir oppressé à la poitrine compressée, au souffle coupé (oui) et à cette pandémie qui a soudain tout bouleversé mais, aussi vite qu’elle a pris le temps de passer, laissé tout (les choses, les enjeux, les morts) inchangé -ou presque- tant nos habitudes sont profondes, ancrées, faciles- et les mots sont ceux des choristes, de leur monde impacté par l’épidémie. C’est le Jack Quartet qui s’attelle aux cordes dans la salle Mozart des Donauhallen, pour les Unhistoric Acts de Chaya Czernowin, panneau central  d’un tryptique (VENA) débuté en 2020, accompagné des 24 voix du SWR Vokalensemble, et autant de mains pour, en un même mouvement, tourner les pages de la partition dans un éclat coordonné d’incandescence lumineuse : dans ces plaintes, sirènes, souffles, « pops » buccaux, dans cette succession d’événements sonores dont la fluidité m’emporte plus dans la seconde partie, je ressens à un moment une proximité (toutes proportions gardées) avec le Thrène à la mémoire des victimes d'Hiroshima de Krzysztof Penderecki. Unhistoric Acts est une pièce qui parle de rage et de deuil.

Le dialogue excentrique entre lupophone et no-input mixer

Parmi les trois pièces au programme du concert du jeudi soir au Baar Sporthalle (plutôt bien rempli ; la fréquentation semble ne pas trop souffrir des intransigeances covidiennes – on montre patte blanche et on porte le masque), celle d’Annesley Black (abgefackelte wackelkontakte) éveille l’intérêt par la mise en avant de deux instruments inhabituels : le lupophone (aux mains de Peter Veale), rare instrument de la famille des hautbois, semblable au heckelphone (au timbre sombre et pénétrant) mais dont la gamme descend jusqu’au fa grave, et un super bidule électronique vintage (plus précisément une table de mixage sans entrées -en fait une console dont les entrées sont connectées aux sorties, ce qui génère des feedbacks qu’on peut modifier en tripatouillant les interrupteurs, boutons et autres curseurs de la table-, manipulé, avec une grâce certaine, une dextérité convaincante et un enthousiasme communicatif par un homme rond à la pilosité du siècle dernier (Mark Lorenz Kisela). La composition de cette Canadienne installée à Frankfort est étonnante, résultante d’un travail d’un an avec les solistes -qu’elle incite à imiter les sons l’un de l’autre, pour nourrir ensuite le morceau de ces imitations, transcrites, transposées, transformées à de multiples reprises puis réappliquées à un langage orchestral. 

Igor Markevitch en doubles coffrets 

par

Igor Markevitch. The Philips Legacy. Orchestre des concerts Lamoureux, Concertgebouworkest, London Symphony Orchestra, URSS State Symphony Orchestra, Orquesta Sinfónica y Coros de la RTV Española, direction : Igor Markevitch. Livret en anglais. 1959-1968 1 coffret de 26 CD Eloquence. Référence : 484 1744

 

Igor Markevitch. The Deutsche Grammophon Legacy. Berliner Philharmoniker, Czech Philharmonic Orchestra, Orchestre des Concerts Lamoureux, The Symphony of the Air, direction : Igor Markevitch. 1953-1965 Livret en anglais. 1 coffret de 21 CD Eloquence. 484 1659.   

Wolkenstein et le Lied à l’orée de la Renaissance : la fine manière de l’Ensemble Leones

par http://kingsworthy-pc.org.uk/

Oswald von Wolkenstein (c1377-1445) : Do fraig amors Kl 69 ; Stampanie ; Freu dich, du weltlich creatúr Kl 120 ; Durch aubenteuer tal und perg Kl 26 ; Gar wunniklich hat si mein herz besessen Kl 64 ; Es seusst dort her von orient Kl 20 ; Ach senliches leiden Kl 51 ; Wes mich mein búl ie hat erfreut Kl 55 ; Wol auff, wol an Kl 75 ; Ain gút geboren edel man Kl 43 ; Nu rue mit sorgen Kl 121 ; Wer ist, die da durchleuchtet Kl 13 ; Ich klag Kl 108 ; Mit gúnstlichem herzen Kl 71 ; Herz, prich Kl 93 ; Wol auff, wir wellen slauffen Kl 84 ; Bog de primi was dustu da Kl 119. Ensemble Leones. Els Janssens-Vanmunster, chant. Miriam Andersén, chant, harpe, corne, percussion. Tobie Miller, chant, vielle à roue. Baptiste Romain, vielle, cornemuse. Liane Ehlich, traverso médiéval. Marc Lewon, chant, luth, vielle. Avril 2013, réédition 2021. Livret en allemand et anglais. TT 79’36. Christophorus CHE 0223-2