Crescendo Magazine lance Crescendo Tremplin

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Crescendo Magazine lance Crescendo Tremplin

Crescendo Magazine enrichit son écosystème éditorial d'un nouvel outil : Crescendo Tremplin, l'agenda éditorialisé des concours, académies, masterclasses et programmes de mentorat destinés aux jeunes musiciennes et musiciens classiques.

Pensé comme un guide d'orientation professionnelle et non comme un annuaire technique, Crescendo Tremplin réunit 397 opportunités — concours, académies, programmes de mentorat, masterclasses et stages — auxquelles s'ajoute une section distincte de dispositifs de financement : bourses d'études, aides à la création, prêts d'instruments précieux, mécénat privé et aides publiques.

Un projet éditorial

Là où les bases de données existantes se contentent d'aligner des annonces, Crescendo Tremplin fait trois choix assumés : sélectionner par un regard éditorial, contextualiser chaque institution par sa profondeur historique et artistique, et comparer par une donnée structurée homogène d'une fiche à l'autre. Chaque fiche a été lue, vérifiée et contextualisée.

Le périmètre privilégie l'espace francophone et ses zones d'influence — France, Belgique, Suisse, Québec, Maroc — tout en couvrant les grands rendez-vous internationaux régulièrement fréquentés par les jeunes francophones : Reine Élisabeth, ARD Munich, Chopin Varsovie, Long-Thibaud-Crespin, Genève, Cleveland, Van Cliburn. Le guide accorde par ailleurs une place inédite au réseau international de l'orgue, de Chartres à Séoul.

Un outil, pas une simple liste

Au-delà de la consultation, Crescendo Tremplin accompagne la décision et la préparation. Un profil facultatif signale, sur chaque fiche, son degré d'adéquation avec l'instrument, l'âge et le niveau du candidat. Un simulateur de saison permet de composer son calendrier de candidatures sur douze mois, en repérant les échéances qui se télescopent. Un comparateur met plusieurs concours en regard sur une grille homogène. Une recherche par répertoire permet de partir d'une œuvre ou d'un compositeur pour trouver les concours concernés. Le calendrier des échéances peut être exporté, et suivi par un abonnement qui se met à jour automatiquement. Un module d'intégration permet enfin aux professeurs et aux écoles d'afficher une sélection à jour sur leur propre site.

L'outil s'installe sur téléphone comme une application et reste consultable hors connexion.

Actéon, de Marc-Antoine Charpentier : deux pastorales pour une tragédie miniature

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Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) : Actéon. Pastorale en Musique H.481 ; Actéon changé en biche. Pastorale en Musique H. 481a. Pierre Derhet, ténor (Actéon H.481), Wei-Lian Huang, soprano (Aréthuze, Actéon H. 481a), Morgane Heyse, soprano (Diane, Chasseur), Luciana Mancini, mezzo-soprano (Junon, Hyale), Sojeong Im, soprano (Daphné, Chasseur), Andrea Gavagnin, contreténor (Chasseur, Nymphe), Emanuele Petracco, ténor (Chasseur, Nymphe), Andrés Soler Castaño, basse (Chasseur). Scherzi musicali, direction artistique et clavecin : Nicolas Achten. 2025. Notice en anglais et en français. Textes chantés reproduits, avec version anglaise. 78’ 42’’. Ricercar RIC487.

Jeanne d'Arc au bûcher de Honegger à Prague

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Arthur Honegger (1892-1955) : Jeanne d'Arc au bûcher, oratorio dramatique sur un livret de Paul Claudel. Audrey Bonnet (Jeanne d'Arc) et Sébastien Dutrieux (Frère Dominique), récitants ; solistes ; Chœur philharmonique de Prague ; Chœur d'enfants philharmonique de Prague ; Philharmonie tchèque, direction Lukáš Vasilek. 2025. Livret en tchèque et en anglais. Animal Music ANI 153.

Colin Currie Group, 20 ans, sublime Steve Reich, 90 ans

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Un détour par la gare pour accueillir un ami venu de Bruxelles, un verre en terrasse à la Place de Paris avant de grignoter un sandwich au foyer de la Philharmonie – dont je laisse découvrir l’architecture intérieure, à la fois imposante et ludique – et nous nous installons dans le Grand Auditorium, occupé par des curieux ou des connaisseurs de l’œuvre du compositeur américain : à 90 ans Steve Reich garde sa réputation de pionnier novateur intacte.

En pièce d’ouverture, Music for Pieces of Wood, qui partage avec Clapping Music la volonté de faire surgir une musicalité à partir d’instruments particulièrement simples, met en œuvre cinq claves (deux courts bâtons cylindriques de bois dur que l’on frappe l’un contre l’autre), choisies pour la richesse du timbre et de hauteurs différentes : le rythme est exposé, nu et mystérieux à la fois ; un premier instrument assure la pulsation (le fil rouge indéfectible), les autres s’emparent progressivement des interstices silencieux et bâtissent puis détricotent des figures selon un mouvement symétrique, en forme d’arche. La partition est dépouillée, le procédé visible – et la précision de l’interprétation (le Colin Currie Group, né en 2006 à l’occasion de l’interprétation de Drumming aux BBC Proms, centre son répertoire sur les œuvres de Steve Reich) telle que l’auditeur laisse aller le mécanisme, le suit et l’oublie pour s’absorber dans la perception des minuscules différences de hauteur et de densité.

Alice Ader, un juste hommage discographique

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A Musical Journey with Alice Ader. Œuvres de Domenico Scarlatti (1685-1757), Johann Sebastian Bach (1685-1750), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Ludwig van Beethoven (1770-1827), Franz Schubert (1797-1828), Frédéric Chopin (1810-1849), Robert Schumann (1810-1856), Modeste Moussorgski (1839-1881), Gabriel Fauré (1845-1924), Claude Debussy (1862-1918), Maurice Ravel (1875-1937), Manuel de Falla (1876-1946), Igor Stravinsky (1882-1971), Olivier Messiaen (1908-1992), Arvo Pärt (né en 1935), Philippe Hersant (né en 1948), Olivier Greif (1950-2000), Emmanuel Nunes (1941-2012), parmi trente-huit compositeurs représentés. Alice Ader, piano. Ensemble Ader, Rachel Yakar, Bernarda Fink, James Oxley, Suzanne Bernhard, Matthieu Lécroart, Stephen Salters, Jérôme Comte, Quatuor Renoir, Ensemble Musique Oblique, Simon Lebens. Danish National Symphony Orchestra, direction Thomas Dausgaard ; Orchester der Akademie für darstellende Kunst, direction Aleksandr Dmitriyev. Enregistré entre 1980 et 2025. Livret en français et en anglais. 1 coffret de 34 CD ARTALINNA ATL-C001.

Visages du Collegium Musicum de Leipzig avant Bach

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The Leipzig Collegium Musicum : volume 1 : Musique avant Bach. Johann Beer (1655-1700) : Ouverture pour cordes et basse continue en ré majeur. Johann David Heinichen (1683-1729) : Ouverture pour deux hautbois, cordes et basse continue en sol majeur, S. 205. Johann Friedrich Fasch (1688-1756) : Concerto pour flûte, cordes et basse continue en fa majeur. Georg Melchior Hoffmann (1679-1715) : Concerto pour cor, deux hautbois, cordes et basse continue. Christoph Graupner (1682-1760) : Concerto pour flûte, cordes et basse continue en fa majeur, GWV 323. Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Concerto pour deux hautbois, trois violons et basse continue en si bémol majeur, TWV 44:43. Neues Bachisches Collegium Musicum, direction Reinhard Goebel. 2024. Notice en anglais et en allemand. 65’ 07’’. Pentatone PTC 5187 592.  

De Bach à Bach, entre ses deux cycles extrêmes, Warner nous fournit un impressionnant panorama de la carrière discographique de Marie-Claire Alain

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Marie-Claire Alain, From Bach to Bach, the1643) organist of the century. Œuvres de Jean-Sébastien Bach (1685-1750), C.P.E.Bach (1714-1788), W.F.Bach (1710-1784), J.Ch.Bach (1735-1782), J.C.F. Bach (1732-1795), D.Buxtehude (1637-1707), S.Scheidt (1587-1654), F.Correa de Arauxo (1584-1654) , G.Frescobaldi (1583-1643), J.Blow (1649-1708), J.P.Sweelinck (1562-1621), N.Bruhns (1668-1697), J.Pachelbel, B.M.Cernohorsky (1684-1742), N.de Grigny (1672-1703), G.Böhm (1661-1733), V.Lübeck (1654-1740), A.Soler (1729-1783),W.A.Mozart (1756-1791), J.Stanley (1712-1786), Vivaldi (1678-1741), Händel (1685-1759), L.Couperin (1626-1661), L.-N.Clérembault (1676-1749), F.Couperin (1668-1733), M.Corrette (1707-1795), L.-C.Daquin (1694-1772), P.Dandrieu (1664-1733), C.Balbastre (1724-1799), N.Lebègue (1631-1702), L.Marchand (1669-1732), F.Liszt (1811-1886), R.Schumann (1810-1856), A.P.F.Boëly (1785-1858), F.Mendelssohn (1809-1847), J.Brahms (1833-1897), C.-M.Widor (1844-1937), T.Dubois (1837-1924), E.Gigout (1844-1925), L.Boëllmann (1862-1897), O.Messiaen (1908-1992), M.Duruflé (1902-1982), A.Guilmant (1837-1911), L.Vierne (1870-1937), A.Alain (1880-1971), J.Alain (1911-1940), C.Franck (1822-1890), C.Saint-Saëns (1835-1921), C.Gounod (1818-1893)F.Schubert (1797-1828), G.Fauré (1845-1924), H.Busser (1872-1973), F.Poulenc (1899-1963), J.Langlais (1907-1991), C.Chaynes (1925-2016), J.Charpentier (1933-2017), C.Gervaise (1540), T.Albinoni (1671-1751), G.B.Martini (1706-1784), A.Corelli (1663-1713), M.Blavet (1700-1768), B.Marcello (1686-1739), J.L.Krebs (1713-1780), G.Pugnani (1731-1798), F.Martin (1890-1974). Marie-Claire Alain, J.P.Rampal, M.André, K.Ristempart, J .F.Paillard, G.von der Goltz, J.Martinon, S.Baudo, T.Vetö, J.J.Kantorow, Textes de présentation en français, anglais et allemand. 53 CD. Erato.

Un « Macbeth » suffocant à l’Opéra de Wallonie-Liège

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Avec Macbeth, Verdi signe sa première rencontre avec Shakespeare et c'est d'emblée un chef-d'œuvre. Le compositeur italien excelle en effet à donner le grand souffle qu'exige ce drame puissant tout en signant une caractérisation pointue des protagonistes. Il montre aussi une rare habileté à donner à chaque scène son juste climat dramatique, passant ainsi des bacchanales affolantes des sorcières aux grandes scènes d'ensemble à la cour et aux moments de trouble intime des deux époux. Et ici, c'est clairement Lady Macbeth qui mène le jeu : elle aspire au pouvoir et pousse son époux à tuer le roi et à se protéger par le meurtre de ses contestataires potentiels. Cette morgue convaincante ne l'empêche pas de délirer en plein banquet du couronnement, ni de sombrer à la fin dans un somnambulisme qui prédit déjà sa fin prochaine.

C'est dire si le rôle est central dans la distribution vocale de la soirée, la cantatrice passant par d'audacieux sauts de tessiture qu'Ewa Płonka maîtrise avec une ardeur redoutable : aigus cinglants (parfois criards au début), médiums imposants (toujours contrôlés) dans ses désirs de pouvoir, rondeur âpre de ses ébats amoureux où elle domine allégrement un Macbeth éperdu, plongée hallucinée dans l'inconscient du Brindisi et abandon fatal de la scène de somnambulisme. Arrogante à ses débuts, la soprano américano-polonaise impose un sentiment humain ravageur au fil du récit et sombre dans un néant assouvi à la fin du drame. Le timbre épouse ces sensations très diverses avec des bonheurs variés mais avec un instinct dramatique qui s'impose de bout en bout. Une sacrée performance à côté de laquelle les autres intervenants savent rester à leur place. Un mélange de volonté de puissance et de contrition mal gérée chez le Macbeth engagé et torturé de Luca Micheletti, une gravité inquiète qui se mue en douleur quand il sent venir la trahison de Macbeth qui le fait assassiner chez le Banquo de Gianluca Buratto, la juvénilité émue de Matteo Desole dans le Macduff à l'évocation de sa famille assassinée.

Paul Daniel enregistre Barkouf d’Offenbach

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C’est toujours un plaisir de retrouver le chef d’orchestre Paul Daniel, que l’on connaît bien en Belgique, où il a souvent dirigé — en particulier à Bruxelles et à Liège — et où il est hautement apprécié. En prélude au concert donné à Manchester et à l’enregistrement, chez Opera Rara, de Barkouf d’Offenbach — un nouvel enregistrement qui sera sans aucun doute un événement, après l’immense succès de La Princesse de Trébizonde —, conversation à bâtons rompus avec un chef d’orchestre à la curiosité insatiable et à l’enthousiasme communicatif.

Qu’est-ce qui vous attire personnellement chez Offenbach ?

D’abord la musique. À l’opéra, on passe sa carrière à scruter le texte, le livret, à chercher pourquoi le compositeur a écrit ce texte-là avec ces notes-là. On ne cesse de le répéter aux chanteurs : sans texte, pas d’opéra — le compositeur resterait devant sa table sans rien écrire. Chez Offenbach, les livrets sont souvent brillants. Mais la musique, elle, est la propulsion même. Il ne néglige jamais le texte, mais cette musique qu’il porte en tête agit comme un moteur d’une énergie incroyable, qui se déverse dans tous ses ouvrages — au point d’être presque plus importante que le texte.

En travaillant la partition ces jours-ci, je suis frappé par la vélocité de cette écriture : tout est prestissimo. Puis on tourne une page et surgit un mouvement lent d’une beauté saisissante : une barcarolle, un peu comme celle des Contes d’Hoffmann, mais ici conçue comme un immense ensemble avec solistes et chœur, à la manière de ces grands finals d’acte de Verdi, dans La traviata ou Don Carlos. Offenbach connaissait tous ces compositeurs. Et pourtant : jouez quelques mesures d’Offenbach, vous savez immédiatement que c’est lui. De combien de compositeurs peut-on dire cela ? De Mozart, sans doute, de Janáček, peut-être. Offenbach est un peu comme une éponge dans le Paris de ces années-là : Verdi, Wagner, tout le monde vient y verser sa musique — on s’y noyait presque. Et Offenbach gardait sa signature. C’est ce qui m’exalte : la même sensation qu’en dirigeant Janáček, celle d’une imagination d’une originalité inouïe.

Rossini voyait en lui « le Mozart des Champs-Élysées ». Vous vous retrouvez dans la formule ?

J’adore cette formule — même si y souscrire donne à Offenbach des airs de compositeur très sérieux. Car Mozart, c’est le dieu absolu, et Offenbach le vénérait, bien sûr. Mais ce « Mozart »-là garde une voix entièrement sienne, et une mission : semer le plus de trouble possible. Offenbach est le fauteur de troubles. Partout où il passe, il subvertit, il renverse les traditions, il fait autrement. Il fut aussi prolifique que Mozart, avec une fluidité d’écriture merveilleuse. Rossini l’avait compris.

Est-il difficile de trouver le juste style pour cette musique — pour les chanteurs, l’orchestre, le chœur ?

Avec Offenbach — un peu comme avec Rossini —, on retient volontiers un seul style : la musique rapide, la veine comique. Or il a écrit dans une infinité de couleurs. Le danger, c’est de partir de cette écriture brillante et véloce et d’y faire entrer de force toute la partition. Offenbach ne cesse d’ouvrir de nouvelles pages : un air, un duo, ce grand ensemble dont je parlais. Barkouf est une comédie, et la musique doit être affairée, vive — mais il y a aussi des pages d’une grande tendresse : Saëb, le ténor amoureux de Maïma ; Maïma et Balkis qui se confient leurs amours et leurs espoirs. Cette musique-là exige un autre style. Il faut donc trouver de multiples couleurs — ce n’est pas seulement rapide et drôle.

Parfois, on croirait du premier Verdi. Et parfois, Offenbach rend hommage à la musique française ancienne. Il y a dans Barkouf des moments très délibérés d’hommage à Rameau. Rameau n’était pas joué dans le Paris d’alors — sa résurrection viendra plus tard —, mais Offenbach connaissait son Rameau : il était allé en étudier les partitions dans les bibliothèques. Alors, un peu comme Debussy le fera, il écrit délibérément dans le style ancien, comme pour dire : je salue aussi la vieille musique de France. C’est fait avec une intelligence rare — à quelques endroits, le chœur chante dans un véritable style antique, telle une petite danse sortie d’un ballet de Rameau.