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Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Das Wohltemperierte Klavier, Teil 1 BWV 846-869. Jérôme Granjon, piano Paulello « Opus 102 ». Livret en français et anglais. Juillet 2019. TT 57’06 & 58’24. Anima ANM201/201

De précieuses rééditions Harmonia Mundi célèbrent les 500 ans de Josquin Desprez

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Josquin Desprez (c.1450-1521) : Missa di Beata Vergine. Missa Pange lingua. Motets et Chansons. Theatre of Voices, direction Paul Hillier ; La Chapelle Royale, direction Philippe Herreweghe ; Cappella Amsterdam, direction Daniel Reuss ; Huelgas-Ensemble, direction Paul van Nevel ; Ensemble Clément Janequin, Ensemble Organum, direction Marcel Pérès ; Ensemble Les Éléments, Ensemble Clément Janequin, Dominique Visse. 1986-2018. Notice en français, en anglais et en néerlandais. Textes chantés en langue originale avec traductions en français et en anglais. 205.00. Un livre-disque de 3 CD Harmonia Mundi HMX 2904016.18. 

Lulu à la Monnaie : beauté de la laideur ou laideur de la beauté?

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La Lulu de Berg représentée à la Monnaie en 2012 avec Barbara Hannigan dans le rôle-titre avait été unanimement saluée par la critique, tant pour la prestation de la protagoniste que pour la mise en scène de Krzysztof Warlikowski. La reprise de cette production ayant acquis entretemps une réputation légendaire était donc attendue avec impatience.

Située dans un décor unique rappelant une station de métro, avec un imposant escalator (en panne, semble-t-il) et des carrelages blancs placés sous des éclairages glauques à quoi s’ajoute une espèce de grand aquarium (parfois placé en retrait, parfois sur le devant de la scène), l’approche du metteur en scène polonais exacerbe à l’extrême le rôle de Lulu qui n’est pas ici une femme fatale ou une mangeuse d’hommes, mais une femme qui s’élève dans la société par un usage ambigu et désespéré de la sexualité où elle se montrera tout à tour dominatrice et dominée.

La mise en scène excelle à montrer les ambiguïtés des rapports humains que le texte de Wedekind montre trop souvent réduits à de perverses transactions entre sexualité, argent et pouvoir, tous les sentiments d’effaçant d’ailleurs devant les manipulations et dépendances réciproques des personnages, jusqu’à la triste fin d’une Lulu, déchue et pathétique prostituée, sous les coups de Jack l’Eventreur.

Quand Gustav Holst parodiait Verdi et Wagner…

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Gustav Holst (1874-1934) : The Perfect Fool, opéra en un acte, op. 39. Richard Golding (Le Sorcier) ; Pamela Bowden (La Mère) ; Walter Plinge (Le Fils, L’Imbécile - voix parlée) ; Alison Hargan, Barbara Platt et Lesley Rooke (Trois Filles) ; Margaret Neville (La Princesse) ; John Mitchinson (Le Troubadour) ; David Read (Le Voyageur) ; Ronald Harvi (Un Paysan - voix parlée) ; George Hagan (Le Narrateur) ; BBC Northern Singers ; BBC Northern Symphony Orchestra, direction Charles Groves. 1967. Notice en anglais. Livret complet en anglais. 62.24. Lyrita REAM.1143.

Le Trio Spilliaert :  à propos de Désiré Pâque 

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Dans le cadre des célébrations de ses 30 ans, le label Cyprès fait paraître une intégrale des trios du compositeur liégeois Désiré Pâque, par les musiciens de Trio Spilliaert. Figure majeure de la musique, Désiré Pâque n’est que trop négligé, dès lors il est important de saluer cette parution. Cette dernière est l’occasion d’une interview en trio avec les artistes (Jean-Samuel Bez, violon, Guillaume Lagravière, violoncelle et Gauvain de Morant, piano).

Le nom de Désiré Pâque est désormais bien peu connu ; en dehors de mentions dans des ouvrages universitaires, il a presque complètement disparu. Qu’est ce qui a poussé le Trio Spilliaert à s’intéresser à ses Trios à clavier ? 

Jean-Samuel Bez : la rencontre avec le compositeur est un peu le fruit du hasard. Nous avons toujours beaucoup de plaisir à dénicher des trios oubliés et nous sommes tombés sur une biographie d'un dénommé Pâque mentionnant l’existence de trois trios. C'est Philippe Gilson, éminent musicologue et spécialiste de Pâque, qui nous a indiqué la présence des manuscrits autographes au Conservatoire de Liège et nous en a procuré une copie, sur laquelle nous jouons d'ailleurs toujours actuellement ! La première prise de contact avec le style inhabituel de Pâque nous a incité à programmer le premier de ces trios au festival Varga en France à l'été 2016. Le retour positif du public nous a alors donné envie de poursuivre la découverte des autres trios. Il y a toujours une certaine magie à faire revivre de la sorte une musique oubliée depuis presque un siècle ! Mais dans ce cas, c'est à vrai dire un langage à part qu'il nous aura fallu explorer et domestiquer, et voir évoluer en essayant de mieux comprendre le compositeur pendant les quatre années suivantes... redonner vie à une œuvre endormie est une vraie aventure ! 

La sélection des concerts de novembre 2021

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On commence ce parcours avec le dernier concert du festival Voce & Organo qui se déroulera à l'église Saint-Jacques de Liège, le 20 novembre 2021. Au programme Michael Praetorius et Jan Pieterszoon Sweelinck par l’Ensemble Polyharmonique sous la direction de Alexander Schneider avec, en soliste, l’organiste Arnaud van de Cauter. 

A Bruxelles, La Monnaie propose la reprise de la production iconique de Lulu d’Alban Berg avec dans la rôle-titre Barbara Hannigan sous la direction d’Alain Altinoglu. Le directeur musical de la maison lyrique bruxelloise sera également au pupitre de son orchestre pour un concert symphonique avec le Concerto à la mémoire d’un ange d’Alban Berg (soliste Renaud Capuçon) et la Symphonie n°1 de Gustav Mahler (28 novembre à Bozar). 

Le Belgian National Orchestra proposera deux belles affiches : le pianiste Jean-Yves Thibaudet et le chef d’orchestre Lionel Bringuier (5 et 6 novembre à Bozar) et un concert Mozart avec la Grande messe en ut placée sous la direction de Riccardo Minasi avec le Choeur de Chambre de Namur et une belle distribution avec, en tête d’affiche, la soprano Jodie Devos (13 novembre à Namur et 14 novembre à Bozar).   

Novembre, c’est également le mois du festival Ars Musica qui prend ses quartiers à Bruxelles. On note deux beaux événements : Une dyptique “Voix Humaine” avec des oeuvres de Lukas Ligeti et Françis Poulenc avec la soprano Clara Inglese au Théâtre des Martyr (15 septembre) et "Madrigali", liens entre le passé et le présent avec des œuvres de Gualtiero Dazzi et Claudio Monteverdi par l’Ensemble Variances de Thierry Pécou (16 novembre aux Halles de Schaerbeek).  

Louis de Caix d’Hervelois, dans le sillage de Marin Marais

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Louis de Caix d’Hervelois (ca. 1677-1759) : Trois Suites pour viole et basse continue en sol mineur/majeur, en mi mineur et en ré mineur/majeur. Suite pour traverso et basse continue en ré majeur. La Berg-op-Zoom. Suite pour pardessus de viole et basse continue en sol majeur/mineur. Plainte, transcription pour théorbe. La la Fernay, transcription pour guitare baroque. La Rêveuse (Florence Bolton, basse et pardessus de viole ; Serge Saitta, traverso et petite flûte ; Emily Audouin, basse de viole ; Carsten Lohff, clavecin et Benjamin Perrot, guitare baroque et théorbe). 2020. Notice en français et en anglais. 68.47. Harmonia Mundi HMM 902352.

Les 80 ans du  chef d'orchestre Lawrence Foster et récitals à Monte-Carlo

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Figure majeure de la vie musicale monégasque, le chef d’orchestre Lawrence Foster a été directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo entre 1980 et 1990. Il est toujours un invité régulier de l’OPMC avec lequel il partage sa passion pour les répertoires qui sortent des sentiers battus. La phalange monégasque ne pouvait manquer de célébrer les 80 ans de l’un de ses plus fidèles hôtes. 

Pour cette occasion, le chef accompagne une légende de la musique : le pianiste autrichien Rudolf Buchbinder dans le Concerto n° 5 de Beethoven. On connaît la passion du pianiste pour Beethoven avec ses multiples intégrales que ce soit des Concertos ou des Sonates. Buchbinder déploie une interprétation  empreinte de sobriété, de naturel, et d’une fidélité notable au texte. Il connaît les moindres recoins de cette partition dont il fait ressortir toutes les nuances magnifiquement secondées par la direction de son fidèle ami Lawrence Foster. Acclamé par le public, le soliste offre un “bis” : un arrangement de valses de Strauss par Alfred Grünfeld, où on retrouve tout le charme viennois.