https://www.crescendo-magazine.be/chester-dating-sites/

par kundli match making astrosage

Ce samedi 14 mars a lieu la représentation historiquement informée de La Walkyrie de Richard Wagner, opéra tiré de sa tétralogie L’Anneau du Nibelung. Cet opéra, en trois actes, est donné en version concertante au Concertgebouw d’Amsterdam, quelques jours après la Première à Prague. Comme pour l’Or du Rhin, nous retrouvons Kent Nagano à la direction. L’orchestre est quant à lui composé de musiciens de deux orchestres : l’Orchestre du Festival de Dresde, ville où Wagner occupe une place importante, ainsi que le Concerto Köln, orchestre habitué des interprétations historiquement informées. Les 14 solistes sont accompagnés par près de 100 musiciens. 

Ce concert a lieu dans le cadre des célèbres matinées du samedi, série de concerts que l’on doit au média néerlandais « NTR ».

Avant de parler de la prestation elle-même et comme petit rappel, revenons d’abord sur le but recherché de cette version historiquement informée. Il faut savoir que c’est un projet colossal qui est mis en place depuis 2017 puisque que c’est la totalité du Ring qui bénéficie de recherches scientifiques afin de pouvoir interpréter les quatre opéras de cette tétralogie de manière historiquement informée. Le but de ces recherches scientifiques, menées sous la direction du Dr. Kai Hinrich Müller, est de proposer une nouvelle manière d’aborder cette œuvre afin d’essayer de se rapprocher au maximum de l’interprétation dans le contexte de l’époque et sur base des découvertes actuelles sur Wagner. Ainsi plusieurs points sont abordés : les instruments, la manière de chanter, la manière d’interpréter le texte, la prononciation de l’allemand.

Regards sensibles sur l’univers du lied d’Othmar Schoeck

par

Othmar Schoeck (1886-1957) : Nachhall, suite de lieder pour voix et orchestre d’après des poèmes de Nikolaus Lenau et Matthias Claudius op. 70 ; Trois Lieder de Heinrich Heine pour soprano et orchestre op. 4 et Huit Lieder pour soprano et orchestre op. 17, arrangements Graziella Contratto. Olena Tokar, soprano ; Stephan Genz, baryton ; Orchestre symphonique de Berne, direction Graziella Contratto. 2023. Notice en allemand, en anglais et en français. Textes des lieder en allemand, sans traduction. 63’ 02’’. Schweizer Fonogramm SF0015.

Un nouvel Atys se dévoile à l’Opéra Grand Avignon

par

L’Opéra Grand Avignon a ouvert le 10 mars dernier une série de trois représentations d’Atys en version de concerts. Cette version portée par le Centre de Musique baroque de Versailles (CMBV) est le fruit de quelques années de recherches musicologiques poussées. L’absence de la mise en scène est largement compensée par la distribution de haute volée et la danse.

Atys, tragédie en musique de Quinault et Lully, très populaire en son temps, a révolutionné notre regard sur l’opéra baroque avec la représentation désormais historique par Les Arts Florissants sous la direction de William Christie. C’était en 1987. Aujourd’hui, l’œuvre continue à bousculer nos connaissances et notre perception. En effet, elle fait l’objet de vastes chantiers de recherches au sein du CMBV depuis cinq ans, en associant le projet à l’IReMus (Institut de recherche en musicologie) et au Musée de la Musique de Paris. Le plus spectaculaire est certainement la reconstitution de hautbois, largement soulignée par le CMBV par une vidéo et une série de podcasts. Huit hautbois ainsi créés -5 dessus de hautbois, 2 tailles et 1 basse de cromorne- se jouent sur scène, conformément à la pratique de l’époque selon laquelle les vents et les cordes ne se mélangeaient pas. Les hautboïstes jouent également des flûtes à bec et des flûtes traversières, toujours sur scène. Le reste des instruments, dans la fosse, est une autre spécificité de cette version qui se veut au plus près de l’usage du temps de Lully. Ainsi, le continuo (le Petit Chœur qui accompagne tous les récitatifs) est constitué de 9 instrumentistes, 2 violes de gambes, 2 basses de violon, 2 théorbes, 1 clavecin, ainsi que 2 dessus de violon qui servent de chefs d’attaque dans le Grand Chœur (ou le tutti de violons, ici les Vingt-Quatre Violons du roi). Par ailleurs, une partie des violons et les altos sont placés derrière le chef au long du bord de la fosse, le dos tourné vers la salle. Cette disposition fait retourner de temps en temps Alexis Kossenko vers les spectateurs qui peuvent apprécier ses mouvements de bras souples et dynamiques comme pour dessiner la musique. Sous sa direction, les musiciens des Ambassadeurs ~ La Grande Écurie offrent un son d’orchestre caractérisé à chaque séquence, forcément bien différent de ce à quoi on est habitué. Quelques instruments à vent et des timbales jouent ainsi dans les coulisses à certaines scènes pour créer un effet spatial (hérité ou inspiré de musique sacrée des époques précédentes ?).

Le Printemps des Arts 2024 : Strauss en ouverture

par

Le Printemps des Arts fête ses quarante ans cette année à l’occasion de la troisième édtion sous la direction de Bruno Mantovani. Le motto de cette année 2024 est "ma fin est mon commencement".

Le premier concert symphonique avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo est entièrement consacré à Richard Strauss avec deux œuvres de jeunesse Aus Italien et Don Juan en relief avec les Quatre derniers Lieder, l’une de ses dernières compositions.

A cette occasion, c’est Fabien Gabel, un habitué de l’OPMC qui est au pupitre. Aus Italien op.16 est une curiosité.  Cette Fantaisie symphonique en quatre tableaux évoque les sensations suscitées par la vue et les magnifiques beautés de Rome et de Naples. On sourit en entendant le dernier mouvement car Richard Strauss croyait avoir trouvé un air populaire napolitain, alors que Funiculi funicula est une chanson publicitaire composée en 1880 par Luigi Denza. Fabien Gabel et l'OPMC. donnent une performance absolument délicieuse de  cette charmante œuvre.

La redécouverte de l’Esule di Roma de Donizetti 

par

Gaetano Donizetti (1797-1848) : L’Esule di Roma. Melodramma eroico en 2 actes. Nicola Alaimo, Murena ; Albina Shagimuratova, Argelia ;  Sergey Romanovsky, Settimio ; Lluis Calvet i Pey, Publio ; Kezia Bienek, Leontina ; Andrés Henriques, Lucio and Fulvio. Opera Rara Chorus, direction : Stephen Harris ; Britten Sinfonia, Carlo Rizzi. 2023. Livret en anglais. Synopsis en : anglais, allemand, français et italien. Texte chanté en italien, traduction en anglais. 2 CD Opera Rara ORC64. 

Pautions chez Henle Verlag

par

Avant l'arrivée du printemps, Crescendo vous propose un petit tour d'horizon de manière thématique des dernières parutions de la maison Henle Verlag.

Joseph-Bodin de Boismortier (1689-1755) : Sech Sonaten opus 14 für zwei Violoncelli (Fagotte) - Henle Verlag - HN 1599 - ISMN 979-02018-1599-2

Florilège pasquinien sur un capiteux clavecin 

par

Bernardo Pasquini (1637-1710) : Toccata Ottava ; Partite diverse di Follia ; Ricercar in D, sol re ; Variazioni Per Francia ; Canzona francese in f fa ut ; Tastata Per Milone Napoli Iuglio 98 ; Alemanda ; [Corrente] ; Passagagli ; Pastorale ; Partite del Saltarello ; Tastata Quarta Per Francia ; Altra [Alemanda] ; Corrente ; [Giga] ; Fantasia in e, la, mi ; Tastata 4 dicembre 1708 ; Sonata. Andrea Chezzi, clavecin. Juin 2023. Livret en anglais, italien. TT 51’23. Urania LDV 14106

Médée de Marc-Antoine Charpentier : le tragique lyrique après Lully

par

Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) : Médée, tragédie en musique en un prologue et cinq actes. Véronique Gens (Médée), Cyrille Dubois (Jason), Judith van Wanroij (Créuse), Thomas Dolié (Créon), David Witczak (Oronte), Hélène Carpentier (La Victoire, Nérine, l’Amour) ; Le Concert Spirituel, direction Hervé Niquet. 2023. Notice et synopsis en français, en anglais et en allemand. Livret complet avec traduction anglaise. 170’ 43’’. Un coffret de trois CD Alpha 1020.

A Genève, un Bruckner captivant

par

Sous un bien curieux titre, Charme autrichien, Jonathan Nott et l’Orchestre de la Suisse Romande juxtaposent une œuvre célèbre de Mozart, le Concerto pour clarinette et orchestre, et l’une des symphonies les moins connues de Bruckner, la Deuxième en ut mineur, pour un programme présenté à Genève, Lausanne et Fribourg. 

Dans le K.622 en la majeur, le soliste est Martin Fröst, l’artiste en résidence de cette saison 2023-2024. Aux premières mesures du tutti, le chef confère un certain allant en nuançant un phrasé que le clarinettiste prend à son compte afin de privilégier la poésie à l’encontre d’une patine brillante, tout en instillant d’infimes demi-teintes dans un cantabile qui sollicite les graves du registre, tout en allégeant les fins de phrase. L’Adagio étire les lignes en une sonorité magnifique qui s’amenuise en un pianissimo intériorisé pour la cadenza et le da capo du motif initial, alors que le Rondò final tient du badinage désinvolte qui se joue des sauts de tessiture avec une aisance confondante. Armé du même brio, Martin Fröst propose, à titre de bis, une improvisation de son cru qui met en valeur les ressources infinies de son instrument.

Exemplaire et pétillante version de l’Heure espagnole

par

L’audace de l’Heure espagnole étonne encore aujourd’hui, surtout lorsqu’elle est représentée avec clarté et sincérité comme c’est le cas à l’Opéra Comique en deuxième partie de soirée.

A l’époque de la composition, Ravel résumait ainsi l’intrigue : « la femme de l’horloger Torquemada à Tolède attend un amant qui est bachelier (étudiant), et finalement, je vous dis cela rapidement, se donne à un muletier ».

Le sujet et tout le sujet : comment satisfaire le désir féminin.

Incidemment, relevons que l’ensemble de cette comédie en musique y compris les considérations du muletier sur la nature féminine réduisent à néant le soit-disant « mystère Ravel ».

Quant à la musique, mélange d’opéra bouffe italien, blagues, jeux de mots familiers du « Chat noir » fondus dans un humour sonore d’une invention et d’un raffinement inégalés, elle jette ici tous ses feux. L’interprétation ciselée, jamais appuyée « propose et n’impose jamais » comme le veut la règle baroque. Chaque auditeur disposant ainsi de la liberté se placer à la hauteur de compréhension qui lui convient.

D’autant plus naturellement que le sous-titrage pimente les situations sans que la diction des chanteurs les rende indispensables.

Dans un décor de tour-escalier stylisé (Sylvie Olivé), seules deux horloges s’encastrent à droite et à gauche. Le cliquetis des automates et mécanismes égare d’emblée le public qui ne les voit pas sur scène. Le ton est donné.

Parmi les sombres costumes masculins « années 20 », la robe rose de Concepción (la bien nommée !) virevolte et frémit à ravir.