Subtile interprétation de pages pour violon et orchestre de Vieuxtemps

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Henri Vieuxtemps (1820-1881) : Fantaisie « Souvenir de Russie » opus 21 ; Old England opus 42 ; Duo brillant opus 39 ; Andante et Rondo opus 29 ; Variations sur un thème de Il Pirata de Bellini opus 6 ; Hommage à Paganini opus 9. Reto Kuppel, violon. Kirill Bogatyrev, violoncelle. Marcus Bosch, Orchestre philharmonique du Qatar. Février-mars 2019. Livret en anglais et allemand. TT 65’55. Naxos 8.573993

Une reprise attendue, à Dijon

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Alexandra Conunova

On attendait beaucoup de cette soirée, trop peut-être. Après de longs mois de silence contraint, du moins dans sa formation symphonique, l’Orchestre Dijon Bourgogne retrouvait son public, au Grand Théâtre, avec un chef invité d’excellente réputation et une soliste renommée, dans un programme séduisant.

Privés de chef permanent depuis le départ de Gergely Madaras pour Liège, les musiciens allaient-ils retrouver leur cohésion, leur équilibre, leur implication ? Il est vrai que durant ces temps difficiles, tous se sont engagés dans des actions originales, en petites formations très diverses, pour répondre aux besoins de publics les plus variés, ce dont il faut les féliciter, mais qui ne peut se substituer à un travail par pupitre ou collectif.

L’orchestre, dont les musiciens sont distanciés, a trouvé place sur une scène agrandie au proscenium, débordant la fosse. Le seul handicap, réel, est l’éloignement en fond de scène des bois, dont le déséquilibre sera patent dans Beethoven.

Le Requiem glagolitique d’Igor Kuljerić , un cri de souffrance et d’espoir

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Igor Kuljerić  (1938-2006) : Requiem croate glagolitique. Jakov Gotovac (1895-1982) : Hymne à la liberté. Kristina Kolar, soprano ; Annika Schlicht, mezzo-soprano ; Eric Laporte, ténor ;  Ljubomir Puškarić, baryton ; Chœur des Bayerischen Rundfunks ; Orchestre de la Radio de Munich, direction : Ivan Repušić. 2019-2020. Livret en anglais et en allemand. Textes du Requiem en slavon, avec traduction en allemand et en anglais. 61.20. BR Klassik 900331.

Verdi par Ildar Abrazakov

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Giuseppe Verdi (1813-1901) : airs d'opéra.  Ildar Abrazakov, basse ; Rolando Villazon,  ténor : Choeur et orchestre métropolitain de Montréal, Yannick Nézet-Seguin. 2019-71’11-présentation en anglais et allemand-textes en italien, anglais et allemand- chanté en italien-DG48336096

Trois albums de concertos de Penderecki pour le label Dux…  qui n’oublie pas Bacewicz 

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Grazyna BACEWICZ (1909-1969) : Concerto pour violoncelle et orchestre n° 2. Krzysztof PENDERECKI (1933-2020) : Concerto pour violoncelle et orchestre n° 2. Roman Jablonski, violoncelle ; Grand Orchestre Symphonique de la Radio et de la Télévision polonaises : Jerzy Katlewicz et Tadeusz Strugała .1984 et 1996. Livret en anglais et en polonais. 53.20. Dux 1605.

Maîtrise et émotion avec Daniel Rowland et Maja Bogdanovic

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Pas de Deux. Musique pour violon et violoncelle du 20ème siècle. Jean SIBELIUS (1865-1957) : Water Droplets ; Krzysztof PENDERECKI (1933-2020) : Chaconne, In memoriam Giovanni Paolo II ; Peteris VASKS (né en 1946) : Castillo interior ; Claude DEBUSSY (1862-1918) : La sérénade interrompue, extrait des Préludes, Livre 1, n° 9 ; Maurice RAVEL (1875-1937) : Sonate "à la mémoire de Claude Debussy" ; Giovanni SOLLIMA (né en 1962) : Heimat Terra ; Marcelo NISINMAN (né en 1970) : Die Albträume des Todes ; Astor PIAZZOLLA (1921-1992) : 3 Tangos : S.V.P. - Tzigane tango - Preparense. Daniel Rowland, violon, Maja Bogdanovic, violoncelle.  2020, Livret en anglais,  71'13   CHALLENGE CLASSICS  CC72833

Benoît Mernier, César Franck et la composition 

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Le compositeur Benoît Mernier propose une nouvelle orchestration du Choral n°2 en si mineur de César Franck. Cette orchestration pour orgue et orchestre, rencontre de deux musiciens belges, est une commande du Théâtre Royal de La Monnaie. A cette occasion, le compositeur nous parle de César Franck mais aussi de son ressenti d’artiste et d’enseignant par rapport au confinement.

Le milieu musical a été ébranlé par la soudaine disparition du chef d'orchestre Patrick Davin. C’est un musicien que vous connaissiez très bien, n'avait-il pas souvent dirigé votre musique ?

Je connaissais Patrick depuis près de 35 ans, nous étions alors étudiants au Conservatoire Royal de Liège. Il était pour moi comme un grand frère. Il a accompagné ma musique à des moments charnières de mon développement de compositeur : il a dirigé ma première pièce pour ensemble instrumental au pupitre de l'ensemble Synonymes qu’il avait fondé avec des étudiants liégeois ; il était également à la baguette de l’Orchestre de La Monnaie pour la création de ma première pièce pour orchestre. Pour un compositeur, ce sont des moments 

importants et il m’avait épaulé et conseillé avec bienveillance. Il avait également dirigé la création de mon deuxième opéra La Dispute, il avait cet art de dépasser les problèmes inhérents à toutes productions lyriques. 

Il disait les choses avec tellement d'humanité et toujours accompagné d’un grand sourire qu'il pouvait transcender les artistes à passer au dessus de questions  d'égo ou d’émotions. Je suis immensément triste face à si soudaine disparition et je pense à ses proches, à son épouse et à ses deux filles. Aussi à tous ses amis musiciens qu’il a marqués. Par la variété des musiques qu'il dirigeait, par son engagement dans la défense de la création, son inoxydable enthousiasme et amour de la musique, il laisse un immense vide dans la vie artistique.

John Axelrod, maestro gastronomique 

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Le chef d’orchestre John Axelrod, est un véritable entrepreneur artistique et il a toujours des idées en tête, idées qu’il se plaît concrétiser. Ainsi, il lance dans sa commune suisse de Chardonne des Concerts culinaires, alliance de grande musique et de haute gastronomie. Mais John Axelrod, est également un éminent connaisseur des vins et un analyste lucide de la situation du monde de la musique classique.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un concert culinaire ? Comment avez-vous eu cette idée ? 

L'association du vin, de la nourriture et de la musique n'est pas en soi novateur. Ce qui rend les Concerts Culinaires de Chardonne innovants, c'est de relier artistiquement le meilleur de chacun de ces domaines pour créer une expérience multi-sensorielle.

J'ai déjà organisé des Concerts Culinaires aux États-Unis, en France, en Espagne et en Italie. Mon objectif, en tant qu'habitant de la commune Chardonne, est d'encourager notre public et nos sponsors à soutenir les talents de la viticulture, de la gastronomie et de la musique dans notre ville et dans notre région. 

Je mets à profit mes 25 ans d'expérience en tant que connaisseur de vin et de gastronomie et blogueur (www.iambacchus.com) et en tant que directeur musical et chef invité de plus de 175 orchestres dans le monde entier pour partager ma passion pour le vin, la gastronomie et la musique.

Ces concerts vont se dérouler en Suisse, dans la ville lémanique de Chardonne, connue pour son vignoble. Mais de la bonne cuisine de niveau gastronomique et du vignoble, il y en a presque partout en Europe (même en Belgique, on a du très bon vin désormais) ! Qu'est-ce qui vous a poussé à poser vos partitions dans cet endroit helvétique ? 

C'est très simple : je vis à Chardonne.  Nos musiciens sont de classe mondiale. Je veux offrir un nouvel événement culturel à la ville de Chardonne, contribuer à faire participer les musiciens touchés par les fermetures des salles de concerts, inciter les touristes et les habitants à visiter le Lavaux, et contribuer à la relance de l'économie si touchée par la récente pandémie. 

Chardonne est un petit coin de paradis sur terre. Les Concerts Culinaires de Chardonne peuvent partager cette beauté avec le monde entier. Mon espoir est non seulement de continuer à Chardonne, mais aussi de produire et de présenter les Concerts Culinaires dans d'autres villes, régions viticoles et capitales de la culture. 

Anton Bruckner, les symphonies (n°7 à n°9) : analyse et orientations discographiques 

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Suite et fin de la publication de l’article rédigé par Harry Halbreich en 1996 sur les Symphonies de Bruckner (lire ici et ici les deux précédents textes). Cette dernière étape est consacrée aux Symphonies n°7 à n°9. Si le texte d’analyse est publié tel quel, la discographie des symphonies de Bruckner, qui s’est particulièrement développée au cours des 30 dernières années, a été actualisée par Bertrand Balmitgere et Christophe Steyne sous la coordination de Pierre-Jean Tribot.

Symphonie n°7 en mi majeur

Ce fut la Septième Symphonie qui apporta enfin la consécration internationale au compositeur sexagénaire à la suite de sa sensationnelle création à Leipzig sous la direction d'Artur Nikisch, suivie de celle de Hermann Levi à Munich. La Septième demeure avec la Quatrième la plus populaire de la série. D'une inspiration sereine, rayonnante et lumineuse, elle conquiert l'auditeur dès l'envolée prodigieuse de son thème initial, et ne cessera de le captiver grâce à une forme particulièrement claire et à des profils mélodiques mémorables. Le grandiose et émouvant Adagio culmine en une bouleversante musique funèbre des cuivres graves, à la mémoire de Wagner qui venait de mourir. Succédant à un Scherzo dont le thème très original est un cri de coq stylisé, le Finale est plus bref et moins monumental que ceux des autres Symphonies, ce qui facilite peut-être l'accès de l'oeuvre en général, mais crée un certain déséquilibre entre les deux premiers mouvements et les deux derniers. Bruckner avait primitivement prévu le Scherzo en deuxième position, et cette succession créerait certes un équilibre meilleur. Composée de 1881 à 1883, la Septième ne fut jamais remaniée, et la seule controverse textuelle qu'elle présente est le fameux coup de cymbales au sommet de l'Adagio, rajouté après coup, puis supprimé, puis remis... La très grande majorité des chefs l'adoptent, à juste titre à mon avis. Discographie pléthorique, avec maintes versions sublimes : Wilhelm Furtwängler (DGG), Karl Böhm (DGG) , Eugen Jochum à Dresde (Warner), Herbert von Karajan à Vienne (DGG), Daniel Barenboim à Berlin (Teldec), Giuseppe Sinopoli à Dresde (DGG), Carlo Maria Giulini à Vienne (DGG).

Martini et Bourbons : spectaculaire Requiem cocktail à faire tourner les têtes

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Jean-Paul-Égide MARTINI (1741-1816) : « Requiem pour Louis XVI ». Adriana Gonzalez, soprano ; Julien Behr, ténor ; Andreas Wolf, basse. Hervé Niquet, orchestre et chœurs du Concert Spirituel. Juin 2019. Livret en français, anglais, allemand (texte du Requiem en latin & traduction trilingue). TT 61’03. Château de Versailles Spectacles CVS 022