Fine lecture des Quatuors de jeunesse de Mozart

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The Milanese Quartets – Lodi Quartet. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Quatuors à cordes no 1 en sol majeur K. 80. Quatuors à cordes no 2-7 en ré majeur, sol majeur, ut majeur, fa majeur, sib majeur, mib majeur K. 155-160. VenEthos Ensemble. Giacomo Catana, Mauro Spinazzè, violon. Francesco Lovato, alto. Massimo Raccanelli, violoncelle.  Août 2020. Livret en anglais, français et italien. TT 41’57 + 49’49. Arcana A497

Pierre Fontenelle à propos des Concerts des Dames.

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C’est dans le cadre enchanteur de l’Abbaye Notre-Dame Du Vivier de Marche-Les-Dames que j’ai rencontré Pierre Fontenelle. Membre de la rédaction de Crescendo Magazine, lauréat de nombreux concours, Namurois de l’année 2020, professeur à l’IMEP et maintenant directeur artistique des Concerts des Dames, le jeune violoncelliste de 24 ans est devenu un incontournable dans le paysage culturel wallon. 

Votre festival prend place dans un lieu atypique, pouvez-vous m’en dire plus sur son histoire ?

Nous sommes à l'Abbaye Notre-Dame du Vivier, à Marche-Les-Dames. C'est une Abbaye cistercienne du douzième/treizième siècle fondée par des sœurs qui y ont mené une vie monastique durant plusieurs années. Ensuite, l'Abbaye a vécu énormément de péripéties que ce soit avec les guerres mondiales, les révolutions napoléoniennes, la Révolution française, etc. Elle a donc un passé considérable. 

Au fil des excavations archéologiques, on y découvre de plus en plus de choses. Par exemple, on sait maintenant que le bois de la charpente vient de la même forêt et de la même époque que celui de la charpente de Notre-Dame de Paris. L’abbaye n’est pas encore très connue mais petit à petit, elle se fait connaître et c’est un véritable plaisir de suivre et accompagner sa transformation en véritable pôle culturel.

Quelles ont été vos motivations pour créer ces Concerts des Dames ?

J’ai toujours voulu programmer des concerts ou un festival. Je pense qu’une dimension  artistique d'un musicien est dans la manière de programmer ses concerts : concevoir une histoire avec les œuvres jouées. En tant que programmateur, nous devons aussi pouvoir pointer du doigt ce qui vaut la peine d’être écouté, découvert ou redécouvert. Cela est très enrichissant. 

Ensuite, d'un point de vue plus particulier, j’avais aussi la volonté de créer un espace pour les jeunes. Un espace où on pourrait faire un festival de musique de chambre avec des jeunes étudiants du conservatoire, ou déjà professionnels, et leur donner l'occasion de se faire un public à Namur. L'Abbay nous laissons carte blanche, nous pouvons programmer ce que nous voulons, et faire revenir plusieurs fois de jeunes musiciens qui auront plu au public. Cela permet de créer des liens entre les auditeurs et les jeunes de la région, et de tout le pays en général.

En Belgique, on a globalement un manque de confiance envers les jeunes. On a parfois peur de leur donner des occasions de se lancer, de penser par eux-mêmes et de créer quelque chose. Ici, nous mettons vraiment l’accent là-dessus. Jusqu'à présent, le public a répondu présent. Et les artistes ont vraiment fait de très beaux concerts. 

Christian Chamorel, Mozart et Reichel 

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Le pianiste Christian Chamorel fait paraître un album consacré à deux concerti de Mozart mis en relief avec le rare Concertino du compositeur suisse Bernard Reichel, une œuvre rare mais à redécouvrir. Crescendo Magazine a souhaité en savoir plus et vous propose une rencontre avec ce musicien.  

A la lecture du programme de cet album, la première chose qui frappe c’est le Concertino de Bernard Reichel à  côté de deux concertos de Mozart ? Pourquoi ce choix ? Pourquoi ce choix éditorial ? 

C’est Guillaume Berney, le chef titulaire de l’Orchestre Nexus, qui a attiré mon attention sur cette œuvre il y a quelques années déjà. En Suisse, Reichel ne jouit pas de la même popularité que son contemporain Frank Martin par exemple, sans doute parce que son style est moins immédiatement identifiable. Mais j’ai tout de suite été séduit par cette œuvre, et le rapprochement avec Mozart s’est imposé comme une évidence. En effet, outre l’effectif à peu près similaire, il nous est apparu évident que ce Concertino était tributaire d’une conception mozartienne du genre, à l’opposé des romantiques tels que Chopin, Liszt ou Rachmaninov.

Pouvez-vous nous parler de cette œuvre qui est très peu connue ? Quelles sont ses qualités ? 

Le Concertino de Reichel a été créé en 1949 par la pianiste Christiane Montandon et l’Orchestre de la Suisse Romande. C’est une pièce subtile, fluide et équilibrée, qui refuse toute forme de pathos et qui soigne beaucoup le dialogue piano/orchestre. Tantôt un jeu de questions/réponses s'installe entre les deux, tantôt le piano n’est qu’une couleur parmi d’autres dans la composition générale. Pour le soliste, il s’agit donc de toujours savoir « où est sa place », et de ne surtout pas forcer le trait alors que l’œuvre exige au contraire souplesse et retenue…

Ouverture de la saison des concerts du Palais princier

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Comme chaque été, l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo donne une série de concerts de prestige dans la Cour d'Honneur du Palais Princier.  Pour ce premier concert de Gala est présence du Prince Albert II, le programme célébrait  le 100e anniversaire de la disparition du Prince Albert I avec la mise à l’honneur d'œuvres de Camille Saint-Saëns et Jules Massenet, amis du souverain monégasque. Ainsi, deux des œuvres programmées étaient des commandes pour l'inauguration du Musée Océanographique et les autres étaient jouées pour la première fois à Monaco.

Kazuki Yamada excelle dans ce répertoire français romantique et l'orchestre est scintillant. Le concert commence avec l'Ouverture de Fête de Saint-Saëns, qu'on a découverte l'année passée lors d’un concert de l’OPMC. C'est une œuvre de circonstance idéale pour l'occasion.

Le Concerto pour piano de Massenet est un bijou oublié. Les mélomanes exigeants se rappellent que le grand  Aldo Ciccolini l'avait enregistré en studio pour EMI, il y a une quarantaine d'années, avec l'Orchestre de Monte-Carlo sous la direction de Sylvain Cambreling.  Mais l'œuvre  n'avait jamais été jouée sur une scène à Monaco. Au piano, on retrouve Alexandre Kantorow.  Il fait chanter tous les thèmes poétiques, épiques et lyriques du concerto de Massenet avec un toucher magique.Le public lui réserve une ovation et il offre en bis la merveilleuse “Mélodie” tirée d’Orphée et Eurydice de Gluck dans l'arrangement pour piano de Sgambati. 

Le Requiem de Berlioz par Antonio Pappano 

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Hector Berlioz (1803-1869) : Grande messe des morts, Op.5. Javier Camarena, ténor ; Chœurs de l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia, chef des chœurs : Ciro Visco. Orchestre royal du Concertgebouw d’Amsterdam, Antonio Pappano. 2019. Livret en néerlandais, anglais, allemand et français. Texte chanté en latin et traduction : anglais, français et allemand. 83’41’’. RCO 19006. 

Andreas Hofer : attachant portrait de sa musique sacrée da camera, à la Cour de Salzbourg

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Andreas Hofer (c1628-1684) : Cum iucundidate cantemus ; Lauda Jerusalem ; Confitebor tibi Domine ; Laudate Dominum ; Laudate pueri Dominum ; Beatus vir [Salmi con una voce e doi violoni e Motetti con e senza violini]. Psalmi Brevi. Missa Valete. Capella Spirensis.  L’Arpa festante. Christoph Hesse, Angelika Balzer, violon. Johann Weber, Lothar Haas, alto. Nuria Sanroma Gabas, cornettino. Uschi Bruckdorfer, douçaine. Helga Löhrer, violoncelle. Haralt Martens, violone. Michael Dücker, luth. Joachim Weller, orgue. Markus Melchiori, orgue et direction. Juillet 2021. Livret en anglais, allemand ; paroles en latin et traduction en allemand.  73’47. Christophorus CHR 77461

Les classiques revisités par Håkan Hardenberger et Fabien Gabel 

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French Trumpet Concertos.  Henri Tomasi (1901-1971) : Concerto pour trompette (avec la fin originale / premier enregistrement mondial). Betsy Jolas (1926) : Onze Lieder André Jolivet (1905-1974) :  Concertino pour trompette, orchestre à cordes et piano, IIe concerto pour trompette ; Florent Schmitt (1870-1958) : Suite pour trompette et orchestre  Håkan Hardenberger, Royal Stockholm Philharmonic Orchestra, Fabien Gabel. 2021. Livret en anglais, allemand et français.  BIS 2523.

Coffrets d’été Warner, Naxos, Grand Piano et Arcana  

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Même si nous sommes encore loin des fêtes de fin d’années, saison propice aux grosses et belles boîtes de disques, les labels font tourner leurs catalogues avec de beaux coffrets de rééditions ou d’additions récentes de parutions plus ou moins récentes. 

Jacqueline Du Pré. The Complete Warner Recordings. 23 CD Warner. 0190296611384. 

Warner remet en boîte la totalité des enregistrements de la violoncelliste Jacqueline Du Pré issus des catalogues EMI et Teldec (uniquement concerto pour violoncelle n°1 de Saint-Saëns avec Daniel Barenboim au pupitre du Philadelphia Orchestra). Ce legs est très connu et est un pilier des rééditions régulières de Warner. On y retrouve tant de grandes références comme le Concerto pour violoncelle d’Elgar, les Trios de Beethoven avec une dream team composée de Daniel Barenboim au piano et Pinchas Zukerman au violon sans oublier les albums chambristes avec Daniel Barenboim : sonates pour violoncelle de Brahms et de Beethoven. Le coffret reprend également des enregistrements de jeunesse pour la BBC ainsi que le Don Quixote de Richard Strauss et le Concerto pour violoncelle de Lalo qu’EMI avait ressorti de ses archives en 1995, parution qui avait alors fait grand bruit ! Le coffret propose un inédit : le Trio pour clarinette, violoncelle et piano de Brahms avec Gervase de Peyer à la clarinette et Daniel Barenboim au piano, une bande de 1968 complètement inédite.