Florian Noack, Jeune musicien de l’année de grand talent

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Outre les Prix Caecilia distinguant annuellement les meilleurs enregistrements de l’année précédente, l’Union de la Presse Musicale Belge a la louable tradition d’attribuer chaque année le Prix du Jeune musicien de l’année, récompense qui prévoit un récital à donner par le lauréat à Bozar. Les raisons de la programmation étant parfois obscures, ce n’est que maintenant que Florian Noack, lauréat 2017, put enfin se faire entendre dans la toujours intéressante série Bozar Next Generation, qui permet aux jeunes musiciens d’offrir à un public connaisseur, dominical et matinal, un bel échantillon de leur talent dans un récital d’une heure sans entracte.

Se produisant dans la grande salle Henry Le Boeuf devant un public attentif et connaisseur (silence religieux et pas une toux, juste un perturbant et persistant sifflement d’origine inconnue en début de récital), Florian Noack ouvrit son récital par la peu jouée Sonate en fa dièse mineur, D. 571 de Schubert qu’il interpréta avec partition (et pourquoi pas?). Un peu crispé au début, il se détendit rapidement et fit preuve d’un jeu sérieux et sensible, d’une belle souplesse et d’un lyrisme aisé. On admira son calme souverain et son talent de conteur, en particulier dans un Finale alternativement chantant et dramatique.

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Pour ce concert, les musiciens de la Deutsche Kammerphilharmonie de Brême étaient dirigés, si l’on peut dire, par Florian Donderer, son premier violon solo depuis 1999. Si l’on peut dire, car en réalité, il intervient très peu. Il s’agissait plutôt de musique de chambre à grande échelle.  Au programme, actualité oblige, Beethoven. Le Concerto pour violon, avec Christian Tetzlaff, et la Septième Symphonie.

Tetzlaff joue le Concerto de Beethoven depuis qu’il a quatorze ans. Cela fait donc presque quarante ans. Fait assez exceptionnel, il l’a déjà enregistré trois fois : en 1994, en 2005 et en 2018. À noter que c’est également le cas pour les Sonates et Partitas pour violon seul de Bach (là, il est même le seul). Et il a encore de nombreuses années de carrière devant lui ! Depuis son premier concert avec cette œuvre, en 1981, il joue des cadences qu’il a lui-même remaniées, d’après celles que Beethoven avaient composées pour sa version pour piano de ce concerto, et dans laquelle il avait prévu une partie de timbales, instrument tellement important dans ce concerto. En 2009, Tetzlaff a publié ces cadences. À part quelques rares passages où l’écriture du piano se prêtait assez mal à une adaptation au violon, le violoniste est resté très proche du compositeur. Et puis, il faut bien avouer que, par moments, Beethoven se laisse aller à un certain bavardage. Quand on connaît sa réputation d’improvisateur, on se dit que l’effet devait être saisissant en concert. Mais, fixé à l’avance, cela peut diluer quelque peu le propos, et ce léger resserrage de Tetzlaff permet de gagner en intensité. Dans la notice de la partition, il demande des baguettes particulièrement sèches. C’est un souhait qu’il a dû émettre au fil des années, car il n’est pas pris en compte dans son premier enregistrement.

Beethoven par Bezuidenhout et Heras-Casado

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Ludwig van BEETHOVEN (1770-1827) : Concertos pour piano et orchestre n° 2 op. 19 et n° 5 op 73 « Empereur ». Kristian Bezuidenhout, pianoforte ; Freiburger Barockorchester, direction Pablo Heras-Casado. 2020. Livret en français, anglais et allemand. 60.03. Harmonia Mundi HHM 902411.

Ludovic Morlot, triomphe à Amsterdam

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La série des matinées du samedi de la radio néerlandaise, programmée dans la légendaire salle du Concertgebouw d’Amsterdam, reste l’une des plus belles curiosités pour tout amateur de musique. En effet, de septembre à juin, une programmation aventureuse mêle musique contemporaine au baroque en passant par l’opéra en version de concert et musique symphonique. Pour ce concert hivernal, le Radio Filharmonisch Orkest était placé sous la direction de Ludovic Morlot, invité régulier et hautement apprécié de la phalange radiophonique néerlandaise. 

Le programme, comme de tradition, mêle une création contemporaine, une oeuvre concertante et une grande partition du XXe siècle. Peu connu en dehors des frontières hollandaises, Theo Loevendie (né en 1930) proposait sa dernière création, La Calle, donnée en première mondiale. Figure majeure de la vie musicale aux Pays-Bas, le compositeur a toujours aimé casser les frontières que ce soit vers le jazz ou les musiques turques. Composée pour grand orchestre, cette partition sonne avec une certaine nostalgie des thèmes dans une grande tradition symphonique narrative. Le matériau orchestral est souvent très beau et la maîtrise de l’écriture est digne d’éloges. Ludovic Morlot et les musiciens soignent particulièrement les timbres de cette oeuvre qui remporte un grand succès public. 

Richter joue Rachmaninov et Prokofiev entre 1946 et 1961

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SVIATOSLAV RICHTER JOUE RACHMANINOV ET PROKOFIEV. Serge RACHMANINOV (1873-1943) : Concerto pour piano et orchestre n° 1 op. 1 (deux versions) ; Concerto pour piano et orchestre n° 2 op. 18 (deux versions) ; Etudes-tableaux Op. 33 n° 4, 5 et 8 et op. 39, n° 1 à 4 et 9 ; Deux chansons russes op. 21 n° 6 et 7 ; Dix-huit Préludes op. 23 et op. 32. SERGE PROKOFIEV (1891-1953) : Concerto pour piano et orchestre n° 1 op. 10 ; Concerto pour piano et orchestre n° 5 op. 55 (deux versions) ; Sonates pour piano n° 2, 6, 7, 8 (trois versions) et 9 ; Rondo n° 2 op. 52 ; Sonatine pastorale n° 3 op. 59 ; 11 Visions fugitives op. 22 ; Symphonie-Concerto pour violoncelle et orchestre op. 125 ; Sonate pour violoncelle et orchestre op. 119 ; Ouverture sur des thèmes juifs op. 34 (version pour quatuor, clarinette et piano) ; Pièces diverses pour piano et chansons ; Nikolai MIASKOVSKY (1881-1950) : Sonate pour piano n° 3 op. 19 ; Sonate pour violoncelle et piano n° 2 op. 81. Divers orchestres, direction :  Oleg Agarkov, Kurt Sanderling, Kirril Kondrashin et Eugène Ormandy ; Nina Dorliac, Mstislav Rostropovitch, Rostislav Dubinsky, Rudolf Barshai, Valentin Berlinsky, Ivan Mozgovenko, Quatuor Borodine. 2019. Livret en allemand et en anglais. Un coffret de 11 CD Profil Hänssler PH19052. 

Karlowicz et ses poèmes symphoniques

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Myeczyslaw KARLOWICZ (1876-1909) : Poèmes symphoniques : Stanislas et Anna Oswiecim, op. 12 ; Une triste légende (« Préludes à l’éternité »), op. 13 ; Un épisode pendant une mascarade, op. 14 ; Frédéric CHOPIN (1810-1849) : Allegro de concert op. 46, instrumentation par Konrad Binienda. Konrad Binienda, piano ; Royal Philharmonic Orchestra, direction : Grzegorz Nowak. 2019. Livret en polonais et en anglais. 66.45. Dux 1621.

Le Trio Accanto à la Philharmonie de Luxembourg

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Voilà une configuration bien plus courante dans un répertoire jazz que contemporain : le Suisse Marcus Weiss trimbale son saxophone d’un monde, d’une époque et d’une cause à l’autre, militant sans discontinuer pour promouvoir ce (jeune) instrument au sein du catalogue classique ; l’Anglais Nicolas Hodges travaille le piano, du romantisme au contemporain, collaborant, en Amérique comme en Europe, avec grands orchestres ou ensembles de chambre ; l’Allemand Christian Dierstein met son art des percussions au service de musiques, nouvelles autant que non européennes, sur partition ou librement improvisées. Rien d’étonnant donc à ce que les œuvres au programme soient écrites sur mesure pour le Trio Accanto, dont les deux premières, commandes de la Philharmonie Luxembourg (conjointement avec la Ernst von Siemens Musikstiftung), donnent lieu à un « Artist talk » avec Misato Mochizuki (°1969) et Evan Johnson (°1980) mené, en anglais, par Lydia Rilling, la Chief Dramaturg du lieu.

Cette dernière suggère au public de rester éparpillé dans la salle, afin de mieux percevoir les dynamiques, ténues, efflanquées parfois, de son Plan and section of the same reservoir où le déroulé musical oscille plus souvent entre quasi audible et silence -même les interventions du percussionniste (limitées à la deuxième partie de la pièce) se révèlent difficilement perceptibles.

Dans les notes de programme, Philippe Lalitte (Sorbonne Université) développe le thème de la texture, « manière dont les parties individuelles ou les voix sont assemblées », notion approfondie depuis le XXe siècle par l’intérêt porté, notamment, aux interactions ou interférences entre ces parties et qui élargit encore son champ exploratoire en y intégrant « la matière sonore et les effets perceptifs ». La texture devient ainsi une toile, un tissage, un grain.

On fête Mozart à Yale

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Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791) : Concertos pour piano et orchestre n° 11 K. 413, dans un arrangement par le compositeur pour quatuor à cordes et piano ; Concerto pour piano et orchestre n° 23 K. 488 ; Concerto pour deux pianos et orchestre n° 10 K. 365. Robert Blocker et Peter Frankl, pianos, Quatuor Statera, Yale Philharmonia, direction  : William Boughton. 2020. Livret en anglais. 73.32. Nimbus NI 6394.

A l’OSR, un chef invité remarquable, Kazushi Ono  

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Pour sa série ‘Appassionato’, l’Orchestre de la Suisse Romande invite le chef japonais Kazushi Ono que l’on a souvent applaudi à l’Opéra de Lyon et qui est actuellement le directeur musical du Tokyo Metropolitan Symphony Orchestra et de l’Orchestre Symphonique de Barcelone, tout en assumant la responsabilité artistique du Théâtre National de Tokyo.

A Genève, son programme débute par l’Akademische Festouvertüre op.80 que Brahms avait écrite en 1879 à l’intention de l’Université de Philosophie de Breslau qui l’avait nommé Docteur Honoris causa. En sollicitant largement les cordes graves, le chef lui instille d’emblée un brin d’humour avec un basson gouailleur qui s’immisce dans un tutti emphatique ; puis un presto brillant cite des bribes de chansons estudiantines culminant sur un ‘Gaudeamus igitur’ jubilatoire.