Des ténèbres aux lumières : Don Giovanni à Paris

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Au Palais Garnier à Paris, Ivo van Hove propose une lecture en quelque sorte inversée du « Don Giovanni » de Mozart : au lieu d’être, comme d’habitude, une course folle aux ténèbres pour son héros malfaisant, son cheminement s’extirpe des ténèbres pour ramener les autres protagonistes à de belles lumières radieuses.  

Dès l’entrée dans la salle, les spectateurs sont surpris du décor imposant qui s’offre à leur vue – il a fallu renforcer les soubassements du Palais Garnier. Comme si une petite ville ancienne d’Espagne avait été reconstruire à l’identique, dans le dédale de ses ruelles, mais avec un béton omniprésent au gris étouffant. Il n’y a que peu de lumière, il n’y a guère de couleurs. De plus, quand on considère les nombreux escaliers qui unissent les différents niveaux, on pense immédiatement à l’artiste néerlandais M. C. Escher et à ses improbables constructions dont l’entrelacs des escaliers, défiant toute perspective et toute réalité, interpelle les regards. En fait, ici, ce labyrinthe est tel que les personnages ne peuvent s’échapper, qu’ils sont toujours condamnés à se voir, à s’observer, à se retrouver. Et on le sait, la tragédie naît de la confrontation inexorable.

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Aram Khatchatourian (1903-1978) : Concerto pour violon et orchestre*, Trio pour clarinette, violon et piano** ; Nikolai Rimsky-Korsakov (1844-1908) : Schéhérazade (arr. Aleksandar Sedlar)° ; Aleksandar Sedlar (1982) Savcho 3°°. Nemanja Radulović (violon), Borusan Istanbul Philharmonic Orchestra/ Sascha Goetzel (direction)* ; Ernst Ottensamer (clarinette)**, Laure Favre-Kahn (piano)** ; Double Sens, Stéphanie Fontanarosa (piano)°, Aleksandar Sedlar (percussion)°°. 2018-DDD-77’17 -Textes de présentation en anglais, allemand et français - Deutsche Grammophon 479 7545 GH

Guy Sacre honoré par les Éditions Symétrie

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Guy Sacre (1948) : « Voici qu’un jour tranquille » - « Je me sens pauvre aujourd’hui », deux poèmes de Jules Romains

Les lecteurs de Crescendo connaissent bien Guy Sacre, compositeur français né en 1948 dont le style d’écriture ne s’attache à aucune école. On sait l’attachement du compositeur au médium vocal et c’est pour voix de baryton et piano que les excellentes éditions Symétrie font paraître deux poèmes de Jules Romains dans la musique inspirante et délicate de Guy Sacre.

Beethoven et Schubert chez Wiener Uxtext

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Références absolues et incontestables du répertoire pianistique, Beethoven et Schubert bénéficient d’une visibilité accrue dans le domaine de l’édition. Wiener Urtext Edition s’attaque de nouveau à ce répertoire en offrant des rééditions de qualité musicologique et historique remarquable.

Franz Schubert (1797-1828) : Moments musicaux Op. 95 (D 780)

Mort prématurément (31 ans !), Schubert compte à son actif un large catalogue (plus de cent opus et 20 sans numéro d’opus) composé d’œuvres pour piano, de musique de chambre, symphoniques, vocales… Considéré comme le père du lied, Schubert compose vers 1823 six Moments musicaux, sorte de réponse à la demande d’une clientèle friande de pièces courtes, à l’effigie des Bagatelles de Beethoven écrites en 1803. Inspirées de la musique de danse, ces pièces de caractère bénéficient ici du regard d’Ulrich Leisinger qui indique, à l’occasion de cette nouvelle édition, son recours à la première édition (Vienne 1827) comme source principale, à l’édition de Diabelli de 1831 et aux premières impressions des n°3 et 6 dans l’Album musicale. Des notes sur l’interprétation de Robert D. Levin (exécution, expression, dynamique, articulation, emploi de la pédale…) complètent cet ouvrage et nous transportent dans une direction musicale qui ne peut que rendre justice à cette musique délicieuse. Les doigtés de Paul Badura-Skoda aideront le pianiste à intégrer le maximum d’informations et respecter les différents plans sonores et/ou articulations de ce recueil.

2019 – Wiener Urtext Edition – 27 pages – ISMN 979-0-50057-414-9

Camille de Rijck, directeur de collection

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Figure incontournable de la chaîne radiophonique RTBF Musiq3, Camille de Rijck est également à la tête, avec Sylvain Fort, d’une nouvelle initiative éditoriale en matière de livres sur la musique aux Éditions Papiers Musique. À l’occasion de la sortie des trois premiers titres de la collection “Via Appia”, il revient sur la genèse et l’ambition de ces parutions. Cet entretien est également l’occasion d’évoquer le site internet ami Forumopera dont Camille de Rijck est le co-fondateur et qui célèbre cette année ses 20 ans.  

Vous lancez, avec votre compère Sylvain Fort, la collection “Via Appia” aux Éditions Papiers Musique du groupe Humensis. La première question est tout simplement : pourquoi lancer une nouvelle collection de livres ? Quel sera son ADN ?

Nous avons constaté une raréfaction de la parole musicale dans la presse papier et dans le domaine de l’édition. La crise économique qui frappe très sévèrement les différents acteurs culturels en est évidemment l’une des causes. Quand le groupe Humensis nous a proposé de travailler à plusieurs collections, il n’a pas fallu très longtemps pour qu’une ritournelle d’envies nous saisisse. L’une d’elles consiste à donner la parole aux musiciens (collection Grand Socco), l’autre se concentrera sur les villes et la musique (collection Via Toledo) et la troisième, celle que vous évoquez (Via Appia), est une collection ouverte aux musicographes. Ceux qui commentent la musique à distance respectueuse. Voilà pour l’ADN. Le reste est une page blanche.

Maestro Speranza Scappucci

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Directeur musical de l’Opéra Royal de Wallonie à Liège, Speranza Scappucci s’est imposée comme l’une des cheffes d’orchestre les plus demandées dans le domaine de l’opéra. Entre Washington, Dresde et avant Toronto, Vienne ou Paris, la musicienne dirige ses troupes liégeoises dans « I Puritani » de Bellini.

Vous dirigez actuellement "I Puritani" de Bellini à l’opéra de Liège. Dans ce type d’oeuvre de bel canto, on a souvent l’idée (sans doute à tort) que les parties d’orchestre sont peu intéressantes à l’inverse des parties chantées. Qu’en pensez-vous ?

Dans tous les opéras de Bellini, ou d’ailleurs de Donizetti, les accompagnements de l’orchestre sont très importants, car c’est à travers les couleurs et la manière de phraser que l’on donne les impulsions aux chanteurs. C’est beaucoup plus difficile de bien jouer, et de jouer de manière expressive, un triolet chez Bellini qu’une cascade de notes dans un autre répertoire ! Les solistes de l’harmonie et les cuivres sont aussi très exposés.

À Liège, nous présenterons une version pratiquement sans coupures, et avec beaucoup de variations écrites par les chanteurs ou par moi-même. En outre, nous respecterons les finales des différents numéros telles qu’écrites par Bellini lui-même, avec la possibilité de chanter des notes très aiguës sur les accords de dominante, mais pas sur les toniques à la fin des numéros (ce que l’on appelle en italien des puntature in su).

Le Conte du Tsar Saltane à La Monnaie. Quel chef !

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Emerveillement des yeux ! On n’oubliera pas ce que l’on a vu ! Avec d’abord le surgissement, par la salle, de personnages en costumes étonnants (Elena Zaytseva), figures de jeux de cartes, matriochkas, illustrations des livres de contes de notre enfance. C’est inventif, c’est coloré, c’est somptueux. Avec soudain, sur et derrière une immense toile, l’apparition peu à peu dessinée et coloriée d’un paysage, d’une ville, d’animaux, de personnages, d’images animées. Le héros traverse la toile et trouve sa place dans le décor dessiné, une femme-cygne y apparaît. On est ailleurs.

Dans un conte traditionnel, dans l’histoire d’une pauvre jeune femme trahie par ses sœurs et leur tante, condamnée à l’exil avec son fils, récompensée par un cygne-princesse (séduisante Olga Kulchynska) sauvé des griffes d’un rapace, jusqu’à ce que justice soit faite.

Un Monteverdi sous une bonne étoile !

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« Sfogava con le stelle ».  Claudio MONTEVERDI (1567-1643): Madrigaux: Sfogava con le stelle un infermo d’amore SV 78; Al lume delle stelle SV 138; Cor moi mentre vi miro SV 77; O come sei gentile; Si, ch’io vorrei morire SV 89; Lamento della ninfa SV 163; Interrotte speranze SV 132; Se i languidi miei sguardi SV 141; Io mi son giovinetta SV 86; Magnificat primo tuono a quattro voci in genere da capella SV 282 Alessandro PICCININI (1566-1638): Toccata VI – Vincenzo BONIZZI (15?-1630): Jouissance vous donneray. La Main Harmonique, dir. Frédéric Bétous. 2018-54’10"-Textes de présentation en français et anglais-Textes chantés en italien, traduits en français et anglais-Ligia Lidi0202336-18