Wagnermania francilienne 

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Wagnermania. Richard Wagner (1813-1883) : extraits de Parsifal, Tristan et Isolde et Die Walküre. Michelle DeYoung, mezzo-soprano ; Simon O’Neill, ténor ; Pierre-Yves Pruvot, baryton. Orchestre national d’Île-de-France, Case Scaglione. 2019. Livret en : français et anglais. 40’48’’ et 47’45’’. 2 CD NoMadMusic. NMM085

Réédition d’un superbe récital franco-italien de la mezzo-soprano Viorica Cortez

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Une vie d’opéra. Airs de Georges Bizet (Carmen), Charles Gounod (Sapho), Camille Saint-Saëns (Samson et Dalila), Edouard Lalo (Le Roi d’Ys), Emmanuel Bondeville (Antoine et Cléopâtre), Gioacchino Rossini (Semiramide), Gaetano Donizetti (La Favorite) et Giuseppe Verdi (Le Trouvère, Don Carlos et Oberto, conte di San Bonifacio). Viorica Cortez, mezzo-soprano ; Grand orchestre de radio-Télé-Luxembourg, direction Louis de Froment. 1977. Notice en français, en italien et en anglais. 52.57. Calliope CAL2075.

Ouvertures d’Auber, un volume 3 peu enthousiasmant

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Daniel-François-Esprit Auber (1782-1871) : Ouvertures et extraits orchestraux : Grande Ouverture pour l’inauguration de l’Exposition à Londres ; La Barcarolle, ou L’Amour et la Musique : Ouverture, Entracte de l’Acte II, Air de danse de l’Acte III ; Les Chaperons blancs : Ouverture, Entractes des Actes II et III ; Lestocq, ou L’Intrigue et l’Amour : Ouverture et Entracte de l’Acte II ; La Muette de Portici : Ouverture ; Rêve d’amour : Ouverture et Entracte de l’Acte III ; Le Serment, ou Les Faux monnayeurs : Ouverture. Orchestre Philharmonique de Moravie, direction Dario Salvi. 2019. Notice en anglais et en français. 73.11. Naxos 8.574007.

FLEURS qui embaument…

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FLEURS  Jean Wiéner, Les Chantefleurs  /Darius Milhaud, Catalogue de fleurs, op.60 /Erik Satie, Les Fleurs (extrait  de Trois autres mélodies) /Arthur Honegger, Nature morte, H 11 /Lili Boulanger, Deux Ancolies (extrait de Clairières dans le ciel) /René de Buxeuil, L’Âme des roses   Melody Louledjian, soprano – Antoine Palloc, piano   enregistré à l’Institut Rosey à Rolle du 19 au 22 mars 2019. 60’02   Livret en français et en anglais avec le texte des mélodies en français et en anglais. AP 230 

Deux passionnants coffrets pour les 80 ans d’André De Groote

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A Life in Music. André De Groote, piano. Orchestre symphonique de la RTBF, BRT Symphony Orchestra, Orchestre National de Belgique, BRT Philharmonic Orchestra, direction André Vandernoot, Christoph Eschenbach, Alvaro Cassuto, René Defossez, Fernand Terby, Frédéric Devreese, Paavo Berglund et Georges Octors ; Ensemble Bellérophon ; Viviane Spanoghe, violoncelle ; Jo Alfidi, Irena Kofman et Luc Devos, piano ; Francis Orval, cor ; Levon Chilingirian, violon ; Wolfgang Meyer, clarinette. 1964-2009. Notice en néerlandais, en anglais, en allemand et en français. Plus de dix heures de musique. Un coffret de 10 CD Etcetera KTC 1677.

Ludwig van Beethoven  (1770-1827) : Intégrale des sonates pour piano. André De Groote, piano. 1995-1998. Notice en anglais et en allemand. Une dizaine d’heures de musique. Un coffret de 10 CD Etcetera KTC 1676.

2021 : l’essentiel et la reconstruction ? 

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Si l’an neuf est traditionnellement un moment d’espoir, le passage à 2021 laisse un sentiment mitigé ! Si tout le monde se satisfait d’avoir laissé 2020 derrière soi et espère une amorce crédible de sortie de la crise Covid au mieux vers la fin de l'été, la situation reste sombre. Les salles de spectacles, à de rares exceptions locales près (Monaco, Madrid), restent tristement fermées et personne ne prend le risque d’avancer une hypothétique date pour une réouverture même partielle ! 

Dans tous les cas, les séquelles risquent d’être importantes pour la culture. Considérée comme non essentielle, sa mise à l'arrêt marque indéniablement une cassure civilisationnelle. Rappelons que l’art et la culture sont l’ADN de l’Occident. On ne se lancera pas ici dans une démonstration didactique et pour ne pas donner dans le corporatisme, on choisira l’exemple du théâtre qui prend source dans l’Antiquité comme composante structurante de la vie sacrée des cités. Rappelons aussi que même pendant les deux Guerres mondiales, la culture ne s’était pas arrêtée à travers le monde ! Nous vivons une situation inédite ! 

Certes, il ne s’agit pas de dire que tel secteur vaut mieux qu’un autre et que tel ou tel mérite ou pas de rester ouvert. Mais éteindre la Culture est hélas un signal, la considérer comme “non essentielle” est une insulte aux artistes, aux publics mais aussi à notre Histoire ! Elle n’est plus un axe de la Civilisation et on lui préfère des temples de la consommation gavés, pour la plupart, d’objets fabriqués à l’autre bout de la planète et importés par cargos ou avions bien polluants ! Comme symbole du monde d’après, en phase avec les enjeux du futur, on peut espérer mieux ! 

L'antienne de la réinvention, cri de ralliement de tous les commentateurs en mal d’idées et mythe fantasmé de la Modernité, aura fait long feu. Le tsunami de concerts en ligne qui nous a submergés n’est qu’un miroir aux alouettes car l’essence de la culture, c’est d’être vivante et, en dépit de la grande qualité de certaines offres tant sur la forme que sur le fond, le concert en ligne n’est en rien une solution à terme car il est la négation même de l’Art. Sans public, il ne peut y avoir de culture ! Comme le dit justement Daniel Barenboim : Nous ne devons pas oublier que la musique est créée dans un espace, c’est-à-dire en direct, sur scène, avec un public (…) Rien ne peut remplacer cette expérience partagée. Le streaming est une bonne chose, c’est important, mais il ne remplace pas les concerts et les représentations d’opéra en direct.

Bor Zuljan à propos de Dowland

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À l'occasion de son remarquable premier album enregistré comme soliste, nous avons discuté avec Bor Zuljan : sa conception de Dowland, de sa musique pour luth. Comment a-t-il structuré son programme, pourquoi le choix de cet instrument à huit chœurs, quels sont ses projets...

Dans sa jeunesse, à Paris, Dowland avait embrassé le catholicisme romain. Il considéra que sa religion fut un obstacle à sa carrière sous le règne élisabéthain marqué par l’Acte de Suprématie de 1559. On le retrouve alors en Italie, en Allemagne, auprès du Roi du Danemark, mais ce n’est qu’une quinzaine d’années avant sa mort qu’il accéda enfin à un poste à la Cour d’Angleterre, sous Jacques 1er. Ce manque d’égard sur sa terre natale peut-il expliquer la frustration et le tempérament d’un Dowland tourmenté, vindicatif, derrière la réputation de mélancolie qu’on lui a accolée ? Pensez-vous que son caractère transparait dans les mœurs de sa musique ? Traduit-elle un besoin de reconnaissance ?

Il est bien sûr difficile de comprendre la complexe personne de John Dowland juste par quelques écrits à 400 ans d'écart. Mais j'aurais tendance à penser le contraire : je vois plutôt sa nature tourmentée, son caractère conflictuel comme obstacle à obtenir le poste tant souhaité. De plus, la Cour d'Elisabeth I incluait des musiciens catholiques, comme par exemple William Byrd.

Dowland a été loué pendant sa vie en presque toute l'Europe, étant aussi un des musiciens les mieux payés. Son besoin de reconnaissance est donc plus une question d'attitude. Si nous considérons quelques autres épisodes et faits de sa vie nous pouvons y voir une personnalité assez difficile, voire extrême.

Et c'est cela qui transparait dans sa musique, je pense. On n'y trouve pas seulement une mélancolie "résignée", mais aussi de la rage et du désespoir profond. Puis, d'un coup, il nous surprend avec des morceaux d'une immense lumière et légèreté, nous laissant supposer qu'il était bipolaire, passant de la dépression à la manie excessive.