La liberté et la fantaisie de C.P.E. Bach par Vittorio Forte

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Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Rondo en mi mineur WQ66 H272 – Fantaisie en do majeur WQ 59/6 H284 – Rondo en la mineur WQ56/5 H262 – Fantaisie en la majeur WQ58/7 H278 – Rondo en ré mineur WQ1/4 H290 – Fantaisie en fa majeur WQ59/5 H279 – Rondo en do mineur WQ59/4 H283 – Fantaisie en fa# mineur WQ67 H300 – Rondo en la majeur WQ58/1 H276 – Fantaisie en do majeur WQ 61/6 H291 – Rondo en mi majeur WQ57/1 H265 – 12 Variations sur la Folia d’Espagne WQ118/9 H263.Vittorio Forte, piano. 2019-DDD-78’31-Textes de présentation en anglais, allemand et français-Odradek-ODRCD368

Across the stars avec John Williams

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John William (*1932) : Extraits de Star Wars, Harry Potter, Far and Away, Memoirs of a geisha, Dracula, Sabrina, The Adventures of Tintin, the Secret of the Unicorn, Cinderella liberty, Schindler’s listAnne-Sophie Mutter, violon – The Recordings Arts Orchestra of Los Angeles, John Williams, adaptations et direction. 2019-DDD-55’09-Textes de présentation en anglais et allemand-Deutsche Grammophon-4797553

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Anniversaire de la naissance de Beethoven (250 ans) oblige, Henle Verlag publie un florilège de Sonates pour piano du compositeur de Fidelio. Et comme toujours chez Henle, le travail sur les sources est minutieux et appréciable. Norbert Hertsch et Murray Perahia signent la direction de ces travaux en proposant ici un regard précis sur l’aspect musicologique mais aussi sur les doigtés proposés par le pianiste. 

Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Fünf leichte Klaviersonaten, Opus 2 n°1, Opus 14 et Opus 49 – Urtext Henle Verlag – ISMN 979-0-2018-1391-2

Le premier volume regroupe cinq sonates communément appelées « faciles » bien que la difficulté de ces pièces ne soit pas à la portée de tous. Classées dans un ordre de difficulté croissant, ces sonates permettent au pianiste de jeter un premier regard sur l’étendue de ce répertoire dont l’évolution jusqu’à la dernière sonate sera sans limites. L’opus 49 date de 1805 même si composé antérieurement. Numérotées 19 et 20, elles sont en réalité les sonates n°5 et 6 dans l’ordre chronologique. Deux mouvements composent chacune des deux sonates de l’opus 49 dont un Menuet très caractéristique et prisé de nombres de compositeurs et/ou arrangeurs, dont Beethoven lui-même. L’opus 14 date de 1799 malgré des dates d’écriture encore floues aujourd’hui. Beethoven élargit la forme en dessinant pour chaque esquisse trois mouvements. Enfin, la première de toutes les sonates parut en 1796 à Vienne. Trois sonates composent ce second opus dédié à Joseph Haydn dont on rappellera le lien de professeur/élève qui se prêta à de nombreuses rumeurs erronées. L’opus 49 bénéficie également d’un tirage seul chez le même éditeur (IMSN 979-0-2018-1327-1)

Richard Cœur de Lion : un passionnant voyage dans le temps

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Composée par l’un des musiciens préférés de la Reine Marie-Antoinette, André Ernest Modeste Grétry, sur un livret de Sedaine, la « comédie » Richard Coeur de Lion est, pour une fois, tout à fait en situation à Versailles. Absente des scènes lyriques contemporaines, elle connut un long triomphe et ses thèmes inspirèrent aussi bien Beethoven (Huit Variations pour piano en do majeur) que Tchaïkovski dans La Dame de Pique. D’une couleur « gothique » (Richard a été capturé par les Autrichiens à son retour des Croisades), le propos s’avère profondément humaniste : le souverain est libéré de la forteresse ennemie car il sait susciter l’amour de tous et utiliser sa sensibilité musicale pour reconnaître ses fidèles (l’histoire atteste des dons artistiques de Richard, beaucoup moins de ses vertus de bonté !). Les allusions champêtres, le ton épique ou galant donne une idée fraîche, presque naïve de cette société de l’Ancien Régime au bord de l’abîme. Quoique l’intrigue se situe au XIIe siècle, la mise en scène (Marshall Pynkoski) la « translocalise » au Siècle des Lumières. A première vue assez arbitraire, cette option présente des qualités tout à fait intéressantes.

À Genève, un magnifique chef pour Aida   

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Pour le deuxième spectacle de sa saison, le Grand-Théâtre de Genève affiche Aida, un ouvrage que l’on n’a pas revu sur cette scène depuis vingt ans, c’est-à-dire depuis la pitoyable production de Francesca Zambello en décembre 1999. Aujourd’hui, le nouveau directeur de la maison, Aviel Cahn, opte pour celle que le Britannique Phelim McDermott avait conçue pour l’English National Opera en octobre 2017 avec les décors de Tom Pye, les costumes de Kevin Pollard et la chorégraphie de Basil Twist ; et ici, sous de nouveaux éclairages dus à Simon Trottet, la mise en scène est reprise par Joe Austin.

Sublime Andras Schiff   

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Dans le cadre de sa prestigieuse série ‘Les Grands Interprètes’, l’Agence Caecilia réinvite régulièrement certains artistes qui peuvent ainsi déployer l’éventail de leur répertoire. Tel est le cas du grand pianiste hongrois Sir Andras Schiff, entendu en février 2018 dans un programme Schumann, Brahms, Mozart, Bach et Beethoven. Et cette fois-ci, pour le récital de vendredi dernier, il s’est concentré sur les seuls Beethoven et Schumann.

Utilisant un somptueux piano Bösendorfer de couleur acajou, il propose d’abord le Beethoven trentenaire de la Douzième Sonate en la bémol majeur op.26 dont il chante la profonde sérénité en s’appuyant sur la richesse des basses que lui fournit l’instrument. De ce motif initial semblent découler naturellement les traits d’ornementation et les variations qui s’enchaînent avec une implacable logique. Par un jeu très articulé, le Scherzo prend un tour bondissant dont le Trio calmera les élans par le balancement de son cantabile. La Marcia funebre sulla morte d’un eroe se déroule en un tempo allant qui ne deviendra maestoso que dans la section médiane où éclatera le drame sur le roulement en trémolo de la main gauche, tandis que le Finale renouera avec une désinvolture volontiers babillarde que produisent les doubles croches de la main droite.

Trois siècles de musique qui annoncent Jean-Sébastien…avec Terpischore

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Pour fêter dignement quatre décennies de musique et d’amitié, l’Ensemble vocal  mixte TERPSICHORE, placé sous la direction de son chef et fondateur Xavier Haag, vient de présenter la première partie d’un diptyque musical lors d’un concert qui  s’est donné ce 13 octobre dans l’église romane de Villers La Ville.

Concert qui racontait les trois siècles de musique qui ont préparé la venue de Jean-Sébastien BACH. Superbe programmation qui a conduit le public de Janequin ("La Bataille de Marignan") à Haëndel (extraits du Messie) en passant par Lassus ("Bonjour mon coeur"), Monteverdi, Purcell (Extraits de Didon et Énée), Vivaldi (Extraits du Magnificat) et Bach ("Lobet den Herrn"). 

La première partie du programme, a capella, a révélé une belle homogénéité des voix. La seconde partie a vu s’adjoindre au chœur deux violons – José-Manuel Rodriguès et Patricia Vigas – et un violoncelle en la personne de la liégeoise Caroline Stevens.

Rencontre avec le compositeur-chef d’orchestre Peter Eötvös,

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Le 4 octobre dernier, Peter Eötvös marqua les esprits du public de Flagey lors d’une soirée exceptionnelle au cours de laquelle il dirigea avec brio Barbe-Bleue de Béla Bartók, ainsi qu’un opéra de sa propre plume, Senza Sangue. Nous renvoyons nos lecteurs à la chronique de ce concert, que nous n’avons bien entendu pas manqué de relayer sur ce site.

Le 3 octobre, cette figure incontournable de la musique des XXe et XXIe siècles nous a fait l’honneur d’une rencontre à son hôtel à Bruxelles. Nous avons été frappé par la simplicité et l’amabilité du personnage qui, avant que débute l’interview, relata brièvement l’agréable soirée qu’il avait passée la veille au Chou de Bruxelles. Il y avait invité les chanteurs. 

Compositeur, chef d’orchestre et pédagogue hongrois, Peter Eötvös est né en 1944 en Transylvanie. De 1968 à 1976, il dirigea fréquemment le Stockhausen Ensemble. En 1978, Pierre Boulez l’invite à reprendre la direction musicale de l’Ensemble Intercontemporain, qu’il délaisse en 1991, date à laquelle il fonde l’International Eötvös Institute qui, comme la Eötvös Contemporary Music Foundation créée en 2004, se consacre à former les jeunes chefs et compositeurs. Le compositeur allemand Helmut Lachemann a salué en lui "l’un des rares esprits absolument indépendants" du monde musical occidental; "l’un des rares parce qu’indépendant aussi de lui-même. Car malgré toute la rigueur et la discipline perceptibles derrière son imagination sonore unique de même que derrière son humanité souveraine, lui et son art vivent d’un étonnement toujours prêts à l’aventure".

Frédéric Vitteaud, régisseur général de l'OPMC

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Crescendo Magazine poursuit sa rencontre avec les métiers de la musique. Après Mathilde Serraille, bibliothécaire au Melbourne Symphony Orchestra, cette nouvelle étape nous emmène à la découverte du métier de régisseur général avec Frédéric Vitteaud, titulaire de cette fonction auprès de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, l’un des grands orchestres européens, phalange qui assure la saison symphonique et les services d’opéras et de ballet monégasques et que l’on retrouve régulièrement en tournée à travers le monde.

Vous êtes régisseur général de l’Orchestre Philharmonique de Monte Carlo ? Comment vous êtes-vous orienté vers ce métier ?

Depuis toujours, j’ai voulu travailler dans le milieu la musique. Le brevet de technicien des Métiers de la Musique (BT Musique) proposé par le Lycée de Sèvres et les enseignements précieux qui y étaient dispensés par Gilbert Villedieu et Jeanne Lachaux m’offraient cette orientation ainsi que beaucoup d’autres dans le domaine du spectacle.

Après le lycée, je suis allé en musicologie. A l’époque je prenais encore des cours au conservatoire et l’un de mes professeurs, Jo Capolongo, m’a dit « qu’on recherchait quelqu’un chez Colonne ». Je pensais qu’il s’agissait d’un job occasionnel les soirs de concerts, mais l’Orchestre Colonne m’a rapidement proposé un engagement de plusieurs mois et comme je m’ennuyais un peu en musicologie, j’ai accepté.

Après deux ans chez Colonne (ou on apprend à tout faire !), j’ai travaillé comme intermittent pendant 6 ans dans les grands orchestres de la capitale, à Radio-France, à l’Orchestre de Paris, à Bastille et àGarnier. J’ai aussi collaboré avec l’Orchestre du Capitole de Toulouse, notamment en leur procurant tous les instruments et les pupitres lors de leur venue à Paris en novembre 1996, lorsque les routiers avaient bloqué les routes. A la même époque, j’ai aussi un peu aidé aux débuts du Festival de Pâques de Deauville.

Pierre Barrois m’a ensuite confié la direction technique de l’OFJ. C’est lors de sessions de l’OFJ avec Marek Janowski -que je connaissais déjà assez bien du Philhar- que le Maître m’a conseillé de postuler à Monte-Carlo où il venait d’être nommé et où un poste allait bientôt se libérer. Marek Janowski a quitté Monte-Carlo quelques années plus tard et moi je suis resté.

Opera Fuoco & David Stern dans Serse de Händel

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Et si, pour une fois dans un article sur l'opéra, on commençait par la phalange vocale et instrumentale ? Plus fantasques que réelles, plus extravagantes qu'honnêtes, les mises en scène d'aujourd'hui ont tout ce qu'il faut pour plaire ou pour choquer. La toute nouvelle version de Serse de Händel, montée par l'Opera Fuoco et David Stern pour le Beijing Music Festival (octobre 2019), sort parfaitement de ses problématiques. Présentée en version de concert à la Salle Ravel de Levallois, où la compagnie est en résidence, la Serse de l'Opera Fuoco a proposé de revenir à l'essentiel de l'opéra : la voix. Pas de décoration grandiloquente, pas de transposition de sujet sur la lune ou le cosmos, rien que la voix et la parfaite cohésion entre le chef et ses musiciens sur la scène tout comme dans la fosse d'orchestre.