Mon Casse-Noisette, selon Béjart

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Sur la gauche se dresse un sapin de Noël maigrichon, avec quelques boules et guirlandes éparses, qui semblent avoir survécu aux années précédentes ; un enfant est assis tristement devant l’arbre, car sa mère est morte quand il avait sept ans. Miracle : sous les traits d’Elisabet Ros, elle réapparaît tout à coup en déposant à ses pieds un petit cadeau. C’est ainsi que se présente ce Casse-Noisette revisité par Maurice Béjart qui le produisit pour la première fois au Teatro Regio de Turin le 4 octobre 1998, et que reprennent, vingt ans plus tard, Gil Roman et le Béjart Ballet Lausanne au Théâtre de Beaulieu.

Quelques partitions pour piano chez Lemoine et Combre

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Maurice Journeau (1898-1999) : Fileuse op 18/3, pour piano

Maurice Journeau est un compositeur français né en 1898 à Biarritz. Il étudie à l’École Normale de Paris auprès de Nadia Boulanger et Max d’Ollone. Son répertoire (75 pièces) s’étend du piano à l’orchestre en passant par l’orgue et la musique de chambre. Fileuse, pour piano, est une pièce d’agilité tant pour la main droite que la main gauche. Il s’agit ici de l’opus 18/3 composé en 1931 dont l’essentiel repose sur le travail sur l’harmonie. Sorte d’arabesque ou de grande litanie, la pièce est relativement courte et pourrait très bien s’introduire dans un programme d’études d’un degré de difficulté modéré où le travail sur l’indépendance des mains et la stabilité seront de mise.

2018 – Edition Combre – 8 pages – ISMN-979-0-2303-6811-7 – 11,20 euros

La Belle Hélène dans les visées de la mission « beauté fatale » à Nancy

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Chaque production de La Belle Hélène est si attendue par les amoureux de Jacques Offenbach qu'elle représente un défi pour tout metteur en scène. Comment présenter cette opérette archi-connue sans tomber dans la banalité ou la vulgarité, tout en proposant une lecture neuve et amusante ? La parti pris de Bruno Ravella à l’Opéra National de Lorraine (jusqu'au 23 décembre) est de jouer avec la surperficialité, l’hypocrisie d’un pouvoir déconnecté de la réalité et qui cultive sa futilité, en s'appuyant sur des situations identifiables pour le public d’aujourd’hui.

Un Mozart vigoureux avec : Seong-Jin Cho

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756 – 1791) : concerto pour piano N°20 en Ré mineur K 466 ; Sonates N°3 en Sib majeur K 281 et N°12 en Fa majeur K 332. Seong-Jin Cho, piano ; Chamber orchestra of Europe, dir. Yannick Nézet-Séguin. 2018-DDD-Livret en : anglais, allemand-CD DG 483 5522

Concert de Noël : we have a dream à l’OPRL

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En cette période de fin d’année, nombre d’institutions culturelles célèbrent Noël par un ou plusieurs évènements « extraordinaires » qui perpétuent la tradition. La musique n’échappe naturellement pas à ce credo d’autant plus lorsque son répertoire participe, par le caractère festif, dansant et volontiers pétillant, à cette célébration attendue. Pour éviter de rester dans ce cadre certes large mais tellement reproduit qu’est la palette des valses des grands Viennois, entre-autres, certaines institutions vont plus loin et proposent des spectacles inédits qui, de prime abord, ne font pas partie de leur ADN.

Une Dame aux camélias de belle tenue

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Pour la sixième fois à l’Opéra de Paris, est reprise La Dame aux camélias, le ballet en un prologue et trois actes élaboré par John Neumeier à l’intention de la grande ballerine Marcia Haydée qui en assura la création avec le Ballet de Stuttgart le 4 novembre 1978. Puis l’ouvrage entra au répertoire parisien le 20 juin 2006 ; et c’est dans le rôle de Marguerite Gautier qu’Agnès Letestu, aujourd’hui répétitrice invitée, fit ses adieux à la scène en octobre 2013.

Dans les décors et costumes d’origine conçus par Jürgen Rose sous les lumières de Rolf Warter, Kevin Haigen et Janusz Mazon, les deux répétiteurs patentés, redonnent vie au spectacle qui véhicule toujours le même impact émotionnel grâce à la musique de Chopin choisie par le chorégraphe selon une suggestion du chef d’orchestre Gerhard Markson.

Sokolov, un pianiste de génie !

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Une fois de plus, Grigory Sokolov a été l’invité de la série ‘Les Grands Interprètes’ organisée par l’agence de concerts Caecilia. Et une fois de plus, l’on ne peut que déposer les armes. devant un pianiste hors du commun qui proscrit toute afféterie pour n’aller qu’à l’essentiel.

Et c’est bien la sensation qui émane d’emblée de l’opus 2 n.3, la Troisième Sonate en ut majeur de Beethoven, abordée avec une précision du trait et une dynamique soutenue ahurissantes, alors que le dolce du second thème ruisselle de tendres accords. L’Adagio n’est que simplicité désarmante avec ces grappes d’arpèges translucides irisant une main gauche sonore comme une basse d’orgue. Le Scherzo revêt une allure champêtre pleine d’allant, tandis que le Finale a une élégance aérienne et un legato dans le cantabile qui préfigurent le Mendelssohn des Lieder ohne Worte. En regard de ce premier Beethoven datant des années 1794-95, Grigory Sokolov oppose celui de la fin avec les onze Bagatelles op.119 élaborées dès 1820. A chacune d’elles, il prête une spécificité qui allie la confidence à la nonchalance et à la fantaisie que suscitent le passage rapide des mains, le trille ou le rubato le plus subtil.