Quand Liszt célèbre Schiller, Goethe et Dante

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Franz LISZT (1811-1886) : Künstlerfestzug zur Schillerfeier, S. 114 ; Tasso, Lamento e Trionfo, S. 96 ; Symphonie-Dante, S. 109. Damen des Opernchores des Deustchen Nationaltheaters Weimar, Knabenchor der Jenaer Philharmonie, Staatskapelle Weimar, sous la direction de Kirill Karabits. 2020. Livret en allemand et en anglais. 79.02. Audite 97.760.

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Les jeunes quatuors en quête de notoriété abordent Beethoven avec les Razumovsky, Bartok et Chostakovitch avec leurs derniers chefs-d’oeuvre. A l’inverse, le Fine Arts Quartet, l’un des très grands du 20e siècle encore en activité, nous propose ce soir trois œuvres de jeunesse, que l’on entend rarement au concert. Une grande tournée internationale l’a conduit à Dijon, où il n’était pas réapparu depuis 2011 (fabuleux concert avec Menahem Pressler). Comment, du reste, ne pas faire le parallèle entre le regretté Beaux Arts Trio de ce dernier et notre quatuor ? La ressemblance ne s’arrête pas aux titres. Les deux formations ont en partage la longévité -nées aux Etats-Unis après la seconde guerre mondiale- l’abondance des concerts et des enregistrements, le répertoire illustré, et, surtout, l’appartenance au panthéon des interprètes.

En première partie, le programme associe deux œuvres insouciantes, heureuses, d’une jeunesse manifeste. Beethoven tout d’abord avec le Quatuor en sol majeur opus 18 n°2 écrit au tournant du siècle, œuvre souriante sur laquelle plane l’ombre de Haydn. Entre le style galant, aux traits cocasses, et quelques rares rêveries ou effusions romantiques, c’est un Beethoven encore mal dégrossi. La perfection souveraine du Fine Arts Quartet, tout en ne sacrifiant jamais l’énergie juvénile, la fraîcheur, gomme les aspects un peu frustes, lourdauds du jeune Beethoven pour une élégance aristocratique. Le premier mouvement, vigoureux, tonique, l’adagio cantabile et son allegro surprenant, si magistralement joués soient-il, paraissent toujours un tantinet prétentieux et artificiels. Heureusement, le scherzo virevoltant, savoureux, nous réconcilie avec ce jeune Beethoven. Quant au finale, où s’affirme davantage la vraie nature du compositeur, son bonheur simple relève de l’évidence. La traduction qu’en donnent les musiciens du quatuor est d’une qualité exceptionnelle, avec un art de ménager les attentes, de suspendre le discours pour renouveler les expressions et structurer l’architecture.

Concertos napolitains avec Musica Fiorita

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Concertos napolitains. Giambattista PERGOLESI (1710-1736) : Concerto pour violon solo et divers instruments ; Giovanni Battista MELE (1701-1752) : Sonate Decimaquinta pour flûte, violons et basse continue ; Francesco SUPRIANI (1678-1753) : Sinfonia pour violoncelle solo ; Francesco BARBELLA (1692-1732) : Sonata Terza pour flûte, hautbois et basse continue ; Stefano GALEOTTI (1723-1790) : Sonata Prima et Sonata Seconda pour violoncelle et basse continue ; Domenico SARRI (1679-1744) : Sonata Undecima pour flûte, violons et basse continue. Musica Fiorita, Daniela Dolci . 2019. Livret en allemand et en anglais. 65.27. Pan Classics PC10413.

Concertos danois du XIXe siècle 

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Concertos danois du XIXe siècle : Friedrich KUHLAU (1786-1832) : Concerto pour deux cors et orchestre op. 45 (c. 1822) et Ouverture pour William Shakespeare op. 74 (1825-26) ; Christian Frederik BARTH (1787-1861) : Concerto pour hautbois et orchestre op. 12 (c. 1823) ; NIELS W. GADE (1817-1890) : Capriccio pour violon et orchestre, orchestration Carl Reinecke (1878). 2020. Livret en anglais et en danois. 53.56. Super Audio Dacapo 6.220664.

Nouvel an à l'OSR

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Au cours de chaque saison, les Amis de l’Orchestre de la Suisse Romande organisent deux soirées symphoniques, dont un Concert de l’An ; l’aide financière de la Fondation Francis & Marie-France Minkoff leur permet d’inviter ainsi un chef et un soliste de renom. C’est pourquoi, le 15 janvier, l’on a fait appel à Ludovic Morlot, chef émérite de l’Orchestre Symphonique de Seattle, et à Renaud Capuçon qu’il n’est plus nécessaire de présenter.

La première partie du programme est consacrée à Antonin  Dvořák  et débute par une oeuvre peu connue, la Suite en la majeur op.98 dite ‘Américaine’, conçue pour piano en 1894 et orchestrée l’année suivante avec le numéro d’opus 98b. Du Moderato initial se dégage une tendresse nostalgique qui assouplit les fins de phrases mais qui se perd dans l’entrelacs des variations, brouillonnes dans leur enchaînement, ce que tente de corriger le Vivace subséquent par l’articulation de ses tutti. Grâce à l’intervention des bois, l’Allegretto paraît sautillant, tandis que les cordes enveloppent la berceuse de demi-teintes qui se corsent  d’élans exubérants pour une gavotte qui se veut pompeuse. Mais que cette page semble terne et peu inspirée par rapport aux deux premières Danses slaves de l’opus 72, élaborées en 1886, cultivant les contrastes afin de laisser affleurer la veine lyrique ; et les deux dernières de l’opus 46, datant de 1878, jouent de nonchalance déhanchée pour parvenir à un furiant enlevé avec panache. 

Charpentier en Belgique

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Marc-Antoine CHARPENTIER (1643-1704) : Orphée descendant aux enfers, H. 471 ; La Descente d’Orphée aux enfers, H. 488. Vox Luminis et A Nocte Temporis, Lionel Meunier et Reinoud Van Mechelen, direction musicale. 2019. Livret en français, anglais et allemand. Textes inclus avec traduction anglaise. 82.22. Alpha 566.

Weinberg en sonates

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Mieczyslaw WEINBERG (1919-1996) : Sonates pour violon et piano, volume 2 : Sonate n° 4 op. 39 (1947), Sonate n° 5 op. 53 (1953) et Sonate n° 6 op. 136bis (1982). Ensemble des Equilibres : Agnès Pyka, violon et Dimitri Vassilakis, piano. 2019. Livret en français et en anglais. 54.52. Arion ARN68842.

Compositrices du XIXe siècle : Maria Malibran

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Comme souvent dans l’histoire, le rôle du père dans l’éducation musicale des filles est prépondérant. A ce titre, Manuel Garcia est extraordinaire : il a propulsé ses enfants dans le monde de la musique. Deux de ses filles sont devenues des « vedettes », des « stars internationales », comme on dirait maintenant. L’aînée est connue sous le nom de Maria Malibran ou même « La Malibran » et la plus jeune, sous celui de Pauline Viardot. Quels destins hors normes elles ont vécus !

La famille

Le père, Manuel del Pópulo Vicente Rodriguez García (Séville 1775 - Paris 1832). ,

Dès l’âge de six ans, le jeune Espagnol Manuel Garcia débute sa formation musicale à la cathédrale de Séville. Il y est enfant de chœur. Très vite, il développe ses dons. Dès l’âge de 17 ans, il est connu comme chanteur (ténor), compositeur, chef d’orchestre. C’est une personnalité très originale, un travailleur acharné, doué d’une voix superbe et d’une intelligence dramatique de premier ordre qui deviendra l’un des premiers chanteurs de son temps. Il magnifie l’opéra italien. C’est pour lui que Rossini écrit le rôle d’Almaviva de son Barbier de Séville. De plus, Il révéla à l’Europe étonnée, le véritable caractère du Don Juan de Mozart 2. Il ambitionne une renommée internationale et, fin 1806, il arrive à Paris, considéré comme le « Firmament musical » ou « La Mecque » par les musiciens de cette époque. Son épouse, Joaquina Sitchez, et son fils de deux ans, prénommé Manuel lui aussi, l’accompagnent, ainsi que Josepha présentée comme sa nièce, qui deviendra chanteuse professionnelle sous le nom de Giuseppina García Ruiz. Certains pensent qu’elle est une fille de son premier mariage avec la chanteuse Manuela Morales. C’est à Paris que naissent Maria et Pauline. Début 1808, il se fait engager au Théâtre-Italien où il se fait remarquer tant par son talent que par sa verve indomptable. J’aime la fureur indomptable de cet homme ; elle anime tout . On lui doit de nombreux opéras et opérettes en espagnol, italien ou français. Il est un maître de chant très qualifié, exigeant, impatient, violent de tempérament, d’une énergie prodigieuse qui forme, entre autres, ses enfants. Il emmène sa troupe en Italie, en Angleterre puis aux Etats-Unis et au Mexique, car il souhaite faire découvrir l’opéra italien aux Américains et aux Mexicains. Il décède à Paris à l’âge de 57 ans. Manuel García donne naissance à une fameuse dynastie d’artistes encore représentée de nos jours. Le perfectionnisme dynamique de Manuel García laisse sa marque sur trois continents et son héritage est propagé à travers le XXe siècle par ses enfants .

La mère, Maria Joaquina Sitchès, dite Briones (Espagne 1780 – Paris 1864), une actrice et soprano espagnole très douée, est aussi engagée au Théâtre-Italien. Elle est la seconde épouse de Manuel Garcia. C’est une personne douce, bienveillante, toujours encourageante et énergique. Après la mort de son mari, elle enseigne le chant à sa fille cadette, Pauline.