Une semaine sur la planète classique : le briefing de la semaine

par

Chers et chères mélomanes,

Cette semaine, la planète classique a vibré au rythme d'une actualité riche et contrastée, entre défis institutionnels, hommages émouvants et l'émergence d'une nouvelle génération de talents. Plongeons ensemble dans les faits marquants qui ont animé nos scènes et nos studios, tels que rapportés par les amis et confrères comme Pizzicato, Scherzo, Slipped Disc ou Gramophone sans oublier notre propre journal !

À la une : turbulences et renouveau institutionnel

L'actualité a été dominée par des remous au sein de grandes institutions européennes et américaines. Selon les informations relayées par Pizzicato, le prestigieux Teatro San Carlo de Naples a fait l'objet de perquisitions ordonnées par le parquet suite à des audits financiers, avec des saisies de matériel informatique. Outre-Atlantique, le Kennedy Center de Washington est secoué par des accusations de népotisme et de mauvaise gestion portées par l'ancien conservateur Josef Palermo. Parallèlement, les orchestres américains tirent la sonnette d'alarme face aux retards critiques dans l'octroi des visas par les autorités fédérales, une situation qui multiplie les annulations de concerts et fragilise les tournées internationales.

Mais le monde classique est aussi celui du renouveau. Le Philharmonique de Berlin a déjà le regard tourné vers les moments médiatiques : son traditionnel Europakonzert du 1er mai se tiendra dans le cadre majestueux de la salle Haydn du palais Esterházy à Eisenstadt, un lieu chargé d'histoire. Le chef d'orchestre Claudio Vandelli assure la stabilité des Würth Philharmoniker en prolongeant son contrat jusqu'en 2029.

La mémoire vive du classique

La semaine a été l'occasion de célébrer des figures emblématiques dont la longévité force le respect. L'immense organiste espagnole Montserrat Torrent a fêté son centenaire, une étape franchie avec une sérénité désarmante, rappelant que pour elle, "Bach est Dieu". Le compositeur letton Pēteris Vasks, dont la musique spirituelle continue de toucher un large public, a quant à lui célébré ses 80 ans.

Le monde musical a malheureusement dû dire adieu à plusieurs personnalités marquantes. Le pianiste ukrainien Oleg Maisenberg, partenaire de chambre privilégié de Gidon Kremer et de Hermann Prey, s'est éteint à l'âge de 80 ans. Sa disparition, laisse un vide immense dans le monde du piano. Nous avons également appris le décès de la pianiste américaine Ann Schein (86 ans), du luthier réputé Martin Jaumann (59 ans) et de l'altiste polonaise Beata Prylińska (51 ans), autant de talents qui ont servi la musique avec dévotion.

5 albums pour passer la semaine

par

Nouvelle série de 5 albums pour passer la semaine et cette semaine, on garde tout et même on en redemande !

Mozart: les concertos pour piano n°9 et n°22 par Jan Lisiecki

Wolfgang Amadeus Mozart, Jan Lisiecki, Bamberger Symphoniker, Manfred Honeck. Label : Deutsche Grammophon.  

Sous les doigts inspirés de Jan Lisiecki, dont on est fans à Crescendo Magazine,  les Concertos pour piano n°9 et n°22 de Mozart révèlent une lecture virtuose et profondément poétique, magnifiée par les Bamberger Symphoniker sous la direction propre de Manfred Honeck. Une redécouverte lumineuse de l’inventivité mozartienne. Un bel album qui illustre le parcours sans faute de cet artiste.

Allison Loggins-Hull: The Cleveland Residency.

Allison Loggins-Hull, The Cleveland Orchestra, Franz Welser-Möst. Label : Cleveland Orchestra. 

Allison Loggins-Hull, compositrice et flûtiste, présente une immersion profonde dans son univers singulier avec le Cleveland Orchestra, dirigé par son directeur musical Franz Welser-Möst. Cet enregistrement, entre introspection et éclat orchestral, promet une expérience musicale vibrante et résolument moderne. Une compositrice à découvrir !

Unsuk Chin, une création transculturelle visionnaire

par

Unsuk Chin (°1961) : Gougalōn, scènes de théâtre de rue, pour ensemble ; Double Concerto pour piano, percussion et ensemble ; Graffiti pour orchestre de chambre. Emmanuel Favre, percussion ; Dimitri Vassilakis, piano ; Ensemble Intercontemporain, direction Pierre Bleuse. 2025. Notice en français, en anglais et en allemand. 60’21’’. Alpha 1200.

Philip Glass : Satyagraha Opéra de Paris Garnier,

par

Coup de Théâtre ce vendredi à l’Opéra Garnier, la standing ovation touche à sa fin, au moment où les gens commencent à quitter leur siège, in extremis, le tonnerre d’applaudissements s’amplifie brusquement et une forêt de smartphones s’élève! Un vieil homme d’une élégance infinie vient d’entrer sur le plateau, marchant lentement au bras du 1er rôle qui est venu le chercher, Philip Glass, 89 ans, salue sobrement, applaudit la troupe et ne cache pas sa vive émotion devant ce public tout aussi ému de le voir. Satyagraha, son 2ème opéra, sur un livret de Constance de Jong vient d’entrer magistralement au répertoire de l’Opéra de Paris. Même le célèbre Einstein on the Beach, premier volet de la trilogie n’avait pas eu cet honneur. 

Dans l’éventail d’approches opératiques exigeantes et variées de cette saison 25-26 dont nous ne pouvons que nous réjouir, Satyagraha n’a pas à rougir de son audace… il se trouve à l’une des extrémités du spectre esthétique, à l’autre bout duquel on peut trouver Montag aus Licht de Stockhausen, produit en Novembre 2025 à la Philharmonie. Les 2 ouvrages semblent être les deux pôles drainant deux publics irréconciliables au premier abord. Pourtant Glass et Stockhausen partagent le même but : un formalisme à toute épreuve, un goût du spectacle total, le pouvoir d’obtenir par leur seule écriture, un dépassement de soi des interprètes, et surtout une volonté obsessionnelle d’associer radicalité et exigence afin d’élever le public à un niveau d’écoute supérieur.

Car Philip Glass a beau faire partie des compositeurs d’opéras contemporains les plus joués au monde, son esthétique est une forteresse sacrée dont les mécanismes de défense sont redoutables. Sous son apparente facilité d’accès, la musique de Glass renvoie dos à dos les partisans d’une musique déconstruite, atonale, et les défenseurs d’un langage plus traditionnel.

Les premiers oscillant entre colère rageuse et mépris silencieux, les seconds préférant mettre en avant Steve Reich ou John Adams, et ainsi se délester d’une si perturbante radicalité. 

Puisqu’il va être question de non-violence, faisons preuve d’empathie, le temps d’un paragraphe, vis à vis des réfractaires à ce monde musical. 

Wagner et Mahler par Carlos Païta

par

Richard Wagner (1813-1883) : Le voyage sur le Rhin de Siegfried, Mort de Siegfried & Marche funèbre, extraits de Götterdämmerung ; Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 1 « Titan ». Royal Philharmonic Orchestra, Royal Symphony Orchestra / Carlos Païta. Enregistrement : 1982-1983 et 1976, Kingsway Hall, Londres. 76’58” Le Palais des Dégustateurs PDD052

Hidden Legacies : Weinberg et Korngold sous l'archet de Kristina Reiko Cooper

par

Hidden Legacies. Mieczysław Weinberg (1919-1996) : Concerto pour violoncelle et orchestre, Op. 43 ; Fantaisie pour violoncelle et orchestre, Op. 52. Erich Wolfgang Korngold (1897-1957) : Concerto pour violoncelle et orchestre, Op. 37. Kristina Reiko Cooper (violoncelle), Orchestre symphonique de Kaunas, Constantine Orbelian (direction). 2026. Livret : anglais. 61’28’’. Delos. DE3616.

La contribution de Michel Fourgon et Alain Pire à l’histoire du trombone

par

De proche en proche. Michel Fourgon (1968-). Alain Pire, Chœur de Chambre de Namur, Orchestre Philharmonique Royal de Liège, Christian Arming, L’autre trio, Jean-Marc Sullon, Thierry Istace, Camille Jadot, Nicolas Villers, Carl Delbart, Les Agrémens, Orchestre Royal de Chambre de Wallonie, Guy van Waas. 2026. Livret : français, anglais. 71’02". Cypres. CYP4671.

L’ORW dévoile son ambitieuse saison 2026-2027

par

Ce mercredi 15 avril 2026, Stefano Pace, directeur général de l’ORW, était entouré de Giampaolo Bisanti, directeur musical, et d’Andrea Battistoni, compositeur en résidence, pour lever le voile sur une nouvelle saison ambitieuse. Intitulée Pouvoirs et Désirs, la programmation 2026-2027 explore les forces qui gouvernent l’être humain à travers des œuvres liées par leurs ressorts dramatiques.

L’Opéra Royal de Wallonie-Liège propose dix opéras mettant en lumière les multiples visages du pouvoir et du désir. De Macbeth à Turandot, de Thaïs à Lohengrin, la saison traverse époques et styles, où ambition, séduction, jalousie et quête d’altérité se répondent. Les œuvres de Ravel — L’Heure espagnole et L’Enfant et les sortilèges — ainsi que Hubička (Le Baiser) de Smetana prolongent ces thématiques sur des registres plus intimes ou ludiques.

Cette réflexion se prolonge dans le présent avec la création mondiale de Zombie Opera et un nouveau final pour Turandot, tous deux signés par le compositeur en résidence Andrea Battistoni.

Portée par huit nouvelles productions et deux premières à Liège (Hubička et Capriccio), la saison réunit de grandes voix internationales — parmi lesquelles Luca Micheletti, Anne-Catherine Gillet, Aya Wakizono, Lionel Lhote, Nina Minasyan, Ian Koziara, Nino Machaidze, Lianna Haroutounian, Saioa Hernández et Luciano Ganci — ainsi qu’une équipe de chefs invités de premier plan, aux côtés du directeur musical Giampaolo Bisanti. Celui-ci ouvrira la saison avec Macbeth de Verdi, avant de diriger Lohengrin de Wagner en janvier, puis Roberto Devereux de Donizetti en février.

Parmi les chefs invités, Jean-Yves Ossonce, Alessandro Cadario, Pierre Dumoussaud, Michael Güttler, Robert Treviño et Daniele Squeo apportent leur expertise des répertoires et leur expérience des grandes scènes internationales.

Les Prix Caecilia 2025 : l’excellence discographique à l’honneur

par

L’Union de la Presse Musicale Belge (UPMB) a dévoilé le palmarès des Prix Caecilia 2025, une édition qui confirme une fois de plus la vitalité et la diversité de la scène discographique actuelle. Fondés en 1974, ces prix visent à récompenser les meilleurs enregistrements mis en vente sur le marché belge, en mettant l’accent sur les nouveaux talents, les répertoires rares et les projets audacieux. La cérémonie de remise des prix s'est tenue dans le cadre prestigieux du Théâtre Royal de la Monnaie, sous l'accueil de son intendante Christina Scheppelmann.

La Jeune Musicienne de l’Année : Gwendoline Blondeel

Le titre de Jeune Musicienne de l’Année 2025 a été décerné à la soprano belge Gwendoline Blondeel. Formée à l’IMEP de Namur et passée par l’Académie de la Monnaie, elle s'est imposée comme une interprète incontournable, particulièrement dans les répertoires des XVIIe et XVIIIe siècles. Son talent éclate également dans son album Amor Eterno (Harmonia Mundi), récompensé par un Prix Caecilia, où elle explore avec une voix "ronde, brillante et ductile" des mélodies allant de Josquin Desprez à Marin Marais.

Le Palmarès des Prix Caecilia 2025

Le jury, composé de critiques de renom, a sélectionné dix enregistrements d'exception. Voici les lauréats de cette année, avec un lien vers la critique pour les albums chroniqués dans nos colonnes :

  • CollectifAmor Eterno (Harmonia Mundi) avec Gwendoline Blondeel, Quito Gato, Mathilde Vialle. Lire la critique sur Crescendo Magazine
  • John Dowland / Henry PurcellSongs of Passion (Erato) avec Lea Desandre, Thomas Dunford, Jupiter. Lire la critique sur Crescendo Magazine
  • Henry PurcellDido & Aeneas (Erato) avec Joyce DiDonato, Michael Spyres, Il Pomo d’Oro.
  • Johann Sebastian BachKeyboard Concertos (Harmonia Mundi) avec Beatrice Rana, Amsterdam Sinfonietta. Lire la critique sur Crescendo Magazine
  • George Frideric Handel / Giovanni Paolo ColonnaDixit Dominus / Missa Concertata (Ricercar) avec Cappella Mediterranea, Leonardo García-Alarcón. Lire la critique sur Crescendo Magazine
  • Jean-Marie LeclairComplete Violin Concertos (NoMadMusic) avec Stéphanie-Marie Degand, La Diane Française. Lire la critique sur Crescendo Magazine
  • John FieldComplete Nocturnes (Deutsche Grammophon) avec Alice Sara Ott.
  • Sergei RachmaninovVisiting Rachmaninoff (Harmonia Mundi) avec Alexander Melnikov, Julia Lezhneva.
  • Franz Schubert4 Hands (Erato) avec Bertrand Chamayou, Leif Ove Andsnes.
  • György LigetiConcertos (Harmonia Mundi) avec Isabelle Faust, Jean-Frédéric Neuburger, Les Siècles.