A Genève, un Concertgebouworkest superbe 

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Chaque saison, outre sa prestigieuse série ‘Les Grands Interprètes’, l’Agence Caecilia organise deux ou trois concerts exceptionnels. Et en ce 10 février, elle a eu la main heureuse en invitant l’une des phalanges symphoniques les plus renommées que l’on entend rarement sous nos latitudes, le Concertgebouworkest d’Amsterdam sous la direction de l’un de ses chefs invités, Myung-Whun Chung.

Au programme, une seule grande œuvre, la Neuvième Symphonie en ré majeur de Gustav Mahler, la dernière achevée par le compositeur durant l’été de 1909 et créée par Bruno Walter et l’Orchestre Philharmonique de Vienne le 26 juin 1912. 

Dès les premières mesures, s’impose une qualité suprême de la sonorité dans quelques segments mélodiques révélant le timbre des violoncelles, cors, harpes et alti. Sous la baguette d’un maestro qui dirige de mémoire un ouvrage aussi monumental, se dessinent progressivement les lignes mélodiques de l’Andante commodo en un naturel de phrasé d’où découlent les contrastes de dynamique amenant un allegro où les tutti, d’une rare profondeur, déferlent en lames furieuses ; poussés jusqu’au paroxysme, ils finissent par s’étioler en pianissimi infimes, tandis qu’une flûte, morendo, imprègne la coda d’un insoutenable désarroi. Total changement de décor avec la veine humoristique qui parcourt le ländler à la quadrature grossière où le violoncelle glisse un contre-chant expansif que les bois métamorphoseront en une valse aigre-douce. Par la véhémence du trait, le Rondo Burleske joue d’une ironie tout aussi cinglante que les cordes exacerbent, tout en laissant sourdre néanmoins un motif de choral des cors irisé par le trémolo des archets dans le suraigu. Et l’Adagio parachève la vision déchirante du début par une tension dramatique dont semblent s’isoler les premiers violons diaphanes avant de rejoindre le tutti aux accents virulents. Mais peu à peu se profile l’apaisement consolateur décantant la matière sonore jusqu’aux impalpables tenues des seconds violons… Un silence pesant qui semble interminable est résorbé par un simple hochement de tête du maestro. Et le public qui s’est concentré intensément pendant près de nonante minutes éclate en ovations délirantes à l’égard d’un orchestre et d’un chef sublimes.

Paul-André Demierre

Genève, Victoria Hall, le 10 février 2020

Crédits photographiques : © Marco Brescia

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