Les finalistes des ICMA 2019
Le bureau des ICMA s'est réuni samedi dernier à Paris pour entériner les résultats des votes des membres du jury sélectionnant les finalistes des International Classical Music Awards (ICMA) 2019.
Les dossiers.
Les graines de curieux : les découvertes un peu piquantes de la musique.
Musiques en pistes : pour une écoute active de la musique. Analyse et exemples sur partitions et écoutes d’extraits.
Focus : un événement particulier dans la vie musicale
Le bureau des ICMA s'est réuni samedi dernier à Paris pour entériner les résultats des votes des membres du jury sélectionnant les finalistes des International Classical Music Awards (ICMA) 2019.
Emmanuel Poiré (Manu pour les intimes !) était en quelque sorte l’antithèse du personnage médiatique, qui soigne la forme au gré des modes quitte à transiger sur le fond. Etre visible, occuper le devant de la scène, ne figurait pas au premier rang de ses préoccupations. Il s’agissait au contraire de bâtir du solide, de garder les pieds sur terre même avec la tête dans les étoiles, de créer des énergies et de les canaliser avec un but précis et au service d’une cause commune.
Le fait d’avoir développé sa carrière tout d’abord dans le monde du chant choral, lieu privilégié d’une expression artistique collective, a sans doute pesé dans ce destin de guide et de compagnon de route, profondément humain et pourtant d’une rare exigence.
Les nominations des International Classical Music Award 2019 sont désormais connues.
Le Jury a nominé 319 parutions audios et vidéos (321 en 2017, 357 en 2018), issues de 107 labels différents (119 en 2017, 120 en 2018).
Pour être nominée, une production doit être proposée par au moins deux membres du jury. Avec 13 nominations, le label Alpha, par ailleurs label ICMA de l’année 2018, partage la première place avec Deutsche Grammophon. Ils sont suivis par Accentus (12), Harmonia Mundi (12), et Audite (11).
Les finalistes seront connus le 10 décembre et les vainqueurs 2019 seront connus le 17 janvier 2019.
La cérémonie et le concert de gala se dérouleront le 10 mai 2019 au prestigieux KKL de Lucerne. L’Orchestre symphonique de Lucerne sera dirigé par Lawrence Foster.
La pianiste Yuja Wang et le percussionniste Martin Grubinger ont été contraints d’annuler dernièrement deux concerts programmés à Dortmund et à Luxembourg, à l’affiche desquels figurait un arrangement du Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky, réalisé par leurs soins. En cause, une mise en demeure de l’ayant-droit de Stravinsky, la maison d’édition Boosey & Hawkes, qui n’avait pas approuvé cet arrangement. Les concerts fixés à Ann Arbor et au Carnegie Hall de New York, quant à eux, ont eu lieu comme prévu.
Cinq concerts de musique ancienne pour partir à la découverte du Triomphe du Baroque, avec des ensembles réputés en musique ancienne, au cœur d’une des plus belles églises du vieux Bruxelles, à l’assaut d’un siècle et demi d’exploitation de toute forme imaginable de dualité, de 1600 à 1750, à travers toute l’Europe.
Le Baroque commence lorsque la peinture, de manière soudaine, va découvrir le pouvoir « dramatique » de l’ombre. Ou, plus exactement, le duo inséparable de la lumière et de l’ombre, conçu comme une sorte de tragédie. La musique se saisit alors avec délices de toutes les manières possibles de jouer sur les oppositions et les contrastes : contrastes de mouvements, de dynamique et de couleur instrumentale, oppositions instrumentales ou vocales, changements subits d’écriture (Philippe Beaussant, Vous avez dit baroque ? Actes Sud, 1988, p. 90).
Pour fêter ses 20 ans, le Festival Messiaen au pays de la Meije, créé en 1998 à La Grave (Hautes-Alpes) par la foi inoxydable de Gaëtan Puaud, a choisi pour thème La musique russe selon Messiaen.
Du 27 juillet au 5 août, il propose 16 concerts pour illustrer ce précieux héritage reçu et cultivé par Messiaen : une fabuleuse partie de ping-pong où rivalisèrent compositeurs russes et français, avec deux moments fondateurs : Boris Godounov, en 1908, à l’Opéra de Paris et le Sacre du Printemps, en 1903, au Théâtre des Champs-Elysées.
En parallèle avec la nouvelle production de La Nonne sanglante, l'Opéra Comique réalisait, en collaboration avec le Palazzetto Bru-Zane - Centre de musique romantique française, un beau colloque, en trois jours, dédié à l'oeuvre scénique de Gounod, avec présentation de chacun de ses douze opéras (hormis La Colombe, oubliée).
Aux côtés du Président, seize membres du jury seront présents pour les épreuves finales de cette neuvième session chant du Concours Musical International Reine Elisabeth. Deux personnalités se joindront aux quatorze membres du jury des épreuves précédentes : Martina Arroyo et Teresa Berganza.
Dossier réalisé en mai 1996 par Claire Aubry, Bernadette Beyne, Jean-Marie Marchal - Coordination : Bernadette Beyne
La terre d’élection du madrigal était depuis longtemps muette. L'Italie, creuset de cette tradition et berceau des Marenzio, Monteverdi, Gastoldi et autres Banchieri, cherchait sa voie (ses voix) en une quête difficile et tâtonnante destinée à renouer avec son glorieux passé. Etonnamment absente du mouvement de redécouverte de la musique ancienne qui secouait pourtant l'Europe depuis plusieurs dizaines d'années (lequel exposait enfin en pleine lumière un répertoire dont elle pouvait à juste titre s'enorgueillir), la Péninsule laissait incompréhensiblement à d'autres le soin de traduire une part importante de son propre génie. C'est que depuis la fin du XVIe siècle, les canons esthétiques s'étaient considérablement métamorphosés. L'Italie avait d'ailleurs joué un rôle moteur dans cette évolution conduisant à une expression vocale sans cesse plus individualisée et plus extravertie. Embrassant successivement, et avec toujours autant de bonheur, la spontanéité jaillissante du baroque, la vocalité virtuose du bel canto et l'expressivité passionnée du vérisme, les Italiens n'avaient cessé de s'éloigner de l'idéal sonore de la Renaissance, laissant à d'autres, qui restaient en contact avec ce dernier par tradition, le soin d'en conserver le témoignage. C'est ainsi qu'en ces temps de redécouverte, les musiciens anglais n'avaient pas manqué de se positionner en champions de "l'orthodoxie renaissante" en cultivant d'évidentes vertus de plénitude sonore, d'équilibre subtil et permanent, de raffinement et d'élégance dans l'expression. Pour autant, la cause était-elle perdue pour l'Italie? Fort heureusement non! Depuis peu, les madrigalistes italiens sont de retour, et c'est comme un nouveau monde qui s'ouvre... celui d'une correspondance retrouvée et unique entre poésie et musique, où le verbe et la note fusionnent comme jamais. Le madrigal y retrouve toutes ses couleurs, celles du théâtre des passions qui rebondit ou s'épanche aux seules respirations du coeur. Groupés autour de 1'excellent Rinaldo Alessandrini, ce sont les membres du Concerto italiano qui incarnent ce renouveau et bousculent nos habitudes. Leurs interprétations des madrigaux de Marenzio, Monteverdi ou Frescobaldi surprennent par leur densité nouvelle, forgée à la flamme d'une vibrante intériorité. L'art de ces nouveaux maîtres du madrigal frappe en effet l'imagination non seulement par son intelligence, sa virtuosité et sa sensibilité, mais aussi par sa couleur vocale inimitable. Car on fête ici le grand retour d'un chant sensuel d'une grâce ensorcelante réellement inégalable, qui magnifie l'expression madrigalesque en la replongeant dans ses racines. Quel bonheur que de retrouver ces voix latines de chair et de sang, chaudes et épanouies, qui explorent plus profondément encore les charmes d'une musique fervente et flamboyante pour mieux en exprimer la quintessence. Grâce à la réunion de quelques voix timbrées et expressives à l'émission flexible et spontanée, la recherche d'une grande unité de style et d'articulation peut enfin s'effectuer sans sacrifier d'aucune manière la diversité des couleurs vocales individuelles, à travers lesquelles s'exprime librement l'imagination musicale la plus pure. Ainsi réapprivoisé sous le signe d'une vocalité gorgée de soleil, l'art madrigalesque ne cesse de révéler des saveurs jusque-là insoupçonnées.
Jean-Marie Marchal