Der fliegende Holländer, une dramaturgie en constante gradation

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Les Chorégies d’Orange ont décidé de rendre hommage au bicentenaire Wagner-Verdi en présentant d’abord, pour une unique soirée, ‘Der fliegende Holländer’. La mise en scène de Charles Roubaud s’articule entre d’énormes cordages tombant des murailles, côté jardin, et une masse noirâtre représentant la proue du navire, côté cour. Bénéficiant d’éclairages extrêmement suggestifs dus à Jacques Rouveyrollis et de la sobriété de coloris dans les costumes conçus par Katia Duflot, la narration dramatique procède par constante gradation, alors que l’ouvrage est présenté sans entracte en enchaînant les trois actes. Sous la direction de Mikko Franck, l’Orchestre Philharmonique de Radio France peine à trouver ses marques dans l’Ouverture puis se laisse galvaniser par un geste qui cherche avant tout la précision, cohérence qu’affiche d’emblée le chœur émanant des théâtres d’Angers-Nantes, Avignon, Toulouse et Orange. Sur scène, le Hollandais du baryton-basse Egils Silins a la noirceur de timbre du réprouvé face à la basse Stephen Milling jouant des moirures de son phrasé pour dessiner un Daland rusé. Marie-Ange Todorovitch confère à Mary une consistance théâtrale, si rare pour ce second plan, qualité que peuvent revendiquer aussi les deux ténors Endrik Wottrich (Erik) et Steve Davislim (le pilote) par la sûreté de leurs aigus. L’unique problème de cette distribution, la Senta d’Ann Petersen, qui a, certes, un registre supérieur éclatant ; mais le peu de consistance du medium et du grave fait disparaître une partie de sa ligne de chant qui se noie dans le flux orchestral.
Paul André Demierre
Orange, Théâtre Antique, 12 juillet 2013

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