Intéressant, ravissant et respecteux

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Brenden Gunnell (Pedrillo), Mari Eriksmoen (Blonde), Sally Matthews (Konstanze), Edgaras Montvidas (Belmonte) © Alastair Muir

Die Entführung aus dem Serail à Glyndebourne
Mozart a toujours occupé une place de prédilection au Festival de Glyndebourne et Die Entführung aus dem Serail -déjà à l’affiche de la deuxième édition du festival en 1935- franchit cette année le cap des 200 représentations. Pour la nouvelle production de ce Singspiel (comédie musicale) de 1782, Glyndebourne a fait appel au metteur en scène écossais David McVicar qui propose un spectacle intelligent et ravissant, respectueux de la partition et du livret. Pas toujours évident, ces jours-ci…
La confrontation des mondes occidental et oriental, de leurs coutumes et leurs valeurs, peuvent aujourd’hui inspirer des interprétations qui réfèrent à l’actualité. Mais ce n’est pas cela qu’évoquent le livret et la musique de Mozart. Il s’agit ici de relations humaines plus que de conflits raciaux ou politiques. C’est visiblement aussi l’opinion de David McVicar qui a opté pour un simple récit de l’histoire et une évocation de l’Empire ottoman tel qu’il est perçu par l’Europe éclairée de 1782. Pasha Selim n’est pas un tyran sanguinaire mais un homme cultivé et un père de famille affectueux, qui souffre presque autant que Konstanze de cet amour sans espoir. C’est bien clair dans le grand air de Konstanze  Martern aller Arten comme dans les dialogues parlés que McVicar a gardés en abondance. Vicky Mortimer (décors et costumes) et Paule Constable (éclairages) ont créé un monde oriental d’une grande beauté visuelle, sans exagération, avec les intérieurs de palais, jardins et mer baignée de soleil qui offrent le cadre idéal où McVicar fait évoluer les personnages et leurs émotions, espoirs et désespoirs, sans négliger la comédie. Peut-être la confrontation de Blonde et Osmin se lançant la vaisselle à la tête est-elle un peu trop chargée mais, dans l’ensemble, les personnages sont bien dessinés. Avec une note particulière pour l’allure « grand seigneur » de Belmonte et pour un Osmin plus  truculent que comique. Dans le rôle, Tobias Kehrer développe une vraie basse profonde et un talent de comédien habile et convaincant. Edgaras Montvidas campe un Belmonte noble, décidé et amoureux à la voix souple et bien maitrisée. Peut-être y manque-t-il un peu de velours. Sally Matthews apporte à Konstanze son intensité dramatique et une voix chaude maîtrisant bien les coloratures mais aussi un large vibrato. Mari Eriksmoen confère du tempérament à Blonde avec son soprano léger aux aigus un peu pincés et Brenden Gunnell fait un Pedrillo bon enfant à la voix claire.  Franck Saurel ne se départit pas de son accent français dans le texte en allemand de Selim mais il fait de son personnage un être humain et tourmenté, un Pasha noble. Dans la fosse, l’Orchestra of the Age of Enlightenment fait sonner un Mozart frais et transparent sous la baguette attentive de Robin Ticciati dont les tempi sont parfois un peu lents.
Erna Metdepenninghen
Glyndebourne, le 8 Juillet 2015

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