Décès de Miguel Angel Estrella à 85 ans

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Né en Argentine au sein d'une famille modeste, Miguel Ángel Estrella poursuit des études au conservatoire de Buenos Aires. Il joue avec son épouse Martha dans les bidonvilles, pour faire découvrir la musique aux plus démunis. Une initiative qui fait d’eux des communistes aux yeux des régimes autoritaires argentins qui se succèdent alors au fil des coups d'État.
À partir de 1965, Miguel Ángel Estrella continue ses études de musique à Paris avec pour professeures Nadia Boulanger et Marguerite Long. Malgré la dictature, le pianiste décide de rentrer en Argentine. Arrêté par la junte militaire en 1977, il est détenu en Uruguay où il subit des tortures qui lui abiment notamment les mains. Le musicien continue néanmoins de jouer dans sa cellule avec un clavier muet.

Sous la pression de comités de soutien (composés d’Yves Montand, de Simone Signoret, de Nadia Boulanger ou encore d’Henri Dutilleux), Miguel Ángel Estrella est libéré en 1980.
Il se réfugie alors en France et, en 1982, reprend ses concerts. Il crée la Fime (Fédération Internationale Musique Espérance), pour remercier le monde musical de l’avoir « sauvé de l’enfer ». 10 ans plus tard, la fondation devient une ONG reconnue par l’Unesco. Le pianiste fonde aussi l’Orchestre pour la paix, composé de jeunes musiciens chrétiens, musulmans et juifs. Le chanteur Daniel Balavoine lui dédie en 1983 sa chanson Frappe avec ta tête qui évoque les tortures sous les régimes militaires en Amérique latine.

Parmi les enregistrements de Miguel Ángel Estrella, les Bagatelles de Bartók, le Concerto n°3 pour piano de Beethoven, Bach, ou encore Chopin.  En 2000, il avait reçu le Prix Nansen et le Prix des Nations Unies pour les Trois Amériques.
Miguel Ángel Estrella était aussi depuis 2003 ambassadeur d'Argentine à l’UNESCO. Chevalier de la Légion d’honneur, naturalisé français en 1985, il a consacré toute sa vie à la musique au service de la liberté, écrivent ses proches dans un communiqué.

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