Le Journal

Six candidats à Rouen

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Depuis le mois d’octobre, l’Opéra de Rouen Normandie doit chercher un successeur à Frédéric Roels et l'appel à candidature a généré 51 projets.
Le 6 janvier, un jury présidé par Catherine Morin Desailly, présidente de l’Opéra, et composé des membres de la Région Normandie, de l’Etat, des représentants de la Direction régionale des affaires culturelles, du ministère de la Culture et de la ville de Rouen, s’est réuni et a présélectionné six candidats, trois femmes et trois hommes:
Emilie Delorme, directrice de l’Académie du Festival d’Aix-en-Provence, Loïc Lachenal, délégué général de la Chambre professionnelle des directions d'Opéra, Bruno Messina, directeur de l'Agence iséroise de diffusion artistique et du Festival Berlioz, Bénédicte Clermont, Administratrice Déléguée du Théâtre du Vieux-Colombier, Alice Orange, directrice du Festival de Sablé et Christian Schirm directeur artistique de l'Académie de l'Opéra de Paris. Ceux-ci doivent maintenant présenter un projet culturel et artistique complet en vue du choix final qui devrait être dévoilé en mars.

Encore un Prix pour Sheva Tehoval

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Sheva Tehoval et Konstantin Lee ont remporté le Prix Emmerich Smola 2017. Doté de 20.000 euros, le prix est l'un des plus généreux pour les jeunes chanteurs.
On connaît bien le parcours de Sheva Tehoval, née à Bruxelles 1991, membre du Chœur d'enfants de La Monnaie, études à Cologne puis à Londres, débuts de carrière sur les scènes européennes, aux Etats-Unis en Corée du Sud ponctués par de belles reconnaissances dans les concours qu'elle a présentés : Marmande, Dexia Classics, Prix Jacques Dome, Concours Reine Elisabeth à Bruxelles et Concours de Karlsruhe pour l'interprétation de la musique contemporaine.
Konstantin Lee, lui, a étudié le chant à Séoul et a terminé ses études à l'Université de musique et de théâtre à Hambourg. Il a déjà été invité sur plusieurs scènes dont Londres et Fribourg et lui aussi a été remarqué dans plusieurs concours : Linz, New Voices (Fondation Bertelsmann), Vina del Mar et Séoul.

Le Prix Emmerich Smola est décerné chaque année depuis 2004. Il porte le nom de son fondateur qui a dirigé longtemps l'ancien Orchestre de la Radio de la SWR de Kaiserslautern. Le nom du Prix est déjà associé à des artistes tels Erika Köth, Fritz Wunderlich ou Anneliese Rothenberger.

Francesco Angelico à Kassel

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Cette semaine, le jeune chef italien Francesco Angelico (39 ans), a été désigné à la direction du Staatstheater de Kassel (Allemagne) à partir de la saison 2017-18, pour succéder à Patrik Ringborg qui y est en poste depuis dix ans et souhaite se retirer.
Né en Sicile, Francesco Angelico a mené ses études de violoncelle à Modène puis s'est tourné vers Giorgio Bernasconi à l'Académie de Musique de Lugano, se réservant par ailleurs des classes de maître avec Zoltán Pesko, Jorma Panula et Carlo Maria Giulini.
Son 2e Prix au Concours Nikolai Malko en 2009 a drainé vers lui une attention internationale qui a donné naissance à des invitations à diriger l'Orchestre du Gewandhaus et celui de la Tonhalle de Zurich.
Au début de la saison 2013-14, il prend la direction de l'Orchestre symphonique du Tyrol et il y est toujours.

James Conlon, une longue route à Los Angeles

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Le contrat de directeur musical de James Conlon au Los Angeles Opera est renouvelé jusqu’à la saison 2020-21.
Le chef y est déjà depuis 10 ans et ce 28 janvier, lorsqu'il dirigera L'Enlèvement au Sérail, ce sera son 50e opera (différent) dans la maison.

Genève réalise un vieux rêve

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C'est un vieux rêve genevois et il pourrait bien aboutir. Dès le mois de décembre 2022, la Cité de la Musique devrait être inaugurée.
Ce vendredi, tous les acteurs concernés étaient réunis pour une présentation officielle.
Le financement du projet est entièrement assuré par des privés à hauteur de 250 millions de francs, un geste qui, évidemment, rappelle celui qui a permis l’édification du Victoria Hall à la fin du XIXe siècle mais, surtout, nourrit l'enthousiasme et va fluidifier les démarches administrative et juridiques.
Le projet est ambitieux avec une grande salle de concert de 1750 places et des critères de modernité et de confort ergonomique qui doivent permettre à la Haute Ecole de Musique d’évoluer dans des lieux dignes de son ambition et aux musiciens de l’OSR de profiter des qualités acoustiques de la salle pour opérer un nouveau bond qualitatif.
Sans compter que Genève trouvera là un produit d’appel capable d’attirer les plus grands orchestres internationaux et peut-être un public renouvelé et rajeuni.
La concrétisation de toutes ces aspirations passera désormais par les procédures d’un concours international d’architecture : lancé officiellement le 9 janvier dernier, celui-ci s’adresse à dix-huit bureaux choisis, suisses et étrangers. Les projets devront être déposés au mois d’août prochain et le lauréat sera connu à l'automne 2017. Les travaux débuteraient en janvier 2020. Reste à trouver le financement des coûts d’entretien et de fonctionnement.

 

Annulation au Met

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Perter Gelb a annoncé que le Metropolitan Opera annule sa production de la Force du Destin (Verdi) pour économiser 1 million de dollars. Elle devait être mise en scène par Calixto Bieito.
Elle sera "remplacée" par quatre concerts consacrés au Requiem de Verdi sous la baguette de James Levine.

Les TOP de 2016

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Les statistiques relatives à la vie musicale en 2016 viennent d'être publiées par Bachtrack à partir de 18.046 concerts et 10.086 représentations d'opéra.

Parmi les chefs les plus sollicités, c'est évidemment Valery Gergiev qui l'emporte. En deuxième position, Fabio Luisi crée la surprise. Il est suivi de Yannick Nézet-Séguin puis de Gustavo Dudamel qui précède Daniel Barenboïm.
Du côté des solistes, on trouve :
- parmi les violoncellistes, Istvan Vardai tient le haut du pavé, suivi de Gautier Capuçon. Truls Mork est sur la 3e marche, suivi de Sol Gabetta puis de Johannes Moser.
- au rayon des pianistes, c'est -sans surprise- Daniel Trifonov qui s'est produit le plus souvent. Rudolf Buchbinder le suit avant Danes Varjon. Au 4e rang on trouve, à égalité, Jean-Yves Thibaudet et Nobuyuki Tsujii suivis de Yefim Bronfman (Yuja Wang est en 10e position comme Emanuel Ax).
- parmi les violonistes, Leonidas Kavakos est en tête avant Baiba Skride à égalité avec Renaud Capuçon. Ils sont suivis de James Ehnes et Richard Tognetti (Joshua Bell est 10e)
Du côté des compositeurs, guère de surprise : on retrouve dans l'ordre Beethoven, Mozart, Bach, Haydn, Schubert, Brahms, Schumann, Tchaikovsky, Handel et Mendelssohn.
Et sur les scènes d'opéra, c'est Mozart qui l'emporte haut la main avec 4 oeuvres dans le Top 10 : la Flûte Enchantée (Mozart) est en tête suivie des Noces de Figaro (Mozart), La Bohème (Puccini), Carmen (Bizet), La Traviata (Verdi), Don Giovanni (Mozart), Madame Butterfly (Puccini), Il Barbiere di Siviglia (Rossini), Così fan Tutte (Mozart) et Tosca (Puccini).

Prix Européen 2017 à W. Rihm

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Wolfgang Rihm (64 ans) vient de recevoir le Prix Européen 2017 pour ses contributions à la composition et l'enseignement de la musique contemporaine, et pour l'intérêt de son travail dans le domaine de la musique sacrée.

Penser le présent, à Flagey

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Par manque de repos notre civilisation court à une nouvelle barbarie, écrivait Friedrich Nietzsche. Il y a donc lieu de mettre au nombre des corrections nécessaires que l’on doit apporter au caractère de l’humanité, la tâche de fortifier dans une large mesure l’élément contemplatif.
Avec le cycle Spreek/tijd – Moments of being - Penser le présent, Flagey propose plusieurs moments inspirés de réflexion, de contemplation et d’échange avec l’attention, la profondeur et l’étonnement pour  fil conducteur.
Flagey a toujours été un bâtiment privilégiant le calme, la créativité, la concentration – un oasis mental. Quelques dimanches matins le public est inviter à passer du temps ensemble à bon escient et à écouter attentivement. Plusieurs orateurs internationaux de différentes disciplines réfléchiront avec nous au temps et à la façon dont le temps et l’homme s’influencent mutuellement. La philosophie et la littérature ne sont jamais très loin. Pouvons-nous échapper à la contrainte du temps ? Comment les périodes de crise peuvent-elles déboucher sur une révolution ou un tournant ? Quelles sont les conditions pour préserver l’enthousiasme, l’inspiration et la passion dans une société qui semble fatiguée ? Comment se développent la spiritualité et la religion au XXIe siècle ? Que visait le philosophe allemand Peter Sloterdijk avec le retentissant essai « Tu dois changer ta vie ! » (2011).
Penser le présent, ce sont des dimanches matins en compagnie de penseurs et d’orateurs inspirés qui, tout en parlant, inventent de nouvelles idées et nous font explorer des possibilités futures. En bref, un exercice passionnant pour l’esprit.

Le 29 janvier, Rüdiger Safranski aborde Le Temps. La manière dont l’Homme et le Temps s’influencent (Els Snick et Geert Van Istendael, modérateurs)
Au cours de cette première lecture, le philosophe allemand partagera ses idées sur la manière dont l’homme et le Temps s’influencent mutuellement. En-deçà du battement mesuré et soi-disant objectif de l’horloge, l’expérience du temps varie : ennui, dévouement, recueillement, anxiété... Nous pouvons faire l’expérience d’un temps précipité et nerveux dans nos contraintes quotidiennes, dans le monde globalisé du travail, de l’économie et des médias. Safranski plaide avec virtuosité en faveur d’une attitude d’attention et de réflexion.
Rüdiger Safranski est un philosophe et écrivain allemand. Dans les années 1960, il étudie à Francfort sous la direction de Theodor W. Adorno, puis à Berlin où il complète une thèse sur la littérature allemande. Par la suite, il publie plusieurs études sur les romantiques allemands (tels E.T.A. Hoffmann ou, plus récemment sur Friedrich Schiller) et sur trois grandes figures de la philosophie allemande: Arthur Schopenhauer, Friedrich Nietzsche et Martin Heidegger. De 2002 à 2012, il anime en la collaboration avec Peter Sloterdijk, l'émission télévisuelle philosophico-littéraire Das Philosophische Quartett (le « Quatuor philosophique ») sur la chaîne ZDF. Depuis 1995, ses travaux lui ont mérité plusieurs prix prestigieux dont le prix Ernst-Robert-Curtius et le prix Friedrich Hölderlin.

Festival EXILS à Liège

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Au début du mois de février, le festival annuel de l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège proposera sept concerts évoquant les grands compositeurs qui ont fui l’Allemagne nazie, ont vu leur musique interdite, ont défendu leur expression artistique jusque dans les camps ou ont été réduits au silence. De Chostakovitch à Korngold en passant par le jazz « dégénéré » de Gershwin.
Et le Festival quittera les murs de la Salle Philharmonique, associant le Théâtre de Liège, La Cité Miroir et les Concerts de Midi de la Ville de Liège qui programment chacun un concert.