Le Journal

Défection

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La mezzo française Sophie Koch a quitté la production des Troyens (Berlioz) à Chicago, pour des raisons personnelles qui n'ont pas été précisées.
Les répétitions débutent aujourd'hui et c'est Susan Graham qui a accepté de la remplacer.

30 mai 1431

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 Le compositeur Hélios Azoulay a ressuscité 30 mai 1431, l'opéra inachevé de Viktor Ullmann. L'oeuvre qui porte sur la vie de Jeanne d’Arc a été composée par le musicien tchèque lorsqu’il était en camp de concentration, avant d’être tué à Auschwitz en 1944.
Hélios Azoulay a découvert la partition de l’opéra 30 mai 1431 alors qu’il menait des recherches sur l’histoire de la musique dans le monde concentrationnaire : Viktor Ullmann en avait entièrement rédigé l’histoire mais il n’avait pu écrire que deux pages de sa musique.
Hélios Azoulay les a d'abord publiées dans le livre L’enfer aussi a son orchestre (2015), puis il lui a semblé logique de tenter de terminer cette œuvre. Il s'en est expliqué : « Les pages écrites par Ullmann m’ont servi de matière brute, mais je ne prétends pas écrire à la manière d’Ullmann, ce serait impossible. Il fallait faire une nouvelle œuvre. Le fragment, une musique très dense, un peu solennelle, avec beaucoup de noblesse, se retrouve partout, comme un détail qui appelle un monde et se démultiplie à l’infini. »
Pour mener à bien son projet, Hélios Azoulay a lancé une campagne de financement participatif et la Fondation Auschwitz (Bruxelles) lui a donné la somme qui manquait.
Hélios Azoulay a commencé à enregistrer l’œuvre ce mois-ci avec Teona Kharadze et Pablo Schatzman au violon, Baptiste Vay à l’alto et Dimitri Maslennikov au violoncelle. D’autres sessions d’enregistrements sont prévues en novembre et l’oeuvre sera créée le 12 janvier 2017 au Mémorial de la Shoah, à Paris.

Création en cours

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Quand on aime, on ne compte pas...

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Nous apprenons que Kazushi Ono sera directeur artistique du Nouveau Théâtre National de Tokyo à partir de la saison 2018-19.
Rappelons que ses engagements le lient déjà à l'Orchestre de l'Opera de Lyon, à l'Orchestre Symphonique de Barcelone et au Tokyo Metropolitan Symphony Orchestra.

Juanjo Mena à Cincinatti

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Juanjo Mena vient d'être choisi parmi 30 candidats pour occuper le poste de chef principal au Festival de Mai de Cincinnati -le plus long festival choral d'Amérique du Nord- et y succéder à James Conlon qui a rendu son tablier après 37 années de fidélité.

Le chef espagnol Juanjo Mena (ou Juan José Mena) est né en 1965 à Vitoria-Gasteiz (Pays Basque).
Après ses études musicales au Conservatoire local, il rejoint le Conservatoire de Madrid où il travaille avec Carmelo Bernaola (composition et orchestration) et Enrique García Asensio (direction). Pour la direction, il se tourne aussi vers Sergiu Celibidache à Munich grâce à une bourse Guridi-Bernaola. Et, en 1997, le Gouvernement Basque le choisit pour former l'Orchestre des jeunes d'Euskal Herria. Il deviendra d'ailleurs aussi chef associé de l'Orchestre Symphonique d'Euskadi.
De 1999 à 2008, Mena est directeur artistique et chef principal de l'Orchestre Symphonique de Bilbao avec lequel il dirige des enregistrements pour Naxos. Sa première invitation à diriger en Amérique du Nord viendra de l'Orchestre Symphonique de Baltimore en 2004.
Il est chef invité principal du Teatro Carlo Felice (Gênes) de 2007 à 2010 et premier chef invité de l'Orchestre Philharmonique de Bergen de 2007 à 2013.
En Juillet 2010, le BBC Philharmonic le nomme chef principal avec un contrat initial de trois ans qui sera renouvelé en 2013. Ensemble, ils ont enregistré des oeuvres de Pierné, de Falla, et Montsalvatge pour Chandos.
Cette année, Juanjo Mena a participé aux célébrations du centenaire de la naissance de Ginastera dans son Concerto pour harpe (avec Marie-Pierre Langlamet en soliste) au cours d'une tournée Royaume-Uni et aussi à la Philharmonie de Berlin qui donnait le concerto pour la première fois et où il faisait, lui, ses débuts.

Martyn Brabbins à l'ENO

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Le chef britannique Martyn Brabbins a été désigné au poste de directeur musical de l'English National Opera (ENO).
Reconnu pour sa défense des compositeurs britanniques, il prend ses fonctions immédiatement et remplacera Mark Wigglesworth au moins jusqu'au mois d'août 2020. L'institution espère ainsi assurer sa stabilité après deux années de crise.

Martyn Brabbins (°1959) a étudié la composition à Londres puis la direction à Leningrad auprès de Ilja Musin, et il remporte le concours de direction de Leeds en 1988.
Il dirige ensuite la plupart des grands orchestres britanniques, l'orchestre symphonique de la radio bavaroise, l'orchestre symphonique de la radio de Berlin et l'orchestre symphonique de la radio finlandaise.
Il se distingue aussi à la tête d'ensembles de musique de chambre et d'opéras. On le trouve à la baguette pour un répertoire qui va de Dallapiccola à Schreker, en passant par Sawer, Tippett, Knaifel ou Eötvös.
De 1994 à 2005, il a été régulièrement invité par le BBC Scottish Symphony Orchestra avant de devenir directeur musical du Cheltenham International Festival of Music. Parallèment, il a dirigé le London Sinfonietta, l'Ensemble Modern, le Birmingham Contemporary Music Group et, de 1999 à 2004, il dirigeait l'ensemble Music of Today.
A son répertoire, les grands compositeurs du 19e siècle et aussi Elgar, Britten ou Walton, mais il est surtout connu pour son approche de la musique moderne : Dillon, Lloyd, MacMillan, Keal, Turnage, Finissy, Hennig et Birtwistle.

Une octobasse à Montréal

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L’Orchestre symphonique de Montréal vient de se doter d'un instrument rare et imposant : une octobasse. Avec ses 3 mètres de haut et ses 130 kilos, impossible de passer inaperçue ! Difficilement praticable, cette contrebasse géante est rarement jouée, mais l’Orchestre symphonique de Montréal a décidé de relever le défi en l’incluant dans ses rangs.
Et jeudi dernier, ses graves ont résonné à l’occasion de la célébration des 50 ans du métro de Montréal.
C’est le contrebassiste Eric Chappel qui s’y est attelé dans le Concerto pour violoncelle en la mineur de Schumann et le début d’Une vie de héros de Straussaprès des semaines de répétitions et avec l’aide de pédales et de leviers : Il m’est physiquement impossible de jouer sur l’instrument avec ma seule main gauche. Je ne peux pas monter aussi haut avec mon bras. Il y a donc toute une série de leviers sur le côté de l’instrument qui sont là pour m’aider.
A la tête de l’Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano espère que l’arrivée de l’instrument va susciter la création de nouvelles œuvres pour enrichir son répertoire.

Retour à Londres

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Le CEO de l'Opéra d'Australie, Craig Hassall, vient d'être désigné à la tête du Royal Albert Hall. Il y prendra ses fonctions l'année prochaine.
Hassall connaît bien Londres puisqu'il y a été manager de l'English National Ballet de 2005 à 2012.

Prêt d'instruments

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Huit bibliothèques montréalaises vont offrir à leurs abonnés la possibilité d’emprunter gratuitement des instruments de musique. Un projet soutenu par de la ville de Montréal, l’entreprise canadienne Financière Sun life qui a apporté 108 860 dollars et qui bénéficie aussi de dons d’instruments. Des guitares, des violons, des ukulélés, des claviers portatifs, des tambours et des xylophones seront disponibles. Et le groupe “Bibliothèques Montréal” lance une campagne de dons d’instruments jusqu’au 24 décembre 2016. Le groupe de rock Simple Plan appuie aussi l'initiative et il a donné deux guitares. Son chanteur, Jeff Stinco appelle les citoyens à suivre son exemple : « Il y a beaucoup de gens qui ont des instruments chez eux qui ne sont plus nécessairement utilisés. Ils pourront remettre leurs instruments aux bibliothèques de Montréal, et permettre à d’autres jeunes d’essayer quelque chose de nouveau et peut-être de se trouver une passion».
Pour le maire de la ville, Denis Coderre, ce programme a une vertu politique : « En plus de faire croître et de diversifier la collection musicale des bibliothèques de Montréal, ce programme s’inscrit directement dans l’un des cinq axes d’intervention de la nouvelle Politique de l’Enfant de Montréal, soit l’accès à la culture, aux sports et aux loisirs »
Les instruments seront prêtés pour une trois semaines, renouvelables jusqu’à trois fois. Chaque abonné ne pourra en prendre qu’un seul à la fois.

Mahler chez Sotheby

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Les feuilles sur lesquelles Gustav Mahler a écrit sa Deuxième Symphonie font partie des mythes. En raison de leur caractère historique, mais aussi parce qu'elles participent de l'étrange histoire de l'homme d'affaires américain Gilbert Kaplan (*).
Kaplan a acheté ce manuscrit en 1984, et la vente fait suite à son décès en janvier dernier. Estimé à hauteur de 3,9 millions d'euros, il est présenté par Sotheby comme "le plus cher manuscrit de musique proposé aux enchères". En 1987 pourtant, un recueil de neuf symphonies de Mozart avait atteint l'équivalent actuel de 5,3 millions de livres et, au mois de juillet dernier, quatre pages manuscrites de Johann Sebastian Bach (Prélude en mi bémol majeur, BWV 998) est monté à 2,5 millions de livres.

(*) L'Américain Gilbert Kaplan (décédé à 74 ans) était un homme d'affaires qui a surtout attiré l'attention par son idée fixe : diriger la 2e Symphonie de Gustav Mahler, ce qu'il a fait plus de 100 fois. Certains le qualifiaient de charlatan, capable d'"acheter" les scènes par ses dons somptueux aux orchestres impécunieux. D'autres se félicitaient qu'il apporte un vent frais dans le monde de la musique engoncé dans une approche traditionnelle et une institutionnalisation stérile.
«Je suis un amateur dans le meilleur sens du terme" se décrivait-il.
Un amateur particulier. Il a, certes, veillé à l'édition de "sa" symphonie mais ne prétendait-il pas avoir découvert 300 erreurs dans la première publication ? Son épouse portait, elle, la seule bague que Mahler ait offerte Alma. Et il parvint à diriger avec la baguette du compositeur.
Enfin, Kaplan a toujours refusé d'élargir son répertoire. A de rares exceptions, il n'a pas dirigé d'autre symphonie de Mahler, a fortiori d'autres compositeurs.