Le Journal

Franz Ignaz Tuma, 320 ans

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František Tůma, né à Kostelec nad Orlicí, près de Hradec Králové en Bohême, le 2 octobre 1704 et mort à Vienne d'une pneumonie le 3 février 1774, est un compositeur de musique baroque.

Né d'une famille de tradition musicale (son père était maître de chant et organiste), il fait ses études à Prague, au Clementinum, prestigieuse université jésuite où étudia, entre autres, Jan Dismas Zelenka. Il chante comme ténor à l'église de Saint-Jacques des Minorites sous la direction du compositeur, pédagogue et réputé maître de chapelle Bohuslav Matěj Černohorský qui y exerce ses fonctions et enseigne le contrepoint.

Il aurait en 1723, à l'âge de 19 ans, tenu la partie de théorbe aux côtés du célèbre luthiste Sylvius Leopold Weiss et de son aîné, le violoniste Zelenka, à l'occasion de la représentation, à Prague, de l'opéra Costanza e fortezza, de Johann Joseph Fux, donné pour le Comte Philippe Joseph Kinský, alors haut-chancelier de Bohême qui l'encourage à travailler le contrepoint avec Johann Joseph Fux.

Le Comte Kinský le nomme maître de chapelle de sa propre Cour, entraînant une longue amitié qui perdurera tout au long de leur vie. Le Comte devient le parrain des trois enfants du compositeur et l'encourage, à la mort de Johann Cristoph Gayer en 1734, à déposer sa candidature en tant que maître de chapelle de la cathédrale Saint-Guy de Prague. Mais celle-ci arrive trop tard. Tůma reste donc au service des Kinský jusqu'à la mort du Comte en 1741.
En mars de cette même année, la veuve de Charles VI, Élisabeth-Christine, fonde sa propre chapelle musicale. Elle nomme Tůma à sa tête en lui attribuant un salaire de 800 ducats, pension qui augmentera à la mort de la veuve (1750).

Il se met ensuite en retrait, mais non sans activité, puis se retire en 1768 au monastère des Prémontrés de Geras (Basse-Autriche). Il y forme des musiciens comme Thomas Frieberth. Après six ans, il revient à Vienne et s'installe chez les "Frères de la Charité", mais meurt peu après, en automne 1774.

Ses compositions (messes, motets, etc.) pour l'église, étaient très appréciées, mais n'ont jamais été publiées de son vivant. On remarque notamment un Miserere composé sur ordre de Marie-Thérèse d'Autriche et les Matines pour les défunts.

Antonio Cifra, 395 ans

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Antonio Cifra (1584? - Loreto, 2 octobre 1629) est un compositeur italien de l'École romaine de la Renaissance et du début de l'ère baroque. Il est une des figures transitoires entre les styles musicaux Renaissance et baroque.

Cifra a étudié avec Giovanni Bernardino Nanino à partir du 27 juin 1594 jusqu'en 1596 à l'église de San Luigi dei Francesi à Rome ; en janvier 1597 il a été admis dans la Cappella Giulia.

De 1605 à 1607, il était directeur de musique au séminaire romain, et de 1608 à 1609 il a tenu le même poste au Collège germanique de Rome.

En 1609, il a été loué comme maestro di cappella à la sainte Maison de Loreto et il a tenu ce poste pour le reste de sa vie. Les liens culturels entre Loreto et Rome étaient étroits (Loreto fut, pendant trois siècles, le lieu de pèlerinage le plus fréquenté d’Occident, et la via lauretana (Rome-Loreto) son chemin principal), et il a maintenu le contact avec les compositeurs à Rome pendant cette période.

Vers la fin de sa vie, il a participé à plusieurs grands événements musicaux à Rome, y compris pour des Vêpres à la Basilique Saint-Pierre pour laquelle il a dirigé un des chœurs.

Cifra était un compositeur prolifique, avec 45 publications faites sous son nom : elles incluent des psaumes, des motets, des litanies, des « Scherzi sacri », des chants, des motets à un ou plusieurs chœurs, aussi bien que de la musique profane avec des madrigaux avec ou sans accompagnement instrumental.

Stylistiquement, la musique de Cifra évolue graduellement, partant du modèle palestrinien, avec beaucoup d'utilisation de l'homophonie (comme le Concile de Trente l'avait recommandé) et peu d'élaboration polyphonique pour ne pas nuire à la compréhension du texte, jusqu'à des travaux plus progressifs dans le modèle vénitien. Il a également employé la technique de la monodie accompagnée, déjà déployée dans le nord de l'Italie, pour certains de ses madrigaux. Certains de ses madrigaux sont plus développés, annonçant la forme de la cantate, qui a commencé à émerger peu après l'époque de sa mort.

Cifra était également l'un des rares compositeurs à être influencé par le chromatisme extrême de Carlo Gesualdo. Il a réservé cette technique pour un livre de madrigaux qui semble être fait délibérément sur le modèle de Gesualdo (les « Madrigali concertati libro quinto » de 1621) ; il a d'ailleurs repris 18 des propres textes de Gesualdo.

Giya Kancheli, 5 ans

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Giya Kancheli, le plus éminent compositeur de Géorgie, est né à Tbilissi en 1935 et vit en Europe occidentale depuis 1991. Le sentiment d'exil, la nostalgie d'un temps et d'un lieu irrémédiablement perdus sont des préoccupations récurrentes dans sa musique. Sa longue et très productive collaboration avec ECM remonte à 1992, année de la sortie de Mourned by the Wind (Vom Winde Beweint), une immense élégie chantée par un alto solo avec orchestre symphonique.
Dès lors, une série d'enregistrements a suivi, révélant différents aspects de son œuvre. Le chef d'orchestre américain Dennis Russell Davies est depuis longtemps un spécialiste de la musique de Kancheli ; il a dirigé non seulement le premier enregistrement de 1993, mais aussi Trauerfarbenes LandCaris MereAbii ne viderem et Diplipito.

Après avoir étudié le piano et la composition au Conservatoire de Tbilissi, Giya Kancheli a suivi un chemin familier pour les compositeurs de l'ère soviétique qui ont résisté à l'intégration dans l'establishment musical soviétique : il a écrit pour la scène et le cinéma, ce qui lui a permis de jouir d'une certaine liberté car ces genres échappaient largement au radar de la censure officielle. Cet aspect de sa carrière est illustré dans Themes from the Songbook (2010).

Le compositeur russe Rodion Shchedrin a qualifié Kancheli “d’ascète au tempérament maximaliste - un Vésuve retenu". Nombre de ses œuvres se déroulent tranquillement, avec une pulsation lente et mesurée, ponctuée d'explosions violentes qui sont effectivement volcaniques par leur soudaineté et leur force.

Dans Lament, une ligne de violon époustouflante et chargée d'émotion, interprétée par Gidon Kremer (un autre collaborateur régulier du compositeur), domine l'une de ses compositions les plus émouvantes, dédiée à la mémoire de son camarade disparu, Luigi Nono. Les critiques de cette œuvre évoquent une qualité typique de l'univers sonore de Kancheli lorsqu'elles parlent d'un calme vaste et inquiétant, où la patience est "récompensée par des moments d'une grande et pénétrante beauté".

Décès du violoncelliste Rohan de Saram, membre du Quatuor Arditti

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Le violoncelliste anglais Rohan de Saram est décédé le 29 septembre à l'âge de 85 ans. D'origine ceylanaise, il a eu pour professeurs de grands noms du violoncelle tels que Gaspar Cassadó et Pau Casals, qui disait de lui qu'« il y a peu de gens de sa génération qui ont de tels dons ».

Au cours de sa carrière, il a travaillé avec des compositeurs tels que Dmitri Chostakovitch, Benjamin Britten, William Walton, Paul Hindemith, Francis Poulenc et Zoltán Kodály, et a créé de nombreuses œuvres contemporaines. Il a également joué avec des musiciens tels que Zubin Mehta, Seiji Ozawa, John Barbirolli et Dimitri Mitropoulos, entre autres.

De 1977 à 2005, il a été membre du Quatuor Arditti. En tant que soliste, il laisse sur disque de nombreuses œuvres de Vivaldi, Brahms, Sibelius, Cassadó, Prokofiev, Dallapicola, Ligeti, Hosokawa, Britten ou Feldman, entre autres.

Le «chœur des bâtisseurs», la chorale des ouvriers du chantier de Notre-Dame de Paris pour la réouverture

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Compagnons, agents de la sécurité, archéologues, artisans, charpentiers, verriers, restaurateurs chanteront le 11 décembre à Notre-Dame lors d'une messe dans le cadre des cérémonies de réouverture, afin de «prolonger le chantier» et les «amitiés».

Et si c’était les compagnons et ouvriers du chantier de restauration, les premiers à chanter dans Notre-Dame de Paris. À 75 jours de la réouverture ils veulent offrir un tube du répertoire choral: Le Cantique de Jean Racine de Gabriel Fauré qu'ils répètent assidument depuis des mois.

C'est une chimiste au pôle peinture murale et polychromie du laboratoire de recherche des monuments historiques, Stéphanie Duchêne, et sa collègue Dorothée Chaoui-Derieux, qui en ont eu l'idée, accueillie avec enthousiasme. «J'ai lancé une bouteille à la mer en novembre il y a deux ans et j'ai reçu une centaine de messages de restaurateurs, artisans, compagnons, agents de la sécurité ou de la logistique, archéologues qui m'ont dit adorer l'idée et vouloir en faire partie», raconte Mme Duchêne. Certains ont dû partir depuis mais «il en reste quand même plus de 80 dans le chœur», se réjouit-elle.

Le Prix Busoni de composition 2024

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Le prix de composition Busoni de l'Académie des arts de Berlin est attribué cette année à Maximiliano Alejandro Soto Mayorga. L'académie a annoncé lundi que le Chilien (né en 1991), qui vit en Allemagne, recevrait le prix doté de 6.000 euros. Le prix d'encouragement de 2.500 euros a été attribué à l'Américaine Lauren Siess (née en 1996).

Soto Mayorga est un compositeur exceptionnellement polyvalent, a-t-on expliqué. « Dans son travail, il combine des éléments aussi divers que la pensée sérielle, la tonalité traditionnelle, la musique noise industrielle et la musique de rue latino-américaine ». La lauréate du prix d'encouragement Siess explore le champ de tension entre l'électronique, les objets sonores et la production instrumentale virtuose de sons.

Le prix Busoni a été fondé en 1988 par le compositeur Aribert Reimann. Tous les deux ou trois ans, de jeunes compositeurs encore peu connus sont honorés. Depuis 1992, l'Académie des arts décerne en outre des prix d'encouragement à des étudiants en composition.

Roy Harris, 45 ans

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Roy Harris (12 février 1898 à Chandler - 1er octobre 1979 à Santa Monica) est un compositeur américain. Il est un des représentants du courant musical américaniste, principalement connu pour sa Symphonie no 3.

D'origine irlando-écossaise avec des ancêtres gallois, né Roy Ellsworth Harris, de parents pauvres dans une cabane de rondins en Oklahoma le jour anniversaire de la naissance d'Abraham Lincoln, il fait partie d'une fratrie de cinq enfants dont trois sont morts en bas âge. Un gain au jeu permit à son père, agriculteur de son état, d'acheter une petite propriété en Californie, où le garçon grandit dans l'isolement rural de San Gabriel Valley. Il étudia le piano avec sa mère et, plus tard, la clarinette. Bien qu'ayant suivi des cours à l'Université de Californie à Berkeley, il était pratiquement autodidacte quand il débuta les classes de composition. Au début des années 1920, il prit des leçons d'Arthur Bliss (alors à Santa Barbara) et du compositeur et ethno-musicologue Arthur Farwell.

Harris vendit ses terres et se mit à son compte comme camionneur-livreur pour une entreprise laitière. Peu à peu, il prit contact dans l'Est avec d'autres jeunes compositeurs et, en partie sur les recommandations d'Aaron Copland, il eut l'opportunité de séjourner en 1926-1929 à Paris parmi les nombreux jeunes Américains recevant les leçons musicales de Nadia Boulanger. Harris ne fut pas influencé par l'esthétique stravinskienne enseignée par N. Boulanger mais, sous sa tutelle, il étudia la musique de la Renaissance et écrivit une de ses premières œuvres importantes : le Concerto pour piano, clarinette et quatuor à cordes qui attira les éloges de Frederick Delius.

Après avoir souffert d'une grave blessure du dos, il fut obligé de revenir pour un traitement aux États-Unis où il se lia avec Howard Hanson à l'Eastman School of Music de Rochester et surtout avec Serge Koussevitsky à l'Orchestre Symphonique de Boston. Ces associations lui garantirent l'exécution publique de ses œuvres de grande envergure. En 1934, une semaine après sa création par Koussevitsky, sa Symphonie 1933 devient la première symphonie américaine enregistrée commercialement. Mais c'est sa Symphonie no 3, créée par Koussevitsky en 1939, qui le consacra comme un compositeur important.

Au cours des années 1930, Harris enseigna au Mills College (où Darius Milhaud allait enseigner plus tard), au Westminster Choir College (1934-1938) et à la Juilliard School of Music. Il passa la plus grande partie de sa carrière professionnelle à enseigner dans les collèges et universités de diverses régions des États-Unis, terminant par un long séjour en Californie, d'abord à UCLA et enfin à l'Université d'État de Californie de Los Angeles. Parmi ses élèves figurent William Schuman, H. Owen Reed, John Donald Robb, John Verrall et Peter Schickele (mieux connu comme créateur de PDQ Bach).

Il a reçu nombre de prestigieuses récompenses et, à la fin de sa vie, fut proclamé Honorary Composer Laureate of the State of California.

 

Ernst Toch, 60 ans

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Ernst Toch est un compositeur, pianiste, théoricien et pédagogue d'origine autrichienne, né à Vienne (Autriche) le 7 décembre 1887, décédé à Santa Monica (Californie) le 1er octobre 1964.

D'abord autodidacte, il étudie ensuite (outre la philosophie et la médecine) la composition et le piano au Conservatoire Hoch de Francfort puis mène une double carrière de pianiste-concertiste et de compositeur.
De plus, en 1914, il enseigne le piano et la composition au Conservatoire de Mannheim, avant de servir dans l'armée allemande, sur le front italien, durant la Première Guerre mondiale.
Celle-ci achevée, il revient à Mannheim et ultérieurement, en 1928, s'installe à Berlin avec sa famille.
De religion juive, l'avènement du nazisme en 1933 le contraint à fuir l'Allemagne (sa musique est classée "dégénérée" par le régime d'Hitler).
Après un passage par Paris et Londres, il s'exile en 1934 aux États-Unis, où il s'établit définitivement.
Outre ses activités de compositeur (notamment pour le cinéma, de 1934 à 1945), il enseignera la composition et la théorie musicale -il écrira des ouvrages dans ce dernier registre- à l'University of Southern California de Los Angeles, à partir de 1936 (parmi ses élèves, citons Alex North et Leonard Pennario).

Le catalogue de ses compositions (marquées par la polyphonie) comprend des pièces pour piano, de la musique de chambre (dont treize quatuors à cordes, les cinq premiers étant réputés perdus), des œuvres pour orchestre (dont sept symphonies -sa troisième recevant en 1956, dans la catégorie musique, le Prix Pulitzer-, des musiques de scène et de films, des œuvres chorales et/ou avec voix soliste(s), ainsi que des opéras.
En particulier, il est connu pour avoir développé la technique du « chœur parlé », notamment dans sa Fugue géographique (1930), une de ses compositions les plus connues.

Jules Charles Pennequin, 160 ans

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Violoniste et chef d'orchestre d'origine belge, Jules Charles Pennequin (1864-1914)          fait carrière en France, d'abord à Paris, puis dans le Sud-Ouest.
À Paris, il est notamment premier violon de l'Opéra Comique (1894-1898).
Il fut ensuite directeur du Conservatoire de Bordeaux.
Ses méthodes pour le violon ont été adoptées par les principaux conservatoires.

Karajan, encore

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Si les documents audiovisuels de Karajan sont innombrables (le culte de l'image était l'une de ses principales préoccupations), il reste toujours dans le tiroir des témoignages inédits qui nous éblouissent. Le dernier en date à être parvenu sur les réseaux est une Tosca enregistrée au Festival de Pâques de Salzbourg en mars 1989 avec le Philharmonique de Berlin.

Luciano Pavarotti incarne Mario Cavaradossi et Joséphine Barstow (l'une des chanteuses préférées de Karajan dans ses dernières années) est Tosca, mais la véritable star de la vidéo est ici le chef d'orchestre, que la caméra filme depuis la fosse tout au long de la représentation. Karajan dirige l'opéra de mémoire. Ce n'est pas pour rien que Tosca est l'un de ses titres de Puccini les plus appréciés, dont il a fait deux enregistrements en studio en 1962 et 1980.

Le geste reflète l'épuisement physique du maestro, mais Karajan endure stoïquement, poussé par la musique. C'est le dernier opéra qu'il a dirigé avant sa mort, le 16 juillet de la même année.