Le Journal

Henri Sauguet, 35 ans

par

Le compositeur français Henri Sauguet, de son vrai nom Henri-Pierre Poupard, est né le 18 mai 1901 à Bordeaux et mort le 22 juin 1989 à Paris.

Henri-Pierre Poupard naît dans une famille installée au numéro 6 de la rue Leyteire. Dès l'âge de cinq ans, il reçoit de sa mère, Élisabeth Sauguet, dont il adopte plus tard le nom comme pseudonyme, et de Marie Bordier ses premières leçons de piano. Puis, il suit les cours de Mlle Loureau de la Pagesse, organiste de chœur de l'église Sainte-Eulalie de Bordeaux, sa paroisse. La musique d'église et plus spécialement l'orgue ont sans aucun doute marqué profondément sa jeunesse. En effet, il a été élève de Paul Combes, titulaire de l'orgue de l'église Notre-Dame et a occupé le poste d'organiste de l'église Saint-Vincent de Floirac de 1916 à 1922. « L'orgue ! Le rêve de ma jeune existence » écrit-il dans son ouvrage autobiographique, « La Musique, ma vie ».

Autre influence décisive, celle de Claude Debussy dont l'œuvre, découverte avec l'audition de La Fille aux cheveux de lin jouée à l'orgue de l'église Saint-Louis des Chartrons, l'enthousiasme. L'anecdote souvent racontée veut que la seule lettre qu'il se décida à lui écrire parvînt au compositeur le jour de sa mort, le 23 mars 1918.

La mobilisation de son père en 1915 l'oblige à s'occuper de la mercerie familiale ; il est l'aîné, son frère est trop jeune, et sa mère trop inquiète délaisse la responsabilité de leur commerce. Une fois son père revenu après avoir été blessé, Henri devient employé à la Préfecture de Montauban en 1919-1920. Il se lie d'amitié avec Joseph Canteloube qui lui enseigne la composition (Canteloube est célèbre, par ailleurs, pour avoir collecté et harmonisé un certain nombre de chants traditionnels auvergnats qu'il a réunis sous le titre de Chants d'Auvergne).

Revenu à Bordeaux, Sauguet fonde le « groupe des Trois » avec Louis Émié et Jean-Marcel Lizotte dans le but de faire entendre la musique la plus récente et libre de toute influence. Leur premier concert a lieu le 12 décembre 1920 avec des partitions du « groupe des Six » (Arthur Honegger, Francis Poulenc, Darius Milhaud, Georges Auric, Louis Durey, Germaine Tailleferre), d'Erik Satie et du « groupe des Trois » avec comme œuvres de Sauguet sa Danse nègre et sa Pastorale pour piano.

Dès octobre 1921, il se fixe à Paris pour compléter sa formation musicale avec Charles Koechlin et travaille comme secrétaire du musée Guimet tout en représentant une maison d'huiles de graissage.

En 1923, il fonde avec trois autres jeunes musiciens (Henri Cliquet-Pleyel, Roger Désormière et Maxime Jacob) l'École d'Arcueil par amitié pour Erik Satie qui demeurait dans cette commune et, le 25 octobre 1923, ils présentent au théâtre des Champs-Élysées leur premier concert.

La carrière parisienne individuelle de Sauguet démarre en 1924 par le ballet Les Roses écrit à la demande du Comte Étienne de Beaumont et continue avec un opéra-bouffe en un acte intitulé Le Plumet du colonel. Il intègre les cercles de la musique nouvelle et collabore, notamment, avec des hommes de théâtre comme Charles Dullin (« Irma » en 1926) et Louis Jouvet (« Ondine » en 1939, « La Folle de Chaillot » en 1945). En 1927, il compose la musique du ballet La Chatte pour les Ballets russes. Il s'impose avec des opéras-bouffes (La Contrebasse en 1930), des opéras et opéras-comiques (La Chartreuse de Parme en 1939, La Gageure imprévue en 1942, Les Caprices de Marianne d'après Musset en 1954), quatre symphonies dont la Symphonie expiatoire (1947) à la mémoire des victimes de la Seconde Guerre mondiale, deux concertos pour piano, deux concertos pour violon, une Mélodie concertante pour violoncelle et orchestre en 1964, de la musique de chambre (Quatuor à cordes pour deux violons, alto et violoncelle, 1948), la suite symphonique Tableaux de Paris (1950). Il participe également à l'écriture, en 1952, de La Guirlande de Campra.

Il travaille aussi activement entre 1933 et 1965 pour le cinéma et la télévision : « L'Épervier » (1933) et « L'Honorable Catherine » (1942) de Marcel L'Herbier, « Premier de cordée » (1944) de Louis Daquin, « Les amoureux sont seuls au monde » (1948) d'Henri Decoin, Clochemerle (1948) de Pierre Chenal, « Don Juan » (1956) de John Berry, « Lorsque l'enfant paraît » (1956) de Michel Boisrond, « Les Compagnons de Baal » (1968) de Pierre Prévert, etc.

Il compose vingt-sept ballets entre 1924 et 1965, dont La Chatte (1927), La Nuit (1929), Mirages (1943), La Dame aux camélias (1957) et Pâris (1964). Les Forains, créé le 2 mars 1945 au Théâtre des Champs-Élysées sur un argument de Boris Kochno, connaît un succès immédiat et lance son jeune chorégraphe, Roland Petit.

Enfin, il manifeste à partir de Soliloque (1958), un réel intérêt pour la guitare pour laquelle il compose Six pièces faciles pour flûte et guitare (1967), Trois préludes (1970) et Musique pour Claudel (1975).

Henri Sauguet disait de son art : « Être simple en usant d'un langage complexe n'est pas facile. Il faut écouter le conseil de Rameau qui prescrivait de cacher l'art par l'art même et croire avec Stendhal que seules les âmes vaniteuses et froides confondent le compliqué, le difficile, avec le beau. »

Il est élu à l'Académie des Beaux-Arts en 1976, officier de la Légion d'honneur, officier dans l'ordre national du Mérite et commandeur dans l'ordre des Arts et des Lettres. Il préside durant de nombreuses années la Société des auteurs et compositeurs dramatiques et l'association Una Voce.

Henri Sauguet fut le compagnon du peintre et scénographe Jacques Dupont jusqu'à la mort de celui-ci en 1978. Le compositeur meurt le 22 juin 1989.

En 1958, Henri Sauguet a posé pour le sculpteur Boulogne (1926-1992) qui réalise son buste. Le plâtre original de l'artiste est conservé au Musée du Plâtre / Aux Musées Réunis de Cormeilles-en-Parisis.

 

Anton Dermota, 35 ans

par

Anton Dermota (né le  à Kropa, Slovénie - mort le  à Vienne) était un ténor lyrique yougoslave, chanteur d'opéras et de musique sacrée.

Anton Dermota étudia d'abord la composition et l'orgue à Ljubljana avant d'étudier le chant à Vienne en 1934. En 1936 il fit ses débuts à l'Opéra d'État de la capitale autrichienne, devenue sa ville de résidence, dans le rôle de Don Ottavio de Don Giovanni. Mais c'est dans l'immédiat après-guerre que sa carrière va connaître une véritable explosion. Que ce soit au Festival de Salzbourg ou au Metropolitan Opera, à la Scala ou à l'Opéra Garnier, Dermota fut acclamé partout comme l'un des meilleures interprètes de Wolfgang Amadeus Mozart, Jean-Sébastien Bach mais aussi Richard Strauss de sa génération. Doué d'une voix très endurante, il fit quelques incursions chez Richard Wagner, Giacomo Puccini et même Giuseppe Verdi, et il a laissé un enregistrement grandiose -peut-être le plus mémorable de toute sa carrière- de l'extrêmement difficile partie de ténor de l'oratorio Le Livre aux sept sceaux de Franz Schmidt. Accompagné au piano par son épouse Hilde Berger-Weyerwald, il a également brillé dans l'interprétation du Voyage d'hiver de Franz Schubert, dont il existe deux enregistrements (1962 et 1976).

Anton Dermota était immensément admiré sur le plan vocal et technique, et beaucoup de ses collègues et successeurs (Ernst Haefliger, Nicolai Gedda, Fritz Wunderlich, Peter Schreier) ont été mesurés à son aune.

Darius Milhaud, 50 ans

par

Le compositeur français Darius Milhaud est né le 4 septembre 1892 à Marseille et mort à Genève le 22 juin 1974.

Darius Milhaud est issu de l’une des plus vieilles familles juives de Provence, originaire du Comtat Venaissin. Cette région du Vaucluse abrite depuis des siècles de nombreuses familles juives surnommées les « Juifs du pape ». Parmi les membres de cette famille, on compte Joseph Milhaud, fondateur en 1840 de la synagogue d’Aix-en-Provence, ainsi que José de Bérys, Francine Bloch (qui demande au musicien, en 1961, de devenir le premier président de la Société des amis de la Phonothèque nationale de France et établit sa phonographie), Marcel Dassault et Pierre Vidal-Naquet.

Darius Milhaud est l’unique fils d’un banquier d'Aix et d’une mère née à Marseille. Son grand-père est négociant en amandes. Ses parents sont musiciens amateurs. Son père fonde la Société Musicale d’Aix-en-Provence, et sa mère connaît bien les chants religieux. Darius montre des dons précoces, tout d’abord pour le violon et la composition. À 17 ans, en 1909, il va à Paris pour étudier au Conservatoire de musique et de déclamation, jusqu’en 1915. Ses professeurs sont Xavier Leroux en harmonie, André Gedalge pour le contrepoint, Charles-Marie Widor pour la composition et surtout Paul Dukas pour l'orchestration.

Ces années sont l’occasion de multiples rencontres sur le plan musical et littéraire : il se lie d’amitié avec les musiciens Georges Auric et Arthur Honegger, et avec le poète Léo Latil, tué en 1915 lors de la Première Guerre mondiale. Il fait également la connaissance de Francis Jammes et de Paul Claudel en 1912, auteurs dont il met les textes en musique. Sa rencontre avec André Gide exerce aussi une influence importante.

Atteint de rhumatismes, Darius Milhaud est réformé. Il compose dans ces années des musiques de scène, notamment sur la trilogie « Orestie » d’Eschyle, traduite par Claudel. Il recourt alors à la polytonalité, ce qui reste comme l’une des caractéristiques principales de sa musique. Cette amitié entre les deux hommes évolue dans le sens d’une collaboration : Claudel, nommé ministre plénipotentiaire à Rio de Janeiro, propose à Milhaud de devenir son secrétaire. Milhaud accepte. Il s’enthousiasme alors pour les musiques sud-américaines, qu’il insère dans les ballets L'Homme et son désir (1918-1921) et Le Bœuf sur le toit (1919-1920), ainsi que dans la suite de danses Saudades do Brasil (1920-1921).

De retour à Paris, il est associé par le critique Henri Collet au groupe des Six, (dans le sillage d'Érik Satie) constitué de Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre. Le mentor de toute cette équipe est l'écrivain et poète Jean Cocteau. Fort de cette association, avec laquelle il écrit notamment la musique des Mariés de la Tour Eiffel (1921), unique œuvre collective du groupe des Six, sur un argument de Cocteau, Milhaud est également reconnu dans le milieu parisien pour ses œuvres de jeunesse imprégnées d’influences sud-américaines.

Il officie en tant que chef d’orchestre, critique musical, ou même conférencier, et voyage abondamment, notamment à Londres en 1920, et aux États-Unis en 1922, où il découvre les rythmes du jazz qui vont profondément l’influencer pour son ballet La Création du monde (1923). Il continue à écrire plusieurs opéras sur des livrets de ses amis : Le Pauvre Matelot en 1926 sur un texte de Cocteau, et Christophe Colomb en 1930 sur un texte de Claudel. Il s’intéresse également au cinéma et compose pour lui. Toutefois, ses compositions rencontrent un succès mitigé, et son opéra Maximilien (1932) est accueilli fraîchement à l’Opéra Garnier.

Parallèlement, sa vie sentimentale est comblée par son mariage (le 2 mai 1925) avec Madeleine Milhaud, une cousine actrice, qui lui donna en 1930 un fils, Daniel, qui devint artiste-peintre et sculpteur (décédé à Pietrasanta en octobre 2014).

En 1936, il est membre de la rédaction du journal communiste « Ce soir », pour lequel il s'occupe de la musique.

Sa production reste très abondante jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale, date à laquelle il doit fuir la France occupée, cumulant l'« inscription sur deux listes de proscription : comme juif et comme compositeur d'art dégénéré ». En 1940, il part pour les États-Unis, où le chef d'orchestre Pierre Monteux l'aide à trouver un poste de professeur de composition au Mills College d’Oakland (Californie). Milhaud y a notamment comme élèves le pianiste de jazz Dave Brubeck, le compositeur de variétés Burt Bacharach, et les fondateurs du minimalisme américain, Steve Reich et Philip Glass.

Après la guerre, il retourne en France en 1947 et se voit offrir un poste de professeur de composition au Conservatoire national de musique à Paris, en alternance avec Jean Rivier, qui compte parmi ses élèves de futurs talents tels Georges Delerue. Il alterne alors son activité de professeur entre Paris et les États-Unis, continuant d’enseigner à Oakland jusqu'en 1971, ainsi qu'à l’Académie musicale d’été d’Aspen (Colorado), et dans divers établissements américains. Malgré une santé de plus en plus fragile (des rhumatismes le font beaucoup souffrir), le compositeur reste donc un infatigable voyageur, même si son activité créatrice est ralentie.

Sa carrière est couronnée en 1971 par un fauteuil à l’Académie des Beaux-Arts. Il s’éteint le 22 juin 1974 à Genève, à l’âge de 81 ans. Sa femme, Madeleine Milhaud, lui survit plus de trente ans.
Il avait été membre du Comité de direction de l'Association du Foyer de l’Abbaye de Royaumont.

Darius Milhaud s’est intéressé à tous les genres musicaux : opéra, musique de chambre, musique symphonique, concertos, ballets, musique vocale. Il est l’un des compositeurs les plus prolifiques non seulement du XXe siècle, mais aussi de toute l’histoire de la musique. Son style emprunte beaucoup aux musiques folkloriques et au jazz qu’il affectionne particulièrement pour ses rythmes syncopés. Milhaud explore toutes les possibilités de l’écriture : fin contrapuntiste, il utilise fréquemment la polyrythmie et la polytonalité, qui rendent son œuvre extrêmement riche et diverse.

 

Frédéric Louis Ritter, 190 ans

par

Frédéric Louis Ritter (Strasbourg, 22 juin 1834 - Anvers, 6 juillet 1891) est un compositeur, chef de chœur, pédagogue et auteur français.

Il étudie avec Moritz, Hauser et Schletterer. En 1856, il arrive aux États-Unis, réside quelques années à Cincinnati où il fonde les sociétés Cecilia et Philharmonic, puis s'installe à New York en 1861, où il dirige la Sacred Harmonic Society et la Arion Society.

À New York, il épouse Fannie Raymond, sa seconde femme.

En 1867, il organise le premier festival musical de New York. La même année, il est nommé professeur de musique au Vassar College, bien qu'il ne s'installe sur le campus de Poughkeepsie qu'en 1874.

En 1878, il obtient un doctorat en musique de l'Université de New York.

Albert Metcalf achète la bibliothèque musicale de Ritter lors d'une vente aux enchères et en fait don à l'Université de Tufts en 1901.

 

Francesco Manfredini, 340 ans

par

Francesco Onofrio Manfredini (cité aussi sous Francesco Maria Manfredini) (baptisé le  à Pistoia – mort le  dans la même ville) est un violoniste et compositeur italien de musique baroque du XVIIIsiècle.

Francesco Manfredini est issu d'une famille de musiciens : son père était tromboniste à la cathédrale de Pistoia dès 1684. Francesco reçut son premier enseignement de chant et de musique probablement du maître de chapelle de sa ville natale, Sebastiano Cherici.
Très jeune il part pour Bologne afin de rejoindre la cathédrale de San Petronio en tant qu'enfant de chœur et élève de l'école de musique. C’est là qu'il étudie le violon avec Giuseppe Torelli (*1658 - † 1709), et la composition et le contrepoint (disciplines qui à l'époque se recoupaient) avec Bartolomeo Girolamo Laurenti (*1644 – † 1726) et Giacomo Antonio Perti (*1661 - † 1756).
Mais en 1696 intervient la dissolution de l’orchestre (cappella musicale) de San Petronio. Peu avant 1700 Francesco Manfredini se rend donc à Ferrare où il deviendra premier violon de l'Eglise dello Santo Spirito.
En 1703 l'orchestre de San Petronio de Bologne est reconstitué et Manfredini le réintègre. En même temps, il est admis en 1704 en tant que violoniste (suonatore) dans la prestigieuse Accademia Filarmonica di Bologna de Bologne, dont il deviendra membre titulaire. Sa première publication, les 12 Concertini opus 1, date de cette même année1.

Lors d'un séjour à Venise en 1711 le Prince Antoine Ier Grimaldi l'engage comme maître de chapelle à Monaco. Dans le cadre de ses nombreuses attributions, Manfredini y produit diverses compositions musicales, dont la plus marquante est la série de 12 Concertos opus 3, datée de 1718 et dédiée au Prince Antoine. Manfredini reste en contact avec Bologne puisque c'est là qu'est publié ledit opus 3, et qu'en 1719 et 1720 ses deux premiers oratorios y sont joués (San Filippo Neri trionfante et Tomaso Moro).

Manfredini regagne sa ville natale Pistoia en 1727 (?), au poste de maestro da cappella (maître de chapelle) de la cathédrale San Filippo. Il cesse apparemment de voyager et décède dans sa ville natale.

Le langage musical de Manfredini est considéré comme très bolonais et est proche de l'expression de ses maîtres, Torelli, B.G. Laurenti, Perti, et d'autres membres de l’école liée à San Petronio. Toutefois, les œuvres de Manfredini auraient moins de force et de personnalité en comparaison aux œuvres de Torelli. La principale œuvre de Manfredini est son Concerto pour Noël de l’opus 3, et son œuvre instrumentale la plus intéressante est la collection de six sonates (publiées à Londres en 1764).

Francesco et son épouse Rosa degli Antonii eurent onze enfants. Parmi eux le compositeur et castrat Giuseppe Manfredini et le compositeur et théoricien de la musique Vincenzo Manfredini (*1737 - † 1799).

Nous ne connaissons qu'une quantité limitée des œuvres de Francesco Manfredini, dont celles qui furent imprimées et de rares manuscrits.

"Concerto pour orgue" de Francis Poulenc, 85 ans

par

Le Concerto pour orgue, orchestre à cordes et timbales en sol mineur est une œuvre composée entre 1934 et 1938. Il a été commandé par la Princesse de Polignac, à laquelle il est dédié.
Achevé à Anost près d'Autun en août 1938, il a été créé à la salle Gaveau à Paris le 21 juin 1939 avec Maurice Duruflé à l'orgue et l'Orchestre Symphonique de Paris dirigés par Roger Désormière.

Le concerto dure plus de vingt minutes et consiste en un seul mouvement continu avec sept indications de tempo : Andante, Allegro giocoso, Subito andante moderato, Tempo allegro. Molto agitato, Très calme : Lent, Tempo de l'allegro initial et Tempo d'introduction : Largo.

Pavel Haas, 125 ans

par

Pavel Haas, né le 21 juin 1899 à Brno, est le fils d'un cordonnier juif.
En 1913, il entre à l'école de musique de la "Beseda Brněnská" à Brno, où il suit des cours de piano et de théorie musicale jusqu'en 1916. C'est déjà à cette époque qu'il écrit ses premières compositions.
En 1917, il est enrôlé comme soldat dans l'armée royale et impériale.
Ce n'est qu'en 1919 qu'il put poursuivre sa formation au Conservatoire de Brno nouvellement fondé par Leoš Janáček.
De 1920 à 1922, il étudie la composition dans la classe de maître de Leoš Janáček. Il est considéré comme l'élève le plus important de ce dernier.
Haas travaille d'abord dans le magasin de chaussures de son père et, pendant une courte période, comme répétiteur d'opéra à Brno et à Sarrebruck. Par l'intermédiaire de son frère Hugo, un acteur à succès, il est entré au théâtre de Brno, pour lequel il a composé quelques musiques de scène dans les années 1920. Dans les années 1930, Haas créa ensuite de la musique pour des films dans lesquels son frère jouait. À partir de 1935, il fut professeur privé à l'école supérieure de Brno et compositeur indépendant avec des commandes pour des ensembles renommés.
Après la mort de Janáček, Haas lui succède en 1929 à la tête de l'Association morave des compositeurs.
Le 15 mars 1939, les troupes allemandes envahissent la Tchécoslovaquie, peu après, la musique de Haas est interdite en raison de ses origines juives, lui-même est interdit d'exercer. Le 2 décembre 1941, il fut déporté au camp de concentration de Theresienstadt, où il rencontra d'autres compositeurs (Hans Krása, Victor Ullmann).

Les conditions insupportables du camp ont complètement paralysé sa création artistique. Le pianiste Gideon Klein parvint finalement à le stimuler à nouveau pour la création musicale. Sur les au moins huit compositions qu'il a écrites à cette époque, seules trois ont été conservées : l'étude pour orchestre à cordes, les Quatre chants d'après des paroles de poésie chinoise et Al S'fod.
Après l'action de propagande de la visite du "camp modèle" par la Croix-Rouge internationale le 23 juin 1944, les nazis ont finalement interdit toute activité artistique et déporté le 16 octobre de nombreux artistes vers le camp d'extermination d'Auschwitz, parmi lesquels Pavel Haas, où il a été assassiné l'un des jours suivants.
Sa musique est d'abord tombée dans l'oubli et n'a été redécouverte que 50 ans plus tard, petit à petit.

 

 

La Frauenkirche de Dresde a trouvé son nouvel organiste

par

L'organiste de concert, improvisateur et professeur Niklas Jahn, originaire de Mayence, s'est imposé parmi 29 candidats, a annoncé la fondation Frauenkirche. Le jeune homme de 27 ans prendra ses fonctions au début de la nouvelle année liturgique, le premier dimanche de l'Avent, le 1er décembre 2024. Jahn est le deuxième organiste de la Frauenkirche depuis sa reconstruction en 2005. Son prédécesseur, Samuel Kummer, avait été licencié en 2022 en raison de problèmes liés au droit du travail et était décédé en avril 2024.

Né en 1996 à Fulda, Jahn a étudié la musique d'église, l'improvisation à l'orgue et la direction de chœur aux Conservatoires de Mayence et de Fribourg, où il est actuellement en cours d'examen de concert dans les disciplines de l'improvisation à l'orgue et du jeu d'orgue artistique.
Ses activités de concertiste l'ont conduit au Japon, en Angleterre, en France, aux Pays-Bas, au Liechtenstein, en Autriche, en Pologne, au Portugal et en Suisse.
Il enseigne le jeu d'orgue littéraire et le jeu d'orgue liturgique/l'improvisation à la Hochschule für Musik Saar de Sarrebruck.

Un nouveau label : Luxembourg Classics

par

Un nouveau label vient d'être annoncé, Luxembourg Classics, dédié à la célébration de la scène musicale classique au Luxembourg. "Luxembourg Classics est particulièrement bien placé pour cultiver et mettre en valeur les riches talents musicaux de la région, en mettant l'accent sur la qualité, l'innovation et l'enrichissement de la communauté", indique le communiqué de presse.

Luxembourg Classics annonce un large éventail de projets à venir, notamment des enregistrements exclusifs, des concerts et des collaborations. Les partitas de Bach interprétées par Tingshuo Yang, Lidderflupp -un projet qui réinterprète les chansons folkloriques luxembourgeoises pour orchestre philharmonique, avec Georges Urwald, Deborah Marinkovic et l'Orchestre philharmonique du Luxembourg sous la direction d'Ivan Boumans, figurent parmi les sorties prévues, le Stephanie Ortega Trio avec un mélange vibrant de rythmes et de mélodies latino-américains, avec des arrangements innovants de Piazzolla par Christophe Delporte, des sonates pour violon de Brahms et Franck interprétées par Martha Khadem-Missagh et Jean Muller.

Le label est dirigé par le producteur Marco Battistella, le pianiste Jean Muller, la pianiste Françoise Tonteling, le pianiste Olivier Roberti, Maro Battistella Sr. et Celestina Knapp.

(d'après Pizzicato)

Nouvelle direction musicale à Innsbruck

par

Le claveciniste, pianiste et chef d'orchestre italien Ottavio Dantone prend la direction musicale du Festival de musique ancienne d'Innsbruck pour les cinq prochaines années.

Pendant cette période, l'Accademia Bizantina de Ravenne, en Italie, qu'il dirige depuis 1996, sera l'orchestre en résidence.

Dantone, en tant que directeur musical, et Eva-Maria Sens, en tant que directrice artistique, remplacent Alessandro De Marchi, qui a dirigé le festival d'Innsbruck de 2010 à 2023.
Les meilleurs musiciens de l'Accademia Bizantina assureront la grande ouverture à Innsbruck avec Il trionfo della Fama de Francesco Bartolomeo Conti le 6 août et la première de Cesare in Egitto de Geminiano Giacomelli le 7 août.