Le Journal

Iván Eröd, 5 ans

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Le compositeur et pianiste autrichien d'origine hongroise Iván Erőd, ou Iván Eröd, est né à Budapest le  et mort à Vienne le .

Son enfance est marquée par la tragédie, alors que son frère et ses grands-parents sont assassinés à Auschwitz en 1944.

Il étudie à l'Université de musique Franz-Liszt avec Pál Kadosa (piano) et Ferenc Szabó (composition). À vingt ans, il fuit la Hongrie, après la révolution de 1956. Il émigre alors en Autriche en 1956 et étudie à l'Académie de musique de Vienne, avec Richard Hauser (piano) et Karl Schiske (composition)1,2. Il suit plusieurs classes d'été à Darmstadt (Internationale Ferienkurse für Neue Musik) et étudie avec Eduard Steuermann et Luigi Nono.

En 1960, il se lance dans une carrière de pianiste. De 1962 à 1968, il est répétiteur solo au Wiener Staatsoper (l'opéra d'État de Vienne) et au Wiener Festwochen (Festival de Vienne). De 1967 à 1989, il enseigne la théorie de la musique et la composition à l'Université de musique à Graz et, plus tard, à l'Académie de musique de Vienne. Parmi ses élèves figurent Rudolf Hinterdorfer, Georg Friedrich Haas, Michele Trenti et Gerhard Präsent.

De 2004 à 2009, il est professeur à l'Université de musique Franz-Liszt de Budapest et, à partir de 2009, il est membre de l'Académie des lettres et des beaux-arts Széchenyi (Széchenyi Irodalmi és Művészeti Akadémia).

Après la chute du communisme, il a acheté une ferme en Hongrie.

Iván Erőd se marie en 1969 et a cinq enfants. Son fils, Adrian Eröd, est un baryton d'opéra au Wiener Staatsoper.

Stylistiquement, la musique d'Erőd est initialement influencée par les musiciens hongrois, tels que Béla Bartók et Zoltán Kodály. Avant son émigration, puis au cours de ses études à Vienne, il s'intéresse au dodécaphonisme de la Seconde école de Vienne et au sérialisme. Son trio à vent, op. 4 (1957, révisé en 1987), et son Ricercare ed Aria, op. 11 pour quatuor à vent (1965) sont basés sur le dodécaphonisme, ainsi que son premier opéra en 1960, Das Mädchen, der Matrose und der Student (« La fille, le marin et l'étudiant »).

Il compose son deuxième opéra Die Seidenraupen (« Les vers à soie »), de 1964 à 1968, date à laquelle il est interprété pour la première fois lors du Wiener Festwochen (Festival de Vienne), au Theater an der Wien, avec les chanteurs Jeannette Pilou et Oskar Czerwenka. Le compositeur explique que l'œuvre est basée sur trois échelles, destinées aux trois personnages principaux, qui sont dérivées les uns des autres et parfois combinées de façon à conduire à la tonalité6. Sa première Sonate pour violon, op. 14 (1969-1970), est un retour à une « nouvelle tonalité », et où il intègre des éléments hongrois et « tziganes ». Il dédie ses Milchzahnlieder (« Mélodies des dents de lait ») pour soprano et orchestre de chambre, op. 17, (1973)7 et ses Krokodilslieder (« Mélodies du crocodile »), pour baryton et orchestre de chambre, op. 28 (1979), à ses cinq enfants. Erőd compose aussi des œuvres pour orchestre, notamment un Concerto pour violon, op. 15 (1973), un Concerto pour alto, op. 30 (1979-1980), un Concerto pour violoncelle et orchestre, op. 80, créé en 2005 au festival Styriarte, un Concerto pour clarinette, op. 88 (2011), ainsi qu'un Double concerto pour clarinette et basson, op. 72 (1999), Soirées imaginaires, op. 38 (1981), la Symphonie « From the Old World », op. 67 (1995) et la Seconde Symphonie, op. 75 (2001).

La musique de chambre d'Iván Erőd comprend trois quatuors à cordes, opus 18, 26 et 78, deux sextuors à cordes, op. 45 et 68 et Bukolika pour orchestre de chambre, op. 64 (1994), sur la vie rurale hongroise. Son premier trio avec piano, op. 21, est écrit en 1976, le second, op. 42, en 1982. Il écrit également un trio pour clarinette, violon et piano op. 59 -commande du Trio Verdehr- en 1991, ainsi qu'un quatuor pour piano et cordes op. 54 en 1987. Les deux sonates pour violon et piano op. 14 (1970) et op. 74 (2000) sont parmi ses œuvres les plus populaires. Il a composé aussi des lieder, tels que les Canti di Ungaretti (1988) et Vier Gesänge, op. 44. Le cycle de lieder, Über der Asche zu singen, op. 65 (1994), est le reflet des persécutions de sa famille, lorsqu'il était enfant.
Dans les années 1970 et 1980, il est influencé par le jazz et le blues, qu'il montre notamment dans son Concerto pour piano, op. 19, dans le Deuxième trio avec piano, op. 42 (1981-1982) et dans Minnesota Sinfonietta op. 519. Certaines de ses œuvres vocales sont très graves, comme le Vier Gesänge, op. 44 (1983), le cycle de lieder Schwarzerde (« Terre noire »), pour baryton et orchestre, op. 49 (1984-1985) et la cantate Vox Lucis (Voix de la lumière), op. 56 (1988-1989.

João Pedro Almeida Mota, 280 ans

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João Pedro de Almeida Mota (24 juin 1744, Lisbonne, Portugal - v. 1817, Madrid, Espagne) était un compositeur portugais.
Il a probablement fait ses études musicales en tant qu'enfant de chœur, soit à la Sé de Lisbonne, soit à l'église São Vicente de Fora, ces deux églises étant le centre de l'activité musicale à Lisbonne à l'époque.

En 1771, il émigre en Galice pour des raisons inconnues.
Almeida Mota a consacré toute sa vie au service de l'Église et a laissé plus de 200 œuvres dans les archives et les cathédrales d'Espagne et du Portugal.
Parmi ses compositions les plus remarquables figure un oratorio intitulé "Passion pour solistes, chœur et orchestre", qui a été découvert à Vila Viçosa, au Portugal.

 

Edwin Outwater, nouveau premier chef invité du BBC Concert Orchestra

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Edwin Outwater a été nommé premier chef invité du BBC Concert Orchestra à partir du 1er septembre 2024. Comme l'indique l'orchestre, il travaillera en étroite collaboration avec le chef d'orchestre Matthew Swann pour offrir "une gamme passionnante de concerts, d'activités communautaires et éducatives".
Aux côtés d'Anna Maria Helsing, chef d'orchestre principal du BBC Concert Orchestra, le rôle d'Edwin "soutiendra la position de l'ensemble en tant qu'orchestre le plus polyvalent du Royaume-Uni".

Edwin Outwater a dirigé le BBC Concert Orchestra pour la première fois en 2022, lors de ses débuts aux BBC Proms avec Cynthia Erivo. Depuis, il a dirigé le Northern Soul Prom 2023, qui a fait salle comble au Royal Albert Hall, le programme le plus regardé sur BBC Two le soir de sa diffusion, et il a accumulé plus d'un million d'écoutes sur BBC iPlayer.

 

"Tit for Tat" de Benjamin Britten

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À la fin des années 1960, Britten a commencé à revisiter certaines des œuvres qu'il avait écrites pendant son enfance remarquablement précoce et prolifique (un processus qui l'amènera également à ressusciter les Cinq Walztes (avec la faute d'orthographe d'origine) pour piano un an plus tard et le Quatuor à cordes en ré en 1974).
Composées à l'origine entre 1928 et 1931, ces cinq mises en musique de Walter de la Mare n'ont pas été écrites comme un cycle intégré : ce n'est que lorsque Britten les a préparées pour la publication au printemps 1968 (en y apportant quelques retouches mineures) qu'il les a rassemblées dans un recueil qu'il a intitulé Tit for Tat et dédié à Richard de la Mare, fils du poète et, à l'époque, président de Faber Music, la maison d'édition de Britten.
Bien que dans sa préface à la partition publiée, Britten ait écrit "Je ne prétends en rien à l'importance ou à l'originalité des chansons", celles-ci sont remarquables par l'assurance de leur langage musical et leur sensibilité à la mise en mots, même si la pleine personnalité artistique du compositeur est encore loin d'être acquise. En outre, les chansons préfigurent divers thèmes et préoccupations qui se manifesteront dans de nombreuses œuvres ultérieures de Britten, notamment dans la dernière chanson, "Tit for Tat", qui, dans sa condamnation du braconnier insensible Tom Noddy qui emprisonne des animaux sans défense, aborde un sujet auquel Britten reviendra à plus grande échelle dans son cycle de chansons orchestrales Our Hunting Fathers, composé quelque six ans plus tard.

 

 

 

 

 

 

Henri Pousseur, 95 ans

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Le compositeur belge Henri Pousseur est né le 23 juin 1929 à Malmedy et mort le 6 mars 2009 à Bruxelles.

Il travaille aux studios électroniques de Cologne en 1954, à Milan en 1957, et fonde en 1958 celui de Bruxelles. Depuis ce moment, sa collaboration avec Michel Butor a été constante. Avec lui il a composé, entre autres, Votre Faust (1960-1968), Répons (1960-1965), Le procès du jeune chien (1974-1978), La rose des voix (1982), Déclarations d'orages (1989), Les leçons d'enfer (1991), Le Sablier du Phénix (1993).

Il enseigne à Darmstadt en 1957, puis à Cologne, Bâle et Buffalo. Il revient en Belgique en 1970, comme professeur de composition, puis directeur du Conservatoire Royal de Liège et fonde, avec Pierre Bartholomée, le Centre de recherches et de formation musicales de Wallonie devenu aujourd'hui Centre Henri Pousseur. Dans les années 1980, Maurice Fleuret lui demande de mettre en place l'Institut de pédagogie musicale de Paris, dépendant de l'IRCAM. Parmi ses élèves figure notamment Geneviève Calame.

Henri Pousseur a été choisi comme un des Cent Wallons du siècle, par l'Institut Jules Destrée, en 1995 et figure dans le chapitre LV de « La Wallonie son histoire » intitulé ‘Un terroir fertile‘ en créateurs d'Hervé Hasquin.

En 1954, il épouse Théa Schoonbrood avec qui il a eu quatre enfants. Henri Pousseur meurt le 6 mars 2009 à l'âge de 79 ans, d'une broncho-pneumonie. Une semaine plus tard se déroula en son honneur le festival Ars Musica, qui n'aurait pas dû être posthume.

Il a également dirigé le chœur d'hommes " La Royale Malmédienne" (Malmedy, sa ville natale) en 1948.

Carl Heinrich Reinecke, 200 ans

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Carl Heinrich Carsten Reinecke est un compositeur allemand né le 23 juin 1824 à Altona et mort le 10 mars 1910 à Leipzig.

Fils d'un professeur de musique qui lui donne ses premiers cours, Reinecke compose ses premières pièces à l'âge de sept ans avant de se produire comme pianiste à douze ans.

En 1843, grâce à une bourse du Roi Christian VIII de Danemark, Reinecke peut suivre des cours de piano et de composition au prestigieux Conservatoire de Leipzig. À partir de 1845, il effectue des tournées en Europe en tant que pianiste virtuose, se produisant notamment avec le célèbre violoniste Heinrich Wilhelm Ernst.

En 1846, il devient pianiste de la Cour du royaume de Danemark mais doit repartir à Leipzig l'année suivante en raison des événements politiques de 1848 (révolutions de mai). Pendant cette période, Reinecke rencontre Robert Schumann qu'il admire et Felix Mendelssohn qui lui apportera son soutien. Il fait également la connaissance de Franz Liszt à Weimar, qui le soutient dès lors.

En 1849, le musicien part à Brême et s'y établit en tant que compositeur et chef d'orchestre. Il entretient ses relations avec Schumann et rencontre à Düsseldorf le jeune Johannes Brahms. Il se rend à Paris en 1854 par l'entremise de Liszt, donnant notamment des cours de piano à sa fille. En 1854, Reinecke est nommé maître de chapelle à Barmen avant d'exercer à Breslau.

En 1860, Reinecke est nommé directeur de l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig où il crée le Requiem allemand de Brahms, ainsi que professeur de composition et de piano au Conservatoire de la ville. De 1864 jusqu'à sa mort, il enseigne à l'Université de Leipzig à des étudiants comme Edvard Grieg, Alfred Volkland, Christian Sinding, Leoš Janáček, Isaac Albéniz, Johan Svendsen, Robert Kajanus, Charles Villiers Stanford, Mykola Lyssenko, Felix Weingartner, Georg Schumann ou Max Bruch.

Reconnu en Allemagne comme un compositeur talentueux, il est assez largement éclipsé par ses contemporains illustres, Liszt, Mendelssohn ou Schumann.

Une première cheffe à l'orchestre de l'Université de Genève

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L'orchestre de l'Université de Genève aura, dès septembre 2024, sa première femme cheffe d'orchestre, Judith Baubérot qui est maître assistante à la Haute Ecole de Musique de Genève.

Elle entrera en fonction officiellement en septembre prochain. A l’instar de sa collègue, Léonie Cachelin qui prend, elle, la tête du chœur de l’UNIGE, la Genevoise devient ainsi la première femme nommée à ce poste.

Violoniste depuis l’enfance, elle est devenue musicienne professionnelle. Judith Baubérot a découvert le métier de chef d'orchestre à l’école. Son emploi du temps est chargé, elle travaille à la Haute Ecole de Musique de Genève comme assistante et elle est engagée en parallèle dans d’autres projets musicaux.

 

Alexandra Lacroix succède à Alain Surrans à la tête d'Angers Nantes Opéra

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Nous apprenons par communiqué la nomination d'Alexandra Lacroix :

"Suite au jury réuni le 12 juin dernier, et sur proposition de Johanna Rolland, maire de Nantes, et Jean-Marc Verchère, maire d’Angers, Nicolas Dufetel, président d’Angers Nantes Opéra, nomme, à l’appui de la décision formulée à l’unanimité par le comité syndical réuni le 20 juin 2024 à Nantes, Alexandra Lacroix directrice générale et artistique désignée de l’établissement à compter du 1er septembre 2024.
Alexandra Lacroix succédera à Alain Surrans, qui fera valoir ses droits à la retraite à compter du 1er janvier 2026. Alexandra Lacroix occupera pleinement les fonctions de directrice générale et artistique à compter du 1er janvier 2026.
Alexandra Lacroix dirige depuis 2007 la compagnie d’art lyrique MPDA. Elle mêle les champs du théâtre musical et de l’opéra et s’attache à mettre en regard les œuvres du répertoire avec nos enjeux contemporains, à l’image de sa création en 2023 autour du Carmen de Bizet, The Carmen Case, qui situe les protagonistes dans une cour d’assises autour d’un féminicide ou plus récemment en 2024 autour de L’Adorable Belboul de Massenet.
Artiste associée à l’Opéra de Limoges, elle y a notamment mis en scène La Princesse jaune et autres fantasmes (2022), Persées qui mêlent les Mélodies persanes de Saint-Saëns aux paroles de réfugiés iraniens et afghans (2021), ou encore Ravel, croisière intime d’après Jean Echenoz (2020). Elle a collaboré avec de nombreuses institutions lyriques en France et en Europe.
Elle est marraine opéra du Talentlab des Théâtres de la Ville de Luxembourg et est régulièrement invitée à donner des conférences et master classes dans des institutions telles que le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, la Fondation Royaumont, la White Chapel Gallery (Londres), la Philharmonie de Paris, le Centre Georges Pompidou. En recherche de collaborations et de croisement des disciplines, elle travaille avec des artistes protéiformes, scientifiques, architectes… Membre du réseau ARVIVA – arts vivants, arts durables -, elle inscrit son action dans la prise en compte des enjeux environnementaux.
Avec l’ambition d’incarner une maison d’excellence artistique résolument connectée à notre société, elle ancre son projet dans l’histoire de l’opéra autant que dans son territoire, multipliant les approches pour aller vers un public diversifié, et s’inscrivant dans la dynamique de coopération qui anime l’écosystème culturel local.

Le projet proposé par Alexandra Lacroix pour Angers Nantes Opéra repose sur :
• Une programmation d’œuvres phares du répertoire et de création, allant de la période baroque à nos jours (Charpentier, Mozart, Gounod, Massenet, Debussy, Stravinsky, Saariaho, Soh…) pour faire résonner la beauté et l’universalité de l’opéra.
• Une programmation d’utilité sociale, privilégiant l’accès à tous les répertoires et à tous les formats, pour que cet art puissant reste inspirant pour notre temps et aiguise la curiosité de tous les publics, des plus connaisseurs aux plus novices
• Une dynamique pour le renouvellement et la diversité du public par une offre artistique plurielle, grâce à un opéra ouvert, hors les murs et convivial, en particulier en direction des habitantes et habitants des quartiers populaires
• L’inscription d’Angers Nantes Opéra dans un réseau européen de production et de recherche, tout en renforçant les partenariats métropolitains, régionaux et interrégionaux autour de projets artistiques et de coproductions essentielles pour l’avenir de l’opéra public en France
• Un opéra responsable et durable, qui intègre pleinement les enjeux environnementaux et accentue sa transition écologique. "

Henri Sauguet, 35 ans

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Le compositeur français Henri Sauguet, de son vrai nom Henri-Pierre Poupard, est né le 18 mai 1901 à Bordeaux et mort le 22 juin 1989 à Paris.

Henri-Pierre Poupard naît dans une famille installée au numéro 6 de la rue Leyteire. Dès l'âge de cinq ans, il reçoit de sa mère, Élisabeth Sauguet, dont il adopte plus tard le nom comme pseudonyme, et de Marie Bordier ses premières leçons de piano. Puis, il suit les cours de Mlle Loureau de la Pagesse, organiste de chœur de l'église Sainte-Eulalie de Bordeaux, sa paroisse. La musique d'église et plus spécialement l'orgue ont sans aucun doute marqué profondément sa jeunesse. En effet, il a été élève de Paul Combes, titulaire de l'orgue de l'église Notre-Dame et a occupé le poste d'organiste de l'église Saint-Vincent de Floirac de 1916 à 1922. « L'orgue ! Le rêve de ma jeune existence » écrit-il dans son ouvrage autobiographique, « La Musique, ma vie ».

Autre influence décisive, celle de Claude Debussy dont l'œuvre, découverte avec l'audition de La Fille aux cheveux de lin jouée à l'orgue de l'église Saint-Louis des Chartrons, l'enthousiasme. L'anecdote souvent racontée veut que la seule lettre qu'il se décida à lui écrire parvînt au compositeur le jour de sa mort, le 23 mars 1918.

La mobilisation de son père en 1915 l'oblige à s'occuper de la mercerie familiale ; il est l'aîné, son frère est trop jeune, et sa mère trop inquiète délaisse la responsabilité de leur commerce. Une fois son père revenu après avoir été blessé, Henri devient employé à la Préfecture de Montauban en 1919-1920. Il se lie d'amitié avec Joseph Canteloube qui lui enseigne la composition (Canteloube est célèbre, par ailleurs, pour avoir collecté et harmonisé un certain nombre de chants traditionnels auvergnats qu'il a réunis sous le titre de Chants d'Auvergne).

Revenu à Bordeaux, Sauguet fonde le « groupe des Trois » avec Louis Émié et Jean-Marcel Lizotte dans le but de faire entendre la musique la plus récente et libre de toute influence. Leur premier concert a lieu le 12 décembre 1920 avec des partitions du « groupe des Six » (Arthur Honegger, Francis Poulenc, Darius Milhaud, Georges Auric, Louis Durey, Germaine Tailleferre), d'Erik Satie et du « groupe des Trois » avec comme œuvres de Sauguet sa Danse nègre et sa Pastorale pour piano.

Dès octobre 1921, il se fixe à Paris pour compléter sa formation musicale avec Charles Koechlin et travaille comme secrétaire du musée Guimet tout en représentant une maison d'huiles de graissage.

En 1923, il fonde avec trois autres jeunes musiciens (Henri Cliquet-Pleyel, Roger Désormière et Maxime Jacob) l'École d'Arcueil par amitié pour Erik Satie qui demeurait dans cette commune et, le 25 octobre 1923, ils présentent au théâtre des Champs-Élysées leur premier concert.

La carrière parisienne individuelle de Sauguet démarre en 1924 par le ballet Les Roses écrit à la demande du Comte Étienne de Beaumont et continue avec un opéra-bouffe en un acte intitulé Le Plumet du colonel. Il intègre les cercles de la musique nouvelle et collabore, notamment, avec des hommes de théâtre comme Charles Dullin (« Irma » en 1926) et Louis Jouvet (« Ondine » en 1939, « La Folle de Chaillot » en 1945). En 1927, il compose la musique du ballet La Chatte pour les Ballets russes. Il s'impose avec des opéras-bouffes (La Contrebasse en 1930), des opéras et opéras-comiques (La Chartreuse de Parme en 1939, La Gageure imprévue en 1942, Les Caprices de Marianne d'après Musset en 1954), quatre symphonies dont la Symphonie expiatoire (1947) à la mémoire des victimes de la Seconde Guerre mondiale, deux concertos pour piano, deux concertos pour violon, une Mélodie concertante pour violoncelle et orchestre en 1964, de la musique de chambre (Quatuor à cordes pour deux violons, alto et violoncelle, 1948), la suite symphonique Tableaux de Paris (1950). Il participe également à l'écriture, en 1952, de La Guirlande de Campra.

Il travaille aussi activement entre 1933 et 1965 pour le cinéma et la télévision : « L'Épervier » (1933) et « L'Honorable Catherine » (1942) de Marcel L'Herbier, « Premier de cordée » (1944) de Louis Daquin, « Les amoureux sont seuls au monde » (1948) d'Henri Decoin, Clochemerle (1948) de Pierre Chenal, « Don Juan » (1956) de John Berry, « Lorsque l'enfant paraît » (1956) de Michel Boisrond, « Les Compagnons de Baal » (1968) de Pierre Prévert, etc.

Il compose vingt-sept ballets entre 1924 et 1965, dont La Chatte (1927), La Nuit (1929), Mirages (1943), La Dame aux camélias (1957) et Pâris (1964). Les Forains, créé le 2 mars 1945 au Théâtre des Champs-Élysées sur un argument de Boris Kochno, connaît un succès immédiat et lance son jeune chorégraphe, Roland Petit.

Enfin, il manifeste à partir de Soliloque (1958), un réel intérêt pour la guitare pour laquelle il compose Six pièces faciles pour flûte et guitare (1967), Trois préludes (1970) et Musique pour Claudel (1975).

Henri Sauguet disait de son art : « Être simple en usant d'un langage complexe n'est pas facile. Il faut écouter le conseil de Rameau qui prescrivait de cacher l'art par l'art même et croire avec Stendhal que seules les âmes vaniteuses et froides confondent le compliqué, le difficile, avec le beau. »

Il est élu à l'Académie des Beaux-Arts en 1976, officier de la Légion d'honneur, officier dans l'ordre national du Mérite et commandeur dans l'ordre des Arts et des Lettres. Il préside durant de nombreuses années la Société des auteurs et compositeurs dramatiques et l'association Una Voce.

Henri Sauguet fut le compagnon du peintre et scénographe Jacques Dupont jusqu'à la mort de celui-ci en 1978. Le compositeur meurt le 22 juin 1989.

En 1958, Henri Sauguet a posé pour le sculpteur Boulogne (1926-1992) qui réalise son buste. Le plâtre original de l'artiste est conservé au Musée du Plâtre / Aux Musées Réunis de Cormeilles-en-Parisis.

 

Anton Dermota, 35 ans

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Anton Dermota (né le  à Kropa, Slovénie - mort le  à Vienne) était un ténor lyrique yougoslave, chanteur d'opéras et de musique sacrée.

Anton Dermota étudia d'abord la composition et l'orgue à Ljubljana avant d'étudier le chant à Vienne en 1934. En 1936 il fit ses débuts à l'Opéra d'État de la capitale autrichienne, devenue sa ville de résidence, dans le rôle de Don Ottavio de Don Giovanni. Mais c'est dans l'immédiat après-guerre que sa carrière va connaître une véritable explosion. Que ce soit au Festival de Salzbourg ou au Metropolitan Opera, à la Scala ou à l'Opéra Garnier, Dermota fut acclamé partout comme l'un des meilleures interprètes de Wolfgang Amadeus Mozart, Jean-Sébastien Bach mais aussi Richard Strauss de sa génération. Doué d'une voix très endurante, il fit quelques incursions chez Richard Wagner, Giacomo Puccini et même Giuseppe Verdi, et il a laissé un enregistrement grandiose -peut-être le plus mémorable de toute sa carrière- de l'extrêmement difficile partie de ténor de l'oratorio Le Livre aux sept sceaux de Franz Schmidt. Accompagné au piano par son épouse Hilde Berger-Weyerwald, il a également brillé dans l'interprétation du Voyage d'hiver de Franz Schubert, dont il existe deux enregistrements (1962 et 1976).

Anton Dermota était immensément admiré sur le plan vocal et technique, et beaucoup de ses collègues et successeurs (Ernst Haefliger, Nicolai Gedda, Fritz Wunderlich, Peter Schreier) ont été mesurés à son aune.