Le Journal

Claudio Merulo, 420 ans

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Claudio Merulo -Merlotti, Merulus, connu également sous le nom de Claudio da Correggio- (né le 8 avril 1533 à Correggio et mort à Parme le 4 mai 1604) est un organiste et compositeur italien de la Renaissance.

Il étudie la composition à Correggio auprès de Tuttovale Menon, un madrigaliste au service de la Cour de Ferrare. Mais il avait tout d'abord pris des leçons, enfant, dans un chœur d'église (la maîtrise liée au chœur professionnel du sanctuaire) puis auprès de Girolamo Donato, organiste. Il se rend ensuite à Venise pour parfaire son savoir avec l'organiste, maître de chapelle, compositeur et théoricien Gioseffo Zarlino à la basilique Saint-Marc. Il y rencontre Costanzo Porta, avec qui il développe une amitié qui devait durer toute sa vie.

Le 21 octobre 1556, il est nommé organiste au Duomo Vecchio de Brescia (la cathédrale de la vieille ville de Brescia). Dans ses fonctions, sa virtuosité impressionne au point qu'il est peu après choisi parmi plusieurs candidats, dont Andrea Gabrieli, pour devenir l'organiste de Saint-Marc de Venise, un poste de musicien parmi les plus prestigieux d'Italie, même si, à Saint-Marc, deux orgues et deux organistes distincts étaient nommés, et qu'en 1557, Merulo avait la charge du second, plus petit, alors que le premier organiste était Annibale Padovano. Ce n'est qu'à la mort de ce dernier, en 1566, que Merulo sera affecté au premier orgue, le second étant alors accordé à Andrea Gabrieli.

Également compositeur, il écrit la musique des célébrations entourant la visite d'Henri III, Roi de France, en 1574, puis il est nommé Ambassadeur de la République vénitienne au mariage de François Ier de Médicis et Bianca Cappello en 1579.

En 1584, il quitte soudain Venise et abandonne son poste. Les raisons de ce départ restent inexpliquées. À Venise, il était bien payé et sa réputation, excellente, lui valait une appréciable notoriété. Cependant, en décembre 1584, il est au service du Duc Alexandre Farnèse et son nom figure dans le registre de paie de la Cour de Parme.

Nommé organiste de la cathédrale de Parme en 1587, il occupe également le même poste, à partir de 1591, à la basilique Santa Maria della Steccata. À cette dernière fonction, les corrections et améliorations qu'il demande d'apporter à l'instrument permettent de déduire que Merulo a utilisé l'orgue de Steccata pour mettre à l'épreuve de nouvelles compositions dans le style vénitien qui nécessitaient des moyens semblables à ceux dont il disposait à Venise.

Il réside à Parme jusqu'à sa mort, bien qu'il ait séjourné à plusieurs reprises à Venise ou à Rome, notamment pour publier ses compositions.

Célèbre pour sa musique de clavier, Merulo a composé des toccatas dans un style novateur. Il y accentue notamment les contrastes en insérant des ricercares au beau milieu de passages contrapuntiques propres à la toccata. Souvent, ses compositions pour clavier commencent comme si elles étaient des transcriptions de la polyphonie vocale, mais il leur ajoute progressivement des ornements et des développements jusqu'à ce qu'elles atteignent un point culminant d'une spectaculaire virtuosité. Il anticipe ainsi sur des techniques d'écriture qui seront largement en usage pendant l'époque baroque. Il n'est pas rare aussi qu'il ignore délibérément certaines règles ou habitudes dans la conduite des voix pour donner une meilleure expressivité à sa musique dans un art qui rappelle plus celui des madrigalistes vénitiens que des compositeurs de musique d'orgue. Pour toutes ces raisons, ses œuvres ont eu une grande influence sur les générations ultérieures, comme chez Sweelinck ou Frescobaldi.

La renommée de sa musique instrumentale éclipse encore aujourd'hui ses œuvres vocales. Il a pourtant publié deux livres de madrigaux à 5 voix (1566 et 1604), un à 4 voix (1579) et un à 3 voix (1580), ainsi que plusieurs motets à double chœur à la manière d'Andrea et Giovanni Gabrieli.

 

Neuf luthières jumelées à un mentor pour trois mois

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Women in Lutherie, une organisation fondée pour fournir une plateforme dirigée par des femmes et centrée sur l'établi, a désigné les luthières qui prendront part à son International Women in Lutherie Fellowship pour 2024.
Le programme de mentorat estival de trois mois est conçu pour aider les luthières émergentes du monde entier à renforcer leurs compétences, tout en créant des opportunités de réseautage et de relations positives entre les femmes dans le domaine de la lutherie.

Le programme se déroulera du 19 mai au 18 août 2024 et comprendra des éléments en ligne et hors ligne. Chacune des neuf boursières a été associée à un mentor, et elles prendront la responsabilité de planifier leur propre stage de deux semaines -qu'elles effectueront sous l'œil attentif de leur mentor.

Les duos sont les suivants :

  • Federica Bandecchi, Italie et Martine Dubosson, Suisse
  • Daniela Gómez Nieto, Colombie, et  Lilo Holguín, Mexique
  • Emily Marie Lovell, US, et Gwen Forrester, US
  • Yuexin Chen, US, et Hannah Mayree, US
  • Susann Chuchollek, France, et Melike Sarıkaya, Turquie
  • Maria Florencia Nuñez, Argentine, et Elvia Xochitl Hernández García, Mexique
  • Nuria Simón Estrada, Espagne, et Sarah Peck, US
  • Ariya Reddy, US, et Kathy Reilly, US,
  • Giulianna Michella dos Santos Pezzini, Brésil, et Jayne Henderson, US

 

Women in Lutherie a été fondée en 2021. Outre le programme de bourses, l'association organise également une conférence annuelle qui vise à offrir des possibilités de développement professionnel aux femmes dans l'industrie. En outre, il aborde aussi des questions telles que la grossesse, la maternité et la liberté financière -et explore les façons dont ces questions se croisent avec la carrière d'un luthier.

 

Une librairie musicale à vélo à Genève

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Retraité du Conservatoire populaire et de l’Institut Jaques-Dalcroze, le pianiste

Et  un autre projet a germé : créer une boutique itinérante  inspirée des triporteurs.  

Daniel Raiskin à Ostrava

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La Philharmonie Janáček d'Ostrava, dans l'est de la République tchèque, a choisi Daniel Raiskin pourprochain directeur artistique. Il succède au Russe Vassily Sinaisky.

Daniel Raiskin, 54 ans, est directeur musical de l'Orchestre Symphonique de Winnipeg au Canada et chef d'orchestre sortant de l'Orchestre Philharmonique slovaque de Bratislava.

Tatiana Nikolayeva, 100 ans

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Tatiana Petrovna Nikolaïeva est née le 4 mai 1924 à Bejitsa (oblast de Briansk). Elle meurt le 22 novembre 1993 à San Francisco.
Elle commence à jouer du piano à l'âge de trois ans, elle étudie au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou avec Alexandre Goldenweiser et Evgueni Goloubev.

En 1950, elle remporte le premier prix du Concours International Bach de Leipzig.
Lors de ce concours, elle rencontre Dimitri Chostakovitch et ils deviennent amis. C’est pour Nikolaïeva que Chostakovitch a écrit ses 24 Préludes et Fugues, inspiré par son jeu de Bach au Concours du bicentenaire de Bach en 1950 à Leipzig (il faisait partie du jury), et c’est elle qui crée 23 décembre 1952 à Leningrad les Vingt-quatre Préludes et Fugues.

À partir de 1959, elle est professeur au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou où elle succède à son professeur Alexandre Goldenweiser. Parmi ses élèves on peut compter le pianiste russe Nikolaï Luganski.

Maria Anna Martinez, 280 ans

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Marianna Martines était l'une des compositrices viennoises les plus en vue du XVIIIe siècle. Elle a été plus acclamée que n'importe quelle autre compositrice de son époque, et pourtant son nom n'est pas assez souvent mentionné aujourd'hui.

Marianna Martines n'était pas seulement une compositrice importante et l'épicentre de la florissante scène musicale viennoise, elle a également acquis une renommée considérable dans toute l'Europe grâce à son œuvre.

Marianna Martines est née Anna Katharina Martinez le 4 mai 1744 à Vienne. Son père était officier militaire, ce qui a permis à Marianna Martines d'avoir accès à certains des artistes les plus éminents d'Autriche. Dès son plus jeune âge, elle fait preuve de grandes qualités musicales, à tel point que son voisin Metastasio, poète italien et ami de la famille, se charge de son éducation.

Pendant son enfance, Martines vit dans un immeuble du centre de Vienne. À l'étage, dans le grenier, vivait le jeune compositeur en difficulté Franz Joseph Haydn. Haydn donne à Marianna Martines des leçons de clavier et l'accompagne au clavecin lorsqu'elle se produit en tant que chanteuse. Marianna Martines lui rend son enseignement en présentant le jeune musicien aux compositeurs Johann Adolph Hasse et Guiseppe Bono, permettant ainsi à Haydn de nouer des liens qui contribueront à l'essor de sa carrière.

Marianna Martines était une chanteuse renommée, ainsi qu'une claveciniste et une compositrice. Femme impressionnante, elle parlait couramment l'allemand, l'italien, le français et l'anglais.

En 1761, elle avait obtenu l'approbation royale pour ses compositions. L'impératrice Marie-Thérèse, la plus grande mécène musicale de Vienne, s'intéresse de près à la jeune compositrice.
Marianna Martines s'est produite à plusieurs reprises devant l'impératrice et lui a peut-être même dédié des œuvres.

Sa réputation dépasse rapidement les frontières de Vienne. Metastasio envoya ses œuvres à un certain nombre de compositeurs établis, dont l'aumônier Giovanni Battista Martini, qui allait plus tard enseigner à Mozart.

À Vienne, Martines est incroyablement célèbre. À l'âge adulte, elle dirigeait des concerts de salon légendaires, célèbres dans toute la ville. Marianna Martines était aussi une enseignante - elle a fondé une école de chant, formant de nombreuses jeunes femmes à devenir des chanteuses de premier plan.

Marianna Martines et Metastasio sont restés proches et, à la mort de ce dernier en 1782, elle a reçu un énorme héritage. Cela lui a permis de composer de la musique à plein temps sans dépendre d'un conjoint.

Marianna Martines était l'une des plus grandes compositrices de son temps. Elle était une source d'inspiration en tant que chanteuse, claviériste, organisatrice d'événements et de concerts, enseignante, etc. À une époque où la plupart des compositeurs masculins travaillaient pour l'église ou la Cour royale, Marianna Martines a pu accomplir des choses incroyables sans emploi officiel.

Marianna Martines est décédée le 13 décembre 1812. Malgré sa réputation internationale, sa célébrité a été rapidement occultée par la vague de patriarcat, de misogynie et de préjugés qui l'ont empêchée d'occuper la place qui lui revenait.

Ces dernières années, plusieurs articles académiques ont été publiés sur Martines, ainsi que le livre "Marianna Martines : A Woman Composer in the Vienna of Mozart and Haydn".

 

 

 

Concours de Violon 2024 : Première épreuve (Studio 4, Flagey)

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En raison d'un petit nombre de désistements, 63 des 70 candidats sélectionnés se présenteront à la première épreuve du Concours de Violon 2024, qui débute à 15h ce lundi 6 mai. La proclamation des noms des 24 demi-finalistes aura lieu le samedi 11 mai vers minuit. 

Liste des candidats / Ordre de passage en première épreuve (pdf)

 Programme de la première épreuve

Lors cette épreuve, les candidats interpréteront les œuvres ou fragments d'œuvres que le jury aura choisis parmi les œuvres préparées :

-      la Sonate n. 3 en ré mineur d'Eugène Ysaÿe ;

-      trois Caprices de Niccolò Paganini ;

-      une pièce que le candidat aura choisie parmi les suivantes : 3 Romances op. 22 de Clara Schumann, Impromptu concertant de George Enescu ou Dryades et Pan, extrait des Mythes op. 30 de Karol Szymanowski.

 

Live streaming

Grâce à la RTBF et la VRT, toutes les prestations de la première épreuve seront diffusées en direct, et ensuite à la demande, sur notre site internet et sur AUVIO.

 

Membres du jury

La composition du jury peut varier d'une épreuve à l'autre. Les membres du jury assistent toutefois à l'entièreté de l'épreuve pour laquelle ils ont été appelés à siéger. Pour la première épreuve siègent : Gilles Ledure (Président), Lorenzo Gatto, Philippe Graffin, Koichiro Harada, Dong-Suk Kang, Victor Kissine, Kyung Sun Lee, Tatiana Samouil, Dmitry Sitkovetsky et Isabelle van Keulen.

 

"Concert champêtre" de Francis Poulenc, 95 ans

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Le Concert champêtre est une œuvre pour clavecin et orchestre composée en 1928.

L'idée d'écrire cette œuvre est née d'une rencontre avec la célèbre claveciniste Wanda Landowska, qui fit découvrir à Poulenc les clavecinistes français les plus connus des XVIIe et XVIIIe siècles.

Après une interprétation privée où Poulenc joue au piano la partie orchestrale, l'œuvre est créée le 3 mai 1929 Salle Pleyel par Wanda Landowska au clavecin et l'Orchestre Symphonique de Paris placé sous la direction de Pierre Monteux.

L'exécution du Concert champêtre dure à peu près vingt-cinq minutes.

Hans Stadlmair, 95 ans

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Hans Stadlmair est un chef d'orchestre et compositeur autrichien né le  à Neuhofen an der Krems (Autriche) et mort le  à Munich.

Il étudie le violon, la composition et la direction d'orchestre entre 1946 et 1952 à l'Académie de musique de Vienne, où il est élève de Clemens Krauss et Alfred Uhl, notamment, puis travaille la composition avec Johann Nepomuk David à Stuttgart.

Il fait carrière comme chef d'orchestre, dirigeant le Chœur de Stuttgart avant d'être directeur artistique de l'Orchestre de chambre de Munich de 1956 à 1995. À la tête de la formation, il se produit dans le monde entier1.

Comme compositeur, Hans Stadlmair est l'auteur de plusieurs pièces instrumentales de style néo-baroque, dont une Toccata pour cordes et clavecin (1966), un Concerto pour trompette avec cordes (1967) et une Sinfonia serena pour cordes (1970). Il a également composé un Concerto profane pour violon et violoncelle écrit sur le thème de "Oh du lieber Augustin".

En 1989, il est fait Chevalier de l'Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne pour ses réalisations musicales.

À la baguette, il est le créateur d'œuvres de Günter Bialas (Musique pour onze cordes, 1970), Wilhelm Killmayer (Fin al punto, 1971) et Helmut Eder (Vertraute Räumeop. 98), notamment.

Au disque, se distingue son enregistrement de l'intégrale des symphonies de Joachim Raff pour le label Tudor, entre 2005 et 2007.

Hans Stadlmair meurt le  à Munich.

Ferdinando Paër, 185 ans

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Ferdinando Paër est un compositeur italien né le 1er juillet 1771 à Parme et mort le 3 mai 1839 à Paris. Avec Simon Mayr, il est l'un des principaux représentants de la génération de compositeurs qui domine la scène lyrique italienne entre la mort de Cimarosa et la retraite de Paisiello, et l'avènement de Rossini.

Né à Parme, fils d'un corniste professionnel, Paër étudie la musique avec son père, puis auprès du maître de chapelle de la Cour de Parme, Gian Francesco Fortunati, avant d'aller à Naples au Conservatorio della Pietà de Turchini, sous la direction du violoniste Gasparo Ghiretti, qui enseigne également la composition à Niccolò Paganini. Il débute au théâtre dans sa ville natale avec un drame français en prose avec musique, Orphée et Eurydice (1791). Son premier opéra italien, Circe, est donné à Venise durant le carnaval de 1792. La même année, il est nommé maître de chapelle honoraire à Parme. Plusieurs autres opéras suivent rapidement et sa réputation est bientôt établie dans l'ensemble de l'Italie, où il donne des opéras à Padoue (Cinna, 1795), Venise, Milan et Florence (Idomeneo, 1794).

En 1797, Paër va à Vienne où sa future femme, la cantatrice Francesca Riccardi, vient d'être engagée, et il devient directeur musical du Kärntnertortheater, poste qu'il occupe jusqu'en 1801. Il compose plusieurs opéras, certains donnés en Italie (Griselda, Parme, 1798), d'autres en Autriche, parmi lesquels Camilla ossia il Sotteraneo (Vienne, 1799) issu de Camille ou le Souterrain dont la musique est de Dalayrac, qui est un triomphe, et Achille (1801). Marie-Louise d'Autriche est son élève de musique à Vienne. Il lui dédie une sonate.

Après un bref séjour à Prague, il est nommé, en 1802, compositeur du théâtre de la Cour à Dresde, tandis que sa femme y est engagée comme chanteuse et, en 1804, l'Électeur Frédéric-Auguste le nomme maître de chapelle à vie auprès de la Cour de Saxe (Hofkapellmeister). Il donne alors son opéra Leonora (1804) sur le même sujet que le Fidelio de Beethoven, composé à la même époque.

En 1807 ou 1806, Napoléon Ier, de passage à Dresde, s'enthousiasme pour Paër après avoir entendu une représentation de son Achille et l'emmène avec lui d'abord à Posen et à Varsovie, puis à Paris, où il le nomme « maître de chapelle de la Cour de Sa Majesté Impériale » aux appointements de 28 000 francs par an. Paër devient également directeur de l'Opéra-Comique puis, en 1812, il succède à Spontini comme directeur du Théâtre italien de Paris.

En 1809, Paër compose pour un théâtre privé de Parme son opéra le plus célèbre, Agnese, opera semiseria en deux actes qui met en scène la folie humaine. L’action se déroule presque entièrement dans un asile d'aliénés où est enfermé le protagoniste, Uberto, devenu fou lorsque sa fille Agnese l’a abandonné pour s’enfuir avec son amant Ernesto. Dans cet opéra, les scènes de folie sont très intenses. Elles s’inspirent de la Nina de Paisiello et anticipent de vingt ans les célèbres scènes de folie d’Il pirata, des Puritani et, bien sûr, de Lucia di Lammermoor. Agnese impressionne beaucoup les critiques et les musiciens de l’époque tels que Berlioz, Chopin, Castil-Blaze, et influence profondément la nouvelle génération de compositeurs d’opéra. Cependant, certains sont même choqués par le sujet : Stendhal, par exemple, déclare frissonner d'horreur en voyant cet opéra qui, d’après lui, traite de manière trop crue et réaliste le sujet de la folie humaine. L'ouvrage possède toutefois un final heureux, car l’amour d’Agnese, retournée repentie chez son père, sauve Uberto et l’aide à guérir… Agnese a un succès extraordinaire et est représenté dans le monde entier jusqu'aux années 1840.

Avec la Restauration, Paër n'est pas inquiété : non seulement il conserve son poste au Théâtre italien jusqu'en 1818, mais il le reprend de 1819 à 1824 puis, après l'avoir cédé pendant deux ans à Rossini, à partir de 1826. C'est à la même époque qu'il donne des leçons de composition musicale au jeune Franz Liszt (1824). Il est nommé compositeur de la chambre du Roi et directeur de l'orchestre particulier du Duc d'Orléans. Aucun de ses opéras parisiens (La Marquise de Brinvilliers, Opéra-Comique, 1831 ; Un Caprice de femme, Opéra-Comique, 1832) n'a toutefois de succès.

Avec l'avènement de la monarchie de Juillet, il est élu membre de l'Académie des Beaux-Arts en 1831 et nommé maître de chapelle du Roi Louis-Philippe en 1832. Il enseigne ensuite au Conservatoire de 1834 à 1837.
Il meurt à Paris à l'âge de 67 ans.