Le Journal

Heinrich Wilhelm Ernst, 210 ans

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Heinrich Wilhelm Ernst, né à Brünn le et mort à Nice le , est un violoniste, altiste et compositeur morave. Un des plus grands instrumentistes de son époque, il est un des principaux successeurs de Paganini, qu’il admirait. Berlioz et Mendelssohn étaient ses amis.
Souffrant de névralgie, il a passé les sept dernières années de sa vie sans jouer de musique.

Heinrich Wilhelm Ernst est né à Brünn alors dans l'empire d'Autriche, aujourd'hui Brno, en République tchèque. Sa famille est de la classe moyenne juive. Il prend ses premières leçons de violon avec un boulanger mélomane appelé Johann Sommer et armé de la méthode de Leopold Mozart ; puis avec un professeur de la ville, Leonhard. Enfant prodige, Ernst se produit en public pour la première fois en . Son professeur suggère de l'inscrire à Vienne.

Dès 1825, il entre à la Société Philharmonique de Vienne, pour y étudier avec Joseph Böhm d'abord (un proche de Beethoven), puis avec Joseph Mayseder. Pour la composition, il reçoit l'enseignement d'Ignaz von Seyfried, un élève de Mozart, Albrechtberger et Winter, qui avait créé Fidelio. En quelques mois, Ernst se produit en public et remporte un premier prix au conservatoire.

En mars 1828, il entend jouer Paganini, de passage à Vienne. Profondément impressionné par son jeu, cette rencontre bouleversera sa vie. L'Italien a donné quatorze concerts à Vienne, si bien que Ernst assista à plusieurs, pour y observer et analyser la technique de l'interprète. Ernst a travaillé sans relâche les Caprices, notamment celui en mi majeur La Chasse, en vue d'une audition. Vint le jour. Le jeune garçon, ayant mal compris l'indication flautato placée au début de la partition, a joué toute la pièce en harmoniques ! Paganini étonné, s'exclama : « c'est un petit diable ! », et prédit un grand avenir pour le garçon.

En avril 1828, Ernst quitte Vienne pour Munich afin d'occuper un poste dans l'orchestre royal. Cependant, Paganini lui conseille d'avoir plus d'ambition. Ensuite, Ernst donne des concerts dans les villes que Paganini a visitées. Ses concerts sont appréciés, mais il reste dans l'ombre de Paganini. Cette situation provoque une dépression : il reste enfermé dans sa chambre pendant cinq jours.

Au printemps 1830, à Francfort, Ernst rencontre de nouveau Paganini. Ce jour-là au concert, Ernst joue Nel cor più non mi sento de Paganini avec une précision parfaite ce qui a stupéfié le public et Paganini lui-même. Cette composition, ainsi que la plupart des pièces de Paganini, était inédite à l'époque. Ainsi Ernst l'a apprise d'oreille aux concerts. Quelques jours plus tard, Ernst visite le maestro qui, jouant de la guitare, se lève d'un bond pour jeter le manuscrit sous un drap, disant qu'il devait protéger l'œuvre, non seulement des oreilles d'Ernst, mais aussi de ses yeux !

Les années suivantes, Ernst fait plusieurs tournées en France, où il installe sa résidence principale en 1831. Il partagea un temps un appartement avec le violoniste norvégien Ole Bull. Il restera principalement à Paris jusqu'en 1838.

En janvier 1837, dès qu'il apprend que Paganini est à Marseille, il entreprend le voyage pour écouter de nouveau son mentor. Ernst est déterminé à apprendre les secrets complexes de l'extraordinaire technique de Paganini. Il loue une chambre d'hôtel mitoyenne de celle de Paganini, s'y cache nuit et jour pour écouter le virtuose répéter et noter ce qu'il entend. L'entreprise dut être difficile, car le virtuose ne pratiquait pas beaucoup l'instrument au cours de ses tournées ; en outre, quand il le faisait, il utilisait une sourdine. Toujours en secret, Ernst assiste à toutes les répétitions à Marseille. Il se produit finalement en concert avec Paganini. Le public s'accorde à trouver que Paganini avait surmonté le plus de difficultés techniques, mais qu'Ernst exprimait plus de sentiments dans son jeu.

Il se lie avec le pianiste hongrois Stephen Heller, fixé à Paris en 1837. Ce qui donne lieu à une œuvre de collaboration, pour violon et piano, les Pensées fugitives (pub. 1842). C'est l'époque glorieuse où il fréquente et joue avec les plus grands musiciens et compositeurs de son époque : Berlioz, Alkan, Field, Chopin, Liszt, Wagner, Mendelssohn, Clara Schumann et Joseph Joachim.

Entre 1837 et 1850, à l'instar de Liszt ou Berlioz, il a une vie de virtuose itinérant et partout il rencontre le succès. Il parcourt l'Europe tout au long de sa vie d'artiste pour y donner des concerts, jouant ses compositions en Allemagne, en Hongrie, en Autriche, en Hollande (1837 et 1841), en Pologne (1842), en Scandinavie et en Angleterre (1842–43), en Russie (1847–49), Moscou, Riga...

Ernst jouait également l'alto, comme son mentor italien aimait à le faire. Il a joué Harold en Italie de Berlioz à plusieurs reprises, notamment le  à Bruxelles, sous la direction du compositeur. Berlioz et Ernst gardèrent d'étroites relations, se rencontrant même par hasard en Russie. Berlioz aimait les qualités de l'artiste et le charme de l'homme plein d'humour : J'insiste donc là-dessus : Ernst, le plus charmant humoriste que je connaisse, grand musicien autant que grand violoniste, est un artiste complet chez qui les facultés expressives dominent, mais auquel les qualités vitales de l'art musical proprement dit ne font jamais défaut. Il est doué de cette rare organisation qui permet à l'artiste de concevoir fortement et d’exécuter sans tâtonnements ce qu'il conçoit ; il cherche le progrès, et use de toutes les provisions de l’art. Il récite sur le violon de beaux poèmes en langue musicale, et cette langue, il la possède complètement.  (Berlioz, Mémoires).

Au cours d'une tournée parisienne, en 1852, il rencontre sa future épouse pour la première fois : l'actrice et poétesse Amélie-Siona Lévy, protégée de Théophile Gautier. Accompagnés de la mère, Amélie et Ernst effectuent une tournée en Suisse et dans le sud de la France. Ils se marient en 1854.

Après 1844, Ernst a vécu surtout en Angleterre, où il s'installe en 1855, rejoignant notamment le Beethoven Quartet Society de Londres en 1859. Il y jouait principalement les quatuors de Beethoven avec Joseph Joachim, Henryk Wieniawski et Alfredo Piatti, « l’un des plus grands quatuors de l’histoire ».

En juillet 1857, sa névralgie incurable devient plus aiguë et l'empêche presque complètement de jouer. Dès lors, il est souvent déprimé, s'amaigrit et doit lutter avec d'atroces douleurs. La situation matérielle se dégrade et bien qu'il en ait gagné beaucoup, l'argent manquait (il l'avait généreusement distribué à la famille, à des amis ou à d'autres bonnes causes). Heureusement, Brahms, Joachim, Wieniawski, Hallé et d'autres musiciens ont monté des concerts en faveur du musicien.

Dès 1858, il se retire à Nice, où il passe les sept dernières années de sa vie, entrecoupées de séjours à Vienne, Brünn (Brno), un voyage à Londres (en ) et quelques cures dans le vain espoir d'un remède. Ernst prend le temps de composer ses dernières œuvres. Par exemple les Études polyphoniques et un quatuor à cordes. En 1862, il achève un Quatuor à cordes de Mendelssohn.

En 1860 naît son fils, Alfred (1860-1898), qui deviendra musicologue et spécialiste de Richard Wagner.

Ernst est mort le . S'étant converti au catholicisme, il est enterré au cimetière du château, à Nice.

Ernst jouait sur deux Stradivarius : un instrument 1726 aujourd'hui nommé « Ernst / Plotenyi » et un autre de 1709, nommé « Lady Hallé / Ernst ». Il possédait aussi un archet Tourte, plus tard transmis à Joachim.

Le catalogue de Heinrich Wilhelm Ernst comporte seulement 26 numéros, surtout destinés au violon et des pièces sans numéros. L'œuvre la plus célèbre étant sans conteste le Grand Caprice pour violon solo, l'opus 26 Le Roi des Aulnes d'après l'œuvre éponyme de Schubert. Cette pièce est l'un des summum de la difficulté technique du violon.

L'Élégie et le Carnaval de Venise étaient sans doute les deux des pièces les plus populaires du XIXe siècle.

Concours Reine Elisabeth, session violon, J -1

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La première épreuve du Concours de Violon aura lieu du lundi 6 au samedi 11 mai à Flagey, avec des séances à 15h et 20h. Si vous ne pouvez pas suivre les prestations en direct dans la salle, vous pourrez le faire sur le site du Concours et sur Auvio.

L'ordre de passage des candidats a été déterminé lors du tirage au sort ce vendredi. Chaque candidat interprétera les œuvres ou fragments d'œuvres que le jury aura sélectionnés parmi : la Sonate n. 3 en ré mineur d'Eugène Ysaÿe, trois Caprices de Niccolò Paganini, et une œuvre avec accompagnement de piano, que le candidat aura choisie parmi les 3 Romances op. 22 de Clara Schumann, l'Impromptu concertant de George Enescu et Dryades et Pan, extrait des Mythes op. 30 de Karol Szymanowski.

Des places sont encore disponibles pour toutes les séances de la première épreuve (à 15h et à 20h). Achetez vos tickets via www.flagey.be, sur place ou via le Call center (+32 2 641 10 20), du mardi au vendredi de 12h à 17h et 1h avant les séances.

 

 

 

 

Hommage à Peter Eötvös

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L'Orquesta Nacional de España rend hommage au chef d'orchestre et compositeur Peter Eötvös, l'un des noms les plus connus de la création musicale de ces dernières décennies, décédé en mars dernier à l'âge de 80 ans. Il le fera par ses concerts Symphonic 19, initialement programmés sous sa direction et qui auront lieu les vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 mai à l'Auditorio Nacional de Música.

Le chef d'orchestre français Pierre Bleuse dirigera l'ensemble en conservant le programme original prévu par Peter Eötvös, conçu comme un jeu de miroirs entre les musiques de deux compositeurs fascinés par la réalité imaginée et la fantaisie : Peter Eötvös et Claude Debussy. Il débutera par deux œuvres d'Eötvös, Sirens' Song et Concerto pour violon et orchestre n°3, "Alhambra", ce dernier étant interprété par la violoniste Isabelle Faust, qui l'a créé il y a quelques années au Festival de Grenade. Il sera suivi de Preludio a la siesta de un fauno et d'Iberia de Debussy.

 

Le bicentenaire de la 9e Symphonie de Beethoven sur Musiq3

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Ce mardi 7 mai, Musiq3 célèbre le bicentenaire de la 9ème symphonie de Beethoven, avec une programmation et des émissions spéciales, des concerts et une série de 9 podcasts réalisés avec les MFP (médias francophones publics), diffusés durant la journée et disponibles sur Auvio : la 9ème vue par les artistes, par les musiciens, par les philosophes, par Beethoven lui-même… un régal !

Un opéra sur Alma Mahler à la Volksoper de Vienne

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La compositrice israélienne Ella Milch-Sheriff créera un opéra sur Alma Mahler à la Volksoper de Vienne la saison prochaine.

"Alma représente comme aucune autre, l'image de la sensualité et le symbole de la Vienne fin-de-siècle. Le nouvel opéra se concentre sur un aspect qui a jusqu'à présent reçu peu d'attention dans les nombreuses adaptations artistiques de la biographie d'Alma Mahler-Werfel : Alma, la mère.

L'oeuvre sera mise en scène par Ruth Brauer Kvan et dirigée par Omer Meir Wellber.

Anthony Hopkins sera Haendel dans le nouveau film "The King of Covent Garden".

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Le producteur Embankment Films a annoncé un nouveau film avec l'acteur Anthony Hopkins, avec lequel il a déjà produit le très réussi "The Father" in 2020, lauréat de l'Oscar du meilleur scénario adapté et, précisément, du meilleur acteur pour le travail de Hopkins.

À cette occasion, Hopkins, l'un des acteurs les plus connus du grand écran pour des films tels que "Le silence des agneaux", "Dracula" de Bram Stoker, "The Elephant Man", "What Remains of the Day" et "Return to Howards End", entre autres, se glissera dans la peau du compositeur George F. Haendel.
Le film, intitulé "The King of Covent Garden", racontera l'histoire de la période durant laquelle le musicien a écrit son Messie.

 

Le flamenco parmi les thèmes du Festival Martha Argerich 2024 à Hambourg

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"Respirer l'esprit d'un voyage de découverte", tel est  le thème de l'édition 2024 du Festival Martha Argerich, organisé par l'Orchestre symphonique de Hambourg depuis 2018.

Le Festival, qui comprend un total de dix concerts du 20 au 30 juin, comptera parmi les artistes invités les pianistes Stephen Kovacevich et Sergio Tiempo, les violonistes Gil Shaham et Janine Jansen, les violoncellistes Mischa Maisky et Edgard Moreau, le clarinettiste Pablo Barragán et le contrebassiste Haggai Cohen-Milo.

Le deuxième concert (21 juin) comprendra une deuxième partie consacrée au flamenco et au jazz, avec pour protagonistes la cantaor Rafita de Madrid, le bailaor Nino de Los Reyes et le pianiste Álex Conde, après une première partie classique au cours de laquelle Argerich interprétera des œuvres de Schumann, Beethoven et Chostakovitch avec Janine Jansen et Mischa Maisky.

 

Jurgis Karnavičius, 140 ans

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Il y a des compositeurs peu connus, et il y a des compositeurs inconnus. Et -sauf pour ceux qui auraient une connaissance encyclopédique de la musique lituanienne du début du XXe siècle- Jurgis Karnavičius fait partie de ces derniers (même si l’encyclopédie musicale allemande en ligne MGG lui consacra un -très- bref article en 2003 et que l’année suivante vit la parution d’une biographie en lituanien).

Né à Kaunas en 1884 dans une Lituanie qui faisait encore partie de l’Empire russe, Karnavičius grandit à Vilnius qu’il quitta ensuite pour faire des études de droit à l’Université de Saint-Pétersbourg dont il sortit diplômé en 1908. Il suivit en même temps des cours de composition en privé et intégra ensuite le Conservatoire de Saint-Pétersbourg où il compta parmi ses maîtres Liadov (contrepoint), Maximilian Steinberg (composition) ainsi que Rimsky-Korsakov et Glazounov (instrumentation). A peine ses études terminées en 1912, Karnavičius enseigna la théorie musicale dans cette même institution de 1912 à 1914. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il fut fait prisonnier en 1915 et resta en captivité à Vienne jusqu’à la fin du conflit.  Rentré à Petrograd (comme avait été rebaptisée Saint-Pétersbourg), il reprit son enseignement au Conservatoire de 1918 à 1927, la ville changeant à nouveau de nom en 1924 pour s’appeler Leningrad.

Très actif dans la vie musicale de l’ancienne capitale russe, il participa en 1926 à la création de l’Association pour la musique contemporaine de Leningrad tout en s’en tenant à une approche relativement traditionaliste dans ses compositions instrumentales et vocales.

En 1927, Karnavičius décida de rentrer en Lituanie -à présent indépendante- avec sa famille. Ceci alla de pair avec son souhait de se positionner comme un compositeur véritablement lituanien, comme en témoigne son opéra Grazina, premier opéra écrit en lituanien après l’indépendance et dont la première eut lieu en 1933 à Kaunas -capitale du nouvel Etat, Vilnius se retrouvant à l’époque en Pologne- où le compositeur s’était établi à son retour de Pétersbourg. Nommé professeur de composition au Conservatoire de Kaunas, il y enseigna jusqu’à sa mort en 1941.

Si la réputation de Jurgis Karnavičius dans la Lituanie de l’entre-deux-guerres reposa largement sur ses opéras (le second, Radvila Perkūnas, fut créé en 1937), ses oeuvres antérieures -dont ses quatre quatuors à cordes- furent largement oubliées.

Hans Pfitzner, 155 ans

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Hans Erich Pfitzner est un compositeur et chef d'orchestre allemand, né à Moscou le  et mort à Salzbourg le . Il est surtout connu pour son opéra Palestrina, inspiré de la vie du compositeur du même nom.

Son père Robert Pfitzner est violoniste dans un orchestre. Deux ans plus tard, sa famille déménage à Francfort. C'est là qu'il passe sa jeunesse, étudiant la musique au Conservatoire Hoch jusqu'en 1890.

Après de petits emplois de professeur de piano à Coblence et Berlin, il commence sa carrière de chef d'orchestre au théâtre de Mayence, où il fait représenter son premier opéra, Der arme Heinrich.

En 1908, il est nommé directeur du Conservatoire de Strasbourg et chef des concerts d'abonnement de l'orchestre municipal (futur Orchestre Philharmonique de Strasbourg). En 1910, il devient également directeur artistique de l'opéra de Strasbourg. Il quitte Strasbourg en 1919. Il enseigne ensuite à l'Académie des arts de Berlin puis rejoint en 1929 l'Opéra d’État de Bavière comme chef d'orchestre.

Sa principale œuvre dramatique, Palestrina, fut créée à Munich en 1917 par Bruno Walter. Cette œuvre, qui s'inscrit dans la tradition wagnérienne tout en rendant hommage à l'un des maîtres de la polyphonie de la Renaissance, se veut un manifeste contre la musique nouvelle, incarnée à l'époque par Schönberg et Busoni.

Pfitzner est un conservateur qui se considère volontiers comme « le dernier survivant de la musique dans un monde devenu fou » (C. Rostand). Il entend poursuivre par une œuvre variée et abondante, aussi bien lyrique que symphonique, la grande tradition du romantisme allemand.

Il apparaît sur la Sonderliste de la Gottbegnadeten-Liste en 1944.

Pfitzner, qui a multiplié les déclarations antisémites, se compromet avec le régime national-socialiste, dont il cherche à devenir le compositeur officiel. Sous le III° Reich, ses œuvres sont très régulièrement programmées. Après la guerre, il fait l'objet d'un procès qui conduit à le retirer de la liste noire établie par les américains.

Stanislaw Moniuszko, 205 ans

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 Stanisław Moniuszko, né à Ubiel (près de Minsk) le 5 mai 1819 et mort à Varsovie le 4 juin 1872, est un compositeur, pianiste, organiste, directeur de théâtre et pédagogue polonais.

Moniuszko a d'abord étudié le piano avec sa mère. Quand en 1827 la famille déménagea à Varsovie, Moniuszko, âgé de huit ans, poursuivit son apprentissage de la musique avec August Freyer, organiste et maître du chœur professionnel de l'église locale de la Trinité.
À partir de 1837, il entreprit des études approfondies de composition à Berlin, auprès de Rungenhagen. Revenu en Pologne pour se marier en 1840, il accepte le poste d’organiste de la paroisse Saint-Jean de Vilna où il enseigne aussi le piano et, à l’occasion, dirige l’orchestre du théâtre local. Il se lie alors d’amitié avec l’écrivain Kraszewski et correspond avec l’humoriste Fredro, contacts qui stimulent l’intérêt de Moniuszko pour la musique lyrique. C’est à cette époque, au milieu des années 1840, qu’il commence à composer intensément.

On lui doit surtout des partitions destinées à la voix : une douzaine d’opéras et autant d’opérettes sans compter d’autres pages destinées à la scène, de la musique vocale sacrée et profane ainsi que 360 mélodies. Dans le domaine instrumental, on ne compte guère que trois ouvertures et une « polonaise de concert » pour orchestre, quelques pièces pour piano ainsi que deux quatuors à cordes, datant respectivement de 1839 et 1840.
Moniuszko s’est donc surtout taillé sa réputation grâce à ses opéras, remplissant en Pologne un rôle comparable à celui des Smetana, Glinka, le Groupe des Cinq, Weber, Rossini et Auber dans leurs pays. Ses œuvres lyriques, qui se distinguent par une grande richesse mélodique dont l'inspiration trouve sa source dans les chansons populaires polonaises, biélorusses et même lituaniennes, constituent une habile combinaison entre l'influence du premier romantisme allemand, de l'opéra italien et du théâtre polonais.

Ses nombreuses mélodies, forme musicale alors en vogue en Pologne dont la situation économico-politique ne permettait que difficilement le développement des orchestres, ont également connu un beau succès. Il n’empêche que ses deux quatuors à cordes sont remarquables tant sur le plan de l’écriture que du point de vue de l’histoire de la musique polonaise qui ne comporte que fort peu de bons quatuors composés au XIVe siècle.

En tant que pédagogue, Moniuszko rédigea un « Traité d'harmonie », édité à Varsovie en 1871.

Le grand auditorium de 1 800 places assises du Grand Théâtre de Varsovie porte son nom.