Le Journal

"Sinfonia domestica" de Richard Strauss, 120 ans

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La Sinfonia Domestica Op.53 (Symphonie domestique) a été composée en 1902.
Il s'agit de la seconde œuvre d'inspiration autobiographique du musicien, écrite peu après Une vie de héros de la même veine. Elle est d'ailleurs dédiée à sa femme et à son fils, Franz.

Le terme « symphonie » est paradoxalement rare dans l'œuvre de Strauss : si on excepte deux compositions de jeunesse, il n'en a écrit qu'une seule autre intitulée Une symphonie alpestre. La structure de sa Sinfonia Domestica est d'ailleurs inhabituelle, avec cinq parties de taille très inégale, s'apparentant sans doute plus à un poème symphonique de grande ampleur qu'à une symphonie traditionnelle. Strauss en parle d'ailleurs en employant à plusieurs reprises ce premier terme.

Le côté « domestique » contraste avec la particulière richesse de l'orchestration dont est coutumier Strauss. Il décrit l'atmosphère familiale sereine à trois, avec ses moments de tendresse et de disputes.

La première a lieu le 21 mars 1904 au Carnegie Hall de New York avec le Wetzler Symphony Orchestra sous la direction du compositeur.
Anecdotiquement, les représentations suivantes eurent lieu dans le hall d'un grand magasin de la cité américaine.
La première européenne a lieu peu après à Francfort, puis Gustav Mahler dirige la partition à Vienne au cours de cette même année. L'écrivain Romain Rolland en fait, plus tard, une critique privée élogieuse, mais entend faire abstraction du côté musique à programme de l'œuvre.

Des thèmes de sa symphonie domestique seront repris par Strauss dans deux partitions postérieures : son Prélude nuptial et son Parergon zu Sinfonia Domestica (additif à la symphonie domestique), ce dernier étant une pièce "pour la main gauche" pour piano et orchestre écrite à la demande du pianiste Paul Wittgenstein qui avait perdu sa main droite au cours de la Première Guerre mondiale.

L'œuvre se compose de cinq mouvements et la durée d'exécution est d'environ trois quarts d'heure.

9e Symphonie "Grande" de Franz Schubert, 185 ans

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La Symphonie no 9 en ut majeur, D. 944, connue sous le nom de « Grande Symphonie », est la dernière à avoir été achevée.

Le compositeur l'avait d'abord surnommée « Grande ut majeur » afin de la distinguer de son autre symphonie en ut majeur, la Sixième ou « Petite Symphonie », mais ce surnom est aujourd'hui souvent considéré comme le reflet de l’œuvre, de par sa longueur et sa majesté. Son exécution dure environ de 55 à 65 minutes.

Cette symphonie ne put être exécutée du vivant de Schubert, les orchestres du conservatoire de Vienne la trouvaient trop longue et n'arrivaient pas à surmonter des difficultés techniques. Les musiciens de la Gesellschaft der Musikfreunde la jugèrent « difficile et pompeuse » (« schwierig und schwülstig »), au point que lors du concert posthume du 14 décembre 1828, elle fut remplacée par la « Petite ».

En 1838, dix ans après la mort de Schubert, Robert Schumann se rendit sur la tombe du compositeur puis rencontra son frère aîné Ferdinand Schubert, qui disposait d'une copie de la symphonie que Schumann ramena à Leipzig où il la fit exécuter (dans une version écourtée) par l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig sous la direction de Felix Mendelssohn lors du concert du 21 mars 1839. Schumann en rendit compte dans sa gazette Neue Zeitschrift für Musik à travers un article élogieux, admiratif de la « longueur divine » de cette symphonie.

La pièce ne reçut pas un bon accueil à Londres, où la répétition dirigée par François-Antoine Habeneck fut ponctuée de rires des violonistes lors du dernier mouvement qui est techniquement difficile. La pièce fut finalement donnée aux États-Unis avant Paris, où elle ne fut jouée qu'en 1851.

Souvent considérée comme la meilleure pièce symphonique de Schubert, la Grande Symphonie en ut majeur est aussi l'une de ses œuvres les plus novatrices. Si l'on retrouve encore le style de Beethoven dans le développement thématique de l'œuvre, le soin apporté à la mélodie est très personnel, ce qui, de la part d'un maître du lied, ne saurait surprendre. Ce nouveau style a incité Schumann à poursuivre ses propres ambitions symphoniques.

"Grand Partita" de W. A. Mozart, 240 ans

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La Sérénade no 10 en si bémol majeur, KV 361, dite Gran Partita, est une œuvre pour treize instruments à vent et contrebasse en sept mouvements. Consacrée à l'origine au plein-air, cette « musique du soir » dépasse l'esprit simple du divertimento pour rejoindre celui de la symphonie.

Par son inspiration et l'équilibre de son écriture musicale, la diversité de ses formes et de ses genres, ses dimensions et son effectif imposants, chaque partie étant destinée à un instrumentiste soliste, cette sérénade est considérée comme l'un des chefs-d'œuvre du répertoire de musique de chambre des vents.

Sa genèse reste controversée : le manuscrit autographe porte la date de 1780, mais l'inscription n'est pas de la main du musicien. Elle rature de plus une date plus ancienne (1777). Son titre Gran Partita ne vient pas non plus du compositeur. Il a été rajouté ultérieurement d'une écriture et d'une encre différente de celle de la partition. Il semble qu'en fait, sa composition soit contemporaine de celle de son opéra L'Enlèvement au sérail qui date de 1781. C'est en tout cas le parti pris dans le Catalogue Köchel.

L'étude du papier de la partition autographe réalisée par Alan Tyson a montré que celui-ci est d'un type que Mozart a eu à sa disposition entre le début de l'été 1781 et 1784 et que quatre autres compositions de 1781 utilisent ce même papier. Le musicologue Daniel Leeson a pour sa part souligné les similarités stylistiques du largo introductif avec deux autres œuvres de 1784, le Quintette pour piano et vents K. 452 et la Sonate pour violon K. 454. Les travaux du musicologue David Whitwell et de l'instrumentiste Eric Hoeprich fixent une date postérieure aux Sérénades KV 375 et 388 composées respectivement en 1781 et 1783-1784. Tous retiennent comme terminus ante quem la possible première audition le 21 mars 1784 sous la direction de Anton Stadler au Burgtheater (au moins pour quatre des sept mouvements).

Il a été avancé que la sérénade pourrait résulter de la combinaison de deux œuvres antérieures, les deux derniers mouvements semblant présenter deux types alternatifs de finale.

Sa destination reste également incertaine : cadeau pour son épouse avec qui il se marie en août 1782 ? Concerts en plein air ? Conçue pour plaire au Grand Électeur de Bavière à la Cour de Munich ? À destination de la franc-maçonnerie, friande d'instruments à vent ?

La première édition date de 1861 chez Breitkopf.

Franz Schreker, 90 ans

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Le compositeur autrichien Franz Schreker, de son vrai nom Franz Schrecker, est né le 23 mars 1878 à Monte-Carlo et mort le 21 mars 1934 à Berlin.

Son père, Isak Schrecker, originaire d'une petite ville de Bohême, Golčův Jeníkov, naît le 6 mars 1834 dans une famille d'artisans juifs germanophones. Porté par une vocation d'artiste, il tente d'abord une carrière de dessinateur. Pour des raisons pécuniaires, il se tourne finalement vers la photographie. Il parvient progressivement à s'attacher une clientèle bourgeoise et aristocratique et ouvre un studio renommé à Budapest. En 1876, Isak entreprend une correspondance avec Eleonore von Clossman. Née en Styrie du sud, cette aristocrate a fui le milieu familial après le remariage de son père, le commandant August von Clossmann. Récemment installée à Vienne, elle occupe une place de gouvernante. Quelques mois après ces premiers échanges, Isak et Eleonore se marient en Hongrie. À cette occasion, Isak se convertit au protestantisme et prend le nom d'Ignaz.

Le jeune couple quitte rapidement l'Autriche-Hongrie pour Monaco. En 1877, Eleonore donne naissance à un enfant qui disparaît prématurément. L'année suivante, Franz August Julius Schrecker vient au monde. Le futur compositeur est assez marqué par le cadre méditerranéen de sa petite enfance. Cette installation monégasque ne dure pas. Dès 1880, Ignaz reprend sa carrière de photographe itinérant, emmenant sa famille à Paris, Bruxelles, Pola, Vienne ou Linz… Il se trouve en Haute-Autriche, à Ungenach, lorsqu'il meurt soudainement de la tuberculose le 22 janvier 1888.

Ignaz ne lègue que des dettes. La famille Schrecker sombre dans la précarité. Eleonore emménage à Döbling, dans la périphérie de Vienne. Elle vit de travaux artisanaux et des subsides de sa marraine, la Princesse Alexandrine von Windischgrätz. Fréquentant l'école primaire de Döbling, Franz suit les cours de piano, d'orgue, de violon et de théorie musicale de Karl Pfleger. C'est dans ce contexte qu'il compose sa toute première œuvre, une Ode à la mémoire de Napoléon.

N'ayant pas les moyens de poursuivre des études secondaires, Franz se cultive en autodidacte. À 14 ans, il commence à donner des cours d'allemand et d'arithmétique. La paroisse de Döbling l'emploie occasionnellement comme organiste. Multipliant les engagements sans lendemain, il accompagne un jour la cantatrice Berta Ehn. Surprise par sa précocité, elle utilise son influence pour lui ouvrir les portes du Conservatoire de Vienne. Parce qu'il ne peut payer les cours, l'administration lui assigne d'abord la classe de hautbois. Grâce au soutien financier de la Princesse von Windischgrätz, il parvient finalement à intégrer la classe de violon d'Arnold Rosé. Il semble avoir été un élève médiocre -un carnet de note de la fin de l'année 1893 fait état d'un travail « insuffisant ». Il brille par contre dans les cours théoriques : aussi bien la classe d'harmonie de Robert Fuchs que celle de contrepoint d'Hermann Graedener soulignent continûment son excellence. En 1895, il fonde une association étudiante, la Verein der Musikfreunde, qui réunit plusieurs célébrités en devenir telles que le violoniste Fritz Kreisler ou le compositeur Franz Schmidt. Elle est rapidement interdite par le Conservatoire dont le règlement proscrit les organisations parallèles.

Progressivement, Schreker délaisse l'interprétation au profit de la composition. En 1896, l'une de ses œuvres est pour la première fois représentée. De passage à Londres, l'Orchestre de l'Opéra de Budapest crée sa Love song. Faute de pouvoir se payer le déplacement, il ne peut assister à cette première création. L'année suivante, il abandonne la classe de violon d'Arnold Rosé pour se recentrer sur la classe d'harmonie de Robert Fuchs. Il écrit une cinquantaine de lieder dans le style de Brahms et d’Hugo Wolf.

Diplômé en 1900, il se fait connaître en représentant deux œuvres d'envergure : un Psaume n° 116 et une Symphonie en la majeur. Repris en 1901 par Ferdinand Loewe à la Gesellschaft der Musikfreunde, le Psaume est vivement salué par le critique Eduard Hanslick. Il gagne sa vie en donnant aussi des leçons particulières de piano, de violon et de théorie à Döbling.

Schreker obtient son premier succès en 1908 avec une suite chorégraphique inspirée par la nouvelle d'Oscar Wilde « Die Geburtstag der Infantin » (L’anniversaire de l’infante). Le même sujet l’inspirera à nouveau dix ans plus tard, à l’opéra cette fois, dans Die Gezeichneten (Les Stigmatisés).
En 1912, le succès phénoménal de son opéra Der Ferne Klang (Le son lointain), salué par une critique européenne unanime, le rend célèbre du jour au lendemain ; la même année, on lui confie la succession de Fuchs au Conservatoire de Vienne.
Ses opéras Die Gezeichneten et Der Schatzgräber (Le chercheur de trésor), représentés en 1918 et en 1920, imposent son leadership sur les scènes allemandes au début de la République de Weimar, aux côtés de Richard Strauss. Il quitte Vienne pour Berlin en 1920.

 

Paul Tortelier, 110 ans

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Paul Tortelier était un violoncelliste français de renommée mondiale.

Son père était charpentier et jouait lui-même du violon et de la mandoline.
Dès l'âge de douze ans, Paul entra au Conservatoire de Paris et obtint son premier prix à seize ans. Il fut violoncelle solo à l'Orchestre Lamoureux, à l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo ainsi qu'au Boston Symphony Orchestra.
En 1950, il fut invité par Pablo Casals au premier Festival de Prades.
Il a également enseigné au Conservatoire de Paris, au Conservatoire de Nice et donné des master classes. Parmi les élèves de Tortelier se trouvait Jacqueline du Pré, dont il fut le témoin lors de son mariage avec Daniel Barenboim.

Paul Tortelier a enregistré de nombreux disques, dont les Suites pour violoncelle seul de Bach, parus chez EMI et Erato.

Avec Arthur Rubinstein et Isaac Stern, il a formé un trio avec piano de renommée mondiale.

Tortelier est décédé le 18 décembre 1990 à l'âge de 76 ans d'une crise cardiaque.

Josip Hatze, 145 ans

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Josip Hatze (Split, ) est un compositeur et chef d'orchestre croate.
Il est l'un des premiers et des plus éminents compositeurs croates dans le style méditerranéen, de la première moitié du siècle dernier.

Hatze est né au sein d'une famille d'artisans respectés de Split. C'est dès l'école, qu'il se familiarise avec la musique et en particulier avec de la musique d'église et les chansons folkloriques dans sa langue. Sa sensibilité musicale exceptionnelle est découverte accidentellement et, avec le soutien de sa famille, il peut assister à toutes les représentations du théâtre municipal de Split nouvellement ouvert.
Il y forge une solide expérience de l'orchestre et des interprétations du chœur.
À 16 ans, il est encouragé à chanter la messe à l'église. C'est la période où il a écrit sa Misa a Kapela sur un texte en croate, qui est créée avec succès. Plus tard, d'autres chorales des écoles dalmates commencent à donner ses œuvres musicales.

Il complète ses études de composition en Italie, au Conservatoire Rossini de Pesaro, avec le compositeur Pietro Mascagni avec un prix en 1902.
Il retourne chez lui à Split, où il travaille comme professeur de musique et maître de chapelle des chorales Zvonimir et Guslar qu'il conduit une trentaine d'années en tout.

Pendant la Première Guerre mondiale, il est sur le front en Albanie. Loin de chez lui il ignore que sa femme, Gilda était morte de la grippe -Gilda était de la famille patricienne Marulić (apparentée à Marko Marulić, le « père de la littérature croate », XVIe siècle). Après la guerre, il reprend son activé de chef de chœur à la chorale Guslar.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, après avoir opté pour la résistance en 1941, Hatze est réfugié en  à El Shatt en Egypte lors de l'évacuation des îles centrales de la Dalmatie. Il organise un chœur mixte dans le camp. Après quelques mois l'ensemble a un répertoire de plusieurs centaines de chants et donne environ 150 concerts dans les camps militaires, les hôpitaux, des théâtres et salles de concert, sur les stations de radios du Caire et d'Alexandrie (avec des rediffusions en Angleterre et aux États-Unis) et dans d'autres grandes villes de l'Egypte et du Moyen-Orient.
En , le groupe rejoint la Dalmatie, et se produit une dernière fois à Zagreb, lors de la session du Conseil d'État anti-fasciste pour la libération nationale de Croatie, avant leur dissolution.
Pendant cette période, il écrit une quarantaine de chansons partisanes ou patriotiques.

Josip Hatze est mort à Split, à l'âge de 80 ans.

Josip Hatze est avec Blagoje Bersa (1873–1934) et Dora Pejačević (1885–1923) l'un des fondateurs du style moderne de la musique croate. Il apporte son expérience internationale à la tradition romantique croate, plutôt conservatrice au tournant du siècle. La saveur particulière de sa musique est issue de la tradition méditerranéenne dans laquelle il a grandi. Son œuvre -essentiellement vocale- au style bien personnel, est de facture bel canto. Si son opéra Le Retour tire sur le vérisme, Adel i Mara, plus tardif, s'approprie des éléments folkloriques stylisés.

Josip Hatze laisse donc principalement des œuvres de musique vocales : des mélodies en solo (une soixantaine, datées pour l'essentiel d'avant 1914), de la musique chorale, des cantates et des opéras,ainsi que, pendant la période de guerre, des chants patriotiques.

De ses cantates on cite La Nuit à Una (poème d'Hugo Badalić), Exodus (1912) et Golemi Pan (1917) sur un poème de Vladimir Nazor.

Hatze avait un grand sens dramatique. Cette compétence a été particulièrement bien appliquée dans l'orchestration des opéras tels Povratak (1910) [Le Retour] et Adel i Mara (1932).
Le Retour narre l'histoire d'un paysan croate ayant dû s'exiler dans un pays étranger pour nourrir les siens, qui doit ensuite retourner dans sa famille. Il évoque l'ambiance d'un réveillon de Noël d'un pauvre village de Slavonie.
Adel et Mara est un opéra basé sur une épopée romantique intitulée Bijedna Mara [Pauvre Mara] de Luka Botić (1830-1863), natif de Split. L'histoire, à tendance nationale, située en Dalmatie dans la seconde moitié du XVIe siècle, présente deux groupes sociaux et ethniques : le Dalmatien et le Turc, confrontés aux amours malheureux et interdits d'Adel le musulman et Mara (Marie) la chrétienne.

Modest Petrovitch Moussorgsky, 185 ans

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Le compositeur russe Modeste Petrovitch Moussorgski est né le 21 mars 1839 (2 avril dans le calendrier grégorien) à Karevo, près de Toropets dans le gouvernement de Pskov, et mort le 16 mars 1881 (28 mars dans le calendrier grégorien) à Saint-Pétersbourg.
Il est d'abord célèbre par l'opéra Boris Godounov, par le poème symphonique Une nuit sur le mont Chauve et par la suite pour piano Tableaux d'une exposition (1874) -orchestrée par Maurice Ravel en 1922.

La famille de Moussorgski descend du premier monarque russe d'origine scandinave, Riourik, via les princes souverains de Smolensk (dynastie des Rurikides). Modeste est préparé par ses parents à une carrière militaire et est élève de la célèbre École de cavalerie Nicolas ; mais sous l'influence de Mili Balakirev, il quitte le prestigieux régiment Préobrajensky de la Garde impériale -dans lequel il est entré par la suite- et rejoint le Groupe des Cinq, un ensemble de compositeurs et ardents défenseurs d'un art national basé sur la musique populaire russe.

À partir de 1863, à la suite de l'abolition du servage qui ruine sa famille, Moussorgski doit travailler en tant qu'employé administratif pour subvenir à ses besoins. Il a alors trente ans et, confronté à l'insuccès que connaissent ses œuvres, trop éloignées des canons académiques, et à une situation matérielle difficile, il croit trouver une consolation dans l'alcool qu'il avait déjà connu lors de son passage de trois ans à l'armée.
En 1879, Daria Leonova entreprend une tournée de concerts à travers la Russie pour lesquels il est pianiste accompagnateur. Il a plusieurs épisodes de delirium tremens chez la cantatrice avant de rentrer à l’hôpital militaire Nicolas de Saint-Pétersbourg. Il y meurt à 41 ans. Sa dépouille repose au cimetière Tikhvine du monastère Saint-Alexandre-Nevski (Saint-Pétersbourg).

Rétif à toutes conventions ou stylisations, ardent défenseur de la musique de son pays, le compositeur russe a entremêlé les genres et forgé un langage où la parole, le geste et le sentiment humain deviennent mélodies. Il a ouvert de nouvelles voies que les musiciens du XXe siècle ont explorées à l'envi.

 

François Roberday, 400 ans

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François Roberday, né à Paris et baptisé le 21 mars 1624, mort à Auffargis le 13 octobre 1680, est un organiste et compositeur français.

Roberday est d'une famille d'orfèvres liés au milieu musical de son époque : son père possède un « cabinet d'orgue » ; lui-même est beau-frère du claveciniste Jean-Henri d'Anglebert.

Après la mort de son père, il est nommé orfèvre du roi et acquiert en 1659 une des charges de « Valet de Chambre de la Reyne ». Il joue de l'orgue dans les églises parisiennes de Notre-Dame-des-Victoires et des Petits Pères. Mais ses affaires tournent mal, il se retire près de Rambouillet et meurt dans la misère lors d'une épidémie.

Son œuvre pour orgue, imprimée à 500 exemplaires en 1660, consiste en douze « Fugues et Caprices à quatre parties, mises en Partition pour l’Orgue, dédiées aux amateurs de la Musique », dont trois sont empruntés (selon sa préface) à des compositeurs de son temps : Frescobaldi (Fugue 5e d'après le Ricercar no 7), Ebner et Froberger; les autres sont composées sur des thèmes de Louis Couperin, De La Barre, Cambert, Bertalli (Antonio Bertalli, 1605-1669), d'Anglebert et Cavalli.

Ces pièces pour l'orgue, et « si on veut jouer ces pièces de musique sur des violes ou autres semblables instruments », bien que non destinées à la liturgie, le rattachent à la tradition polyphonique dont il est un des derniers représentants après Jehan Titelouze et Charles Racquet.

Ce recueil est le premier imprimé (pour l'orgue) en France depuis ceux de Titelouze (1623 et 1626).

Deux premières britanniques sous la baguette de Francisco Coll

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Le 22 mars, deux œuvres de Francisco Coll seront jouées pour la première fois au Royaume-Uni. Il s'agit de Hímnica et Aqua Cinerea, et elles seront interprétées aux studios de Maida Vale par l'Orchestre symphonique de la BBC sous la baguette de Coll lui-même, qui fait également ses débuts à cette occasion en tant que chef du prestigieux orchestre britannique.

Hymnica (2020) a été entendue pour la première fois à la salle de concert de Lucerne en 2021 avec James Gaffigan au pupitre. Le compositeur décrit l'œuvre comme "une sorte de passacaille, ou de chaconne, où l'hymne central évolue de différentes manières au sein d'un même tempo adagio".
Son autre pièce, Aqua Cinerea Op.1 (2005 ; rév. 2019), mêle des passages explosifs à des lignes mélodiques détaillées, traçant un récit musical qui évolue dans le temps.

Décès du baryton bulgare Ludmil Kuntschew à 65 ans

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Après des études de musique à Plovdiv et à Sofia, Kuntschew s'est déjà produit en tant que soliste à l'Opéra national de Sofia.
En 1989, il part pour Vienne où il suit les cours du ténor Waldemar Kmentt et reçoit le "Prix des amis de l'Opéra d'État de Vienne" pour son interprétation du rôle de Marcel dans La Bohème de Puccini.
En 1992, il a commencé à travailler au Théâtre Anhaltique de Dessau et fait ses débuts dans le Roi dans l'opéra d'Orff Die Kluge.
Parmi ses rôles phares, on compte Franz Moor dans Die Räuber, Giorgio Germont dans La traviata, Iago dans Othello, Pizarro dans Fidelio et Jochanaan dans Salome.

Après un engagement au Nationaltheater de Mannheim de 1997 à 2002, Kuntschew est retourné à Dessau, où il a notamment interprété le rôle-titre des Noces de Figaro ainsi que le double rôle du père et de la sorcière dans Hansel et Gretel.
Son engagement à Dessau a pris fin en 2009.
Kuntschew s'est ensuite produit sur différentes scènes allemandes avant de retourner en Bulgarie.