Le Journal

Création d'une oeuvre d'Ysaÿe

par

Bozar présente ce soir un concert exceptionnel du Belgian National Orchestra, dans le cadre des Belgian Music Days avec trois créations de compositeurs belges : Apolline Jesupret, Wim Henderickx et Eugène Ysaÿe.
L’œuvre d’Ysaÿe est particulière car sa partition -autographe- a été retrouvée début 2023 dans les archives de Bozar dans le cadre d’un partenariat avec la Bibliothèque royale de Belgique (KBR).
Eugène Ysaÿe compose son Ouverture sur des thèmes d’Atala en 1919 en hommage à son défunt frère Théo, pianiste et compositeur, s’inspirant d’une cantate que ce dernier lui a dédiée en 1892.
L’œuvre n’a été jouée qu’une seule fois en 1920 à Cincinnati, sous la direction du compositeur. Au-delà de la création d'une œuvre oubliée, ce concert met en dialogue des compositeurs belges dont le travail constitue un patrimoine artistique exceptionnel.
En partenariat avec Bozar, KBR organise une journée d'étude dédiée aux frères Ysaÿe.

Anna Handler devient cheffe assistante du Boston Symphony Orchestra

par

Ancienne étudiante en direction d'orchestre de Weimar, Anna Handler a été nommée il y a quelques jours cheffe d'orchestre assistante du Boston Symphony Orchestra (BSO).

La cheffe germano-colombienne entamera son mandat de deux ans à partir de septembre 2024 aux côtés du deuxième chef assistant, Samy Rachid.
Elle a été nommée par le directeur musical du BSO, Andris Nelsons, qui est également chef d'orchestre du Gewandhaus de Leipzig. De 2018 à 2021, Anna Handler était étudiante en bachelor dans la classe de direction d'orchestre des professeurs Ekhart Wycik et Nicolás Pasquet à l'École supérieure de musique Franz Liszt de Weimar. Anna Handler a ensuite rejoint la Juilliard School de New York où elle a terminé sa formation en mai 2023.

Leo McFall à Wiesbaden

par

Leo McFall sera le nouveau directeur musical du Théâtre national de Hesse à Wiesbaden. Le Britannique devrait prendre ses fonctions à partir de la saison 2024-25, en même temps que le début de la double intendance de Dorothea Hartmann et Beate Heine, a annoncé mercredi le ministre des Arts et de la Culture de Hesse Timon Gremmels).
McFall succède à Patrick Lange, qui a quitté la maison début 2022 en raison de divergences artistiques avec l'intendant Uwe Eric Laufenberg.

Né à Londres en 1981, McFall est actuellement chef principal de l'Orchestre Symphonique d'État de Thessalonique et chef  principal de l'Orchestre Symphonique du Vorarlberg (SOV).
Il a étudié à l'Université d'Oxford, à la Sibelius Academy et à la Haute école de musique de Zurich. Après avoir été assistant de Bernard Haitink, notamment auprès du Royal Concertgebouw Orchestra, du Chicago Symphony Orchestra et du Wiener Philharmoniker, il est devenu premier chef d'orchestre au Meininger Staatstheater et a pris la direction de l'OSV en 2020.

Décès de Tulio Colacioppo

par

Le chef d'orchestre brésilien Tullio Colacioppo est décédé dimanche à son domicile à l'âge de 89 ans.

Spécialisé dans le répertoire d'opéra, il a été chef titulaire du théâtre municipal de São Paulo entre 1961 et 2004 et il a fondé le collège Mozarteum de São Paulo.

Markus Poschner, à suivre...

par

On apprenait il y a quelques jours que Markus Poschner quittera l'orchestre Bruckner de Linz en cette année du bicentenaire du compositeur, sans qu'on en connaisse la raison.

En fait, il serait sur le point d'être nommé successeur de Marin Alsop à l'orchestre ORF de Vienne. Il ne manquerait plus qu'une signature...

"Mazeppa" de Piotr Ilitch Tchaïkovski, 140 ans

par

Mazeppa (en russe : Мазепа / Mazepa) est un opéra en trois actes et six scènes de Piotr Ilitch Tchaïkovski sur un livret de Victor Bourenine, créé au Théâtre Bolchoï de Moscou le 15 février 1884. Le but principal de l'opéra était de profaner l'image de l'hetman ukrainien et de minimiser ses mérites.

Tchaïkovski a composé Mazeppa de 1881 à 1883. Le livret a d'abord été écrit par Victor Bourenine qui avait adapté le poème épique « Poltava » d'Alexandre Pouchkine. Ce livret était destiné à Karl Davidov mais qui avait renoncé à la composition d'un opéra sur ce sujet. Tchaïkovsky a remanié profondément le livret en revenant au poème de Pouchkine. Il a aussi ajouté des personnages, comme Andreï, amoureux depuis l'enfance de Maria, jusqu'à sa mort dans la scène finale.

Le poème de Pouchkine est basé sur des évènements historiques. La bataille de Poltava opposa le 8 juillet 1709 l'armée de Pierre Ier de Russie et les troupes de Charles XII de Suède avec l'appui des cosaques d'Ukraine du hetman Ivan Mazeppa.

L'opéra fut créé à Moscou et peu après, le 19 février 1884, à Saint-Pétersbourg, avec Emilia Pavlovskaïa dans le rôle de Maria. La première en Angleterre a eu lieu à Liverpool en 1888 ; aux États-Unis, il a été joué à Boston en 1922, à New-York en 1933 ; en Autriche à Vienne en 1933 ; en Italie à Florence en 1954.
Il a fallu attendre le 27 septembre 1978 pour qu'il soit joué en version de concert à Paris à la Maison de Radio France sous la direction de Jean-Pierre Marty.
La création française sur scène a eu lieu à l'Opéra de Lyon le 24 janvier 2006 sous la direction de Kirill Petrenko.

 

Kurt M. Atterberg, 50 ans

par

Kurt Magnus Atterberg (né à Göteborg le 12 décembre 1887 – mort à Stockholm le 15 février 1974) est un compositeur et un chef d'orchestre suédois.

Atterberg étudie le violoncelle et en joue parfois dans l'orchestre. Il publie sa première œuvre en 1908 : Rhapsodie pour piano et orchestre opus 1.
En 1910, il présente sa Rhapsodie et une version inachevée de sa 1ère Symphonie opus 3, pour le concours d'admission au Conservatoire de Stockholm. Il y étudie la composition et l'orchestration avec Andreas Hallén (1846-1925) et parallèlement, l'année suivante, il obtient son diplôme d'ingénieur à l'Institut Royal de Technologie.

De 1912 à 1968, Atterberg est employé au bureau suédois des brevets. En 1912, il achève et dirige sa 1ère Symphonie.
De 1916 à 1922 il est le chef de l'Opéra Royal de Stockholm.
Après la guerre et jusqu'en 1957 il exercera aussi le métier de critique dans un journal de la capitale, le Stockholmstidningen.

En 1924, Atterberg participe à la fondation de la Société des compositeurs suédois et de la Société pour les droits d'interprétation. En 1926, il est nommé membre de l'Académie Royale suédoise de musique et il en deviendra le secrétaire perpétuel de 1940 à 1953.

Bien qu'ayant dirigé dans les grandes capitales d'Europe, le nom de Kurt Atterberg ne fut découvert par le public qu'en 1928 : lors du centenaire de la mort de Schubert, la Columbia lui offrit le premier prix, doté de 2000 livres (10 000 dollars) pour avoir terminé la Symphonie Inachevée. Grâce à cette dotation, il compose une œuvre qui n'est autre que sa Symphonie no 6 sous-titrée « Dollar Symphony ». Créée à Cologne par Abendroth, elle est gravée par Sir Thomas Beecham, Arturo Toscanini et Atterberg l'enregistra lui-même plus tard.

Un Prix Atterberg a été institué et il est décerné chaque année depuis la mort du compositeur. Il récompense des compositeurs suédois.

Atterberg a composé dans un style romantique que l'on peut rapprocher de celui des musiciens du courant nationaliste nordique, notamment Edvard Grieg ou Jean Sibelius. On retrouve cependant chez lui à la fois des influences plus diversifiées dont il se réclame lui-même -les Russes, Brahms et Reger- et il est pourvu d'une grande imagination, tant sur le plan thématique qu'orchestral.

Il est l'auteur de neuf symphonies, un concerto pour violon, un concerto pour piano, un concerto pour violoncelle, ainsi que de nombreuses autres œuvres.

Elles n'ont, pour la plupart, été éditées qu'une seule fois en disque compact (Naxos). L'intégrale des symphonies, ainsi que les concertos pour violon et piano ont été édités par CPO en 2005 et 2006.

Les éditions de ses œuvres en partitions sont difficiles voire impossibles à trouver (excepté le Concerto pour cor opus 28 (1926), chez Breitkopf & Härtel).

Christopher Rouse, 75 ans

par

Christopher Chapman Rouse (Baltimore, Maryland,  – Baltimore, ) est un compositeur américain. Il reçoit le Prix Pulitzer pour son Concerto pour trombone et un Grammy Awards pour son Concert de Gaudí, un concerto pour guitare.

Christopher Rouse a étudié avec Richard Hoffmann au Oberlin Conservatory of Music où il est diplômé en 1971. Ensuite, il étudie en privé avec George Crumb jusqu'en 1973. En 1972 et 1973, Christopher Rouse reçoit le BMI Student Composer Awards de la Fondation BMI, et il compléte sa formation avec Karel Husa à l'Université Cornell, avec son doctorat en 1977.

Il a ensuite enseigné à l'Université du Michigan de 1978 à 1981 et la composition à la Eastman School of Music de 1981 à 2002. Il enseigne également à la Juilliard School depuis 1997 et à plein temps dès 2002. Parmi ses élèves, on peut mentionner Michael Torke, Kevin Puts et Cristina Spinei.

Il est compositeur en résidence de l'Orchestre de Baltimore (1986–1989)1 et de 2012 à 2015 à la Philharmonie de New York (The Marie-Josée Kravis Composer-in-Residence). En 2002, Christopher Rouse est élu membre de l'Académie américaine des arts et des lettres et désigné compositeur de l'année.

Il meurt à Baltimore à l'âge de 70 ans.

Rouse était un compositeur néoromantique. Certaines de ses œuvres étaient principalement atonales (GorgonConcerto pour orchestre) tandis que d’autres sont clairement tonales (KaroljuRapture). Le plus souvent, il cherchait à intégrer des mondes harmoniques tonaux et non tonaux, comme dans ses concertos pour flûte, hautbois et guitare. Toute sa musique a été composée, dans ses mots, "pour transmettre un sentiment d’urgence expressive."
Rouse a été célébré pour son orchestration, notamment avec les percussions. Il cite souvent des œuvres d’autres compositeurs (p. ex., sa Symphonie no 1, composée en 1986, incorpore des citations de Bruckner et de Chostakovitch). Les plus anciennes œuvres de Rouse sont deux brèves pièces pour ensemble de percussion, toutes deux inspirées par des sujets mythologiques : Ogoun Badagris (1976, haïtien) et Ku-Ka-Ilimoku (1978, polynésien) ; une partition pour percussions plus tardive inspirée du percussionisme rock, Bonham a été composée en 1988.

La mort de Leonard Bernstein en 1990 a été la première d’une série de décès qui ont laissé une profonde impression sur Rouse, et son Concerto pour trombone (1991) a été la première partition de son soi-disant "cycle de la mort," qui rappelle la mort L. Berstein, le Concerto pour violoncelle, (1992) , le meurtre de James Bulger (Concerto pour flûte, 1993), le compositeur Stephen Albert (Symphonie nº 2, 1994) et la mère de Rouse (Envoi, 1995).
Après Envoi, il s’est volontairement mis à composer des partitions plus "légères", des œuvres destinées à prendre un casting moins sombre ; les pièces de cette seconde moitié des années 1990 comprennent Compline (1996), Kabir Padavali (1997), le Concerto de Gaudí (1999)12Seeing (1998)13, et Rapture (2000).

À partir de 2000, Rouse a créé des œuvres aux ambiances variées, de son épineux Concerto pour clarinette (2001) à son rock infusé The Nevill Feast (2003) en passant par son romantique Concerto pour hautbois (2004).
La pièce la plus importante de ces années fut son Requiem de quatre-vingt-dix minutes, composé en 2001 et 2002. Rouse lui-même a qualifié le Requiem de sa meilleure composition.
Les principales compositions plus récentes incluaient son Concerto pour orchestre (2008), Odna Zhizn (2009), la Symphonie nº 3 (2011), la Symphonie nº 4 (2013), Thunderstuck (2013), Heimdall’s Trumpet (un concerto pour trompette, 2012), le Concerto pour orgue (2014), la Symphonie nº 5 (2015), le Concerto pour bassoon (2017), Berceuse Infinie (2017) et la Symphonie nº 6 (2019).

À la fin de 2006, Rouse a composé la pièce Wolf Rounds, qui a été créée à Carnegie Hall le 29 mars 2007.

Georges Auric, 125 ans

par

Le compositeur français Georges Auric est né le 15 février 1899 à Lodève (Hérault) et mort le 23 juillet 1983 à Paris (8e).

Compositeur de musiques de films, il est notamment à l'origine de la bande-son de films célèbres tels que « La Belle et la Bête » de Jean Cocteau, « Notre-Dame de Paris » de Jean Delannoy et « La Grande Vadrouille » de Gérard Oury. Il fut également compagnon de route du Parti communiste français.

Il fait ses premières études de piano au Conservatoire de Montpellier puis entre en 1913 au Conservatoire de Paris où il est l'élève jusqu'en 1914 de Georges Caussade (1873-1936) en contrepoint et fugue. À partir de 1914, il étudie la composition avec Vincent d'Indy à la Schola Cantorum de Paris. À partir de 1915, il fréquente Igor Stravinsky et Erik Satie avant de se joindre au groupe des Six avec Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Louis Durey et Germaine Tailleferre. Ami de Jean Cocteau, du peintre Jean Hugo, de Valentine Hugo et de Raymond Radiguet, il passe avec eux plusieurs vacances au Piquey (bassin d'Arcachon) et dactylographie le texte du « Bal du comte d'Orgel ».

Ses premières mélodies s'inspirent d'Erik Satie, d'Igor Stravinsky, d'Emmanuel Chabrier.

Il a écrit des critiques musicales dès 1913 (il avait quatorze ans) dans la Revue française de musique. Le 10 décembre 1913, celle-ci publie son article intitulé « Erik Satie, musicien humoriste » qui ravira le compositeur. Satie demandera à le rencontrer et sera tout surpris de l'âge du rédacteur.

Il est notamment l'auteur avec Diaghilev des ballets Les Fâcheux et Les Matelots ainsi que de la tragédie chorégraphique Phèdre. Parallèlement, il signe des musiques de films aussi célèbres que « Le Sang d'un poète » (1930), « La Belle et la Bête » (1946) et « Orphée » (1950) de Jean Cocteau, « Moulin Rouge » (1952), réalisé par John Huston, « Lola Montès » (1955) de Max Ophüls, « Du rififi chez les hommes », réalisé par Jules Dassin (1955), "Le Mystère Picasso" réalisé par Henri-Georges Clouzot (1955), « Notre-Dame de Paris » de Jean Delannoy et « La Grande Vadrouille » de Gérard Oury.

Il reçut le prix Ondas en 1959 à Barcelone pour l'ensemble de son œuvre musicale à l'Ortf.

Il fut président de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) de 1954 à 1978, administrateur de la Réunion des théâtres lyriques nationaux du 1er juin 1962 au 31 juillet 1968 et membre du conseil culturel du Cercle Culturel de Royaumont.

Il était marié depuis le 30 octobre 1930 à Eleonore Vilter (1902, Autriche - 1982, Paris), plus connue sous son nom d'artiste peintre et décoratrice Nora Auric.

Friedrich Ernst Fesca, 235 ans

par

Friedrich Ernst Fesca ( à Magdebourg dans le duché de Magdebourg -  à Karlsruhe) est un violoniste et compositeur prussien.

Il naît à Magdebourg le . Son père, Johann Peter August Fesca, juge de marché de Magdebourg, est actif dans la vie musicale de la ville ; il consacre beaucoup de son temps à la pratique du violoncelle et du piano. Sa mère est chanteuse ; elle a été l'élève de Johann Adam Hiller et de Marianne Podleska. Elle était chanteuse professionnelle dans sa jeunesse.

Friedrich commence sa formation musicale à Magdebourg et complète ses études à Leipzig avec le Thomaskantor August Eberhard Müller.
À l'âge de quatre ans, il pouvait jouer des pièces de difficulté moyenne au piano et il commença à étudier le violon à cet âge.
À quinze ans, il joue en concert plusieurs concertos pour violon, pour lesquels il est généralement bien reçu ; il est alors nommé premier violon de l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig. Il occupe ce poste jusqu'en 1806 quand il devient premier violon du Duc Pierre Ier d'Oldenbourg.
En 1808, il est nommé violon solo par le roi Jérôme de Westphalie au Staatstheater de Cassel ; il y reste jusqu'à la fin de l'occupation française en 1814. Il part alors pour Vienne et revient peu après à Karlsruhe, où il est nommé premier violon du Grand Duc de Bade.

Sa santé déclinante l'empêche de profiter de ses succès et en 1826 il meurt de tuberculose à l'âge de 37 ans.

Son fils Alexander est également un compositeur renommé.

Comme virtuose, Fesca fait partie des meilleurs musiciens de l'école allemande de violon avec Spohr et Joachim. Parmi ses compositions, ses quatuors et autres pièces de musique de chambre sont les plus remarquables. Ses trois symphonies (no 1 en mi♭, Op. 6 ; no 2 en , Op. 10 ; no 3 en , Op. 13) avec ses œuvres de musique de chambre faisaient toujours partie du catalogue d'Augener en 1861 . Ses deux opéras, Cantemire et Omar and Leila, eurent moins de succès. Il composa également des œuvres sacrées et plusieurs chants et quatuors vocaux.