Le Journal

Egidio Romoaldo Duni, 315 ans

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Le comositeur italien Egidio (Romualdo) Duni (ou Duny) est né à Matera le 9 février 1709 et décédé à Paris le 11 juin 1775.

Bien que Duni ne soit pas inclus parmi les meilleurs compositeurs d'opéras-comiques, il a son importance en tant que précurseur : il est le premier à obtenir un succès durable avec une musique nouvelle et originale sur des livrets français.

Egidio Duni est l'un des fils d'une famille nombreuse dont le père, Francesco, est maître de chapelle de Matera. Son frère aîné, Antonio, est lui aussi musicien et fera carrière un peu partout en Europe, en Allemagne et en Russie. On ne sait rien de précis sur la formation d'Egidio, qui aurait fait ses études dès ses neuf ans, au Conservatoire de Santa Maria di Loreto de Naples, auprès de Francesco Durante.

Son premier opéra, Nerone, est présenté à Rome au Teatro Tordinona, le 21 mai 1735 et remporte un grand succès public. Après un passage à Milan, en 1737, via Paris il se rend à Londres, où il fait exécuter Demofoonte au King's Theatre. L'année suivante, il part une année à Leyde aux Pays-Bas pour étudier, puis retourne à Florence, puis Naples, en 1739.

Il est nommé maître de chapelle d'une église de province à San Nicolo di Bari en 1743. Vers 1748, il occupe un poste similaire à la Cour du Duc de Parme, où la Duchesse (fille de Louis XV) l'incite à composer dans le goût français.
Instructeur de la jeune Princesse Isabelle, il est accoutumé à la culture française dès cette époque, il met en musique La Chercheuse d'esprit (1741) de Charles-Simon Favart (d'après Daphnis et Chloé) et Le Caprice amoureux, ou Ninette à la cour, dans des versions italiennes (Ninette est une parodie par Favart d'un intermède italien Bertoldo in corte de Ciampi présenté à Paris en 1753). Ces opéras lui valurent « un franc succès ».
Dans ces pièces, la déclamation parlée remplaçait les récitatifs chantés « jugés trop pesant pour une intrigue légère », mêlés d'ariettes et respectait ainsi également le privilège de l'opéra.

En 1756, il se rend à Paris où il rencontre le directeur de l'Opéra-Comique, Jean Monnet pour lequel il crée, le 26 juillet 1757, son premier opéra en français, respectueux de la prosodie, Le Peintre amoureux de son modèle sur un livret de Louis Anseaume. Le succès l'invite à se fixer dans la capitale française. Il contribue à perfectionner le genre de l'opéra-comique en mêlant au spectacle des éléments italiens et français.
Les encyclopédistes et Diderot lui-même, qui réfute la thèse de Rousseau sur la non-musicalité de la langue française (dans les récits plus précisément), l'encouragent et il confère « une dignité artistique sans précédent » au genre comique, notamment en enrichissant d'une note sentimentale l'intrigue théâtrale, caractéristique développée ensuite par Monsigny, Grétry et Dalayrac dans le drame sentimental.

Entre 1761 et 1768, grâce à l'appui de Charles-Simon Favart, il est le directeur musical de la Comédie Italienne pour qui il compose -en faisant appel aux librettistes les plus modernes de son temps, notamment Favart- vingt-deux opéras-comiques entre 1756 et 1770, qui presque tous ont eu du succès et dont la plupart sont gravés, intégralement, ou sous forme d'extraits ou d'arrangements.
En 1763 est créé Le Milicien sur un livret d'Anseaume, où se retrouve pour la première fois un des personnages favoris de l'opéra-comique, le vieux soldat à la fois comique, bourru et au grand cœur.

Egidio Duni est l'auteur de près d'une quarantaine d'opéras bouffes ou comiques : une douzaine d'opéras italiens et de vingt-deux opéras-comiques français à partir de 1756, dont les principaux sont : Le Peintre amoureux de son modèle (1757), La Fée Urgèle (1765) et Les Moissonneurs (1768)1.
Il a aussi composé de la musique religieuse, messes, litanies, psaumes… et un peu de musique de chambre.

 

Jodie Devos au Gran Teatre del Liceu de Barcelone

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La scène du Gran Teatre del Liceu accueille Un ballo in maschera de Verdi. Le colisée de Barcelone propose cet opéra dans la production que Graham Vick a réalisée pour le Teatro Regio de Parme peu avant sa mort.
Le Ballo du metteur en scène britannique rompt avec les codes traditionnels. Une scénographie construite à partir d'un écran semi-circulaire entourant la toile de fond, avec un tombeau inquiétant présidant la scène, sert de base à la narration du destin tragique dans lequel sont décrits les tourments des personnages principaux.
En outre, Graham Vick a introduit une autre idée : le bal masqué -la fête collective- ne devait pas avoir lieu uniquement à la fin, mais, dans la mesure du possible, à n'importe quel moment. Que ce soit au début de l'opéra ou à la fin du premier ou du deuxième acte, la scène est remplie de figurants représentant différentes manières de subvertir ou de pirater la réalité : figures androgynes, travestis, comédiens, acrobates défiant la gravité.

Sous la direction musicale de Riccardo Frizza, les neuf représentations mettront en scène une double distribution vocale aux noms prestigieux où Oscar sera interprété par Sara Blanch et Jodie Devos.

Thomas Hengelbrock et la France

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Le fondateur du Balthasar Neumann Ensemble succédera à Lars Vogt, décédé en septembre 2022. Le plus francophile des chefs allemands ouvrira la saison 2024-2025, le 7 septembre prochain au Panthéon.

Le chef y dirigera, dans le cadre de Paris 2024 et pour la veille de la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques, le Requiem de Gabriel Fauré, dont on commémore cette année les cent ans de la disparition.

Tout un symbole, pour celui qui a choisi de s’installer à Paris avec femme et enfant il y a maintenant deux ans et demi. Après avoir vécu en Allemagne pendant de très nombreuses années, je ressentais le besoin de m’immerger dans la culture française. J’ai toujours été fasciné par votre rapport à l’histoire. Et je suis convaincu que nos deux pays ont un lien très important dans l’idée de culture européenne.

Ivor Bolton, Commander of the Order of the British Empire

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Ivor Bolton, chef d'orchestre principal de l'Orchestre Symphonique de Bâle, a reçu le titre de "Commander of the Order of the British Empire" mardi au château de Windsor. Il a reçu l'ordre des mains de la Princesse Anne.

Comme la Suisse est l'un des rares pays au monde à ne pas décerner de médailles, c'est à d'autres pays qu'il revient de récompenser les prestations exceptionnelles de ceux qui y travaillent  et de leur accorder ainsi l'estime qu'ils méritent.

 

Simon Rattle invité à la Philharmonie tchèque

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La Philharmonie tchèque a nommé aujourd'hui Simon Rattle principal chef d'orchestre invité pour les cinq prochaines années.

Il a demandé que le poste soit connu sous le nom de "Rafael Kubelik Chair", du nom du chef d'orchestre tchèque longtemps exilé.

Entre-temps, Semyon Bychkov reste chef d'orchestre et directeur musical de la Philharmonie tchèque et Jakub Hrůša reste, à tort, principal chef d'orchestre invité.

L'Istituto Nazionale di Studi Verdiani reçoit un fonds documentaire de Temistocle Solera

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Un important fonds documentaire provenant du bureau de l'homme de lettres Temistocle Solera (1816-1878), librettiste de Giuseppe Verdi entre 1839 et 1846 et impliqué dans l'écriture d'opéras tels que Oberto, Nabucco, I lombardi alla prima crociata, Giovanna d'Arco et Attila, a été donné à l'Istituto Nazionale di Studi Verdiani.

La collection, composée de 68 pièces représentées en grande partie par des autographes qui n'ont jamais été étudiés, a été donnée par son arrière-petit-fils Rodolfo Solera avec sa femme Emma et ses filles Federica et Francesca, à qui la documentation est parvenue par descendance directe.

La collection documentaire reflète en particulier les vingt dernières années de la vie de Solera qui, bien que postérieures à ses collaborations artistiques directes avec Verdi, présentent de nombreuses corrélations avec des événements tardifs de la biographie du maestro de Busseto. Les documents comprennent des livrets non joués, le fragment d'un livret mis en musique par le compositeur cubain Villate Montes grâce à l'intérêt de Verdi, des lettres à son fils et à d'autres interlocuteurs, des écrits en prose et en poésie sur des sujets civiques, politiques ou religieux, des articles de journaux et des distinctions honorifiques témoignant de ses devoirs civiques.

Salvador Vázquez à Cordoue

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Salvador Vázquez a été nommé chef principal de l'Orchestre de Cordoue. Il entrera en fonction pour la saison 24-25, avec un contrat initial de deux ans renouvelable, ce qui fera de lui le sixième chef d'orchestre de l'ensemble en 31 ans.

Né à Malaga en 1986, le jeune chef d'orchestre espagnol s'est imposé comme l'un des artistes les plus dynamiques et charismatiques de la nouvelle génération de chefs d'orchestre en Espagne, avec un enthousiasme particulier pour l'opéra.

Présélection à l'aveugle au Concours de piano de Leeds

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Fiona Sinclair, directrice générale du Concours international de piano de Leeds, a attiré l'attention sur les préjugés sexistes dans le monde des pianistes de concert et introduit une nouvelle mesure dans le concours pour tenter de résoudre ce problème.

Dans les éditions précédentes du concours, les candidats envoyaient un enregistrement vidéo pour l'épreuve de présélection ; désormais, ils auditionneront "à l'aveugle", avec un enregistrement audio uniquement. Un nom généré de manière aléatoire sera attribué à chaque fichier afin que le jury puisse distinguer un enregistrement d'un autre, mais aucune autre information sur l'identité du concurrent ne sera donnée.

Fiona Sinclair a fait remarquer qu'au cours des soixante années d'existence du concours, seules deux femmes -Sofya Gulyak et Anna Tsybuleva- l'ont remporté. Il en va de même pour des concours comparables : seuls 18 % des 40 premiers concours internationaux de piano les plus récents ont été remportés par des femmes.

"Boris Godounov" de Modeste Moussorgsky, 150 ans

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Boris Godounov est un opéra de Modeste Moussorgski, en deux versions (1869 et 1872), sur un livret russe du compositeur, basé sur le drame du même nom d’Alexandre Pouchkine et sur l’ Histoire de l'État russe de Karamzine.

La musique est écrite dans un style russe qui reflète la connaissance qu'avait le compositeur de la musique populaire russe et qui rejette volontairement l'influence de l'opéra allemand et italien. Pouchkine a basé sa pièce sur le personnage historique de Boris Godounov et s'est inspiré de Macbeth de Shakespeare. Dans la pièce (qui n'est pas fidèle à l'Histoire), Boris devient tsar après avoir fait assassiner l'enfant Dimitri, l'héritier légitime.

Bien que Boris gouverne humainement, le pays sombre dans le chaos et la pauvreté. Un jeune moine vagabond, Grigori, se fait passer pour Dmitri et réussit à épouser Marina, femme noble originaire de Pologne, qui déguise sa volonté de puissance en amour passionné. Après avoir convaincu le roi de Pologne de sa légitimité, le faux Dmitri convainc les Polonais d'envahir la Russie. Boris, bourrelé de culpabilité et de remords et hanté par des hallucinations, sombre dans la folie et meurt en implorant la grâce divine.

L'œuvre de Moussorgski existe dans deux versions authentiques : la version originale de 1869 (7 scènes) qui n'a jamais été représentée avant 1928 et une version fortement révisée de 1872 (en un prologue et 4 actes) créée le 8 février 1874 au théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg. La « deuxième version » inclut des éléments nouveaux qui ne trouvent pas leur origine chez Pouchkine, donnant ainsi une représentation quelque peu différente de Boris Godounov qui devenu tsar, prend habilement en compte le besoin conventionnel d'un certain « intérêt d'amour ».
L'enregistrement de 1997 à l'Opéra de Kirov inclut les deux versions avec différents chanteurs dans le rôle de Boris.

À la mort de Dostoïevski, le 28 janvier 1881, Moussorgskiy bouleversé improvisera une marche funèbre à partir des thèmes de son Boris. Lui-même mourra deux mois plus tard.

Après la mort de Moussorgski, l'opéra a été largement édité et deux fois re-orchestré (1896 et 1908) par le grand ami du compositeur Nikolaï Rimski-Korsakov ; ces versions plus raffinées et par convention plus « efficaces » ont maintenu l'œuvre vivante pendant plusieurs décennies ; ce sont elles qui sont habituellement exécutées aujourd'hui en Russie. À l'ouest, cependant, les originaux « moins polis » de Moussorgski sont récemment devenus plus populaires, avec leurs couleurs foncées et leurs bords rugueux qui sont ressentis comme étant plus en phase avec l'histoire. L'opéra a été également réorchestré par Dmitri Chostakovitch en 1959.

Mieczyslaw Karlowicz, 115 ans

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Mieczysław Karłowicz ([miɛt͡ʂɨswaf ˈkarwɔvit͡ʂ], 11 décembre 1876 - 8 février 1909) est un compositeur et chef d'orchestre polonais.

Mieczysław Karłowicz est né à Vishneva, dans le gouvernorat de Vilna de l'Empire russe (aujourd'hui en Biélorussie), dans une famille noble appartenant au clan Ostoja. Son père Jan était un linguiste, lexicographe et musicien polonais. Enfant, Karłowicz étudie le violon, pour lequel il composera plus tard son unique concerto.

Karłowicz étudie à Varsovie avec Zygmunt Noskowski, Stanisław Barcewicz, Piotr Maszyński et Gustaw Roguski. Il étudie ensuite à Berlin avec Heinrich Urban, à qui il dédie sa Sérénade pour cordes, qu'il a composée et interprétée alors qu'il était l'élève d'Urban.
De 1906 à 1907, il étudie la direction d'orchestre avec Arthur Nikisch.

La musique de Karłowicz est d'un caractère romantique tardif. Il était un grand admirateur de Piotr Ilitch Tchaïkovski, dont il a loué la Symphonie n° 6. L'influence de Tchaïkovski est perceptible dans les premières œuvres de Karłowicz, notamment la Symphonie en mi mineur et le Concerto pour violon. Comme la plupart des romantiques tardifs, il a également subi l'influence considérable de Richard Wagner, en particulier avec Tristan und Isolde. Néanmoins, il réussit à développer un langage musical original qui s'exprime dans l'harmonie et l'orchestration, qu'il maîtrise comme peu d'autres compositeurs et écrit certaines des musiques orchestrales les plus colorées jamais créées.

Parmi ses œuvres figurent une Symphonie en mi mineur (Rebirth, op. 7), un Concerto pour violon en la majeur (op. 8), la musique de scène d'une pièce de théâtre, « The White Dove », et six poèmes en tonalités, dont The Returning Waves, Eternal Songs, Lithuanian Rhapsody, Stanisław i Anna Oświecimowie, Smutna opowieść, et Epizod na maskaradzie. Le Concerto pour violon a été écrit pour et dédié à son ancien professeur Stanisław Barcewicz, qui a créé l'œuvre sous la direction de Karłowicz à Berlin le 21 mars 1903 avec la Philharmonie de Berlin.

Il écrit également un certain nombre de chansons pour voix et piano, sur des textes de Kazimierz Przerwa-Tetmajer, Adam Asnyk et d'autres. Une grande partie du reste de sa petite production a été perdue pendant la Seconde Guerre mondiale.
Karłowicz a passé une grande partie de sa vie à Zakopane, dans le sud de la Pologne, s'adonnant souvent à l'un de ses passe-temps favoris, la photographie, dans les paysages montagneux des environs. Karłowicz est mort à l'âge de 32 ans dans une avalanche alors qu'il faisait du ski lors d'une excursion dans les Tatras en 1909.

La Philharmonie de Szczecin porte le nom de Mieczysław Karłowicz en reconnaissance de l'héritage musical du compositeur.