Le Journal

George Balanchine, 120 ans

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George Balanchine est un chorégraphe, danseur, acteur et réalisateur russe d'origine géorgienne né à Saint-Pétersbourg le  et mort à New York le .

Une blessure au genou met rapidement fin à sa carrière de danseur mais son activité de chorégraphe ne cessera de se développer, jusqu'à faire de lui l'un des chorégraphes les plus influents du xxe siècle et un pionnier du ballet aux États-Unis.
Cofondateur et maître de ballet du New York City Ballet, il a jeté les bases du ballet néo-classique fondé sur la profonde connaissance qu'il avait du ballet romantique. Son travail sur les lignes du corps et son jeu avec le déséquilibre dans le mouvement contribueront à modeler un nouveau style qu'on qualifiera de « balanchinien » Réputé pour son oreille musicale, il n'a pas écrit de partition mais a exprimé la musique par la danse et a principalement œuvré avec Igor Stravinsky, de 22 ans son aîné.

Le père de Balanchine, le compositeur géorgien Meliton Balanchivadze (1862–1937), est un des fondateurs de l'opéra géorgien. Son frère, Andria Balanchivadze (1906–1992), est devenu un compositeur connu. Sa sœur comme sa mère, Marie Balanchivadze, sont passionnées par le ballet. Cette dernière inscrit son fils dans une école de danse à l'âge de 9 ans, mais George se montre peu intéressé par cet art. La plupart des membres de sa famille étant soit compositeur soit soldat, ses parents pensent que leur fils pourra toujours embrasser une carrière militaire s'il s'avére qu'il n'est pas doué pour la danse.

En 1913, Balanchine, alors âgé de 9 ans, entre par hasard à l'école au sein des Ballets Impériaux de Saint-Pétersbourg où il étudie sous la direction de Pavel Gerdt et de Samuel Andrianov, beau-frère du premier et travaille simultanément le piano.
À la révolution russe de 1917, l'école est fermée sous le prétexte qu'elle était un symbole du régime tsariste. Pour survivre aux privations et aux lois martiales de cette période sombre, Balanchine joue du piano dans les cabarets et les salles projetant des films muets.
L'école des ballets impériaux ayant à nouveau ouvert ses portes avec des moyens financiers extrêmement réduits, Balanchine obtient brillamment son diplôme en 1921.
Il entre au conservatoire de Saint-Pétersbourg alors dénommé Conservatoire de Pétrograd et travaille en même temps dans le corps de ballet de l'Académie d'État pour l'Opéra et le Ballet (précédemment le Théâtre d'État pour l'Opéra et le Ballet).

En 1920, adolescent, Balanchine réalise ses premiers essais chorégraphiques : un pas de deux intitulé La Nuit sur une musique d'Anton Rubinstein suivi d'un autre pas de deux, Enigma, qui se danse pieds nus. En 1922 Balanchine, âgé de 20 ans, épouse une jeune ballerine de 17 ans, Tamara Geva, dont il divorcera en 1926. Au conservatoire, il fait des études avancées de piano, musicologie, composition, harmonie et contrepoint. Diplômé du Conservatoire en 1923, il en restera membre jusqu'en 1924.

En 1923 il forme un petit ensemble, le Jeune ballet, avec des amis danseurs comme lui. Malheureusement, les autorités du pays trouvent cette chorégraphie trop « expérimentale » et « subversive » et dissolvent le groupe.

En 1924, au cours d'une tournée en Allemagne sous la république de Weimar, Balanchine, Tamara Geva sa femme, Alexandra Danilova et Nicholas Efimov, autres danseurs de l'Union Soviétique, s'enfuient pour Paris. Balanchine est engagé dans la compagnie des Ballets russes fondée par Serge de Diaghilev.

La vie sentimentale de Balanchine a été mouvementée. Peu après sa rupture d'avec Tamara Geva, Balanchine entame une idylle qui durera quelques années avec la ballerine Alexandra Danilova (1926–1933) puis noue des relations avec la jeune Tamara Toumanova, une des Baby Ballerinas qu'il rencontre lors de son séjour aux Ballets de Monte-Carlo. Il se mariera trois fois après avoir divorcé d'avec Tamara Geva. Il épousera successivement Vera Zorina (–1946), Maria Tallchief (1946–1952), et Tanaquil Le Clercq (1952–1969). Toutes ses épouses furent également ses muses.

Au cours de ses dernières années, Balanchine souffre d'angine de poitrine et doit subir un pontage coronarien.

Après des années de santé précaire, Balanchine meurt finalement de la maladie de Creutzfeldt-Jakob dont le diagnostic ne sera fait qu'après sa mort. Le premier signe de la maladie apparaît en 1978 lorsqu'il commence à perdre l'équilibre en dansant. La maladie progressant, il perd peu à peu la vue et l'ouïe. Il devient grabataire à partir de 1982 et meurt à New York le  à l'âge de 79 ans, sans laisser de descendance.

Les Ballets russes
En 1925, Balanchine est promu maître de ballet de la compagnie par Diaghilev qui l'autorise à développer sa propre chorégraphie. Dans le même temps, il entame une étroite collaboration avec Igor Stravinsky avec lequel il créera plus de trente ballets. Entre 1924 et le décès de Diaghilev survenu le , le chorégraphe produit neuf ballets ainsi que quelques autres chorégraphies de moindre importance. Malheureusement, victime d'une sérieuse blessure au genou qui limite ses mouvements, il doit se résoudre à mettre un terme à sa carrière de danseur.

Après le décès de Diaghilev, les Ballets russes se désagrègent. Balanchine monte des ballets pour les Cochran Revues, à Londres, puis devient maître de ballet invité au Ballet royal danois de Copenhague et crée Les Créatures de Prométhée pour l'Opéra de Paris où il travaille avec Claude Bessy, alors âgée de 14 ans. Malade, il recommande un suppléant, Serge Lifar comme maître de ballet. Il revient en tant que maître de ballet aux Ballets russes lorsque ceux-ci s'établissent à Monte-Carlo sous le nom de Ballets russes de Monte-Carlo. Il chorégraphie pour eux trois ballets : CotillonLa Concurrence et Le Bourgeois gentilhomme.

Balanchine quitte à nouveau les Ballets russes lorsque René Blum cède la compagnie au colonel de Basil et forme sa propre compagnie, Les Ballets 1933, avec l'aide financière d'Edward William Frank James et de son ami et ancien secrétaire Boris Kochno au poste de conseiller. La compagnie est dissoute au bout de deux mois en 1933, mais Balanchine a eu le temps de concevoir plusieurs chorégraphies nouvelles sur des musiques de Bertolt Brecht, Kurt Weill, Darius Milhaud et Henri Sauguet. Il s'était également adjoint la collaboration artistique du peintre et décorateur Pavel Tchelitchev.

Après une représentation de la compagnie des Ballets 1933, le mécène des arts Lincoln Kirstein rencontre Balanchine avec l'arrière-pensée de lui demander de monter une compagnie aux États-Unis. Ce dernier accepte et émigre au mois d'octobre 1933.

Les États-Unis
Dès son arrivée sur le territoire américain, Balanchine insiste pour que son premier projet soit la création d'une école du ballet. Avec l'aide de Lincoln Kirstein et d'Edward M. M. Warburg, la School of American Ballet ouvre ses portes le , assurant son emprise sur la danse de ballet aux États-Unis et faisant émerger des danseurs tels que Jacques d'Amboise, danseur principal du New York City Ballet durant près de trente ans. Ses élèves présentent la première du ballet Sérénade qu'il a chorégraphié à Warburg. Tout au long des décennies 1930 et 1940, et malgré son travail pour l'American Ballet, il chorégraphie pour les scènes de Broadway en collaboration avec de grands noms comme Richard Rodgers, Lorenz Hart et Vernon Duke. Il admire Fred Astaire dont il dit qu'il était le plus intéressant, le plus inventif, le plus élégant danseur actuel... Vous retrouvez un peu de Fred Astaire dans la façon de danser de chacun - une pause ici, un mouvement là. C'était l'originalité d'Astaire.

En 1934, Balanchine forme une compagnie de danse professionnelle qu'il nomme l'American Ballet, qui commence à se produire au Metropolitan Opera. En 1936, il monte seulement le ballet Orphée et Eurydice d'après l'opéra du même nom et en 1937 une après-midi de danse sur une musique d'Igor Stravinsky.

En 1938, sa compagnie gagne Hollywood. Il loue une maison de deux étages avec Kopeikine sur North Fairfax Avenue à proximité d'Hollywood Boulevard. La compagnie est rebaptisée American Ballet Caravan et part en tournée en Amérique du Nord et du Sud. Elle disparaîtra quelques années plus tard. Balanchine est chorégraphe résident pour les Ballets russes de Monte-Carlo de 1944 à 1946.

En 1948, grâce à l'aide généreuse de Lincoln Kirstein, il fonde une nouvelle compagnie de danse, la Ballet Society. Après plusieurs succès et quelques échecs, le New York City Center lui offre, en 1948, de devenir la compagnie de danse résidente de l'établissement sous le nom de New York City Ballet. En 1954, Balanchine monte le ballet Casse-Noisette que la compagnie interprète chaque année au moment de Noël et qui est devenu une tradition très lucrative aux États-Unis pour maintes compagnies de danse.

Il ne retourne en Russie alors soviétique qu'en 1972, lors d'une tournée avec le New York City Ballet à Léningrad sur l'initiative du directeur du Kirov, Oleg Vinogradov. À cause de la censure, celui-ci doit renoncer à organiser une soirée consacrée aux propres œuvres de Balanchine. Vinogradov écrira plus tard : ce "projet " ne rencontrera pas la compréhension des instances compétentes. On nous tenait à l'écart des chefs-d'œuvre de la culture mondiale depuis de longues décennies.

En 1978, George Balanchine reçoit le prix Kennedy Center Honors pour la première année de sa création.

Portrait
La musique et son interprétation sont la clef de voûte de son travail : le ballet est avant tout une affaire de tempo et d'espace : l'espace délimité par la scène, le temps fourni par la musique.

Fils spirituel de Marius Petipa, Balanchine s'inscrit dans la tradition classique et se réfère aux pas d'école pour les outrepasser. Son style est caractérisé par un en dehors poussé à l'extrême, des mouvements dynamiques, précis, vigoureux, des combinaisons de pas complexes voire acrobatiques, une rapidité d'exécution. Il prône une beauté formelle tendant vers l'épurement, une virtuosité technique transcendée par la maîtrise des interprètes et il accorde la prééminence à la danseuse9.

Le pédagogue
George Balanchine a aussi élaboré une technique de danse classique que son école, la School of American Ballet, continue à appliquer et à diffuser dans le monde entier : la méthode Balanchine.
Il a revu de nombreux éléments techniques traditionnels de base, pour donner à ses danseurs la pureté de lignes, la rapidité d'exécution, la dynamique et la musicalité nécessaires à l'exécution de ses ballets.

Cristofano Malvezzi, 425 ans

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Le compositeur italien Cristofano (ou Cristoforo) Malvezzi est né le  à Lucques et mort le  à Florence.

Venu très jeune à Florence, en 1562, il devint chanoine à la Basilique San Lorenzo, où il fut l'élève de Francesco Corteccia. En 1571, à la mort de Corteccia, il en devient le maître de chapelle.

En 1577, il reçut la charge de maître de chapelle du Grand-Duc de Toscane et obtient le même poste à la Cathédrale en 1596. Il fut le maître de Jacopo Peri.

Cristofano Malvezzi fut un des plus grands compositeurs actifs à Florence pendant la période de transition vers la musique baroque.

Son frère Alberigo (1550–1615) était un organiste et compositeur.

Deux violons changent de mains

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Le Stradivarius de 1712 ayant appartenu au virtuose italien Giovanni Battista Viotti a été prêté par le Groupe Canimex au violoniste moscovite Fedor Rudin, petit-fils du compositeur Edison Denisov.

Par ailleurs, le violon Guadagnini de 1760 appartenant au Conservatoire de Paris a été confié à un étudiant turc, Bartu Elci-Ozsoy.

Décès d'Ewa Podleś

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La grande contralto polonaise Ewa Podles, l'un des grands noms de l'histoire de l'opéra, est décédée à l'âge de 71 ans, des suites d'une longue maladie.

C'est ce qu'ont déjà annoncé plusieurs médias polonais, faisant leurs adieux à celle qui a sans doute été l'une des grandes références de la voix de contralto.

Née à Varsovie, elle fait ses débuts au milieu des années 1970 dans le rôle de Rossina dans Il barbiere di Siviglia de Rossini. Dès lors, sa carrière se développe sur les meilleures scènes du monde, de la Scala de Milan au Metropolitan Opera de New York, avec des rôles particulièrement baroques et rossiniens, mais aussi Azucena de Verdi et Klitemnestra de Strauss.

Elle a réalisé d'importants enregistrements de Haendel (Ariodante), Gluck (Armide), Rossini (Tancredi), Prokofiev (Alexander Nevsky), Puccini (Gianni Schicchi) et Offenbach (Orphée aux Enfers), ainsi que le Te Deum de son compatriote Penderecki.

"1er Quatuor à cordes" de Henryk Gorecki, 35 ans

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Le Premier Quatuor à cordes est sous-titré « Already It Is Dusk » (en polonais : Już się zmierzcha ; opus 62).

Le succès des œuvres symphoniques et chorales de Henryk Górecki de la fin des années 1970 et du début des années 1980 le pousse à explorer un genre nouveau pour lui, celui du quatuor pour cordes.
Il s'inspire d'une œuvre de musique ancienne polonaise de Waclaw de Szamotuly, « Już sie zmierzcha » (en français, « C'est déjà le crépuscule ») qui est le sous-titre anglais de l'œuvre. La pièce est une commande du Lincoln Center de New York pour le Kronos Quartet, composée du 20 octobre au 30 novembre 1988 à Katowice.

La première mondiale est donnée le 21 janvier 1989 à Minneapolis par le Kronos Quartet.

En 1992, le chorégraphe suédois Mats Ek utilise cette pièce pour sa pièce Meinungslose Weiden composée pour le ballet de Hambourg.

Il est composé d'un mouvement unique de presque 17 minutes que certains considèrent presque comme l'introduction de son Deuxième Quatuor à cordes. Il est d'une forme simple en arche ABA+coda, et se termine par une citation de « Douce nuit, sainte nuit. »

 

"Jenufa" de Leos Janacek, 120 ans

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Jenůfa (titre original en tchèque : Její pastorkyňa) est un opéra en trois actes composé par Leoš Janáček entre 1894 et 1904 sur un livret écrit par le compositeur, s'inspirant de la pièce « Její pastorkyňa » (Sa belle-fille) de Gabriela Preissová et créé au Divadlo na Veveří de Brno, le 21 janvier 1904.

Il s'agit d'une tragique histoire d'infanticide et de repentance, dont le réalisme des sentiments humains et l'intensité dramatique sont aussi célèbres dans l'opéra que dans la pièce dont il s'inspire.

L'œuvre est aujourd'hui jouée dans sa version originale, bien que sa popularité fût autrefois largement due à la réorchestration de Karel Kovařovic, directeur de l'Opéra de Prague. Ainsi modifiée, Jenůfa reçut à l'époque un accueil très favorable lors de sa reprise le 24 mai 1916 à Prague, puis dans le monde entier. Il fallut attendre 70 ans pour que la partition originale de Janáček soit à nouveau jouée.

La composition de Jenůfa fut très longue, de mars 1894 à janvier 1903, époque à laquelle Janáček s'intéresse à l'ethnomusicologie. Selon Milena Černohorská, le compositeur aurait sacrifié des ébauches et même des versions déjà avancées. Effectivement, ses théories se précisaient de jour en jour, dans le tâtonnement, de sorte que ce qu'il avait pu ébaucher était constamment remis en cause. Dans cette période de douze ans qui sépare Début d'une romance (1891) de la fin de Jenůfa, seul Amarus (1897) indique un bouleversement important et l'affirmation d'un sens dramatique exceptionnel.

Její pastorkyňa, la pièce en trois actes de Gabriela Preissová (1862-1946), fut jouée pour la première fois à Prague le 9 novembre 1890, puis à Brno en février 1892. La pièce est très révélatrice de l'époque où l'on venait de mettre à la mode une littérature régionaliste de caractère naturaliste. C'est sans doute là que Janáček la vit, alors qu'il devait connaître la pièce depuis le début de 1891 puisqu'il avait déjà collaboré avec Preissová pour Début d'une romance. En 1893, Janáček demande la permission d'adapter la pièce. Malgré le refus de Preissová, il établit le livret en 1895 et innove en gardant le style prosaïque. Jenůfa n'est pas un opéra « folklorisant » mais chacun y parle le langage de son rang dans des situations données.

Janáček avait déjà traité le thème de la jalousie dans une pièce chorale composée en 1888, inspiré d'un texte populaire : Žárlivec (le Jaloux). Le poème raconte qu'un brigand, blessé, tua sa bien-aimée pour qu'elle ne pût appartenir à un autre après sa mort. Pensant sans doute à l'ouverture de son prochain opéra, Janáček écrit, dès 1894, un tableau symphonique intitulé Žárlivost (Jalousie) dans lequel court une citation du thème chromatique de son propre chœur.

Janáček aurait terminé le premier acte en 1897, le deuxième fin 1901-juillet 1902, et fin 1902-début 1903 pour le troisième acte.

Tout naturellement, l'opéra aurait dû être représenté à Prague. Malheureusement, le 15 janvier 1887, Janáček avait rendu compte en termes peu flatteurs d'une œuvre de jeunesse de Karel Kovařovic et sur sa manière de diriger. Kovařovic était devenu depuis directeur de l'Opéra de Prague et il retarde l'audition de l'opéra à Prague. Faute de mieux, les répétitions commencent à Brno le 12 novembre 1903. La première a lieu au Divadle na Veveří (Théâtre sur Veveří) de Brno, le 21 janvier 1904. À cinquante ans, Janáček connaît un immense succès.

Malgré les excellentes critiques, Karel Kovařovic refuse l'opéra à Prague, tout en promettant de se rendre à Brno pour assister à une représentation -mais ne s'y rend pas. Son ami Jan Herben, qui avait collaboré à Rákós Rákóczy, intervient en faveur de Jenůfa. Rien n'y fait et Kovařovic continue à faire le sourd. Janáček fait appel à Gustav Mahler à l'automne 1904, invitant le prestigieux directeur de l'Opéra de Vienne à venir assister à une représentation à Brno. Il le fait par l'intermédiaire du ministre pour les pays de Bohême, le Baron Ottokar Pražak (lettre du 5 décembre 1904). Mahler répond courtoisement, en homme soucieux de sa charge mais, dans l'impossibilité de se déranger, il demande à son collègue de Brno de lui envoyer la partition de piano avec le texte en allemand. Malheureusement, comme ce matériel n'existe pas à l'époque, on n'en parle plus. Entre-temps, Jenůfa est donné à Ostrava le 25 septembre 1906.

Ce n'est qu'à la suite d'efforts extraordinaires d'amis et d'admirateurs de Janáček que Kovařovic accepte Jenůfa pour Prague, en stipulant alors qu'il doit « arranger » l'œuvre. Cet arrangement consiste en quelques réorchestrations et en un assez grand nombre de petites coupes, souvent d'une mesure ou deux seulement. Pour cet arrangement, il perçoit des royalties. La première a lieu le 24 mai 1916. L'opéra est un triomphe à Prague.

Le 16 février 1918 voit sa création à Vienne mais avec des modifications demandées par le chef d'orchestre Hugo Reichenberger. L'œuvre était encore plus trahie par la mise en scène mais le triomphe était si grand que l'opéra reste à l'affiche après octobre 1918, c'est-à-dire après la défaite et le détachement des pays tchèques de l'Empire.

Il faut attendre la création à Berlin par Erich Kleiber, en 1926, pour que Jenůfa prenne son véritable envol international.

 

Alexandre Tcherepnine, 125 ans

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Alexandre Nikolaïevitch Tcherepnine (en russe : Александр Николаевич Черепнин) est un compositeur et pianiste russe, puis américain, né à Saint-Pétersbourg le 21 janvier 1899 et mort à Paris le 30 septembre 19771.

Son père Nicolas Tcherepnine, élève de Nikolaï Rimski-Korsakov, et son fils Ivan Tcherepnine, membre de la faculté de l'Université Harvard, sont également compositeurs. Un autre de ses fils, Serge, s'est impliqué dans la musique électronique. Sa mère (née Benois), cantatrice très estimée, est une nièce d'Alexandre Benois.

Après la révolution de 1917, après un séjour à Tbilissi (1918-1920), il émigre début 1921 et vit en France (où il est membre de l'École de Paris avec Bohuslav Martinů, Marcel Mihalovici et Tibor Harsányi) et aux États-Unis. Il visite l'Extrême-Orient entre 1934 et 1937. Il y promeut des compositeurs au Japon (Akira Ifukube entre autres) et en Chine, fondant à cet effet son propre institut à Tokyo. Il épouse une pianiste chinoise, Lee Hsien Ming, pendant son séjour en Chine.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il reste en France. En 1948, il se rend aux États-Unis et y acquiert la citoyenneté en 1958.

Avec son épouse, il enseigne à l'Université DePaul de Chicago où l'Orchestre Symphonique de Chicago joue la première exécution de sa seconde Symphonie sous la direction de Rafael Kubelík. Parmi ses élèves, on note Gloria Coates, John Downey et Robert Muczynski. Sa femme est morte en 1991.

Ses premières œuvres étaient fort originales et quelques-unes sont encore populaires. Parmi ses créations, on compte trois opéras, quatre symphonies, six concertos pour piano, treize ballets, de la musique chorale (une messe et d'autres écrits liturgiques), des mélodies avec accompagnement de piano, de la musique de chambre, en particulier pour violoncelle et piano, ainsi qu'une large collection d'écrits pour piano solo.

Sa première Symphonie est remarquable pour son second mouvement, le premier à avoir été écrit pour percussion. Une autre symphonie, laissée inachevée du fait de son décès aurait été pour seule percussion.

Tcherepnine a inventé son propre langage harmonique par la combinaison des hexacordes mineure et majeure, du système pentatonique, de vieux modes russes et d'harmonies géorgiennes.

 

Guillaume Lekeu, 130 ans

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Guillaume Lekeu, né à Heusy le 20 janvier 1870 et mort à Angers le 21 janvier 1894, est un compositeur belge1.

Il reçoit ses premières leçons de musique du directeur du Conservatoire de Verviers, Louis Kéfer. En 1879, ses parents s'installent à Poitiers où il fréquente le lycée tout en poursuivant ses études de musique en autodidacte. Il compose sa première pièce à l'âge de quinze ans.

En 1888, sa famille s'installe à Paris, où il devient l'élève de César Franck, puis de Vincent d'Indy.

En 1891, avec sa cantate Andromède, il remporte le second prix au concours du Prix de Rome de Belgique, concours auquel se présente également son compatriote verviétois Albert Dupuis. Eugène Ysaye lui demande alors de composer une sonate pour piano et violon, qu’il interprète en mars 1893. Cette sonate reste l'œuvre la plus connue de Lekeu.

Atteint de typhoïde après avoir mangé un sorbet contaminé dans un restaurant à Paris début octobre 1893, il meurt trois mois plus tard à l'âge de vingt-quatre ans.

En son hommage, un mémorial, réalisé par Adolphe Wansart, lui est consacré à Verviers le 27 septembre 1936 ; la sculpture représente non pas le musicien mais « sa muse, debout, la tête inclinée sur sa lyre ».

Auguste Franchomme, 140 ans

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Auguste-Joseph Franchomme est un violoncelliste et compositeur français, professeur de violoncelle du Conservatoire de Paris, né à Lille le  et mort à Paris le .

Il est le fils de Michel-Joseph Franchomme, musicien, et de Marie-Rose-Josèphe Lenfant mariés le  à Lille.

Franchomme étudie au Conservatoire de Lille avec Louis Maes, avec qui il obtient son premier prix en 1821, et Pierre Baumann, puis avec Jean-Henri Levasseur et Louis Norblin au Conservatoire de Paris, obtenant son premier prix dès sa première année.

Il débute dans divers orchestres, et en 1828 devient violoncelliste solo de la Chapelle royale.

Il est fondateur et membre, avec le violoniste Delphin Alard (maître de Pablo de Sarasate) et le pianiste Charles Hallé (fondateur de l'Hallé Orchestra), du quatuor Alard, l'une des rares formations de musique de chambre composée de musiciens professionnels. Il est également membre fondateur de la Société des concerts du Conservatoire.

Franchomme lie d'étroites amitiés avec Félix Mendelssohn, lors de sa visite à Paris en 1831, et surtout avec Frédéric Chopin. Les deux musiciens collaborent sur le Grand Duo concertant pour piano et violoncelle (1833) sur des thèmes de l'opéra de Giacomo Meyerbeer, Robert le Diable. Franchomme réécrit la partie de violoncelle de la Polonaise brillante, op. 3 et Chopin lui dédie sa Sonate pour piano et violoncelle, op. 652.

À l'exception d'un voyage en Angleterre qu'il effectue en 1856, Franchomme ne quitte guère Paris où il devient une figure centrale de la vie musicale. Il acquiert, en 1843, le Duport (Stradivarius) du fils de Jean-Louis Duport pour la somme record pour l'époque de 22 000 francs. Il achète également en 1869 le Stradivarius "De Munck - Feuermann" datant de 1730.
Ses héritiers vendront le violoncelle 40 000 francs à Ebsworth Hill et Cie, et Camille Thomas joue sur Feuermann Stradivarius depuis 2019 sur prêt de la Nippon Music Foundation.

En 1846, il prend la suite de Norblin au poste de premier professeur de violoncelle du Conservatoire de Paris, et sa classe comprend Jules Delsart, Louis Hegyesi et Ernest Gillet.

Il est le plus illustre violoncelliste de son temps, et participe à l'avancée de la technique d'archet élégante, douce, et légère de l'école française, développée par Duport. Il dispose de surcroît d'une main gauche aux grandes facilités, précise et expressive.

Il est fait Chevalier de la Légion d'honneur le 21 janvier 1872.

Auguste-Joseph Franchomme meurt à l'âge de 75 ans.

Le critique musical célèbre de cette époque François-Joseph Fétis fit un éloge de Franchomme : M. Franchomme s'est fait une brillante réputation par le succès qu'il a obtenu dans tous les concerts où il s'est fait entendre, particulièrement dans ceux du conservatoire. Une qualité de son plein charme, beaucoup de grâce et d'expression dans sa manière de chanter, et une justesse rare dans les intonations, sont des qualités par lesquelles cet artiste se distingue. Il ajoute à ce mérite celui d'écrire de la musique de fort bon goût pour son instrument, et cette musique est devenue le répertoire de la plupart des violoncellistes français.

Aujourd'hui largement oublié, Franchomme était un véritable compositeur romantique pour le violoncelle. Les seules œuvres du compositeur qui sont restées dans le répertoire de l'instrument sont les Caprices, op. 7 (1835) et les Études pour deux violoncelles, op. 35 (1853). Franchomme a publié quelque 55 partitions.

Le Leonard Bernstein Award 2024

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Le Leonard Bernstein Award du Festival de musique du Schleswig-Holstein (SHMF) est décerné cette année à Anastasia Kobekina.
La Russe de 29 ans est considérée comme l'une des violoncellistes les plus prometteuses de sa génération, ont fait savoir les organisateurs vendredi. Le prix devrait être remis à l'artiste le 12 juillet 2024 lors d'un concert des lauréats à Lübeck.

Le jury du prix des jeunes talents a fait l'éloge de la virtuosité de Kobekina et de son expression particulière : "La musicienne allie savoir-faire technique et chaleur du cœur", a déclaré l'intendant Christian Kuhnt. "Nous avons été convaincus par l'aisance avec laquelle elle évolue à travers différentes époques stylistiques".

Le prix des jeunes talents, très convoité au niveau international, est doté de 10.000 euros. Parmi les précédents lauréats, on compte les pianistes Lang Lang et Anna Vinnitskaya, les violoncellistes Alisa Weilerstein et Kian Soltani, la mezzo-soprano Emily D'Angelo et, plus récemment, la percussionniste Vivi Vassileva.