Le Journal

"Lucrezia Borgia" de Gaetano Donizetti, 190 ans

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Lucrezia Borgia est un opéra en un prologue et 2 actes de Gaetano Donizetti sur un livret de Felice Romani d'après Victor Hugo, créé à la Scala de Milan le 26 décembre 1833.

La pièce de Victor Hugo "Lucrèce Borgia" avait été créée à Paris le 2 février 1833 et remporta un succès si considérable que Donizetti songea aussitôt à en tirer un opéra. L'ouvrage fut composé dans un délai exceptionnellement bref puisqu'il fut créé à la Scala de Milan dès le 26 décembre 1833 avec Henriette Méric-Lalande dans le rôle-titre.

L'ouvrage est créé à Londres en 1839 au Her Majesty's Theatre avec Giulia Grisi dans le rôle-titre et le célèbre ténor Mario. Le 31 octobre 1840, l'opéra est créé à Paris au théâtre des Italiens mais Victor Hugo obtient une ordonnance de justice qui le fait interdire pour contrefaçon. Avec un nouveau livret intitulé « La Rinegata » et les personnages italiens devenus turcs, les représentations purent toutefois reprendre et l'ouvrage fut joué à Paris dans cette version jusqu'en 1845.

La première production en langue anglaise eut lieu à Londres le 30 décembre 1843. Le ténor anglais Sims Reeves s'illustra dans le rôle de Gennaro.

Lucrezia Borgia fut ensuite montée à New York (Astor Place Opera House) en 1847 et repris en 1854 avec Giulia Grisi et en 1876 avec Thérèse Tietjens et le ténor Pasquale Brignoli. Thérèse Tietjens, qui avait chanté le rôle pour la première fois à Hambourg en 1849, le chanta fréquemment et en fut, au XIXe siècle, la plus célèbre interprète. Elle l'interpréta pour la dernière fois à Londres (Her Majesty's Theatre) en 1877 et, à cette occasion, s'effondra sur la scène tant elle était devenue obèse. Elle devait mourir peu après.

L'ouvrage fut produit à l'Academy of Music en 1882, et au Metropolitan Opera en 1902 avec Enrico Caruso en Gennaro. Il continua d'être régulièrement représenté jusqu'à faire son entrée définitive au répertoire avec la représentation du 24 avril 1933 à l'occasion du Mai musical de Florence.

Montserrat Caballe fit ses débuts aux États-Unis à Carnegie Hall en 1965 dans le rôle de Lucrezia. Cette représentation mémorable fut rapidement suivie d'un enregistrement historique avec Montserrat Caballe, Shirley Verrett, Alfredo Kraus et Ezio Flagello sous la baguette de Jonel Perlea, qui fit beaucoup pour populariser l'ouvrage aux États-Unis.

L'opéra comprend de nombreux airs célèbres en particulier le brindisi (air à boire) d'Orsini, rôle masculin interprété par un contralto, « Il segreto per esser felici » (« Le secret du bonheur »), qu'Ernestine Schumann-Heink a notamment particulièrement illustré. Sont également bien connus l'air de Lucrezia « Com'è bello », l'air du ténor « Di pescator ignobile », l'air de basse « Vieni, la mia vendetta ! », etc.

Vers la fin de 1840, Donizetti apporta quelques modifications à la partition, introduisant de nouveaux airs pour les ténors Nikolaï Ivanov et Mario. Il composa également deux finale : l'un avec l'aria du ténor « Madre se ognor lontano » et l'autre avec la cabalette de Lucrezia « Era desso il figlio mio ».

Dans le rôle de Gennaro, le ténor Mario a introduit, pour remplacer une scène du second acte, un récitatif et aria de Giuseppe Lillo « Com'è soave quest' ora di silenzio » (« Qu'elle est douce cette heure de silence »), et cette variante est occasionnellement retenue.

 

"Ezio" de Christoph Willibald Gluck, 260 ans

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Ezio est un opera seria en trois actes du début de la période classique, composé par Christoph Willibald Gluck, mis en scène en 1750 et révisé en 1763.

Le livret de Metastasio pour cet opéra avait déjà été mis en musique par plusieurs compositeurs, dont Nicola Porpora (1728) et Pietro Auletta (1728), Hasse (Naples, 1730 ; Dresde, 1755), Haendel (Londres, 1732) et Latilla (Naples, 1758).

Ezio a été joué pour la première fois pendant le carnaval de Prague (1750) ; Gluck a révisé sa mise en musique pour Vienne (1763). Contrairement aux deux mises en scène complètement différentes du texte par Mysliveček, Naples (1775) et Munich (1777), les deux versions de Gluck partagent environ la moitié de leur musique.

L' « Ezio de Prague » 1750

L'Ezio original, un opéra seria à part entière sans aucune trace de la "réforme" de Gluck à venir, a été créé au théâtre de l'impresario Giovanni Battista Locatelli dans la rue v Kotcích (en allemand "Kotzentheater", en tchèque "Divadlo v Kotcích") et est resté à l'affiche pendant deux saisons.

L' « Ezio viennois » 1763

Gluck, comme Haendel et Vivaldi avant lui et tous les compositeurs de son époque, recycle naturellement les "numéros" (airs et chœurs) d'opéras plus anciens, en réécrivant au besoin le récitatif de liaison. En 1763, il réutilisa près de la moitié des 25 numéros musicaux de l' « Ezio de Prague », 13 ans plus tôt, en évitant des éléments comme "Se povero il ruscello" de l' « Ezio de Prague », qu'il avait déjà utilisé au Burgtheater de Vienne l'année précédente dans l'Orfeo de Vienne sous le titre "Che puro ciel", et Gluck compléta le reste avec 7 airs de Il trionfo di Clelia, qui était également inconnu du public viennois.
Le recyclage des airs de l' « Ezio de Prague » et de l'Il trionfo di Clelia a encore obligé Gluck à transposer et à ajuster pour les nouveaux chanteurs, et à réorchestrer pour un plus grand orchestre. Gluck a également réduit l'opéra en raccourcissant l'ouverture et en supprimant les répétitions. Ezio était chanté par Gaetano Guadagni, Valentiniano par Giovanni Toschi, Massimo par Giuseppe Tibaldi et Fulvia par Rosa Tibaldi.

Richard Mudge, 305 ans

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Richard Mudge, né en 1718 à Bideford et mort en  à Bedworth, est un clerc et compositeur britannique baroque.

Richard Mudge fut d'abord vicaire au service privé de Lord Aylesford, avant d'entrer en 1741 au service des paroisses des villages de Great Packington et Little Packington.
De 1745 à 1757, il fut recteur à Little Packington, en même temps que prêtre à Saint Barthélémy et Saint Martin à Birmingham. Lord Guernsey lui permit à partir de 1756 de mener une vie indépendante à Bedworth où il vécut jusqu'à sa mort en 1763.

Ses concertos pour cordes qui furent créés à Londres en 1749. Cinq d'entre eux sont écrits pour deux violons soli et orchestre à cordes.
Le premier concerto inclut également une trompette dans l'ensemble. Les concertos pour cordes sont tous écrits selon un schéma d'enchaînement de mouvements lent-rapide-lent-rapide.
Dans l'ensemble de l'œuvre, on retrouve l'influence de Georg Friedrich Händel et Francesco Geminiani. On retrouve d'ailleurs dans les concertos de Mudge le Nun Nobis Domine de ce dernier.

C'est seulement dans les années 1990 que furent découverts deux classeurs contenant des manuscrits de Mudge.

La première de ses œuvres à être enregistrée fut son concerto pour trompette, interprété par Maurice André en 1957, alors que Gerald Finzi avait déjà prévu l'enregistrement d'une partie des concertos (1, 4 et 6). Un extrait du fac-similé de tous les concertos est paru en 1993 dans la revue King's Music.

Diego Fernández, 320 ans

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Diego Fernández (1703-1775) était un facteur d'instruments de musique andalou à la Cour d'Espagne à Madrid.
Il est connu pour avoir fourni des clavecins à Domenico Scarlatti et à plusieurs de ses élèves à la Cour.
Il construisait des instruments dans le style ibérique, ressemblant quelque peu aux instruments italiens, avec des échelles de cordes pythagoriciennes et des chœurs de 2×8 pieds, mais avec des éléments de construction rappelant davantage les styles de construction nordiques, y compris des enveloppes plus lourdes.
Il est cependant connu pour avoir fourni au célèbre chanteur castrat Farinelli un clavecin à quatre chœurs, cinq registres, double manuel, actionné par des pédales et fabriqué à la demande de la Reine Maria Barbara.

Pierre Robert, 325 ans

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Pierre Robert (né vers 1622 à Louvres (?) - mort le 26 décembre 1698 à Paris) est un compositeur français de la période baroque.

Né, selon Fétis, à Louvres, près de Paris, vers 1618, mais plus probablement vers 1622, Pierre Robert fait ses études musicales à la maîtrise de Notre-Dame de Paris sous la direction d'Henry Frémart, Jean Veillot, puis François Cosset. Il en est nommé "Spé" le 9 juin 1638, avant d'obtenir le 17 août 1639 une bourse d'études au fameux collège de Fortet ; cette étape, qui supposait également la sortie de la maîtrise, intervenait ordinairement à l'âge de 17 ans, après la mue, ce qui ferait remonter sa naissance vers 1622.

À l'issue des habituelles quatre années d'études au collège de Fortet, il est nommé à la tête de la maîtrise de la cathédrale de Senlis en juin 1643. En 1648, il remporte au Mans le concours de motet à la fête de sainte Cécile.
En 1650, il part de Senlis pour la cathédrale de Chartres où, pendant dix-huit mois, il assure l'intérim à la suite du décès du maître de musique, Vincent Jolliet, avant de retourner à Senlis en mars 1652, comme maître de musique.

Le 28 avril 1653, il est nommé maître de musique de Notre-Dame de Paris, en remplacement de Valentin de Bournonville ; il occupe ce poste jusqu'en mai 1662.
Le 8 juillet 1663, Louis XIV le choisit avec Henry Du Mont pour occuper l'un des quatre postes de sous-maître de la Chapelle royale. Il remplit cette fonction conjointement avec Thomas Gobert, Gabriel Expilly et, bien sûr, Henry Du Mont ; après la démission des deux premiers, en 1668, Robert et Du Mont se partagèrent le service annuel de la Chapelle du roi, pour laquelle ils s'attachèrent à développer le genre du motet à grand chœur (grand motet), genre emblématique de la musique religieuse du Grand Siècle.

Les deux sous-maîtres devaient à leur tour démissionner en 1682, au moment où la Cour s'installe à Versailles (mai 1682) et où Louis XIV souhaite insuffler une nouvelle dynamique dans la création d'un style français d'apparat ; tous deux, auxquels le Roi prouve sa grande reconnaissance par de confortables gratifications, des bénéfices d'abbayes et en ordonnant l'impression d'une part significative de leurs motets à grand chœur, quittent leur service à l'issue de leur premier quartier de 1683 : en mars pour Du Mont, en juin pour Robert.

Le musée de la maison natale de Puccini acquiert le premier diplôme connu du compositeur

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La Fondazione Giacomo Puccini accueille 2024 le centenaire de la mort du compositeur avec une acquisition importante.
Depuis le 22 décembre, grâce à une donation privée, le Puccini Museum Casa Natale de Lucques peut exposer dans ses collections le premier diplôme connu de Puccini.
Il s'agit d'un document que l'Institut musical Pacini de Lucques a remis en septembre 1875 au jeune Puccini -alors âgé de seize ans- pour s'être distingué en tant qu'élève dans la classe d'orgue et avoir obtenu le premier prix.
Le diplôme est signé par le surintendant, Cesare Bernardini, et le maire, Cesare Giorgietti.

En 1842, le compositeur Giovanni Pacini réunit les différentes écoles musicales de Lucques dans ce qui est encore connu aujourd'hui sous le nom d'Institut musical. Michele Puccini, le père de Giacomo, fut directeur de l'Institut pendant deux ans : de 1862 à sa mort prématurée en 1864.
Élève à l'Institut musical, la carrière du jeune Puccini semble destinée à suivre les traces de la tradition familiale, profondément enracinée dans le tissu musical lié aux églises de Lucques. Sous la tutelle de son oncle Fortunato Magi, le domaine de la musique ecclésiastique représente en effet la première opportunité de travail pour le jeune Puccini, qui travaille comme organiste dans les églises de Mutigliano, de S. Pietro in Somaldi et à l'Oratoire de S. Girolamo.
Sa première grande composition, la Messa di Gloria, date de ces années (1880).

Cosme Marina, directeur artistique du Festival International de Santander

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Cosme Marina a été nommé directeur artistique du Festival International de Santander (FIS) en remplacement de Valentina Granados, qui occupait ce poste depuis 2020.

Musicologue de formation, Cosme Marina a travaillé comme journaliste et critique musical (pour La nueva España et ABC) et possède une vaste expérience en tant que manager musical à Oviedo.
Directeur artistique de la Fundación Musical Ciudad de Oviedo, il a été responsable des Jornadas de Piano Luis G. Iberni, des séries Grandes Conciertos del Auditorio Príncipe Felipe et Primavera Barroca et il est également directeur artistique des festivals de Zarzuela et de Danse au Teatro Campoamor.
Il a également donné des cours de musicologie et il a été chargé de cours dans le cadre du master en perfectionnement musical de l'Université d'Oviedo.

Ann Ronell, 30 ans

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Ann Ronell, née Ann Rosenblatt en 1906 à Omaha et morte en 1993, est une compositrice et parolière américaine.
Elle a écrit les standards de jazz Willow Weep For Me (1932) et Who's Afraid of the Big Bad Wolf (1933).

Ann Ronell est diplômée de l'école secondaire centrale d'Omaha en 1923. Elle s'inscrit d'abord au Wheaton College, dans le Massachusetts, puis change d'établissement après sa deuxième année d'études pour poursuivre une éducation musicale plus sérieuse.
Elle est diplômée du Radcliffe College, où elle a étudié la musique avec Walter Piston.
A Radcliffe, Ronell écrit de la musique pour des pièces de théâtre universitaires et contribue à des critiques et à des interviews pour la publication musicale de l'école.
Après avoir interviewé George Gershwin, elle se lie d'amitié avec le compositeur. Il l'engage comme pianiste de répétition pour son spectacle Rosalie . Il lui a suggère de changer son nom de Rosenblatt à Ronell.

Ronell, avec Dorothy Fields, Dana Suesse, et Kay Swift, est une des premières compositrices et librettistes a succès d'Hollywood et Tin Pan Alley.
En 1929, pour la première fois elle place une chanson -Down By the River- dans un spectacle. En 1930, elle écrit son premier tube Baby's Birthday Party, initialement écrit pour une comédie musicale. Elle essaye de vendre la chanson auprès de plusieurs éditeurs de musique en vain jusqu'à ce que Famous Music accepte de la publier.
En 1932, elle écrit ses deux grands succès Rain on the Roof et Willow Weep for Me. Ce dernier est dédiée à George Gershwin.

En 1933, Ronell s'installe à Hollywood. Elle co-écrit avec Frank Churchill sa première chanson à succès pour Disney, Qui a peur du grand méchant loup ? pour le dessin animé Three Little Pigs (1933). Elle est un des rares auteur de l'époque à pouvoir produire à la fois la musique et les paroles d'une chanson.

Elle écrit les paroles et la musique pour la comédie musicale de Broadway Count Me In (1942). Elle écrit des chansons pour des films tels que Champagne Waltz (1937) et Blockade (1938) et des compositions Les Forçats de la gloire (1945), pour l’adaptation cinématographique de la comédie musicale Un caprice de Vénus de Weill / Nash (1948) et pour Love Happy (1949) de Marx Brothers.
Elle a été directrice musicale pour Main Street to Broadway (1953), nominée pour la meilleure chanson, Linda et, avec le co-compositeur Louis Applebaum, pour la meilleure partition, pour son travail sur The Story of GI Joe.

Le travail de composition pour le cinéma a eu une influence sur le terrain. Sa partition pour The Story of GI Joe est le premier film à présenter une chanson thème pendant le générique. Sa création pour Ladies in Retirement est la première musique de film publiée au disque.
En 1942, Ronell est devenue la première femme à écrire à la fois la musique et les paroles d'un spectacle de Broadway avec Count Me In.

Fran Lhotka, 140 ans

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Fran Lhotka (25 décembre 1883 - 26 janvier 1962) est un compositeur croate de musique classique né en République tchèque.
Élève d'Antonín Dvořák, il s'installe en 1909 à Zagreb où, en tant que professeur d'harmonie, il enseigne à presque tous les compositeurs croates contemporains.
Il a composé de la musique orchestrale, de la musique pour la scène, de la musique de chambre, de la musique pour piano, de la musique de film, etc.

Fran Lhotka est né dans la ville de Mladá Vožice en Bohême. En 1899, il devient étudiant au Conservatoire de Prague, où il étudie le cor et la composition ; Karel Stecker, Josef Klička et Antonín Dvořák lui enseignent la composition. Six ans plus tard, il obtient son diplôme dans les deux cours ; la pièce de fin d'études en composition est le Scherzo en fa majeur " Rej ", interprété pour la première fois dans la salle du Musikverein à Vienne. Après avoir effectué son service militaire et travaillé pendant une courte période comme professeur dans une succursale du Conservatoire de Moscou à Ekaterinoslav (aujourd'hui Dniepropetrovsk, Ukraine, qui faisait autrefois partie de l'Empire russe), il arrive à Zagreb en 1909 et accepte le poste de premier cor et de pianiste répétiteur à l'opéra. L'organisation de plus en plus efficace de la scène musicale et la réforme de l'enseignement musical font de Zagreb un lieu propice à l'éclosion de jeunes compositeurs. Ils arrivent de Vienne, Prague, Budapest, Berlin et Paris, et en 1910, Lhotka est professeur à l'école de musique de l'Institut de musique du Land de Croatie, qui deviendra plus tard l'Académie de musique.

En 1912, il quitte l'Opéra et se consacre à plein temps à l'enseignement et à la composition. Il travailla comme professeur jusqu'à la fin de sa vie (il mourut le 26 janvier 1962 à Zagreb), avec une interruption pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsqu'il prit sa retraite.
Se montrant un musicien polyvalent, talentueux et compétent, outre l'harmonie qu'il a enseignée le plus longtemps -quarante ans- il a également enseigné, à différentes périodes, le cor, la direction d'orchestre, la théorie musicale, l'instrumentation, la composition, l'analyse de partitions d'orchestre et l'histoire de la musique. Ses cours sont suivis par certains des plus importants compositeurs et musiciens croates de la future période -Ivo Brkanović, Bruno Bjelinski, Krešimir Kovačević, Stjepan Šulek et Slavko Zlatić.
En outre, en tant que chef d'orchestre, il dirigea de 1913 à 1921 l'Association de chant Lisinski, modifiant et améliorant considérablement la pratique chorale antérieure, ce qui lui valut le titre de " pionnier du chant choral de haute qualité dans le pays ".
Il a également dirigé l'orchestre de l'Académie de musique (1922-1941) et, pendant une courte période, la chorale, s'attirant régulièrement des éloges à Zagreb et lors de ses apparitions en tant qu'invité, en particulier pour sa promotion de l'interprétation d'œuvres de compositeurs nationaux, mais aussi pour la présentation des chefs-d'œuvre du répertoire mondial.
Pendant un certain temps, il a dirigé l'orchestre communautaire de l'Institut croate de musique (1923 - 1930) et a occasionnellement dirigé l'Orchestre Philharmonique de Zagreb.

Il a fait ses preuves en tant qu'organisateur et gestionnaire. Il a exercé des fonctions administratives à l'Académie, dont il a été deux fois le doyen, pendant vingt ans au total. En outre, il a joué un rôle important dans l'obtention du statut d'établissement d'enseignement supérieur, et c'est à lui que l'on doit le début des travaux de l'école de musique de la ville de Zagreb -aujourd'hui l'école de musique Pavao Markovac.
Lhotka a complété son travail d'enseignant par de précieux manuels sur la direction d'orchestre (1931) et l'harmonie (1948) et, bien entendu, en tant que compositeur, il a marqué de son empreinte la formation des nouvelles générations de musiciens en écrivant un certain nombre d'œuvres pour piano et orchestre destinées aux enfants et aux jeunes adultes.

Apprécié en tant que professeur, Fran Lhotka s'est rapidement distingué par ses compositions. Il est arrivé à Zagreb alors que la musique européenne de transition des deux premières décennies du XXe siècle battait son plein. Les œuvres de Dora Pejačević, Josip Hatze et Blagoje Bersa faisaient partie du nouveau profilage du modernisme croate. Lhotka s'est retrouvé au milieu des nouveautés et des libertés révolutionnaires de l'Europe occidentale, caractérisées par les œuvres d'Arnold Schönberg, d'Igor Stravinsky, d'Anton Webern, de Béla Bartók et d'Alexandre Scriabine, et de la domination croissante du "cours national" dans le domaine de la musique.

À l'époque où écrire dans l'esprit de la musique folklorique confirmait l'appartenance d'un compositeur à une culture nationale et son engagement en faveur de son développement, Lhotka s'est inspiré de la musique folklorique de ce pays et l'a gracieusement intégrée à ses principes de composition, issus de la meilleure tradition tchèque.
Outre les œuvres chorales et les arrangements de chants populaires qu'il a écrits presque exclusivement pour les besoins de la pratique, les arrangements d'œuvres d'autres compositeurs, les chants en solo, les cantates et la musique de chambre, il semble que ce soit la musique orchestrale, et plus encore la musique de scène, qui l'ait le plus attiré.
Ses œuvres pour orchestre, ses deux opéras (Minka et More / La mer), ses musiques de film (documentaires et longs métrages, dont le dernier "Svoga tela gospodar" / Maître de son propre corps), ainsi que plusieurs ballets ont constitué l'essentiel de son travail créatif. Les ballets qu'il a créés en association avec Pia et Pino Mlakar, tous deux danseurs et chorégraphes, ont connu un succès particulier. Avec eux, il produit Đavo u selu, balada o jednoj srednjovjekovnoj ljubavi (Le diable dans le village, ballade d'un amour moyen) et The Bow (L'arc).
En fait, Devil in the Village était tellement omniprésent sur scène qu'il semblait incarner le ballet croate. Après sa première représentation en 1935 au théâtre municipal de Zurich, les médias ont parlé d'une "véritable fête", d'un "succès exceptionnel", d'un "grand charme" et d'une "utilisation virtuose de l'orchestration".
Il a connu le même succès lors de sa première représentation à Zagreb le 3 avril 1937. Son succès est attesté par d'autres représentations dans toute l'Europe : Karlsruhe, Prague, Munich, Hambourg, Berlin, Francfort, Dresde, Vienne, Gênes, Sofia, Athènes et Salzbourg. La partition magistralement orchestrée de Lhotka a souvent été saluée comme une réussite à part entière, tout aussi impressionnante sans le stimulus visuel (en 1939, Lhotka a créé deux suites orchestrales à partir du ballet, comme il l'a fait pour d'autres de ses musiques de scène).
Il n'est donc pas surprenant que la majeure partie de sa musique soit restée dans l'ombre de Devil in the Village.

 

Johann Adam Hiller, 295 ans

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Johann Adam Hillernote, né à Wendisch-Ossig, dans l'électorat de Saxe, le 25 décembre 1728 et mort à Leipzig le 16 juin 1804, est un compositeur, chef d'orchestre et écrivain allemand. Il est considéré comme le créateur du Singspiel, une première forme de l'opéra allemand. Dans nombre de ces opéras, il collabore avec le poète Christian Felix Weisse.
De plus, Hiller est un professeur qui encourage l'éducation musicale pour les femmes, ses élèves incluant Elisabeth Mara et Corona Schröter.

Hiller apprend les bases de la musique d'un maître d'école dans sa ville natale. De 1740 à 1745 il est élève au gymnasium de Görlitz, et en 1746 il va étudier à la Kreuzschule de Dresde. Là il prend des leçons de clavier et de basse continue avec Gottfried August Homilius. En 1751, il s'installe à Leipzig où il s'inscrit à l'Université pour étudier le Droit.
Hiller s'immerge lui-même dans la riche vie musicale de la ville.

Durant cette époque il compose plusieurs symphonies, des cantates d'église, et des arias, ainsi qu'un fragmentaire Singspiel intitulé Das Orackle (L'Oracle). Hiller publie aussi un essai, « Dissertation sur l'imitation de la Nature dans la Musique » (Abhandlung über die Nachahmung der Natur in der Musik) en 1754, l'année où il entre au service du Comte Brühl à Dresde. Il demeure à son service jusqu'en 1760 lorsque des problèmes de santé (dépression) le forcent à démissionner.

Revenant à Leipzig, Hiller devient le directeur du Grosse Concert, un poste qu'il tient jusqu'en 1771. Quatre ans plus tard, il fonde sa propre société de concert, la Société pour la pratique de la musique (Musikübende Gesellschaft).
À Leipzig il fonde aussi une école où il forme de jeunes musiciens au chant et à l'interprétation instrumentale. Deux de ses plus fameuses étudiantes seront Corona Schröter et Gertrud Elisabeth Mara née Schmeling, toutes deux vocalistes renommées.
En 1778 Hiller est nommé directeur musical à la Paulinerkirche (l'église des Pauliniens), l'église qui appartient à l'Université de Leipzig. Durant cette époque il organise aussi des concerts spirituels.

Dans les années 1780 il obtient de nouvelles fonctions avec un empressement accru.
En 1781 il devient chef d'orchestre des Gewandhaus concerts.
Durant la même année il se rend à la Cour du Duc de Courlande à Mitau, un séjour qui aboutit à son engagement comme maître de chapelle (Kapellmeister) en ce lieu quatre ans plus tard.
En plus de ses fonctions au Gewandhaus et à la Paulinerkirche, en 1783 il devient aussi directeur musical de la Neukirche (Nouvelle Église) qui lui confère toute autorité sur la musique à Leipzig. Cependant en prenant ses nouvelles fonctions à Mitau en 1785, il démissionne de tous ses postes à Leipzig.
En raison de l'instable situation politique à la Cour de Courlande, il démissionne de sa fonction après seulement une année. Puisqu'il n'a plus aucune fonction à Leipzig, il doit organiser des concerts pour gagner sa vie, mais heureusement il obtient le poste de directeur musical de la ville de Breslau en 1787.
Il passe deux ans à Breslau et revint à Leipzig en 1789 pour devenir Thomaskantor à l'église Saint-Thomas de Leipzig, une fonction occupée auparavant par Jean-Sébastien Bach.
Hiller la conserve jusqu'en 1800 quand il démissionne en raison de son âge.