Le Journal

Florent Schmitt, 65 ans

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Le compositeur français Florent Schmitt est né le  à Blâmont et mort le  à Neuilly-sur-Seine.

Florent Schmitt étudia à Nancy puis au Conservatoire de Paris où il fut élève de Massenet et Fauré.
En 1900, après 3 tentatives, il reçut le Premier Grand Prix de Rome pour sa cantate Sémiramis.
En 1904, Schmitt acheva son grandiose et tonitruant Psaume XLVII qui lui valut le succès lors de sa création. Pour Norbert Dufourcq, « l’apparition en 1906 du Psaume XLVII a été l’événement le plus important de la musique française depuis Pelléas. » L’humour vache du Sanglier des Ardennes (son surnom), libre et franc voire rude, et sa facétie à la Satie, avec qui il était ami, s’exprimaient aussi en titres mystificateurs : Suite en rocailleÇançunikSuite sans esprit de suiteFonctionnaire MCMXII inaction musicaleSonate libre en deux parties enchaînéesHabeyssée, etc.

Présent à Toul en 1915, il fait l'objet d'un portrait cubiste par Albert Gleizes intitulé Le Chant de guerre.

Marqué dans sa jeunesse par les mouvements symboliste et impressionniste autant que par Chopin, il développa une esthétique opulente, appuyée sur un savant contrepoint. L’emploi d’effets de percussion primitive l’apparente avant la lettre aux recherches de la musique russe moderne. Son art sans demi-teinte fut à l’image de son caractère dont l’esprit caustique n’excluait nullement la bienveillance.
En 1924, la création à l’Opéra du ballet Le Petit Elfe ferme-l’œil révéla un délicieux peintre de l’enfance tandis qu’Antoine et Cléopâtre (1920), Salammbô (1925) et le somptueux Oriane et le Prince d’Amour (1938) consacraient l’orientaliste inspiré et le symphoniste héritier des classiques purs.
Membre du cercle des Apaches, Schmitt fut cofondateur en 1909 de la Société musicale indépendante avec Maurice Ravel, Gabriel Fauré, Émile Vuillermoz, Louis Aubert, Charles Koechlin, et Jean Huré.

Edouard Herriot fit appel à lui pour remplacer Augustin Savard au Conservatoire de Lyon. Il en fut le directeur de 1921 à 1924, avec notamment pour élève César Geoffray.
Il fut aussi chroniqueur du journal Le Temps de 1929 à 1939.

Personnalité assez rude, indépendante, ennemie des dogmes et des systèmes, avec une fécondité rare due à sa longue vie, il composa dans tous les domaines excepté l’opéra. Sa musique vigoureuse, caractérisée par un dynamisme rythmique et une ligne mélodique sensuelle, possède un langage harmonique riche et suave d’inspiration aussi bien classique que romantique. L’exotisme apprécié à l’époque se ressent dans plusieurs de ses compositions, tel le lyrique poème symphonique La Tragédie de Salomé, dédié à Igor Stravinsky et honoré par Diaghilev. Ces œuvres furent les plus appréciées avec son Quintette pour piano et cordes qui recueillit l’admiration, entre autres, d’un Georges Enesco. Sa Deuxième Symphonie fut créée par Charles Munch quelques semaines avant sa mort.

Florent Schmitt fut nommé membre de l’Académie des beaux-arts en 1936 et reçut le Grand Prix musical de la ville de Paris en 1957. Mais cet artiste majeur du xxe siècle, qui a laissé une œuvre monumentale, est aujourd’hui encore méconnu du grand public. Sa grande indépendance et son faible attachement à la renommée et aux suiveurs de modes ne sont pas étrangers à ce fait.
Aujourd’hui, on peut considérer qu’il a fortement marqué l’histoire de la musique française de la première moitié du xxe siècle, au même titre que Debussy, Ravel et Roussel. Il est reconnu comme « l’un des piliers du répertoire musical pour le quatuor de saxophones ».

En dehors de son activité musicale, Florent Schmitt est aussi connu pour ses positions favorables à l’Allemagne nazie dans les années trente. L’épisode le plus connu autour cette controverse est le concert parisien du 26 novembre 1933, qui avait au programme trois extraits d’une opérette de Kurt Weill, compositeur juif allemand exilé, et face auquel Schmitt a lancé du public « Vive Hitler ». Ces propos sont rapportés par Robert Brasillach, puis cités par Lucien Rebatet, deux journalistes qui se marqueront en 1940-1944 par leur participation à la politique collaborationniste. Selon Rebatet, Schmitt aurait ajouté « Nous avons déjà assez de mauvais musiciens pour avoir à accueillir les Juifs allemands ». Si on peut objecter que la politique antisémite d'Hitler n'était pas encore tout à fait en 1933 ce qu'elle devint à partir de la Nuit de Cristal en 1938 puis de la Seconde Guerre mondiale, cet épisode n'a pourtant pas donné lieu ultérieurement à une clarification publique.

La vie tout entière de Florent Schmitt est rythmée par les voyages qui s’inscrivent dans le cadre de son activité musicale. Parmi ses voyages, il s’est aussi rendu en Allemagne pendant les années trente puis sous l’Occupation où il a été membre de la Section musicale du Comité France–Allemagne, créé en 1935. Il a assisté à une réunion de musiciens français et allemands organisée à Vienne en décembre 1941 pour rendre hommage à Mozart, et a été le coprésident d’honneur de la Section musicale du Groupe Collaboration à partir de décembre 1941.
À la Libération, pour avoir prêté son nom au Groupe Collaboration, des poursuites judiciaires ont été engagées contre Florent Schmitt pour indignité nationale par Joseph-Eugène Szyfer de la section Musique du Comité d’épuration. Cependant, après enquête, comme il s'est toujours positionné d’un point de vue musical, ces poursuites ont été classées sans suite. Toutefois, il a été condamné dans le cadre de l’épuration professionnelle : le , le Comité national d’épuration des gens de lettres, auteurs et compositeurs a prononcé contre lui une peine d’interdiction d’éditer ou de faire jouer ses œuvres d’une durée d’un an, interdiction partant du 1er octobre 1944.
Florent Schmitt a expliqué son voyage en Allemagne par la volonté de revoir son fils, resté prisonnier dans le Stalag XXIII de Pirmasens depuis juin 1940.
Il a justifié son appartenance au Groupe Collaboration par son souci de défendre la musique française, et a indiqué son absence d’implication politique dans le groupe.
Dans les faits, sa position lui aura permis de signer des pétitions en faveur de musiciens israélites tels que la cantatrice Madeleine Grey, le pianiste François Lang, le compositeur Fernand Ochsé ou de soutenir ses amis Paul Dukas, Alexandre Tansman ou Arnold Schönberg qu’il appréciait et défendait vigoureusement.

Bien qu'honoré à plusieurs reprises après la guerre, l'exhumation du passé controversé du compositeur en 1996 a provoqué de nombreuses réactions, dont le changement de nom d'un lycée portant son nom à Saint-Cloud. La salle de concerts du Conservatoire à rayonnement régional de Nancy lui avait été dédiée. Mais à la suite de polémiques, la communauté urbaine a pris la décision de la débaptiser.

Kurt Hessenberg, 115 ans

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Kurt Hessenberg (Francfort, ) est un compositeur allemand et professeur à la Hochschule für Musik und Darstellende Kunst de Francfort.

Parmi ses ancêtres, on trouve Heinrich Hoffmann, dont le célèbre livre pour enfants, Pierre l'ébouriffé [Struwwelpeter]sera arrangé par'Hessenberg pour chœur d'enfants (op. 49).
Entre 1927 et 1931, Hessenberg étudie au Conservatoire de Leipzig où il étudie notamment la composition avec Günter Raphael et le piano avec Robert Teichmüller.
En 1933, il est professeur au Conservatoire Hoch de Francfort, où il avait pris ses premières leçons de musique.
En 1940, Hessenberg reçoit le « Nationaler Kompositionspreis » (Prix National de Composition) et rejoint le parti nazi en 1942. En 1951, il reçoit le prix Robert-Schumann de la ville de Düsseldorf pour sa cantate « Vom Wesen und Vergehen », op. 45. Hessenberg est nommé professeur de composition à la Hochschule für Musik und Darstellende Kunst en 1953, où il enseigne jusqu'à sa retraite en 1973.

L'œuvre d'Hessenberg contribue de manière significative au répertoire des Églises protestantes au xxe siècle. Parmi ses plus célèbres élèves, on note Hans Zender et Peter Cahn.

Abram Chasins, 120 ans

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Abram Chasins naît à Manhattan le 17 août 1903 et y décède le 21 juin 1987.
Après avoir fréquenté une école du groupe Ethical Culture et la Université Columbia, il étudie le piano avec Ernest Hutcheson (1871-1951) et la composition avec Rubin Goldmark (1872-1936), maître de Aaron Copland et George Gershwin à la Juilliard School. Puis il a la chance de poursuivre son perfectionnement avec Josef Hofmann au Curtis Institute of Music de Philadelphie. Pendant l'été 1931, il étudie l'analyse musicale avec Donald Tovey à Londres.

La carrière de Chasins en tant que concertiste se poursuit de 1927 à 1947. Pianiste exceptionnel, il donne de nombreux récitals et joue avec les grands orchestres tant aux États-Unis qu'au Canada, en Amérique du Sud et en Europe. À Philadelphie, puis le  au Carnegie Hall, il assure la création de son premier Concerto pour piano en fa mineur (1928) avec l'Orchestre de Philadelphie conduit par Ossip Gabrilowitsch. Et en , il donne son deuxième Concerto pour piano en fa-dièse mineur (1931), à nouveau avec l'Orchestre de Philadelphie, mais sous la direction de Leopold Stokowski.

De 1926 à 1935, Chasins enseigne le piano à l'Institut Curtis, dès ses vingt-trois ans -sous la recommandation de Josef Hofmann- en tant que chef du département piano.

Entre 1932 et 1939, il produit sa propre émission de radio intitulée Piano Pointeurs, qui utilise son Prélude en mi-bémol mineur comme générique. Il donne des classes de maître radiophoniques sur les radio nationales américaines, CBS et NBC. Dès 1941, il est associé de la station de radio classique fondée en 1939, WQXR-FM et acquis par The New York Times en 1944. Il en devient le directeur musical en 1946 et ce, jusqu'en 1965. Il se consacre entièrement à son poste, abandonnant sa carrière de concertiste.
Il participe aux jury de concours prestigieux, tels les prix Van Cliburn, Kappel, Chopin (dès 1949) ou Rachmaninoff.

Il écrit pour les magazines Saturday Review et Sunday Magazine du New York Times et il est conseiller pour le film de la firme Columbia, The Competition (1980)2 avec Richard Dreyfuss. Il rédige nombre de textes d'introduction aux disques, notamment ceux d'Arthur Rubinstein pour RCA.

En 1949, il épouse Constance Keene (1921-2005), une pianiste et ancienne élève. Ils jouent en duo et enregistrent quelques disques.

En 1972, il rejoint l'Université de Californie du Sud à Los Angeles comme musicien en résidence, le poste ayant été créé pour lui. Il réorganise la station de radio gérée par des étudiants en une chaîne pour la musique classique ou moderne. Il prend sa retraite en 1977 et décède d'un cancer, chez lui à Manhattan, le  à l'âge de 83 ans.

Abram Chasins a écrit plus de cent compositions, essentiellement destinées au piano. Rachmaninoff lui-même disait son estime pour la musique pour piano de Chasins. Ses Trois pièces chinoises op. 5 (1925) ont été interprétées par des pianistes célèbres dont Josef Lhévinne, Josef Hofmann, William Kapell et à plusieurs reprises par Shura Cherkassky. Dans sa version orchestrée, Flirtation in a Chinese Garden fut l'œuvre choisie pour être exécuté par Toscanini avec le New York Philharmonic, ainsi qu'une autre, Parade, le  C'est la première fois que le chef italien dirige la création d'un œuvre américaine et Chasins n'a que vingt-sept ans2.

La Paraphrase de concert sur « La vie d'un artiste » de J. Strauss est parmi ses meilleures œuvres pour deux pianos, et ses 24 Préludes pour piano (1928) continuent à être utilisés comme répertoire pédagogique.

Carl Zeller, 125 ans

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Le compositeur autrichien Carl Zeller est, avec Franz von Suppé, Johann Strauss et Karl Millöcker, le quatrième classique de l'opérette de ce qu'on appelle "l'âge d'or" de l'époque de l'Empereur François-Joseph à Vienne.
C'est surtout son Oiseleur (1891) qui lui a valu la renommée immortelle de maître de la muse légère. Ses arias et ses chansons (Wie mein Ahndl zwanzig Jahr, Schenkt man sich Rosen in Triol, Ich bin die Christel von der Post, entre autres) sont encore connues et appréciées aujourd'hui.

Pourtant, Zeller n'était pas compositeur à plein temps, mais juriste et fonctionnaire d'État qui composait par passion des chœurs d'hommes, des opéras et des opérettes. Zeller est né le 19 juillet 1842 à St. Peter in der Au en Autriche. Son père est mort peu après sa naissance.
Le talent musical de Zeller se manifeste très tôt. Dès l'âge de sept ans, il jouait déjà de l'orgue à l'église paroissiale de St. Peter in der Au et apprenait à jouer de différents instruments d'orchestre.
En raison de sa belle voix, il devient enfant chanteur à la chapelle de la Cour de Vienne et reçoit sa formation musicale auprès du pédagogue musical Simon Sechter.
À l'âge de treize ans, il écrit ses premières compositions.
Après avoir mué, Zeller entre au lycée de l'Abbaye de Melk où il obtient son baccalauréat avec mention en août 1861.
Il étudie ensuite le droit à Vienne et obtient son doctorat en droit le 3 avril 1869 à Graz. Au cours de sa carrière de juriste, il parvient à gravir les échelons jusqu'à devenir conseiller de la cour au ministère de l'éducation de Vienne.
Sa véritable carrière musicale débute en 1876 avec l'opéra-comique Jaconde, avec lequel il connaît un premier succès. Ses autres opéras et opérettes n'eurent que peu de succès. Mais avec les opérettes Der Vogelhändler (1891) et Der Obersteiger (1894), il créa deux œuvres dont le succès perdure encore aujourd'hui et avec lesquelles il s'est érigé en maître de son art.
Carl Zeller était très apprécié dans tous les cercles de la société viennoise pour sa beauté, son intelligence et ses bonnes manières. Dans les dernières années de sa vie, il fut toutefois gravement marqué par des signes de paralysie et une atrophie musculaire ; à partir de 1896, il fut cloué dans un fauteuil roulant. De plus, une querelle d'héritage lui a donné du fil à retordre, au cours de laquelle il a été accusé de deux parjures. Il ne verra cependant pas la révision du verdict de culpabilité. Sept ans seulement après son célèbre oiseleur, Carl Zeller meurt d'une pneumonie le 17 août 1898 à Baden près de Vienne.

Hua Yanjun, 130 ans

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Abing, A Bing ou Ah Bing, en mandarin standard, de son deuxième nom Hua Yanjun,  né le  et mort le , est un musicien chinois, artiste de rue vivant à Wuxi.
Jouant notamment de l'erhu et du pipa, il est l'auteur de nombreuses pièces dont seulement six ont été enregistrés en 1950 quelque temps avant sa mort et dont Erquan Yingyue constitue la pièce maîtresse. Il est considéré comme l'un des musiciens chinois les plus importants du xxe siècle.

Sa mère, veuve de son premier mari, épouse en secondes noces un prêtre taoïste, Hua Qinghe. Sa famille vivant mal la situation, elle meurt d'une dépression un an après la naissance d'Abing. À l'âge de huit ans, celui-ci décide de vivre avec son père au temple taoïste, reçoit le nom de Hua Yanjun à la place du nom hérité de sa mère et commence à aller à l'école.

Son initiation à la musique se fait au contact de son père, joueur de nombreux instruments de la musique religieuse taoïste. Débutant par les percussions à 10 ans, il enchaîne avec le dizi, une flûte traversière, à 12 ans puis l'erhu. Ses séances d'apprentissage sont rudes, avec par exemple des poids attachés à l'extrémité du dizi afin de renforcer son souffle. Il commence les représentations à 17 ans lors de cérémonies religieuse au cours desquelles il se fait rapidement remarquer pour ses talents musicaux, vocaux et scéniques.

À la mort de son père en 1914, il hérite de l'entretien du temple avec son cousin. Cependant, en raison d'une mauvaise gestion du temple et d'une addiction à l'opium, Abing s'appauvrit. La syphilis qu'il contracte à 34 ans entraîne sa cécité, ce qui accélère sa clochardisation. Il vit alors dans la rue et joue de la musique pour survivre. Malgré sa situation difficile, il se marie en 1939 à Dong Caidi, une veuve. Après son mariage, il prend l'habitude de jouer tous les après-midi dans un jardin public puis de terminer la journée en marchant dans les rues tout en jouant de l'erhu. Il acquiert sa renommée grâce à ses morceaux inspirés de sujets d'actualité, notamment la guerre avec le Japon, et à sa maîtrise de ses instruments. Son pièce la plus connue et la plus représentative de sa musique, Erquan Yingyue, est composé au cours de cette période faste pour Abing.

L'avancée des troupes japonaises en Chine et la prise de la ville de Wuxi oblige Abing à partir pour Shanghai, sa femme retournant quant à elle dans son village natal, où il joue dans un kunqu, une forme d'opéra chinois traditionnel. À son retour à Wuxi en 1939, il reprend ses habitudes de jouer dans la rue. Cependant, les nouvelles autorités japonaises n'apprécient pas sa liberté d'expression et lui interdisent en 1945 de jouer des morceaux liés à l'actualité dans ses endroits habituels. Ces restrictions et une maladie du foie apparue en 1947 l'obligent à cesser de composer et jouer et il se reconvertit en réparateur de huqin.

Il réalise ses dernières prestations à l'été 1950 à la demande de deux professeurs du Conservatoire central de musique, Yang Yinliu et Cao Anhe. N'ayant pas joué depuis trois ans, Abing s'entraîne durant trois jours afin de retrouver son ancienne maîtrise de ses instruments. Il enregistre alors en deux fois trois morceaux joués à l'erhu et trois autres joués au pipa, tous de sa composition. Meihua Sannong, son favori,ne peut cependant pas être enregistré par les deux professeurs en raison d'un manque de place sur les pistes d'enregistrement. Une autre séance d'enregistrement est alors projetée quelques mois plus tard et un poste de professeur au Conservatoire central de musique lui est proposé. Il tombe cependant malade avant d'avoir pu concrétiser cette offre et meurt le , suivi de sa femme trois mois plus tard. Il est enterré dans le cimetière du temple taoïste de sa jeunesse.

L'œuvre d'Abing est composée de centaines de pièces mais la plus célèbre et la plus représentative est Erquan Yingyue, initialement composée pour être jouée uniquement à l'erhu et qui reste un standard pour cet instrument.

Malgré l'enregistrement lacunaire et le manque d'informations sur les autres compositions qu'il ne transcrivait pas à l'écrit, il est considéré comme faisant partie des musiciens chinois les plus importants du xxe siècle.

Sa tombe dans le cimetière du temple taoïste de Wuxi reste très visitée et sa maison, détruite par des inondations en 1991 et reconstruite en 1993, est un mémorial à Abing et sa musique.

Lorenzo da Ponte, 185 ans

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Lorenzo da Ponte, né Emanuele Conegliano, né le  à Ceneda (commune de Vittorio Veneto, république de Venise) et décédé le  à New York, poète et librettiste vénitien, eut une vie riche en péripéties.
On lui doit les livrets des trois grands opéras de Mozart.

Da Ponte est né dans une famille juive où le père était cordonnier. Après la mort de sa mère et le remariage de son père en 1763 avec une jeune catholique de vingt ans sa cadette, toute la famille se convertit au catholicisme et prend le nom de da Ponte, celui de l’évêque de Ceneda. Répondant aux instances de l’évêque et de son père, il entre au séminaire de Portogruaro où il découvre Dante, Plutarque.
Ordonné prêtre en 1773, il enseigne au séminaire de Portogruaro dans la chaire de rhétorique puis celui de Trévise où il est renvoyé après avoir défendu les idées de Rousseau qu'en 1776.
Il s’installe à Venise où il mène une vie rocambolesque et donjuanesque, ce qui le fait poursuivre par les autorités.

En 1781, il s’établit à Vienne où, protégé par l’Empereur Joseph II, il est nommé « poète impérial », fonction littéraire importante à la Cour, succédant au grand Métastase. Il écrit notamment des livrets pour le théâtre italien, livrets qu’il rédige pour de nombreux compositeurs dont les célèbres compositeurs du temps Martín y Soler (notamment Una cosa rara et l’arbori di Diana) et Salieri (entre autres Axur re d’Ormus d’après Tarare de Beaumarchais) ; mais il est surtout connu aujourd’hui pour sa collaboration fructueuse avec Mozart pour trois de ses plus fameux opéras : Les Noces de Figaro (1786), Don Giovanni (1787) et Così fan tutte (1790).

En 1790, à la mort de l’Empereur Joseph II, il quitte Vienne pour Prague et Dresde où il retrouve Casanova qu’il avait connu à Venise et revu à Prague lors de la création de Don Giovanni.
En 1792, il s’installe à Londres, où il enseigne l’italien et écrit des livrets pour une compagnie d’opéra italienne, le King’s Theatre.

En 1805, pour échapper à ses créanciers à la suite d’opérations financières douteuses, il émigre à 56 ans en Amérique avec sa compagne Anna Celestina Grahl (dont il eut 5 enfants). Il tente de gagner sa vie dans le commerce du tabac et de l'alcool, l’épicerie et la librairie avant de devenir professeur de langue et de littérature italiennes au Columbia College de New York (qui deviendra l’Université Columbia) où il eut de nombreux élèves.

En 1826, il organise à New York, avec le ténor Manuel Garcia, la première américaine de Don Giovanni, (avec Maria Malibran dans le rôle de Zerlina). En 1833, il lève des fonds pour la création d’un opéra italien à New York et fait venir Pietro Maroncelli mais ce sera un échec.

À partir de 1830, âgé de 81 ans, il écrit ses Mémoires, régulièrement rééditées, dans lesquelles il raconte, en l’enjolivant et en se donnant le beau rôle, mais avec beaucoup de talent, sa vie aventureuse.

Il meurt à New York en 1838 et aura droit à des funérailles imposantes dans la cathédrale Saint Patrick de Mulberry Street.

Homme de lettres et aventurier, ami de Casanova, il fut également l’introducteur et le propagateur de la langue, de la littérature et de l’opéra italien en Amérique.

Jeune Artiste de l'Année et Rising Star

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L’altiste franco-néerlandais Sào Soulez Larivière, 25 ans, jeune artiste ICMA de l’année 2023, compte parmi les jeunes Rising Stars de la prochaine saison 2024-25 du programme européen ECHO (European Concert Hall Organisation). Il a été désigné par l’Elbphilharmonie de Hambourg, le Festival de Baden-Baden, le Müpa Budapest et le Barbican Centre de Londres.

Musicien polyvalent, l’altiste poursuit une carrière florissante. Captivant le public avec son jeu et sa programmation originale, il cherche à élargir l’accessibilité et la compréhension de la musique classique.

Il est Lauréat du Prague Spring Competition 2023, et il a remporté des prix au Concours de Tokyo '22, Concours Oskar Nedbal '20, Concours Max Rostal '19, Concours Cecil Aronowitz '17 et Concours Johannes Brahms '17. Il a participé à de nombreuses académies telles que le Verbier Festival, Gstaad Menuhin Festival, Ozawa Academy et IMS Prussia Cove.

La musique de chambre a toujours été au cœur de son éducation musicale, partageant son amour pour la musique avec sa sœur, la violoniste Cosima Soulez Larivière avec qui il se produit toujours fréquemment. Sào est membre de l'Ensemble Frielinghaus, qui a sorti un album acclamé de sextuors de Dvořák et Tchaikovsky en 2020. Chambriste recherché, on l'a retrouvé aux festivals Mecklenburg-Vorpommern, Krzyzowa-Music Festival et ‘Chamber Music Connects the World’ à Kronberg.

Désireux d’élargir les horizons du répertoire d'alto, il aime arranger des œuvres pour son instrument et promouvoir des œuvres contemporaines. Le travail avec des compositeurs reconnus lui a offert une opportunité unique d’approfondir l'aspect créatif de la musique.

Né à Paris en 1998, Sào avait commencé à jouer du violon sous la tutelle d’Igor Voloshin, avant de recevoir une bourse pour joindre la classe de Natasha Boyarsky à l’Ecole Yehudi Menuhin en Angleterre. Après s'être pris de passion pour l’alto en jouant de la musique de chambre et orchestrale, il décide de se consacrer entièrement à cet instrument vers la fin de ses études. Son développement musical s’est aussi profondément enrichi par le travail avec de nombreux musiciens réputés tels que Jean Sulem, Boris Garlitsky et Steven Isserlis.

Il réside actuellement à Berlin où il à obtenu une licence de musique avec Tabea Zimmermann à la Hochschule für Musik ‘Hanns Eisler’. À partir depuis l'automne 2022, il poursuit un master de musique à la Kronberg Academy.

En 2019, Sào a reçu le 'Ritter Preis' au nom de la Fondation Oscar et Vera Ritter. L'année suivante, il remporte le Fanny Mendelssohn Förderpreis, ce qui lui permet de sortir son premier album ‘Impression’ en 2021. Il a aussi reçu le prix ICMA 'Young Artist of the Year' 2023.

Il est soutenu par la fondation Studienstiftung des deutschen Volkes, l’association Yehudi Menuhin ‘Live Music Now’, ainsi que par la fondation Villa Musica Rheinland-Pfalz.

Sào joue un alto de Fréderic Chaudière créé en 2013.

 

Décès de Renata Scotto

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Renata Scotto est décédée aujourd'hui à l'âge de 89 ans.

Renata Scotto (née le  à Savone) est une soprano italienne. Depuis les années 1950, elle a interprété plus de 45 opéras différents, plus de 100 rôles différents, et est apparue avec les chanteurs les plus acclamés du monde.

Enfant, Renata Scotto chante à l'église de sa ville natale dans un chœur ou en solo et possède déjà une jolie voix. En voyant Tito Gobbi dans Rigoletto, elle découvre sa vocation de cantatrice que semble confirmer une séance de spiritisme où l'esprit de Maria Malibran l'aurait encouragée dans cette voie. À onze ans, elle veut passer une audition et à l'âge de quinze ans elle affronte le public avec l'air terrible d'Azucena du Trouvère « Stride la vampa » car elle pense avoir une voix de mezzo-soprano. À seize ans, elle étudie le chant à Milan avec comme professeurs, Ghirardini, Merlini. Alfredo Kraus met en rapport Renata avec son excellent professeur de chant, la grande soprano espagnole Mercedes Llopart. Très vite, elle gomme ses défauts, corrige sa technique vocale tout en développant son timbre de soprano.

En 1952, la veille de Noël, à l'âge de 18 ans, elle chante Violetta de La Traviata. À 19 ans, elle remporte son premier concours de chant à Milan parmi un millier de concurrents. Le , elle fait ses débuts au Théâtre Nuovo de Milan en interprétant le rôle de Violetta de La Traviata. En 1953, après son audition du rôle travesti de Walter dans La Wally, Victor de Sabata lui dit : oubliez le repos et l'opéra se joue le  de la même année avec comme partenaires Mario Del Monaco et Renata Tebaldi et obtient, au cours de cette soirée quinze rappels.

Elle est rapidement engagée dans tous les théâtres d'Italie mais c'est au Festival d'Édimbourg, le , qu'elle obtient la gloire en remplaçant Maria Callas refusant de participer à une cinquième représentation, non prévue au contrat, dans le rôle d'Amina de La sonnambula. Pour la jeune cantatrice, ce concours de circonstance fut la chance de sa vie, elle n'a que 23 ans.

Elle devient une grande vedette internationale et se produit sur les plus grandes scènes du monde. Elle se marie le  avec Lorenzo Anselmi. Le couple a deux enfants : Laura née le  et Filippo, né le .

En 1960, à Chicago, elle est acclamée dans le rôle de Mimi de La Bohème. En 1962, au Covent Garden puis au Metropolitan Opéra le  où elle est ovationnée en Cio-Cio-San dans Madame Butterfly. Elle y interprète, durant vingt années, les rôles les plus divers : Gilda dans Rigolletto, Vitellia dans la Clemence de Titus ou Lucia dans Lucia di Lammermoor, sans oublier Violetta qu'elle chante régulièrement. Au fil de sa carrière, elle ajoute d'autres rôles à son répertoire comme Leonora du Trouvère, Desdémonde dans Othello, Marguerite de Faust, la Norma, Manon Lescaut, sans oublier les rôles véristes de Santuzza dans Cavalleria rusticana.
Dans le domaine du disque, elle enregistre avec, notamment, comme partenaires Alfredo Kraus, Giuseppe Di Stefano, Ettore Bastianini, Gianni Raimondi (Traviata et Rigoletto) et Carlo Bergonzi (RigolettoMadame ButterflyElisir d'AmoreLucia Di Lammermoor).

Elle fait ses débuts de metteur en scène en 1986 avec Madame Butterfly. Elle a également, ajouté de nouveaux rôles à son répertoire comme La Voix humaineErwartung, la Maréchale dans Le Chevalier à la rose en 1992, Kundry dans Parsifal en 1995 et Clytemnestre dans Elektra en 2000.

Pendant plus de quarante années, elle est connue pour ses exécutions admirables de Violetta dans La Traviata, Cio-Cio-San dans Madama Butterfly, Mimi (et occasionnellement Musette) dans la Bohême, Suor Angelica, Lucia di Lammermoor,...

Aussi remarquable « actrice » qu'interprète, elle reste insurpassée dans Butterfly, Manon Lescault et Suor Angelica, ajoutant à la perfection de sa voix une incarnation d'une humanité frémissante et sans égale dont témoignent heureusement de beaux enregistrements et des captations télévisées.

Surnommée « Scottine » par ses admirateurs, elle peut s'enorgueillir d'avoir réalisé un parcours professionnel remarquable en interprétant plus de 45 opéras et 100 rôles. Elle remporte une multitude de prix dont un Emmy Award.

 

Forever Van Gogh

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Le violoniste libano-espagnol d'origine arménienne Ara Malikian sera chargé d'écrire la musique qui sera jouée dans le nouveau spectacle conçu par le Teatro Marquina de Madrid sur l'un des peintres les plus médiatiques de l'histoire : Vincent Van Gogh : un spectacle théâtral immersif à mi-chemin entre une exposition et une comédie musicale. Le scénario et la direction artistique sont d'Ignasi Vidal qui a également participé à des comédies musicales telles que Les Misérables, La Belle et la Bête, Rent et Jésus-Christ Superstar.

Forever Van Gogh est un voyage théâtral dans la folie d'un génie. Un spectacle où l'art, la musique, le théâtre et les nouvelles technologies fusionnent pour offrir au public une expérience unique (...). En utilisant les ressources technologiques les plus avancées dans le domaine des arts de la scène, les peintures de l'auteur deviennent les protagonistes et racontent les différents moments de la vie de Vincent et la réflexion sur ses différentes étapes créatives.

Création de "Justice" de Hèctor Parra à Genève

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Après Orgia, d'après Pasolini, récemment créé à Bilbao et que l'on pourra voir la saison prochaine au Gran Teatre del Liceu, le compositeur catalan Hèctor Parra présentera un autre nouvel opéra, également la saison prochaine, à l'Opéra de Genève (Grand Théâtre de Genève). Il s'agit de Justice, sur un livret de Fiston Mwanza Mujila et dans une mise en scène de Milo Rau.
Justice emmène en République démocratique du Congo en février 2019. Un camion-citerne transportant de l'acide entre en collision avec un bus sur une route du Katanga, entre Lubumbashi et Kolwezi. Bilan : plus de vingt morts et de nombreux blessés. L'acide se déverse dans la rivière environnante, celle-là même qui est utilisé dans le traitement des minerais, alors que les infrastructures routières de cette région minière du sud du Congo sont en mauvais état, voire inexistantes. Le choix d'un événement impliquant une multinationale suisse en République démocratique du Congo permet de présenter une pièce chorale et élégiaque sur le sort de ce peuple et, au-delà, une réflexion sur les forces du bien et du mal face aux intérêts d'autrui. Entre ONG et multinationales, pouvoirs politiques et populations locales, l'enchevêtrement des responsabilités semble assuré... Fantômes et victimes, coupables et faux coupables se mêlent aux mythes et légendes de cette terre aussi riche en histoires qu'en minerais, dans cette danse macabre animée par le livret de l'écrivain congolais Fiston Mwanza Mujila".