Le Journal

Au Conservatoire Royal de Bruxelles

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Le poste de direction du Conservatoire Royal de Bruxelles sera vacant dès le 1er octobre 2023.
L'appel aux candidatures est administré par le pouvoir organisateur du Conservatoire, Wallonie-Bruxelles Enseignement.

Mirga Gražinytė-Tyla annule à Leipzig

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Pour raisons de santé, Mirga Gražinytė-Tyla doit se retirer du cycle des symphonies de Mahler de Leipzig.

Le City of Birmingham Symphony Orchestra l'a remplacée dans la 10e Symphonie de Mahler par Robert Treviño, chef d'orchestre régulièrement invité à Leipzig et directeur musical de l'Orchestre National d'Euskadi.

 

L’Opéra d’Atlanta annonce les finalistes du "96-Hour Opera Project"

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Le "96-Hour Opera Project" de l’Opéra d’Atlanta offre un prix en espèces de 10 000 $ ainsi que la commande d’un nouvel opéra de chambre qui sera produit et interprété par la compagnie au cours d’une prochaine saison.
Chaque paire de compositeurs et de librettistes écrira un opéra de 10 minutes, les gagnants recevant 10 000 $ et une occasion de commande.

Le concours associe des compositeurs à des librettistes, les mettant au défi de créer un opéra de 10 minutes. Ensuite, les cinq équipes finales se rendront à Atlanta (Géorgie) du 9 au 12 juin pour entendre leurs opéras répétés et joués au Ray Charles Performing Arts Center du Morehouse College.

Les compositeurs sélectionnés sont les suivants :
Nathan Felix
Omar Najmi
Dave Ragland
Edward Shilts
Jorge Sosa

Les librettistes qui travailleront avec eux sont les suivants :
Laura Barati
Anita Gonzalez
Alejandra Martinez
Selda Sahin
Catherine Yu

Le jury du concours est composé de Mark Campbell, Doug Hooker, Andrea Davis Pinkney, Tazewell Thompson, Priti Gandhi et Tinashe Kajese-Bolden.

Chad Smith, PDG à Boston

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L'Orchestre symphonique de Boston vient de nommer Chad Smith au poste de président-directeur général. Il prendra ses fonctions dans quatre mois.

Smith, 51 ans, est actuellement PDG du LA Philharmonic.
Il a travaillé au LA Phil pendant plus de 20 ans, principalement avec Gustavo Dudamel en tant que directeur musical. Il succède à Gail Samuel, également du LA Phil. Samuel a été évincée en septembre dernier après avoir tenté de procéder à des changements rapides.

Mais Chad Smith a la réputation, au LA Phil, de ne pas être toujours le plus délicat avec les membres du personnel.

Ingrid Haebler est décédée à 93 ans

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Née en 1929, la jeune Ingrid Haebler évolue dans un milieu musical fréquenté par l’élite des artistes. En effet, ses parents ont quitté Vienne pour Varsovie et leur maison accueille les grands solistes de passage comme Claudio Arrau, Edwin Fischer, Bronislaw Huberman ou Robert Casadesus. Ce dernier remarque les talents de l’enfant qui suit l’enseignement de sa mère, elle-même pianiste, et il lui prédit un grand avenir !
Du fait de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale dont la Pologne est l’une des premières victimes, la famille Haebler revient en Autriche et, âgée de seulement onze ans, elle fait ses débuts sur scène. Elle intègre ensuite le Mozarteum de Salzbourg et en sort diplômée en 1949 avec une mention pour ses interprétations de Mozart dont elle sera l’une des très grandes interprètes.
Elle se perfectionne ensuite à Genève auprès de Nikita Magaloff, et à Paris avec Marguerite Long dans le cadre de cours privés. Elle se fait remarquer lors des Concours à Genève et Munich. La pianiste est repérée par le label Vox pour lequel elle grave quelques galettes avant d'intégrer l’écurie du label Philips.
C’est avec les Sonates n°12 et n°13 de Mozart, gravées à Amsterdam en 1953, qu’elle fait ses débuts pour le label. Le succès critique est au rendez-vous, l’aventure continue avec Mozart et des Concertos pour piano n°26 et n°27 avec le London Symphony Orchestra dirigé par Colin Davis et les Wiener Symphoniker sous la baguette de Christoph von Dohnanyi.
Philips lui propose ensuite un projet de prestige : les Concertos pour piano de Mozart avec le London Symphony Orchestra. Gravée entre 1965 et 1968, cette somme voit défiler plusieurs chefs au pupitre du LSO, les très expérimentés Witold Rowicki et Alceo Galliera, ainsi que le jeune Colin Davis avec lequel elle avait collaboré.

La suite de sa carrière est triomphale et elle enregistre tant Mozart que Beethoven, Bach, Chopin, Schubert, Haydn, Schumann, et même les Variations symphoniques de César Franck. Elle intègre également l’équipe des professeurs de Mozarteum dès 1969.

L’art de la pianiste repose sur une technique assurée mais jamais démonstrative. Dès lors, elle sera une partenaire de musique de chambre recherchée et appréciée pour son sens de l’écoute et du collectif.
Ingrid Haebler était également sensible à un retour à l’exactitude du texte et elle peut être considérée comme une précurseure du mouvement de retour aux instruments d’époque. Il faut dire qu'elle avait étudié avec Robert Scholz à Salzbourg, coordinateur avec son frère Heinz d’une édition des œuvres pour piano de Mozart pour Universal Edition Vienne. Ingrid Haebler s’est ainsi intéressée aux partitions de Jean-Chrétien Bach, le plus jeune des fils de Bach dont l’influence fut grande sur l’écriture pianistique de Mozart.
Pour enregistrer une large sélection de sonates et de concertos, la pianiste utilisa un pianoforte. C’est d’ailleurs en Belgique qu'elle se familiarisa avec un pianoforte historique avant de demander au facteur d’instrument ancien JC Neupert de lui confectionner une réplique expurgée des défauts de l’instrument d’origine. C’est en compagnie de cet instrument que la pianiste entra en studio pour fixer les partitions de Jean-Chrétien Bach soit en solo, soit en compagnie de la Capella Academica Wien dirigée par Eduard Melkus. Certes, on fait mieux maintenant, mais le jeu de la pianiste, qui place le compositeur en précurseur de Mozart, est fort intéressant. Au pianoforte, elle enregistrera aussi une large sélection des Sonates pour piano de Haydn, vivifiantes et si musicales.

Avec Mozart, on est au coeur du répertoire de l’artiste et c’est aux interprétations de l’enfant de Salzbourg qu’elle doit sa réputation et sa notoriété. Son jeu est parfaitement calibré sans jamais être sec ou intellectuel. Dans la somme des concertos gravés à Londres, on sent que la pianiste est la meneuse de jeu, faisant du piano le centre de gravité mais en veillant toujours à ce que l'instrument s'intègre dans le tissu orchestral, tel un personnage d’opéra, acteur d’un ensemble dramatique. Tous les accompagnateurs sont au diapason de cette vision qu’ils portent dans un modestie de ton mais une écoute exemplaires. On admire également le style et la classe, magnifiées par cette hauteur de vue, un travail fabuleux de toucher sur les contrastes et la fluidité. C'est décapé et sans graisse, telle une interprétation authentique d'avant la lettre.

A une époque qui voit des interprètes déchainer les dynamiques et exploser les contrastes dans Bach, Mozart et Beethoven, Ingrid Haebler rappelle l’importance des nuances et la cohérence du discours.  Du très grand art !

Décès du violoncelliste Aleksandr Khramouchin

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Né en 1979 à Minsk (Biélorussie) dans une famille de longue tradition musicale, Aleksandr Khramouchin a reçu sa première leçon de violoncelle de son père, brillant violoniste, qui a continué à le guider dans son développement musical pendant plusieurs années.

En 1985, il intègre la classe de Vladimir Perlin à “l’Ecole Spéciale pour étudiants avancés” au Conservatoire de Minsk. Installé en Belgique en 1992, il poursuit ses études avec Hans Mannes au Conservatoire Royal d’Anvers. Les masterclasses avec des musiciens prestigieux tels que Janos Starker, Natalia Schakhovskaya, ou encore Boris Pergamenschikow, ont également marqué son apprentissage.

Premier Prix de nombreux concours internationaux et finaliste au 12e Concours International Tchaikovsky à Moscou, il allie à la grande profondeur de son jeu une brillance et une virtuosité époustouflantes.
À l’âge de 19 ans, il obtient le poste de Premier Violoncelle Solo de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, au sein duquel il se produira jusqu’en 2019. Les critiques n’ont cessé de saluer le jeu inoubliable et profondément personnel d’Aleksandr Khramouchin, sa musicalité, son répertoire très éclectique et sa perfection technique.
Parallèlement à ses activités d’interprète, Aleksandr Khramouchin donne en permanence des Masterclasses dans les institutions les plus importantes et a occupé le poste de professeur à l’International Mundi School de Waterloo (Belgique) jusqu’en 2021.

En soliste, il joue sous la baguette d’Emmanuel Krivine, Rudolf Werthen, Dirk Brossé, Patrick Davin, Lev Markiz, Valery Poliansky, Bramwell Tovey. Aleksandr Khramouchin s’est produit en musique de chambre aux côtés de musiciens comme Emmanuel Ax, Christian Ivaldi, Pascal Devoyon, Eliane Reyes, Vladimir Sverdlov, Polina Leshenko, Peter Laul, Denis Goldfeld, Graf Mourja, Alexandra Soumm, Jack Liebeck, et bien d’autres. Il est membre du Quatuor Aviv de 2010 à 2015.
Son étroite collaboration avec le label « Timpani records », entre autres, a abouti à plusieurs CDs, notamment l’intégrale de la musique de chambre de Gabriel Pierné avec le pianiste Christian Ivaldi, le premier enregistrement de la sonate de Jean Cras avec le pianiste Alain Jacquon, les œuvres pour violoncelle de Maurice Ohana avec le pianiste Pascal Devoyon. Ses disques ont reçu de nombreuses récompenses et ont été unanimement salués par la critique.

 

Jordi Savall et la "Missa solemnis"

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Jordi Savall étrenne cette semaine "sa" Missa solemnis de Beethoven à Barcelone.

Il y a d'abord eu l'intégrale des symphonies, en quatre concerts, en vue des célébrations du 250e anniversaire du compositeur en 2020. Puis il a continué d'approfondir la musique de Beethoven et donnera à découvrir cette Missa solemnis dans le cadre du cycle "El so original" à l'Auditori de Barcelone, première étape d'une tournée européenne qui passera ensuite par le Musikfestspiele de Dresde et la Philharmonie de Paris.
Savall dirigera ses ensembles Le Concert des Nations et La Capella Nacional de Catalunya avec un quatuor de solistes vocaux composé de la soprano Lina Johnson, de la contralto Olivia Vermeulen, du ténor Martin Platz et du baryton Manuel Walser.

En mai 2024, Savall prévoit de se mesurer à un autre chapitre fondamental du catalogue beethovénien, l'opéra Fidelio.

Nikolai Tscherepnin, 150 ans

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Nicolas Nikolaïevitch Tcherepnine, compositeur, chef d'orchestre et pédagogue russe, est né le  à Saint-Pétersbourg et mort le  à Issy-les-Moulineaux.
Avec Serge Rachmaninov (1873-1943), Alexandre Glazounov (1865-1936), Anatoli Liadov (1855-1914), Nicolas Medtner (1879-1951), Anton Arenski (1861-1906) et Sergueï Taneïev (1856-1915), il fait partie des successeurs du Groupe des Cinq.

Il étudie au Conservatoire de sa ville natale, où il est l'élève de Rimski-Korsakov entre 1895 et 1898. À partir de 1905, il y enseigne l'orchestration et la direction d'orchestre, et compte en particulier Sergueï Prokofiev au nombre de ses élèves.
En 1908, il est nommé chef d'orchestre au théâtre Mariinsky et à l'Opéra impérial de Saint-Pétersbourg. Il dirige la saison inaugurale des Ballets russes à Paris en 1909.
Après la Révolution russe de 1917, il est directeur du Conservatoire de Tiflis de 1918 à 1921, puis s'installe à Paris et devient directeur du Conservatoire russe.

Tcherepnine a été l'un des compositeurs privilégiée des Ballets russes de Diaghilev, auteur notamment du Pavillon d'Armide (1907) et de Narcisse et Echo, donné en 1911 (décors de Léon Bakst, chorégraphie de Michel Fokine, avec Tamara Karsavina et Vatslav Nijinsky).
Esthétiquement, sa musique incarne les meilleurs éléments de l'école nationale russe et laisse transparaître l'influence de l'impressionnisme français.

Il est le père du pianiste et compositeur Alexandre Tcherepnine.

Gluck, La Semiramide riconosciuta, 275 ans

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Christoph Willibald, Ritter (chevalier) von Gluck est né à Erasbach, dans l'électorat de Bavière, le 2 juillet 1714 et mort à Vienne, dans l'archiduché d'Autriche, le 15 novembre 1787.

Il a transformé l'opéra avec sa célèbre « réforme » visant à introduire le naturel et la vérité dramatique, et qui a notamment occasionné la querelle des Gluckistes et des Piccinnistes, qui l'opposa aux défenseurs de l'opéra italien, sans jamais toutefois le brouiller avec qui que ce soit. Il reste l'un des compositeurs les plus importants de la musique de la période classique dans l'aire germanophone avec Joseph Haydn, Wolfgang Amadeus Mozart, Karl Ditters von Dittersdorf, Franz Krommer et Carl Philipp Emanuel Bach. Il ouvre la porte au classicisme viennois dont il est le premier jalon significatif.

La famille de Christoph Willibald Gluck est originaire du Haut-Palatinat bavarois. À sa naissance, son père Alexander est militaire au service des princes de Lobkowitz.En 1717, la famille quitte Erasbach et s'installe en Bohême, où son père exerce la fonction de maître des Eaux et Forêts -profession traditionnellement exercée dans la famille Gluck. Il y travaille successivement au service de Anne-Marie-Françoise de Saxe-Lauenbourg, Grande-Duchesse de Toscane (en 1717) à Reichstadt (actuellement Zákupy), du Comte Kinský (en 1722) -l'une des plus prestigieuses maisons du royaume de Bohême- à Kreibitz, et du Duc de Lobkowitz (en 1727 à Eisenberg (de)).

Dès son plus jeune âge, Gluck montre des dispositions pour la musique. À Kreibitz, il suit ses premières leçons de musique et apprend le violon. Son intérêt pour la musique va alors croissant. Pourtant, son père -suivant en cela un usage courant à l'époque- souhaite le voir choisir le même métier que lui et il s'ingénie donc à contrarier les dispositions musicales de son fils.  Vers 1730, plutôt que de se soumettre à la volonté paternelle, il décide de quitter le foyer familial et parcourt le pays gagnant sa vie en chantant et en jouant de la guimbarde.

En 1731, Gluck s'inscrit à la faculté de philosophie de Prague. En 1735 ou 1736, aidé par la famille Lobkowitz et peut-être également par son père avec lequel il s'est réconcilié, Gluck se rend à Vienne avec l'intention de devenir musicien. Il entre au service du Prince Lobkowitz en 1736.

À Vienne, l'Empereur Charles VI impose alors son goût pour l'opera seria italien. Gluck décide donc en 1736 de se rendre en Italie afin de se perfectionner dans ce domaine ; il y est accompagné par le Prince lombard Antonio Maria Melzi, qui l'a remarqué à Vienne. Arrivé à Milan, ce dernier décide de l'attacher à sa chapelle privée ; il le met également en relation avec le compositeur Giovanni Battista Sammartini sous la direction duquel Gluck acquiert de solides bases musicales. Pourtant, alors que son mentor pratique un art essentiellement instrumental (ce qui est somme toute rare pour un Italien de cette époque), Gluck lui, est surtout attiré par l'art dramatique. Il fait ainsi jouer son premier opéra, Artaserse (Artaxerxès), à Milan le 26 décembre 1741. Plusieurs autres suivent dans différentes villes d'Italie ; il donne ainsi successivement : Demetrio (Démétrios), créé le 2 mai 1742 (Venise) ; Demofoonte, créé le 6 janvier 1743 (Milan) ; Il Tigrane (Tigrane II d'Arménie), créé le 26 septembre 1743 (Crema) ; La Sofonisba (Sophonisbe), créé le 18 janvier 1744 (Milan) ; l’Ipermnestra (Hypermnestre), créé le 21 novembre 1744 (Venise) ; Poro (Porus), créé le 26 décembre 1744 (Turin) ; Ippolito (Hyppolite), créé le 31 janvier 1745 (Milan). Ces premiers ouvrages ne nous sont parvenus qu'à l'état fragmentaire.
Gluck se conforme alors à la forme conventionnelle de l'opera seria et utilise les livrets (souvent de Métastase) alors à la mode et qui sont, suivant un usage courant à cette époque, utilisés et réutilisés de nombreuses fois par différents compositeurs.
Gluck reste en Italie jusqu'en 1745, année de son départ pour Londres.

Il arrive à Londres entre 1745 et le début de l'année 1746. Il y entre en relation avec Lord Middlesex, directeur de l'Opéra qui se trouve encore actuellement au vieux théâtre de Haymarket.
Gluck donne à Londres La Caduta de' Giganti (La Chute des Géants) sous-titré La Rebellione punita le 18 janvier 1746 dont le sujet fait allusion à la « prochaine défaite des Écossais » -l'opéra remporte un certain succès ; puis le 31 mars 1746, Artamene, démarqué de son Tigrane de 1743.

Lors de ce séjour anglais, Gluck fait notamment la connaissance de Haendel -à qui l'on chercha peut-être à l'opposer, le prince de Galles, qui protégeait l'Opéra, était en effet en conflit avec son père le roi George II qui lui protégeait Haendel- et se lie avec le compositeur Thomas Arne.

À la fin de l'année 1746, Gluck quitte l'Angleterre et retourne en Allemagne. Il se fait engager dans la troupe ambulante d'opéra italien des frères Mingotti, avec laquelle il entame une tournée européenne trois ans durant. À Dresde, la troupe participe aux fêtes données en l'honneur d'un double mariage princier : celui du Prince Friedrich-Christian de Saxe avec la Princesse Maria-Antonia-Walpurga de Bavière et celui du Prince-Electeur Maximilien III Joseph de Bavière avec la Princesse Marie-Anne de Saxe.
Gluck crée à Pillnitz, résidence d'été de la Cour de Saxe située aux environs de Dresde, le 29 juin 1747, Le nozze d'Ercole e d'Ebe (Le Mariage d'Hercule et d'Hébé) ; il s'y ressent l'influence de Johann Adolph Hasse et de Niccolò Jommelli.
Cet opéra marque une étape importante dans l'évolution stylistique de Gluck. Il se distingue en effet des précédents par une volonté marquée d'exprimer musicalement les sentiments et les situations dans lesquelles se trouvent les personnages, et notamment au moyen d'une nouvelle utilisation des instruments, par une recherche d'effets pittoresques dans les passages évoquant la nature.
C'est à Dresde également que le compositeur rencontre pour la première fois le chorégraphe français Jean-Georges Noverre avec qui il devait par la suite entamer une fructueuse collaboration.

En 1748, Gluck reçoit la commande d'un opéra pour Vienne :  il compose donc La Semiramide riconosciuta qui est jouée le 18 mai 1748 avec succès.

La troupe continue sa tournée à Hambourg puis à Copenhague. C'est dans cette dernière ville qu'est créé devant la Cour son opéra-sérénade La Contesa dei Numi le 9 avril 1749.

Vers la fin de l'année 1749, à Prague, Gluck quitte la troupe des Mingotti pour se faire engager dans celle du nouveau directeur du théâtre de cette ville : J. B. Locatelli. Gluck y fait représenter Ezio (carnaval de 1750) et Issipile (carnaval de 1752). Ces opéras marquent l'apogée de sa carrière italienne, hors d'Italie.

Gluck retourne ensuite brièvement en Italie vers la fin de l'année 1752 où il fait jouer à Naples le 4 novembre 1752 La clemenza di Tito (en) (La Clémence de Titus) qui connaît un grand succès.
À la fin de l'année 1752, Gluck revient à Vienne et s'y installe définitivement. Il jouit alors d'une renommée internationale et reçoit nombre de commandes de l'étranger. Encore de nombreux voyages et une production qui semble ne jamais devoir prendre fin.

À partir des années 1757/1758, Gluck -à la demande de Durazzo- arrange des comédies-vaudevilles françaises pour le théâtre de la Cour. Ces ouvrages joués à l'origine aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent à Paris et qui sont à l'origine de l'opéra comique, circulent en effet à Vienne où ils rencontrent les faveurs du public. Gluck s'intéresse alors beaucoup à ce genre -il le traite librement, à la manière française y ajoute ouverture et airs. Il compose dans ce genre : La Fausse Esclave, créé le 8 janvier 1758 (Vienne) ; L'Île de Merlin, créé le 3 octobre 1758 (Vienne) ; Cythère assiégée 1759 (Vienne) ; Le Diable à quatre, créé le 28 mai 1759 (Laxenbourg) ; L'Arbre enchanté, créé la même année ; L'Ivrogne corrigé, créé en avril 1760 (Vienne) et Le Cadi dupé, créé en 8 décembre 1761. Sa dernière mais non pas moindre composition dans le genre est La Rencontre imprévue ou Les Pèlerins de La Mecque créé le 7 janvier 1764 : cette œuvre -véritable opéra-comique- ne contient en effet plus de vaudevilles et la musique en est donc entièrement originale. Son incursion dans le genre de l'opéra-comique qui est un genre spécifiquement français, lui permet de se familiariser avec la prosodie française ; son style évolue également vers plus de simplicité et de naturel dans le but d'obtenir une expression des sentiments toujours plus authentique : deux points dont l'importance se révélera par la suite fondamentale.

De cette période date également la sérénade Tetide. C'est vers cette époque que ses amis tentent de lui obtenir un poste à la cour au théâtre, poste auquel il est nommé en 1759. a

Depuis plusieurs années, Gluck médite une nouvelle conception du drame. Durazzo, en mettant le compositeur en relation avec le poète Ranieri de' Calzabigi va largement contribuer à la concrétisation de ce projet. Le poète italien partage en effet les idées de réformes de l'opéra soutenues à Paris notamment par les philosophes tels que Diderot, Rousseau, Grimm ou Voltaire et encourage le compositeur dans cette voie. Il est en outre l'auteur de plusieurs ouvrages théoriques consacrés à l'opéra et dans lesquels, il prône notamment une « régénérescence de l'opera seria » italien. Gluck adhère largement aux conceptions du poète. C'est de cette collaboration que va se concrétiser une réforme radicale de l'opéra ; il en découlera plusieurs des œuvres majeures du compositeur.

Calzabigi souhaite ainsi de l'opéra français, particulièrement l'idée d'une plus grande fluidité entre l'air et le récitatif pour donner une plus grande continuité au drame. Il préconise également l'introduction de grandes pages chorales ainsi que l'emploi de la pantomime dansée, suivant les nouvelles idées chorégraphiques théorisées par Jean-Georges Noverre ou Gasparo Angiolini. Enfin il propose de substituer au drame métastasien généralement fondé sur une intrigue complexe, une action qui s'appuie sur un mythe et qui est basée sur une idée morale dont le protagoniste est le symbole vivant.
La première œuvre à naître de cette collaboration et qui marque donc le point initial de la « réforme » est Orfeo ed Euridice.

Suit le 17 octobre 1761, le ballet-pantomime Don Juan ou le Festin de Pierre également créé à Vienne et à la création duquel participe le chorégraphe Gasparo Angiolini. Cette œuvre est le premier véritable ballet d'action dans l'histoire de la musique.

En 1764 il donne un opéra-comique, La Rencontre imprévue, et l'année suivante deux ballets, puis deux nouveaux opéras, également sur des livrets de Calzabigi : Alceste (1767) et Paride ed Elena (1770). Même si, contrairement à Orfeo et Alceste, Gluck ne jugera pas utile d'adapter cet ouvrage pour la scène parisienne, il y puisera abondamment airs et ballets pour ses ouvrages parisiens. Par ailleurs, l'ouverture de Paride reprend l'idée de la sinfonia à l'italienne avec ses trois mouvements, à cette différence près que chacun d'eux s'enchaîne directement au suivant sans transition.

Gluck est également professeur de clavecin de l’Archiduchesse d’Autriche Marie-Antoinette, future reine de France. Elle lui accordera sa protection quelques années plus tard lorsqu’il sera à Paris.

En 1774, Gluck arrive à Paris où il décide d'appliquer sa réforme à l'opéra français.
En 1776 est créée la version française de Alceste qui à l’instar de Orphée et Eurydice est profondément remaniée par rapport à la version italienne originale. Ces deux opéras remportent chacun un franc succès mais sont aussi le point de départ d'une controverse entre les tenants de Gluck et ceux de la musique italienne qui acceptent mal cette francisation de l’opéra italien. Ces derniers se choisissent alors comme champion le compositeur Niccolò Piccinni. En 1777 est créée Armide qui reprend le livret de Philippe Quinault, déjà mis en musique en 1685 par Jean-Baptiste Lully. C’est à cette occasion qu’éclate la querelle. Elle prend fin en 1779 avec le succès d'Iphigénie en Tauride. Mais quelques mois plus tard, la création de Echo et Narcisse se solde par un échec. Gluck quitte alors définitivement la capitale française.

Affecté par cet échec, il retourne à Vienne. Bien qu’admiré par ses contemporains tels que Joseph Martin Kraus, Gluck met pourtant un terme à sa carrière. Il révise Iphigénie en Tauride pour en donner une version allemande et compose quelques lieder mais renonce à se rendre à Londres.
Il meurt en 1787 à Vienne.

Otto Edelmann, 20 ans

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Représentant majeur du chant autrichien, reconnu comme l'un des grands barytons-basses wagnériens de son temps, Otto Edelmann est indissociable de son rôle le plus célèbre, celui du Baron Ochs dans Le Chevalier à la rose de Richard Strauss, qu'il incarnera 256 fois sur scène. Sa voix sombre alliée à un exceptionnel talent d'acteur en ont fait une figure incontournable des grands rôles de composition. Sa présence scénique s'imposait à tous par sa noblesse de style et un sens du phrasé caractéristique du grand chant viennois.

Otto Karl Edelmann, né à Brunn am Gebirge, près de Vienne, le 5 février 1917, étudie le chant à l'Académie de musique de la capitale autrichienne avec le baryton Theodor Lierhammer et le ténor Gunnar Graarud. En 1937, il effectue ses débuts sur scène dans le théâtre de la petite ville de Gera (Thuringe), dans le rôle-titre des Noces de Figaro de Mozart. Il passe deux ans dans la troupe de l'Opéra de Nuremberg (1938-1940) avant d'être incorporé dans la Wehrmacht. Envoyé sur le front est, il est fait prisonnier par les Soviétiques. Il reprend sa carrière de chanteur après la Seconde Guerre mondiale et débute dans l'ensemble de la Staatsoper de Vienne le 30 novembre 1947, dans l'Ermite du Freischütz de Weber, donné à la Volksoper. C'est le commencement d'une collaboration exceptionnelle de trente ans avec cet ensemble : jusqu'en 1976, il se produira 430 fois sur la principale scène lyrique autrichienne, dans trente-six rôles différents. Il recevra en 1960 le titre honorifique de Kammersänger.

Edelmann est invité par les plus grands théâtres et festivals : au festival de Salzbourg de 1948 à 1964, où il chante notamment le Baron Ochs pour l'inauguration du nouveau Grosses Festspielhaus en 1960 ; à Bayreuth dès la réouverture du festival, en 1951, où il participe, le 29 juillet, aux côtés d'Elisabeth Schwarzkopf, d'Elisabeth Höngen et de Hans Hopf, à la célèbre exécution inaugurale de la Neuvième Symphonie de Beethoven sous la baguette de Wilhelm Furtwängler ; cette année-là, il y incarne Hans Sachs (Les Maîtres chanteurs de Nuremberg) sous la direction de Herbert von Karajan ; en 1952, ce sera sous celle de Hans Knappertsbusch. Ce rôle, qui devient l'un de ses préférés, marque ses débuts au festival d'Édimbourg, avec la troupe de l'Opéra de Hambourg (1952), et au Metropolitan Opera de New York (1954) ; il se produira régulièrement sur cette dernière scène jusqu'en 1970, participant à 110 représentations dans neuf rôles différents.

Des chefs comme Furtwängler et Karajan se l'arrachent, aussi bien pour Don Pizzaro ou Rocco (Fidelio de Beethoven), Leporello (Don Giovanni de Mozart), que pour des grands rôles wagnériens : Amfortas et Gurnemanz (Parsifal), le Roi Henri (Lohengrin), le Roi Marke (Tristan et Isolde) et Wotan (La Walkyrie).
De 1951 à 1954, il se produit régulièrement à la Scala de Milan (Amfortas, Hans Sachs, Ochs et Rocco), à partir de 1955 à l'Opéra de Munich.
En 1965, il débute au festival de Glyndebourne, à nouveau dans son rôle fétiche, le Baron Ochs. La France ne l'accueillera que très rarement dans ce rôle, à Nice en 1964 et à Rouen en 1965. Le 15 décembre 1976, à la Staatsoper de Vienne, Edelmann met fin à une carrière scénique d'une exceptionnelle longévité, dans le rôle du Comte Waldner (Arabella de Richard Strauss).
Professeur de chant à l'Académie de musique de Vienne, il meurt à Vienne le 14 mai 2003.

Dans sa discographie en studio, on retiendra : Fidelio, enregistré en 1953 par l'Orchestre Philharmonique de Vienne et les chœurs de la Staatsoper de Vienne sous la direction de Furtwängler, où il incarne Don Pizarro aux côtés de Martha Mödl (Leonore), Wolfgang Windgassen (Florestan), Gottlob Frick (Rocco) et Sena Jurinac (Marzelline).