Le Journal

Johann Friedrich Agricola, 250 ans

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Johann Friedrich Agricola (né le  à Dobitschen (Duché de Saxe-Gotha-Altenbourg) et mort le  à Berlin) est un compositeur, chanteur, organiste et pédagogue allemand, membre de l'École de Berlin.

Il a également écrit sur la musique, parfois sous le pseudonyme de Flavio Anicio Olibrio.

Agricola fait son droit à Leipzig et étudie parallèlement la musique auprès de Johann Sebastian Bach. En 1741, il part à Berlin ou il suit l'enseignement de Johann Joachim Quantz en composition.

Il est rapidement reconnu comme étant un des organistes les plus talentueux de son temps. Le succès de son opéra comique Il filosofo convinto in amore joué à Potsdam en 1750 le fait rentrer dans la suite de Frédéric le Grand comme compositeur de Cour. En 1759 à la mort de Carl Heinrich Graun, il prend la direction de l'orchestre royal. Il épouse la chanteuse Benedetta Emilia Agricola, mariage qu'aurait désapprouvé le roi. Agricola meurt à 54 ans.

Agricola a composé plusieurs opéras dits « italiens », ainsi que des lieder, des préludes chorals, de la musique pour clavier, des pièces de musique sacrée, principalement des oratorios et des cantates. Il est surtout connu pour ses écrits théorique et critique sur la musique. En 1754, il coécrit un obituaire pour Johann Sebastian Bach avec Carl Philipp Emanuel Bach. Son ouvrage publié en 1757, Anleitung zur Singekunst (« Introduction à l'art du chant »), est une traduction de l'ouvrage de Pier Francesco Tosi Opinioni de' cantori antichi e moderni augmenté de ses propres commentaires.

Une journée consacrée à Luigi Nono à l'Accademia di Santa Cecilia

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La projection du film documentaire de Manuela Pellarin précédera la représentation de « Fragmente-Stille, an Diotima ».

Luigi Nono est né en 1924 et nous a quittés en 1990, à seulement soixante-quatre ans. Pour conclure l'année du centenaire, l'Accademia Nazionale di Santa Cecilia lui consacrera ce 1er décembre, avec deux rendez-vous dans la Sala Petrassi du Parco della Musica « Ennio Morricone ».

À 17h30, le film « Luigi Nono. Infiniti possibili » de Manuela Pellarin, qui utilise le riche répertoire d'images photographiques, de vidéos et d'enregistrements audio conservés dans les archives de Luigi Nono et généreusement mis à disposition par Nuria Schönberg, l'épouse de Nono. Ce film documentaire explore la personnalité du musicien vénitien dans ses différentes facettes humaines, politiques et sociales, indissociables de sa production musicale. Des entretiens avec des amis sodaux et des souvenirs de sa femme et de ses filles permettent d'approfondir de nombreux aspects de la personnalité du compositeur afin de restituer la figure de Nono dans le contexte de son époque, dans le but également de rapprocher le compositeur des nouvelles générations, en suscitant l'intérêt de ceux qui, pour des raisons d'âge, n'ont pas vécu les années de la néo-avant-garde et de la « nouvelle musique ».

À 19 heures, après la projection, le Quartetto Prometeo interprétera « Fragmente-Stille, an Diotima », composé par Nono en 1980.

 

Premières conséquences des réductions de subsides en Allemagne

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Le Konzerthaus de Berlin a annulé son festival Projections en février en raison de coupes budgétaires s'élevant à 1,8 million d'euros.

Le Konzerthaus a déclaré : « Cette annulation montre clairement les effets considérables des réductions actuelles. Elle représente une grande perte pour le Konzerthaus et son public, ainsi que pour de nombreux artistes indépendants avec lesquels la maison souhaitait travailler dans le cadre du festival - un modèle que le Konzerthaus a démontré avec le festival Aus den Fugen au cours des dernières semaines. Le fragile écosystème culturel de Berlin est massivement menacé par ces coupes ».

 

Décès d'une éminente figure à Leipzig

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Nous avons appris le décès, à l'âge de 90 ans, de l'éminent compositeur Siegfried Thiele, un homme qui a mené une carrière fructueuse tant sous le communisme que sous le capitalisme.

Né à Chemnitz, il a d'abord combiné la composition pour la Communauté chrétienne avec l'enseignement à la Felix Mendelssohn Hochschule, fondant également l'orchestre des jeunes de la ville.

Lorsque Kurt Masur persuade les autorités de reconstruire la salle de concert Gewandhaus, Thiele est choisi pour composer l'œuvre inaugurale -Songs to the Sun pour alto et ténor solo, orgue, chœur et orchestre.

Juste après la réunification allemande, Thiele a été élu recteur de l'Université de musique et de théâtre de Leipzig, poste qu'il a occupé jusqu'en 2004.

 

Près de 200 organisations culturelles demandent au Parlement européen de protéger leur autonomie.

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Près de 200 organisations culturelles renommées issues de 39 pays, parmi lesquelles 24 organisations belges, dont l’Opéra royal de Wallonie, La Monnaie ou Opera Ballet Vlaanderen, demandent au Parlement européen de protéger leur autonomie.

En signant la lettre intitulée "Resistance now : Free culture", ils soulignent leur préoccupation concernant l’évolution des politiques culturelles dans plusieurs États membres de l’UE, comme la Hongrie et la Slovaquie.

"Les atteintes à la liberté artistique ont atteint des niveaux quasi absurdes dans de nombreux pays", dénoncent les signataires. Ceux-ci s’inquiètent également des pressions menées par divers partis nationalistes et d’extrême-droite en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas pour imposer des coupes radicales dans le financement des institutions culturelles.

L’initiative de la lettre ouverte a vu le jour après que des ultranationalistes ont violemment empêché les spectateurs d’assister à la première représentation d’une pièce de l’acteur et réalisateur américain John Malkovich au théâtre national Ivan Vazov en Bulgarie, début novembre.

Les signataires demandent aux États membres et aux institutions européennes de "renforcer la protection de la liberté culturelle en introduisant une 'loi européenne sur la liberté de la culture' dans le cadre de l’État de droit". "L’Europe repose sur l’ouverture de la vie culturelle de ses États membres et leur coopération libre et dynamique. Si ces éléments disparaissent, le projet européen perdra son âme et son sens", affirment les auteurs de la lettre ouverte.

La lettre a été lancée lors d’un évènement organisé samedi dans le théâtre Maillon à Strasbourg. Une pétition sera mise à disposition du public.

"Il prigioniero" de Luigi Dallapiccola, 75 ans

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Il prigionero (le prisonnier) est un opéra en un prologue et un acte de Luigi Dallapiccola sur un livret du compositeur d'après La torture par l'espérance (Nouveaux contes cruels) de Villiers de l'Isle-Adam (1883) et la Légende d'Ulenspiegel de Charles De Coster.
Il est créé le  à la Radio de Turin sous la direction de Hermann Scherchen et sur scène le  au Mai musical de Florence.

L'œuvre suit un « dodécaphonisme bien tempéré. Les réminiscences tonales s'y mêlent à un traitement sériel qui sait préserver à l'intervalle sa fonction mélodique. »

"Concerto pour Orchestre" de Béla Bartok, 80 ans

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Le Concerto pour orchestre Sz.116/BB 123 est une œuvre composée en 1943.

En 1940, Béla Bartók, fuyant le nazisme, arrive aux États-Unis. Il n’y est pas heureux, n’appréciant pas le pays, se trouvant face à de sérieuses difficultés financières et, surtout, supportant mal l’éloignement de son pays. Dès fin 1942, une leucémie est diagnostiquée ; il doit alors renoncer à ses concerts.

Alors qu’il refuse l’aide financière de ses amis, la Société des auteurs américains le prend en charge et, grâce au chef d’orchestre Serge Koussevitzky, lui commande une nouvelle œuvre pour 1 000 dollars par une lettre de commande datée du 4 mai 19431 : le Concerto pour orchestre, auquel il travaille d’août à octobre 1943.
La première a lieu au Symphony Hall (Boston) le 1er décembre 1944 par l’Orchestre symphonique de Boston. Il écrit : « …l’exécution était excellente ».
Koussevitzky est très enthousiaste au sujet de l’oeuvre, et indique que c’est « la meilleure pièce orchestrale des 25 dernières années ».

Néanmoins, Bartók révise l'œuvre en février 1945, la principale innovation consistant en une coda légèrement plus développée dans le Finale.

L'œuvre est publiée chez Boosey & Hawkes à New York en 1945.

 

Francois Henri Joseph Castil-Blaze, 240 ans

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François-Henri-Joseph Blaze, dit Castil-Blaze (né à Cavaillon le  et mort à Paris le ) est un musicographe, critique musical, compositeur, éditeur français et également auteur provençal en langue d'oc.

Fils du compositeur et écrivain Henri-Sébastien Blaze, il est le frère du pharmacien militaire et écrivain Sébastien Blaze (1785-184?) et de l'écrivain Elzéar Blaze.

Après son enfance passée à Cavaillon, il monte à Paris pour faire des études de droit mais aussi apprendre la musique, notamment au Conservatoire de musique. Après avoir passé à nouveau quelques années dans le Vaucluse, Castil-Blaze se réinstalle définitivement à Paris.

Une grande partie de son activité consiste à adapter des opéras français et étrangers pour différentes scènes de la province française. Dans ces cas-là, Castil-Blaze adapte le livret ainsi que la musique. Ce travail d’arrangeur sera largement critiqué, mais Castil-Blaze affirmait que cela permettait à une partie du public de se familiariser avec l’opéra.

Castil-Blaze s’est largement fait connaître comme critique. À partir du , il publie dans Le Journal des débats des Chroniques musicales. Dans ces chroniques assez irrégulières, au nombre d’une trentaine par an, Castil-Blaze semble jouir d’une certaine liberté. La plupart des chroniques critiquent des œuvres lyriques, mais d’autres sont consacrées à des réflexions sur la musique, à des nécrologies de compositeurs (Weber en 1826, Beethoven en 1828) ou à des critiques de concerts. Castil-Blaze a écrit dans Le Journal des débats jusqu’en 1832, avant de rejoindre Le Constitutionnel. Il a aussi collaboré à la Revue musicale de Fétis ainsi qu’à d’autres journaux ou revues. Castil-Blaze est sans doute, en France, le premier critique musical à avoir étudié la musique.

Castil-Blaze est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles, portant sur la théorie de la musique, son histoire et l’histoire du théâtre. Il a lancé une série de trois ouvrages consacrés aux trois grands théâtres lyriques de Paris : l’Opéra, le Théâtre-Italien et l’Opéra-Comique. Il n’a pu terminer et publier que les deux premiers avant sa mort, le troisième, resté à l’état de manuscrit, est conservé à la Bibliothèque nationale de France. Ces ouvrages suscitent aujourd’hui l’intérêt mais aussi la méfiance des historiens car ils contiennent de nombreuses anecdotes, pas toujours vérifiées.

Castil-Blaze a écrit la traduction française du livret du Barbier de Séville de Rossini en y rajoutant des dialogues parlés pour la plupart empruntés à Beaumarchais, en en modifiant la structure qui passe de deux à quatre actes et en changeant certaines tessitures vocales. Cet opéra avait été donné en italien à Paris le  au Théâtre-Italien. La première de la version en français date du  à l’Odéon. Après de nombreuses vicissitudes dues aux rivalités des théâtres parisiens, l’opéra en français avec ses dialogues parlés (opéra-comique) est donné le  à l’Opéra-Comique avec un très grand succès et s’installe au répertoire.

Comme compositeur, Castil-Blaze a surtout réalisé des arrangements dont le plus célèbre est Robin des Bois ou les Trois balles, adaptation de 1824 du Freischütz de Weber, œuvre finalement bien éloignée de l’original. De plus, l’opéra reprend des morceaux de musique d’autres compositeurs dans la droite ligne du pasticcio baroque et rossinien. Cette version créée à l’Odéon le  sera reprise en 1835 à l’Opéra-Comique et en 1855 au Théâtre-Lyrique, concurrencée à partir de 1841 par la version du Freischütz fidèlement adaptée par Berlioz.

Mais Castil-Blaze est également l'auteur d'un opéra en quatre actes, Belzébuth ou les Jeux du roi René, Montpellier (intégrale) et Paris, Conservatoire (extraits) 1842, d’un opéra comique en un acte, La Colombe, de plusieurs œuvres originales, en particulier d’œuvres sacrées, dont deux messes solennelles.

Castil-Blaze a enfin exercé comme éditeur, d’abord pour publier ses propres œuvres, littéraires comme musicales, mais il ne s’y est pas limité : il a, entre autres, édité les œuvres de Beethoven.

Castil-Blaze n’avait pas oublié ses origines provençales. Doté d’un esprit vif et fécond ainsi que d’un sens critique aigu, Castil-Blaze disait justement : « Je n’attache de prix qu’à mes œuvres provençales ; c’est le seul bagage poétique et musical que je lègue à la postérité. Léger, mais ficelé de mains de maître, ce colis arrivera plus facilement à son adresse… » Le bagage dont parlait Castil-Blaze se réduit à douze chansons populaires écrites en langue provençale, qu’il publia lui-même en 1845. Il s’y ajoute vingt-sept pièces de vers qu’il ne publia pas de son vivant, mais que ses amis félibres publieront après sa mort.

Giuseppe Sarti, 295 ans

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Giuseppe Sarti est un compositeur italien né le  à Faenza (Émilie-Romagne) et mort le  à Berlin.

Auteur de nombreux opéras, il n'est aujourd'hui connu que grâce à l'allusion à l'air de son opéra Fra i due litiganti, « Come un'agnello », que Mozart a cité lors de la scène finale de Don Giovanni.

Giuseppe Sarti, attiré très jeune par la musique, se rend à Padoue, où il l'étudie avec le Père Francesco Antonio Vallotti (qui codifie la théorie de la dissonance), puis à Bologne avec le fameux Padre Martini.

De retour dans sa ville natale, il est tout d'abord nommé organiste de la cathédrale, puis en 1752, directeur du théâtre. Son premier opéra, Il re pastore y est représenté à Pesaro la même année.

À la fin de 1753, Giuseppe Sarti est invité à Copenhague et chargé de diriger la troupe de Pietro Mingotti. Le  est créé dans la capitale danoise son opéra Antigono. Ses opéras (VologesoAntigonoCiro Riconosciuto) plaisent au roi Frédéric V, qui le nomme maître de chapelle de la Cour, puis directeur de l'opéra italien. Il reste douze ans au Danemark et y compose une quarantaine d'œuvres scéniques. À la fermeture de l'opéra italien (en 1763), il est nommé directeur de la musique de Cour.

En 1765, alors qu'il voyage en Italie afin d'engager des chanteurs, la mort de Frédéric V amène un changement brutal de sa situation. Perdant son poste à Copenhague, Sarti est engagé comme maestro di coro au Conservatoire della Pietà de Venise, où il reste deux années (de 1766 à 1768).

En 1769, il se rend à Londres, où il ne parvient à subsister qu'en donnant des leçons.

En 1770, il retourne à Copenhague et reprend ses fonctions de directeur de la chapelle royale jusqu'en 1775. En 1775, Giuseppe Sarti rentre en Italie et se fixe dans la cité des Doges avec son épouse, la cantatrice Camilla Passi.

En 1779, il remporte le concours de recrutement pour le poste de maître de chapelle de la cathédrale de Milan devant Giovanni Paisiello, qui est alors le maître de chapelle de la tsarine Catherine II de Russie2. Il conserve cette fonction jusqu'en 1784 et a, au cours de son séjour dans la capitale lombarde, comme élève Luigi Cherubini.

En , son opéra Giulio Sabino est créé sur la scène du Teatro San Benedetto à Venise pour le Carnaval.

La Cour de Russie cultivait la musique et l’opéra, invitant des compositeurs italiens dont Francesco Araja est le premier. Giuseppe Sarti est lui-même invité à la Cour impériale russe en 1784, comme cela a été le cas auparavant de Baldassare Galuppi, Tommaso Traetta et Giovanni Paisiello, et comme ce sera le cas après lui pour Domenico Cimarosa et Vicente Martin y Soler, espagnol de naissance, mais italien de cœur.

Au cours de son voyage pour prendre ses fonctions de directeur de la chapelle impériale de Saint-Pétersbourg, il s'arrête quelque temps à Vienne, où il est reçu par l'empereur Joseph II. Il y rencontre Mozart, qui apprécie sa musique, très connue dans la capitale autrichienne, où ses opéras triomphent au Burgtheater.

À Saint-Pétersbourg est créée, en  son Armida e Rinaldo, d'après son Armida Abbandonata créée à Copenhague. Les intrigues de la prima donna Luiza Todi, l'éloignent de Catherine II. Sarti entre alors au service du prince Potemkine, favori de la tsarine, qu'il suit même lors de sa campagne contre les Turcs ! Après la mort de Potemkine en 1791, et une période d'enseignement, il retrouve en 1793 ses fonctions de compositeur de la Cour. L'assassinat du tsar Paul Ier en 1801, lui fait quitter définitivement la Russie.

C'est au cours de son voyage de retour vers l'Italie, lors d'une halte à Berlin, qu'il meurt le .

Franz Xaver Richter, 315 ans

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François-Xavier Richter est un compositeur morave, né à Holešov dans l'empire des Habsbourg le 1er décembre 1709 et mort à Strasbourg le 12 septembre 1789. Il est l'un des représentants importants de l'École de Mannheim.

On sait peu de choses de sa jeunesse et ses origines sont incertaines. Il reçut probablement une éducation musicale complète sous la direction de Johann Joseph Fux à Vienne.

De 1740 jusqu'à 1747, il fut vice-maître de chapelle au service du Prince-Abbé Anselme de Reichlin-Meldegg à Kempten dans l'Allgäu, en Bavière. Pendant ce temps, six de ses 69 symphonies furent publiées à Paris.

Après 1747, comme compositeur et baryton, il fit partie de la célèbre chapelle de Cour de Mannheim auprès du Prince-Electeur Charles-Théodore. Marpurg l'a inclus comme deuxième violon dans l'orchestre de la Cour. Il n'y a pas d'autres références contemporaines à des fonctions d'instrumentiste qu'il aurait exercées.

Il écrivit un Traité d'harmonie et de composition, traduit et publié à Paris en 1804, et entreprit un certain nombre de tournées de concert, d'abord à la Cour d'Oettingen-Wallerstein (1754) puis en France, aux Pays-Bas et en Angleterre. En 1768, l'électeur le nomma compositeur de la chambre princière.

En 1769, il succéda à Joseph Garnier comme maître de chapelle de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, où il eut comme assistant, et seulement à partir de 1783 (74 ans), Ignace Pleyel, le célèbre élève de Joseph Haydn qui allait lui succéder. Le poste fut convoité par rien moins que Mozart, qui rencontra Richter à Strasbourg en 1778, après son séjour parisien. Mozart a de l'admiration pour le compositeur, même s'il n'en oublie pas de rappeler son addiction à l'alcool.

Dans ses compositions, des marques du style baroque s'associent à des éléments galants : « Je suis obligé de le faire, écrivit-il à un de ses amis, autrement les gens ne vont plus à l'église ».

Richter fait partie de ces maîtres de l'École de Mannheim qui ont eu leur importance pour les débuts de la symphonie. Sa musique « montre la voie qui va de la sonate baroque en trio aux précurseurs immédiats du quatuor à cordes classique ». Parmi ses élèves, on peut mentionner Carl Stamitz (qui épousera sa fille Marie Anne Françoise Xavière), František Xaver Pokorný, Joseph Martin Kraus (1756-92), Sébastien Demar et Ferdinand Fränzl.