Le Journal

Antonio Soler y Ramos, 295 ans

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Antonio Francisco Javier José Soler Ramos, plus connu sous le nom de Padre Antonio Soler, baptisé le 3 décembre 1729 et mort le 20 décembre 1783, est un religieux, compositeur, organiste et claveciniste espagnol.

Antonio Soler est le principal compositeur pour le clavecin actif en Espagne du XVIIIe siècle si l'on excepte Domenico Scarlatti, Italien qui passa les trente dernières années de sa vie en Espagne et y introduisit son style si particulier, influencé par la musique populaire de son pays d'adoption. Antonio Soler se place directement dans le sillage et la tradition du maître napolitain.

Né à Olot dans la province de Gérone, il commence ses études musicales à l'âge de six ans à l'Escolania de Montserrat. Entré ensuite en religion dans l'ordre des Hiéronymites et ordonné prêtre en 1752, il fait partie de la communauté hiéronymite de San Lorenzo de El Escorial et devait y passer le reste de son existence tout en exerçant ses dons musicaux en tant que maître de chapelle.

La famille royale de Ferdinand VI et Marie-Barbara, puis celle de Charles III, sont accompagnées dans leur villégiature automnale à l'Escurial par les compositeurs José de Nebra et Domenico Scarlatti. En ces occasions, A. Soler étudie avec Nebra et recueille l'enseignement de Domenico Scarlatti, ou du moins ses conseils. Soler donne également des leçons à l'Infant Don Gabriel, fils préféré de Charles III. Le Prince l'invite à participer à des concerts (des « academias ») organisés au Prado ou à Aranjuez : Soler s'absente ainsi de son couvent pendant plusieurs semaines.

Sa liberté et son succès font des jaloux parmi les moines. On le surnomme « le diable en habit de moine ». La venue d'un nouveau supérieur au couvent, Julian de Villegas, très rigoriste, interdit au Padre Soler de quitter son couvent. Soler demande en vain sa mutation. Villegas lui trouve une « tête affaiblie par l'étude immodérée de la musique ».

Parmi les points communs entre Scarlatti et Soler, il faut relever leur importante production de sonates pour le clavecin ; ce terme ne correspond d'ailleurs pas, chez ces deux compositeurs, à la sonate classique en 3 ou 4 mouvements : celles de Scarlatti sont en général à un seul mouvement de coupe binaire (deux reprises), celles de Soler également, mais adoptent des structures plus variées.

Antonio Soler meurt à l'Escurial en 1783. Il meurt tristement en « demandant sincèrement pardon à toute la communauté ».

Le "Bolero" à la Philharmonie de Paris

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Pour les 150 ans de la naissance de Maurice Ravel, la Philharmonie de Paris célèbre sa partition la plus populaire à travers une exposition impressionnante et touchante. Tentant de percer les mystères du plus universel des chefs-d’œuvre orchestraux.

« Je reprends les outils. Il faut que ce soit terminé à la mi-octobre. Ça le sera. Pas de musique, pas de composition : seulement un effet d’orchestre. » En ce 2 septembre 1928, le ton est donné. Dans sa lettre à sa chère amie Georgette Marnold, Maurice Ravel esquisse son plan pour venir à bout de ce qui sera bientôt son Boléro . Ou plutôt, son Bolero, sans accent, comme il préférera l’écrire jusqu’à la fin de sa vie… Comme pour légitimer par la graphie espagnole des origines hispaniques longtemps fantasmées.

Lorsqu’il couche ces quelques lignes, sur son papier à lettres à l’en-tête tellement caractéristique (avec ces deux initiales formant logo, dans une verticalité à l’élégance de lettrine Art déco), le compositeur n’a que six semaines pour rendre sa copie à Ida Rubinstein. Le ballet doit entrer en répétitions un mois avant la première. Or la veuve d’Isaac Albéniz vient tout juste de refuser à Ravel l’autorisation d’orchestrer plusieurs des extraits d’Iberia, comme le lui avait demandé Rubinstein, ces derniers ayant déjà fait l’objet d’une « recomposition » par le chef et compositeur espagnol Enrique Fernandez Arbos.

Le chef d'orchestre Paavo Järvi reçoit la médaille du Sénat pour l'art et la science

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Le chef Paavo Järvi, directeur artistique de l'Orchestre philharmonique de chambre allemand de Brême depuis plus de 20 ans, a été honoré le week-end dernier de la médaille du Sénat pour les arts et les sciences en reconnaissance de ses mérites exceptionnels pour l'orchestre et la culture dans la ville hanséatique de Brême. Le maire et sénateur de la culture Andreas Bovenschulte a remis cette distinction à Järvi lors d'une cérémonie à l'hôtel de ville de Brême. Grâce à ses nouvelles interprétations très remarquées et acclamées avec la Deutsche Kammerphilharmonie Bremen -Beethoven, Schumann, Brahms et actuellement Haydn- Järvi est, avec l'orchestre, l'ambassadeur musical de Brême dans le monde entier et a placé la ville hanséatique sur la carte musicale mondiale, a déclaré Bovenschulte.

Kirill Gerstein crée « Deux valses vers la civilisation » de Francisco Coll.

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Aujourd'hui, 2 décembre, la première mondiale de Two Waltzes Toward Civilization, une œuvre du compositeur espagnol Francisco Coll commandée par John Kongsgaard et l'organisation Chamber Music in Napa Valley pour le pianiste Kirill Gerstein, qui l'interprétera lors de cette première audition, sera présentée à Napa Valley (Californie). Inspirée par le recueil de poèmes "Poet in New York" de Federico García Lorca, l'œuvre est composée de deux valses intitulées d'après des poèmes de ce recueil : "Waltz in the Branches" et "Little Viennese Waltz".

Après sa création, Two Waltzes Toward Civilization sera jouée tout au long du mois de décembre en Amérique du Nord, notamment au Severance Hall (Cleveland), au Carnegie Hall (New York) et à la Salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal. En mars 2025, Gerstein présentera l'œuvre en Europe, au Saffron Hall (Royaume-Uni), au Teatro Petruzzelli (Bari), au Don Bosco (Bâle), au Musikverein (Vienne) et à la Fundação Calouste Gulbenkian (Lisbonne). En mai, l'œuvre sera créée en Allemagne à la Boulez Saal de Berlin.

 

Décembre à l'IMEP (suite)

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Masterclasse de guitare: Gaëlle Solal

Du 7 décembre 2024 à 13:00 au 7 décembre 2024 à 18:00
Salle de concert de l'IMEP, rue Juppin 28 Namur, 5000

Tarif: 8€ – Ouvert au public extérieur à l’IMEP – Réservations obligatoires

Gaëlle Solal découvre la guitare classique à 5 ans. Âgée de seulement 16 ans, elle entre au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, où elle obtient, trois années plus tard, le 1er Prix de guitare à l’unanimité, le DFS mention très bien. Elle participe à des concours internationaux et devient, en 1998, la première Française à gagner l’un des plus grands concours de guitare classique, le concours d’Alessandria. Lauréate d’honneur de nombreuses fondations, elle remporte douze prix dans des concours nationaux et internationaux. Gaëlle se consacre pleinement à son amour infini pour la scène. Plus attachée à la liberté qu’au dogme, elle passe sans encombre du solo solennel en robe longue au duo clownesque Crazy Nails avec Boris Gaquere, de Bach aux Beatles, de la musique contemporaine à la musique baroque. Engagée et solidaire, elle se bat pour la présence et la visibilité des femmes dans le monde de la guitare à travers l’association Guitar’Elles dont elle est la fondatrice. Elle réside à Bruxelles depuis 2011.

Le Studio Baroque IMEP chante Noël
Le 7 décembre 2024 à 20:00
Eglise Saint-Loup, Rue du Collège Namur, 17 Namur, 5000

Tarifs: 10 euros, gratuit pour les étudiants – Sans réservation
Concert organisé par les Amis de église Saint-Loup

Le Studio Baroque, sous la direction de Sophie Karthäuser, présente des oeuvres baroques allemandes et françaises sur le thème de Noël, entouré des instrumentistes du Département de Musique ancienne de l’IMEP et de l’OrgueStudio sous la direction de Cindy Castillo. Chant: Aline Giaux et Timothée Yannart. Flûtes: Gautier BouchatRachel GalloyAurore Colin et Jacqueline Emontspohl. Orgue: Jean-Baptiste Laruelle et Petar Bazhdarov. Violoncelles: Alfons Rochera et Victor Dôme. Les commentaires seront assurés par Emmanuel Grégoire.

Concert consacré à Gabriel Fauré par des Professeur.e.s de l’IMEP

Le 9 décembre 2024 à 20:00
 Salle de concert de l'IMEP, rue Juppin 28 Namur, 5000

Tarif : 15€ (adultes) – 10€ (seniors 60+) – gratuit (jeunes – 26 ans) – Réservations obligatoires

l’IMEP propose un concert donné par les professeur.e.s. Entre romantisme et modernité Fauré emporte ses interprètes mais également ses auditeurs par la poésie, la magie de l’harmonie et la beauté limpide de sa ligne mélodique !

"Déserts" d’Edgard Varèse, 70 ans

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Déserts est une œuvre de musique mixte pour orchestre et bandes magnétiques composée en 1954. Elle dure environ vingt-cinq minutes.

Depuis ses débuts de compositeur (vers 1915), Edgar Varèse était certain que l'électronique et les machines accompagneraient l'homme à la recherche d'un nouveau langage musical. Pensée visionnaire car il fallut attendre la fin des années 1940 et l'invention de la musique concrète (grâce notamment aux efforts de Pierre Schaeffer en France) d'une part, et celle de la musique électronique (Karlheinz Stockhausen en Allemagne en est l'un des plus éminents créateurs) d'autre part, pour que naisse une musique ne venant pas d'un instrument ou d'une voix mais d'une autre provenance. La musique concrète consiste en des sons et bruits enregistrés qui sont ensuite compilés, mélangés, mixés et réarrangés tout d'abord sur disque souple puis sur la bande magnétique à partir de 1951. La Symphonie pour un homme seul (1950) de Pierre Schaeffer et Pierre Henry en est un bon exemple. La musique électronique emploie, elle, des sons « artificiels », qui n'existent pas dans la nature, grâce, à l'époque, au générateur de fréquence et au modulateur en anneaux (aujourd'hui remplacés avantageusement par l'ordinateur). Glissandi (1957) de György Ligeti en donne une idée.

Presque immédiatement après leur naissance, ces musiques fusionnèrent pour former la musique acousmatique (depuis le début des années 1970, on préfère ce terme à celui d'électroacoustique) qui, tout en assumant l'absence d'instrumentistes sur scène, offrait un espace sonore et musical élargi. Il s'agissait alors de convaincre le public de se déplacer, puisque l'enregistrement de l'œuvre fixée sur un support audio suffisait seul à la faire entendre sur des haut-parleurs. C'est alors que, dans les années 1950, naquirent divers dispositifs de spatialisation plus ou moins complexes et que, dans le même temps, des œuvres de musique « mixte » virent le jour, mêlant parties instrumentales jouées en direct et partie électroacoustique fixée sur support.

Varèse, dont les idées et les œuvres instrumentales étaient celles d'un véritable précurseur, avait pressenti cela trente ans auparavant. On a pu dire que, si l'électronique avait existé en 1916, il aurait été le seul musicien capable de s'en servir. Pourtant, il n'aborda le travail en studio qu'à deux reprises, en 1954 pour Déserts et en 1958 pour Poème électronique.

Déserts est l'une des toutes premières œuvres du genre mixte. Varèse acheva de composer la partition en 1954, pour 14 instruments à vent, 5 percussions, 1 piano et un dispositif électro-acoustique. Pour Déserts, le compositeur, qui avait toujours témoigné un grand intérêt pour les mathématiques, organise des interpolations de son organisé, qui interviennent à trois reprises et alternent avec les instruments traditionnels. Ceux-ci jouent une musique vive, dure, parfois brutale, furieuse et mystérieuse, tout à fait dans l'esprit de Varèse.

Les bruits primitifs des interpolations avaient déjà été enregistrés à Philadelphie, essentiellement des bruits urbains ou d'usines. Varèse dut cependant demander de l'aide à un pionnier de la musique concrète, Pierre Henry, pour « mélanger » les bruits des bandes. On peut ajouter que les interpolations de la création furent révisées et améliorées par la suite par le compositeur.

Comme toujours chez Varèse, la composition musicale précède le titre. Il aurait choisi le nom sibyllin de Déserts car c'est un « mot magique qui suggère des correspondances à l'infini ». Le projet du compositeur, en revanche, précédait de plusieurs années l'achèvement de la partition. Henry Miller avait relevé, dès 1945, une phrase que lui confiait le compositeur : « Je voudrais faire quelque chose qui donne l'impression du désert de Gobi » alors qu'il travaillait sur un projet (resté inachevé) : Espace.

La création eut lieu au Théâtre des Champs-Élysées le 2 décembre 1954 avec Pierre Henry à la console de projection du son et l'Orchestre National de France dirigé par Hermann Scherchen. Scherchen, prudent, et sachant bien que l'œuvre était risquée à jouer devant un public qui ne goûtait que très peu à la musique contemporaine, avait décidé de l'encadrer par deux œuvres classiques: la Grande Ouverture en si bémol majeur (apocryphe) de Mozart et la Symphonie Pathétique de Tchaikovski. Scherchen pensait ainsi atténuer la possible réaction du public devant une œuvre si révolutionnaire. Il se disputa d'ailleurs avec Varèse sur ce sujet qui aurait préféré qu'Anton Webern fût à l'honneur et non Mozart (qu'il n'aimait pas) et Tchaïkovski (qu'il haïssait).

Il eût été suicidaire d'exécuter une telle œuvre d'un compositeur largement inconnu en France (Varèse, bien que français, avait longtemps vécu aux États-Unis) sans la présenter au préalable pour qu'elle soit mieux comprise. Une partie du public pensait d'ailleurs avoir affaire à un compositeur italien du XVIIIe siècle. Ce fut Pierre Boulez, alors âgé de 29 ans, qui se chargea de rédiger une telle introduction, approuvée par le compositeur.

Le soir du 2 décembre, devant quinze cents personnes, dont quelques personnalités comme André Malraux, Scherchen salue le public, et plusieurs centaines de milliers d'auditeurs français (le concert était radiodiffusé en direct) écoutent le public applaudir l'Ouverture de Mozart. Boulez dit ses déclarations puis vient la création de Déserts -et l'un des scandales les plus impressionnants de toute l'histoire de la musique.

Dès les premières notes, le public est déconcerté. Quelques auditeurs sifflent bientôt et déjà les huées pointent de toutes parts, mais lorsque arrive la première interpolation de « son organisé », la salle se déchaîne. Pierre Henry, aux potentiomètres, a beau augmenter le volume au maximum, le vacarme du public redouble : il rugit, hurle, pousse des cris d'animaux, demande le renvoi de Scherchen et surtout d'Henry, éreinte le compositeur et c'est à peine si l'on entend le moindre son (orchestral ou enregistré). Des protestations et des applaudissements répondent aux injures, par vagues, et une bagarre générale éclate. Le chef, imperturbablement, dirige l'œuvre jusqu'au bout. La musique s'effondre, malgré ses efforts, sous les cris de protestation d'un public survolté et sous les railleries des plus virulents d'entre eux.

Un tel scandale n'avait plus été vu depuis la mémorable création du Sacre du Printemps de Stravinsky le 29 mai 1913, qui avait été donné dans cette même salle du Théâtre des Champs-Élysées. À la fin de la pièce, sous les quolibets et injures, on demande le renvoi de Henry et de Scherchen, mais celui-ci sauve la mise en enchaînant avec la Pathétique tandis que Varèse, furieux « comme un taureau de Camargue, respirant l'air de la nuit », quitte la salle en compagnie de sa future biographe, Odile Vivier, et rejoint Iannis Xenakis qui ne les avait pas accompagnés pour pouvoir enregistrer le concert en direct.

Le lendemain, Varèse est massacré par la presse. Quant à Hermann Scherchen, il lui fut désormais interdit de diriger quoi que ce soit à Paris.

La réponse de Varèse ne se fait pas attendre. Interviewé à la radio par Georges Charbonnier, il déclare comprendre qu'on puisse ne pas aimer sa musique, mais qu'il aurait fallu pouvoir l'écouter avant de la critiquer si violemment : « Pour la vomir, qu'ils l'aient avalée d'abord ! ». Il dira aussi, en réponse aux critiques et de manière plus générale : « On peut dire que, jusqu'à nos jours, la France a eu de grands musiciens. Mais elle n'a jamais eu de public musical. »

Immédiatement après la création parisienne, Déserts était créé à Stockholm sous la direction de Bruno Maderna, en présence du compositeur, et obtenait un grand succès auprès du public, avant d'entamer une tournée de concerts aux États-Unis. Varèse pouvait affirmer avec raison : « Aux États-Unis, comme en France, comme partout, il y a des gens qui l'aiment et il y en a qui ne l'aiment pas. Mais tout l'élément jeune l'aime… »

"Turangalila-Symphonie" d’Olivier Messiaën, 75 ans

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La Turangalîla-Symphonie est une œuvre pour orchestre et deux instruments solistes, composée par Olivier Messiaen entre 1946 et 1948, commandée en 1945 par Serge Koussevitzky.

La création mondiale a eu lieu le 2 décembre 1949, par l'Orchestre Symphonique de Boston, sous la direction de Leonard Bernstein, avec Yvonne Loriod au piano solo et Ginette Martenot aux ondes Martenot.
La création française a eu lieu à Aix-en-Provence sous la conduite de Roger Désormière, dirigeant l'Orchestre National de France, le 25 juillet 1950.

 

"Trois petites pièces pour violoncelle et piano" d’Anton Weber, 100 ans

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Trois petites pièces pour violoncelle et piano opus 11 est un ensemble de trois miniatures. Composées en 1914, elles sont créées le 2 décembre 1924 par le violoncelliste Maurits Frank et le pianiste Eduard Zuckmayer.

D'un langage si hermétique que Pierre Boulez les compara au Haïkaï japonais, le compositeur était réticent à leur exécution en public : « ... elles ne pourraient être qu'incomprises, il est très difficile pour les exécutants comme pour les auditeurs de faire quelque chose de ces pièces ».

"Ein Feldlager in Schlesien" de Giacomo Meyerbeer, 180 ans

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Ein Feldlager in Schlesien (Le Camp de Silésie) est le douzième opéra de Giacomo Meyerbeer, et le seul qu’il ait composé pour le Théâtre royal de Berlin.
Le livret est attribué à Ludwig Rellstab, même s’il s’est contenté de traduire un texte d’Eugène Scribe.

La création eut lieu au Théâtre royal de Berlin le 7 décembre 1844, à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle salle de l’opéra de Berlin, la précédente ayant été détruite par un incendie. Compte tenu de ces circonstances, l'ouvrage ne sera jamais représenté ailleurs qu'à Berlin; il sera néanmoins adapté pour la scène viennoise en 1847 sous le titre de Vielka et une partie de la musique sera réutilisée dans l’opéra-comique L’Étoile du Nord qui sera créé en 1854 à Paris.

L’opéra raconte comment le Roi Frédéric le Grand a pu échapper à ses ennemis au cours de la première guerre de Silésie en 1741, grâce au courage et au dévouement de Saldorf, un capitaine de l’armée prussienne à la retraite, de sa nièce Thérèse, de son fils adoptif Conrad et d’une jeune bohémienne prénommée Vielka. Cette dernière a des dons de voyance et prédit, à la fin de l’œuvre, un destin glorieux au Roi Frédéric et à ses successeurs.

John Barbirolli, 125 ans

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Fils d'un violoniste italien vivant en Angleterre et d'une Française, il est né le 2 décembre 1889 à Londres. Il a reçu une formation de violoncelliste à la Royal Academy of Music et a ensuite été membre du Queen's Hall Orchestra.
Avec la création de son propre ensemble de musique de chambre, il a de plus en plus travaillé comme chef d'orchestre à partir de 1925.
En 1927, Barbirolli remplaça Sir Thomas Beecham, malade, au Queen's Hall, ce qui lui valut une longue collaboration avec la maison de disques EMI. De 1937 à 1943, il succéda à Arturo Toscanini à l'Orchestre Philharmonique de New York, mais refusa la citoyenneté américaine qui aurait été une condition à la prolongation de son contrat. Au lieu de cela, il prit en charge le traditionnel Hallé Ochestra de Manchester, dont il assura la direction jusqu'en 1968. De 1961 à sa mort, il fut en outre le chef invité permanent de l'Orchestre philharmonique de Berlin.
Barbirolli disposait d'un répertoire exceptionnellement vaste et il a collaboré avec tous les chanteurs et instrumentistes célèbres des décennies 1930 à 1970. Ses interprétations des œuvres de Purcell, Vaughan Williams, Elgar, Brahms, Tchaïkovski, Sibelius, Debusy, Berlioz, Rimsky-Korsakov sont également disponibles sur disque.
Les œuvres de Gustav Mahler y occupent toutefois une place singulièrement réduite.  Ce n'est que le 19 février 1954, après près de 50 heures de répétitions, un exploit aujourd'hui impensable, qu'il présente avec son Orchestre Hallé le premier concert de Mahler.