On a appris le décès de Zhou Guangren, professeur au Conservatoire central de musique de Pékin pendant plus d'un demi-siècle.
Née à Hanovre, elle est rentrée en Chine avec sa famille en 1933 et a connu une brève carrière d'interprète dans les années 1950. À partir des années 1980, elle fait partie des jurys des grands concours de piano du monde entier - van Cliburn, Rubinstein, etc. - et en 1994, elle devvient présidente fondatrice du Concours international de piano de Chine.
LUNALIA, le festival de printemps du Festival van Vlaanderen Mechelen, est entièrement consacré au thème annuel du " silence chatoyant " à Malines. Ceci sous la devise "Le reste est silence". Cette tension entre le silence et le bruit détermine également l'édition 2022 du festival : plus de 25 concerts, 2 productions de théâtre musical, divers ateliers et des rituels lunaires, en collaboration avec le centre culturel Nona : NOISENOISENOISE.
En 2022, deux ensembles seront en résidence : l'ensemble canadien Constantinople et et l'ensemble suisse Les Passions de l'Ame. Constantinople, dirigé par Kiya Tabassian, se produira pas moins de 6 fois pendant la Lunalia. Quant aux Passions de l'Ame, sous la baguette de Meret Lüthi, elles proposent un marathon de trois concerts : les quinze Sonates du Rosaire de H.I.F. Biber.
L'équipe du festival est désireuse d'offrir un festival LUNALIA inoubliable en code jaune : sans restriction de public, sans Covid Safe Ticket et sans masque buccal obligatoire pour profiter de la musique intemporelle avec la puissance de la pleine lune, avec Graindelavoix, Evi Filippou, Thorbjörn Björnsson, Sofie Vanden Eynde et Zwerm.
La violoniste danoise Anna Egholm honorée à Gstaad
Le prix Thierry Scherz des Sommets Musicaux de Gstaad a été décerné cette année à la violoniste danoise Anna Egholm. Le prix est décerné chaque année par la Fondation Pro Scientia et Arte et les Amis des Sommets Musicaux de Gstaad pour la meilleure interprétation d'un jeune musicien. Egholm a convaincu le jury avec des œuvres de Beethoven, Brahms et Ravel. Avec son Prix, elle peut enregistrer son premier album avec un orchestre.
Par ailleurs, le Prix André Hoffmann (doté de 5.000 francs suisses), a été décerné à la violoniste irlandaise Mairéad Hickey.
Anna Egholm est née au Danemark en 1996. Elle a fait ses débuts de soliste à l'âge de douze ans et s'est ensuite produite avec de nombreux orchestres. Elle a notamment joué avec l'Orchestre Symphonique National danois, l'Orchestre Philharmonique de Bergen, l'Orchestre Symphonique de Malmö, l'Orchestre de Chambre de Lausanne et l'Orchestre Philharmonique de Transylvanie. Elle a d'abord étudié avec Alexandre Zapolski au Danemark, puis, à partir de 2016, elle a poursuivi ses études à la Haute École de Musique de Lausanne avec Svetlana Makarova. En tant que soliste, elle a notamment remporté des prix au concours Tibor Varga et à la Carl Nielsen International Violin Competition. En outre, elle se produit dans des formations de musique de chambre.
Depuis 2020, elle est artiste en résidence à la Queen Elisabeth Music Chapel en Belgique.
Mairéad Hickey est née en Irlande en 1996. Elle a commencé à jouer du violon à l'âge de trois ans, puis a étudié avec Adrian Petcu à la CIT Cork School of Music de 2003 à 2014. À l'âge de 15 ans, elle a également passé une année au Conservatoire de Nantes avec Constantin Serban. De 2014 à 2021, elle a étudié à la Kronberg Academy avec Mihaela Martin. Mairéad Hickey a été récompensée, entre autres, par le Prix Antonio Salieri 2010 et le Concours international de violon des Jeunesses Musicales 2012, et elle a été plusieurs fois Yound Musician of the Year de l'Irish National Concert Hall. Elle a réalisé son premier enregistrement avec le RTÉ National Symphony Orchestra à l'âge de 14 ans. Outre ses activités de soliste, elle se produit aussi en musique de chambre, notamment avec le Quatuor Cairde et elle a fondé le Festival de musique de chambre d'Ortús en 2015.
Sommé par le Maire de Toulouse de condamner la guerre en Ukraine -d'autant que Toulouse est jumelée avec Kiev- Tugan Sokhiev, directeur musical de l'Orchestre National du Capitole de Toulouse et du Théâtre du Bolchoï à Moscou a annoncé qu'il démissionne des deux postes alors qu'il est confronté au choix impossible entre mes chers musiciens russes et français".
De son côté, Thomas Sanderling, d'origine russe, a démissionné de son poste de chef d'orchestre et de directeur artistique de l'Orchestre Philharmonique de Novossibirsk en raison de l'invasion de l'Ukraine par la Russie : Cette décision a été très douloureuse pour moi, car je suis né à Novossibirsk et j'ai ressenti une forte relation avec l'Orchestre.
Le Paradis perdu, pour paraphraser le poème épique de John Milton, est le titre donné par Franck-Emmanuel Comte à l'oratorio de Louis Da Mancha.
Tout a commencé lorsqu'un manuscrit inédit a été retrouvé dans le fonds ancien de la Bibliothèque municipale de Lyon, en parfait état de conservation mais sans titre ni auteur, encore moins de signature ou de copie imprimée, ni d'exécution connue. Seulement une date, 1713, et "Da Mancha" sur la première page. L'énigme était totale. Une orchestration complexe et raffinée, assez inhabituelle pour l'époque, ont déclenché la curiosité du Maestro Comte, spécialiste de ce répertoire.
Assisté du musicologue Marco Bizzarini de l'Université de Naples, spécialiste de la musique ancienne et du baroque, Comte a pu lever le voile du mystère grâce à des recherches en histoire de la musique et parvenir à une attribution à Luigi Da Mancia (1658-1708 ?), un compositeur italien connu à l'époque.
Le compositeur travaille sous la protection des Ducs de Parme, de Mantoue et de Modène, qui lui permettent de voyager dans toute l'Italie. Et c'est précisément pour Modène que la composition de l'oratorio a été conçue, en particulier pour le Carême 1698, probablement joué dans une salle du Palais Ducal.
Cette attribution, compatible avec les données biographiques du compositeur, est étayée par le fait que la majeure partie de la collection de musique italienne de la bibliothèque provient de Modène. A quoi il faut ajouter les données musicologiques -orchestration spectaculaire, couleurs originales et uniques pour l'époque- et les données stylistiques parfaitement cohérentes avec d'autres compositions connues de Da Mancia.
Autant d'éléments qui ont incité Franck-Emmanuel Comte, avec le Concerto de l'Hostel Dieu, qui n'en est pas à son premier coup d'essai en matière d'exploitation du patrimoine musical inédit (Il Martirio di Sant'Orsola d'Alessandro Scarlatti est sorti il y a une quinzaine d'années), à publier la transcription de la partition, à donner à l'œuvre sa première reprise moderne (le 21 mars à l'Auditorium de Lyon avec l'Orchestre National de Lyon), et enfin à l'enregistrer sur le label Aparté.
L'oratorio célèbre la nature dans le jardin d'Eden, modèle de perfection homme-nature contrastant avec l'imperfection de l'homme qui transgresse l'interdit dans sa soif de connaissance, brisant l'idylle, l'équilibre parfait. Eve, jouant la carte de la séduction, tente Adam qui cède. La conséquence est l'expulsion des deux du Paradis. D'où le titre donné à l'oratorio : Paradis perdu.
Da Mancia a également écrit des opéras, et son oratorio est une roue à picots multicolore qui présente de nombreuses nuances dans son orchestration extrêmement riche : chaque numéro a sa propre couleur. descriptif de la situation racontée.
Le claveciniste français Jean Rondeau vient d'entamer une tournée de 43 concerts au cours de laquelle il proposera sa version très particulière des Variations Goldberg dont un enregistrement vient de paraître chez Erato. Cette tournée, qui s'achèvera le 7 décembre, le conduira en Allemagne, en France, en Suisse, en Belgique, aux Pays-Bas, en Russie, en Hongrie, en Slovénie, en Autriche, au Royaume-Uni, en Espagne, en République tchèque, en Norvège, au Portugal, en Estonie, au Luxembourg, aux États-Unis et au Canada.
Rondeau effectuera les voyages par la route (uniquement en Europe, évidemment), un périple d'environ 12 000 kilomètres en compagnie de son ami accordeur et transporteur Florian Donati, et en emportant son propre clavecin.
Tout Bach est là dans les Variations Goldberg... Il faudrait une vie entière pour parler de leurs aspects musicologiques et techniques, et je passerai certainement ma vie à les travailler, affirme Jean Rondeau, dont l'enregistrement des Goldberg ne laissera personne indifférent, non seulement en raison de sa longueur (107 minutes), mais aussi de la façon dont il aborde toutes les répétitions.
Pour cette version, le claveciniste français a consulté une édition originale imprimée de la partition conservée à la Bibliothèque Nationale de Paris, datée des années 1740 et redécouverte en 1974, qui contient des annotations et des corrections faites par Bach lui-même. Comme le dit Rondeau, en me plongeant dans cette précieuse source musicologique, j'ai pu prendre les décisions qui me semblaient les plus authentiques.
On vient d'apprendre le décès du chef d'orchestre japonais Yoichiro Omachi le 18 février. Il était âgé de 90 ans.
Yoichiro Omachi est né à Tokyo en 1931. Après avoir été diplômé du département de composition de l'Université des arts de Tokyo, il a étudié la direction d'orchestre à l'Académie de musique de Vienne où il a été inspiré par des chefs d'orchestre tels que Herbert von Karajan et Karl Böhm.
En 1959, Omachi a dirigé l'Orchestre Philharmonique de Berlin, avant de devenir chef permanent de l'Orchestre Philharmonique de Tokyo en 1961.
En 1968, il est nommé chef d'orchestre permanent de l'Opéra municipal de Dortmund.
En 1980, il a été le premier Japonais à diriger l'Opéra d'État de Vienne, avec lequel il a travaillé de 1982 à 1984.
Le Hongrois Zoltan Kodaly est né le à Kecskemét (Autriche-Hongrie) et décédé le à Budapest.
Compositeur, ethnomusicologue et pédagogue, il a notamment donné son nom à une méthode d'enseignement de la musique codifiée par des disciples de sa pensée pédagogique et nommée plus tard la méthode Kodály.
Zoltán Kodály a passé la majeure partie de son enfance à Galánta et Nagyszombat (maintenant Trnava, Slovaquie). Il est issu d'une famille de musiciens : son père jouait du violon et aimait organiser des rencontres avec des amis pour faire de la musique de chambre ; sa mère jouait un peu de piano. Kodály reçoit une formation générale tout en prenant des leçons de piano, d'alto et de violoncelle. Il prendra des leçons d'orgue avec Charles-Marie Widor lors de son séjour à Paris en 1906.
À l'âge de 16 ans, il compose une messe. Il entre alors à l'Université de Budapest, tout en étudiant la composition à l'Académie de musique de Budapest avec Hans von Koessler. Il y rencontre Béla Bartók, qui restera son plus fidèle ami jusqu'à sa mort en 1945. Avec Bartók, il va recueillir (sur des rouleaux de cire), mettre en forme et publier une quantité considérable de chants traditionnels nationaux.
Sa thèse de doctorat en ethnomusicologie achevée en 1906 (Structure strophique dans le chant traditionnel hongrois) montre bien l'intérêt de plus en plus grand qu'il porte à la musique traditionnelle. Bien que profondément ancré dans ses racines musicales hongroises, Kodály est également un précurseur formel notamment avec l'écriture de la Sonate pour violoncelle seul en 1915 qui explore un nouveau champ technique dans l'utilisation de cet instrument. Cette œuvre reste une des plus connues du compositeur. En 1919, Kodály est nommé directeur assistant de l'Académie de musique de Budapest. Certains de ses élèves, dont le compositeur hongrois György Ránki, étudieront avec lui l'ethnomusicologie.
La collaboration riche entre les deux compositeurs hongrois nourrira de nombreuses critiques à l'égard de Kodály. Il sera entre autres suspecté de plagiat des travaux de Bartók, ce que ce dernier niera vigoureusement.
En 1923, il compose une de ses œuvres chorales majeures ; le Psalmus Hungaricus, pour célébrer le cinquantième anniversaire de l'union de Buda et de Pest : c'est un immense succès dans son pays, ainsi qu'en Europe et aux États-Unis. En 1925, un concert de ses œuvres pour chœur d'enfants le révèle comme un maître incontesté du contrepoint vocal.
En 1942, il entame sa Missa Brevis pour solistes, chœur et Orgue, dont il écrira une partie dans sa cave en 1944 alors que Budapest est sous les bombes soviétiques. Elle sortira finalement en 1948.
En 1946-47, il se rend aux États-Unis, en Angleterre et en URSS pour diriger des concerts de ses œuvres. Dans son pays, il recevra le Prix Kossuth à trois reprises (1948, 1952 et 1957). Kodály composera également de la musique de chambre (Quatuors à cordes, Sonates pour violoncelle, etc), et des œuvres symphoniques remarquables (dont Háry János et Soir d'été).
Kodály a créé une œuvre chorale très importante. Il utilise notamment des chansons, des contes, des ballades et des mélodies populaires. Celles-ci reprennent des scènes de vie paysanne, des thèmes bibliques ou héroïques avec l'accent magyar. Il développera de nombreuses méthodes d'enseignement de la musique, dont on parle encore aujourd'hui sous le terme de méthode Kodály, initiant les jeunes enfants au chant et à la tradition chorale. Kodály restera sans doute comme le créateur de l'art choral du xxe siècle.
Parmi ses élèves, figurent Ferenc Fricsay, György Kósa, Tibor Varga, Lili Kraus, Tamás Vásáry, Erzsébet Szőnyi.
Le lundi 14 mars 2022 à 19h, Anne-Emmanuelle Ceulemans donnera une audition commentée dans la salle de concert de l’IMEP. Elle abordera deux œuvres vocales du XVIe siècle : Mignonne allons voir de Guillaume Costeley et Matona mia cara de Roland de Lassus. Ces deux chants seront interprétés a capella par Lune Bourgogne, Marion Verslype, Vladimir Delogne et Jean-Denis Piette, tous élèves de la classe de chant. Leur professeur, Benoît Giaux, sera à la direction.
Cette audition commentée sera l’occasion de découvrir deux œuvres sur le même thème, l'amour, et pourtant aux antipodes : Mignonne allons voir est une chanson très raffinée tandis que Matona Mia cara est plutôt populaire. Ce sera aussi le moment de se familiariser avec le répertoire et les codes de la musique de la Renaissance. Madame Ceulemans analysera les pièces et leur contexte historique afin de donner des clefs essentielles à la compréhension de cette période de l’histoire de la musique.
Aucune réservation n’est nécessaire. L’entrée est gratuite.
Alex Quitin, Reporter de l’IMEP
L'Auditorium-Orchestre National de Lyon intègre l'ECHO
L'Auditorium-Orchestre National de Lyon vient d'annoncer son entrée dans le réseau ECHO (European Concert Hall Organisation) qui réunit 23 grandes salles de concert de 13 pays européens afin de partager des réflexions et des initiatives communes sur les enjeux majeurs du secteur musical.
Les membres d'ECHO partagent une même ambition, celle de présenter la plus haute qualité artistique au public le plus large. Ils s'engagent également dans la production de spectacles nouveaux et d'œuvres en création. Leurs directions et leurs équipes sont en constante réflexion sur leur place et leur mission dans la société, sur leurs relations avec les artistes et les publics, sur leur responsabilité environnementale. Ils partagent leurs expériences pour penser ensemble l'avenir des grandes salles de concert et réfléchir aux transitions à venir afin de construire un projet européen commun.
La coopération entre membres se traduit notamment par des groupes de travail thématiques associant les équipes (direction, éducation, artistique, marketing). Le réseau sélectionne ainsi par exemple chaque année les « Rising Stars », de jeunes artistes exceptionnels qui se voient offrir l'opportunité de tourner dans les salles du réseau afin d'accélérer leur début de carrière.
L'AO prend désormais sa place auprès de salles comme l'Elbphilharmonie de Hambourg, le Barbican Centre de Londres, le Musikverein de Vienne ou le Concertgebouw d'Amsterdam pour n'en citer que quelques-unes. En France, c'est la troisième salle à intégrer ce réseau, après la Cité de la musique - Philharmonie de Paris et le Théâtre des Champs-Élysées.