Le piquant, la verve et le relief de C.P.E. Bach !

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Carl Philipp Emmanuel BACH (1714-1788) : Concerto en la mineur pour violoncelle, cordes et basse continue Wq 170, Symphonie en Sol Majeur Wq 173, Concerto en La Majeur pour violoncelle, cordes et basse continue Wq 172
Ensemble Resonanz, Riccardo Minasi (direction) Jean-Guihen Queyras (violoncelle) – DDD 5259 – Textes de présentation en français et anglais et en allemandHMM902331

Carl Philip Emmanuel Bach mérite sa place au panthéon des plus grands. Malheureusement, à la suite d’une déclaration réductrice de Schumann à son égard, « en tant que musicien créatif, [CPE Bach] demeure loin derrière son père », l’Histoire a graduellement oublié le plus illustre des fils Bach. La comparaison de Schumann s’avère tout aussi inutile que fausse -nous ne sommes pas face à un rejeton, mais à un visionnaire adulé par Haydn, Mozart et Brahms. Ici, les mélomanes pourront découvrir l’incroyable modernité de ce compositeur, pont entre le Baroque et le Classicisme. Une courte symphonie et deux concertos pour violoncelle en compagnie de l’Ensemble Resonanz et Jean-Guihen Queyras suffisent pour gouter à une musique d’une imprévisibilité et une énergie absolument extraordinaires ! Le Concerto en la mineur WQ. 170 fait forte impression -nulle part ailleurs dans le répertoire concertant classique du violoncelle on ne peut trouver une œuvre aussi audacieuse, tant sur le plan harmonique que dramatique. Suit la Symphonie en sol majeur WQ. 173, clair précurseur des symphonies de Haydn, avant que l’enregistrement se termine avec le Concerto en la majeur WQ 172, où règnent bonhomie et jubilation.

L’Ensemble Resonanz et Jean-Guihen Queyras s’attaquent ici à ces trois œuvres sans nécessairement se munir d’instruments anciens ou de cordes en boyaux. Aussi à l’aise dans le post-romantisme de Schoenberg que dans ces œuvres du milieu du XVIIIe siècle, les musiciens y font ainsi brillamment preuve de leur polyvalence stylistique. Même sur des instruments modernes, leur approche historiquement informée fait mouche. Cela dit, si cela ne convainc toujours pas les puristes baroqueux, ils trouveront leur plaisir à écouter les enregistrements des concertos sur instruments anciens d’Ophélie Gaillard avec son Pulcinella Orchestra chez Aparté (le clavecin y est même joliment remplacé par le pianoforte).

Si d’autres violoncellistes, tel l’Allemand Julian Steckel, optent pour la virtuosité et des articulations mordantes (sur un tout aussi bel enregistrement de 2016 chez Hänssler Classics : HC15045), Queyras assume un rôle lyrique, son chant limpide contrastant avec les ritournelles tumultueuses de l’orchestre.

Finalement, les audiophiles seront ravis par la qualité d’enregistrement exceptionnelle qui traduit bien le piquant, la verve et le relief de ces trois œuvres ainsi que le timbre chaleureux du jeu de Queyras.

Pierre Fontenelle, Reporter de l’IMEP

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