L'heure espagnole et l'Enfant et les Sortilèges à La Scala

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Seulement à trois reprises entre janvier 1958 et décembre 1978, la Scala de Milan a présenté le diptyque lyrique de Maurice Ravel. Et cette fois-ci, elle a fait appel à la direction musicale de Marc Minkowski et à la production que Laurent Pelly avait conçue pour le Festival de Glyndebourne. Dans le programme, le metteur en scène déclare que les deux ouvrages n’ont aucun point en commun et que la frivolité de L’Heure espagnole n’est absolument pas compatible avec la personnalité du compositeur qui, par contre, se révèle complètement dans l’onirisme cauchemardesque de L’Enfant et les Sortilèges.
A Milan, le public se montre réfractaire au texte de Franc-Nohain, inintelligible pour les Italiens, et aux démêlés de Concepcion avec son époux et ses soupirants. Néanmoins, sous la direction alerte de Marc Minkowski, Stéphanie d’Oustrac a l’abattage un peu canaille de la virago face à Jean-Luc Ballestra, muletier qui se pique au jeu de la séduction. Yann Beuron est un Gonzalve poète tout en demi-teintes, Jean-Paul Fouchécourt, un Torquemada mari qui ne peut être que trompé, Vincent Le Texier, un Don Inigo Gomez condamné au ridicule. Et Laurent Pelly qui a conçu à la fois la régie, les décors et les costumes s’en donne à cœur joie en édifiant un atelier de Torquemada gigantesque où s’accumulent horloges déréglées, roues de vélo, pots de peinture, squelette, guitare et machine à laver.
Le second volet produit un tout autre effet. Comme Gulliver à Lilliput, l’Enfant, magistralement incarné par Marianne Crebassa, gribouille sa page sur une table géante où vont lui apparaître la Théière et la Tasse chinoise (à dimension humaine), le Chat et sa compagne ainsi que la Princesse, alors qu’il est morigéné par Maman sur ses échasses. Le Fauteuil, la Bergère, l’Horloge comtoise sont démesurés tout comme l’effigie du Feu qui est propulsée hors de la cheminée comme un dragon chinois sur soufflet métallique. Pastoureaux et pastourelles se détachent d’un papier peint, tandis que, dans le jardin, comme la forêt de Birnam en marche, avanceront nombre de figurants coiffés d’épais feuillages, encadrant la Libellule salamandre ou la Rainette en smoking verdâtre. Dans l’abondante distribution où figurent à nouveau Stéphanie d’Oustrac, Jean-Luc Ballestra et Jean-Paul Fouchécourt, il faut évoquer la jeune Armelle Khourdoïan, soprano léger à la fois Feu éblouissant, Princesse et Rossignol tout aussi brillants.
Paul-André Demierre
Milan, La Scala, le 22 mai 2016

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