Nathan Milstein souverain au Festival de Lucerne

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Felix Mendelssohn (1809-1847) : Concerto pour violon et et orchestre en mi mineur, op. 64*; Antonín Dvorák (1841-1904) : Concerto pour violon et orchestre en la mineur, op. 53**.Nathan Milstein (violon), Orchestre du Festival suisse, Igor Markevitch*, Ernest Ansermet**(direction). 2018 - ADD- 57’16- Textes de présentation en allemand, anglais et français - Audite 95.646

On connaît l’art qua la belle et entreprenante maison Audite de dénicher des témoignages sonores (le plus souvent des bandes radio jamais proposées sous formes de disques jusqu’ici) nous montrant des artistes du siècle passé souvent au sommet de leur forme. Cette fois-ci, c’est dans les archives de la Radio suisse (SRF) que la firme allemande a mis la main sur des interprétations transcendantes de deux concertos romantiques par un Nathan Milstein (1904-1992) capté ici au sommet de son art lors de deux concerts donnés au Festival de Lucerne.

Dans Mendelssohn (enregistré en 1953), Milstein nous donne un premier mouvement mené tambour battant, son art -à la fois intemporel et étonnamment moderne, avec ce son pur et dégraissé comme cet incomparable vibrato rapide dans l’aigu- conquiert dans une approche faite de sérieux et d’équilibre débouchant sur une interprétation virile et dénuée de sentimentalité. Nous avons affaire ici à un Mendelssohn qui, en dépit des clichés tenaces qui collent à la peau de ce compositeur si souvent mal compris, n’a rien de souriant ni d’aimable, mais bénéficie de l’élan irrésistible que lui confère le soliste qui trouve en Markevitch un partenaire de choix.

Dans le mouvement lent, certains regretteront peut-être la grâce d’un Grumiaux , la luminosité d’un Menuhin ou la chaleur d’un Stern, mais comment ne pas être conquis par l’aristocratie princière de l’artiste et cette façon de ne jamais relâcher la tension qui habite la musique et de tenir à distance tout ce qui pourrait affadir le propos?

Milstein aborde le dernier mouvement avec un humour pince-sans-rire et une virtuosité tout paraît couler de source dans un tempo à nouveau rapide, mais jamais précipité.

Dans le concerto de Dvorák (capté en 1955), l’approche de Milstein -qui rappelle beaucoup celle de Josef Suk par son côté direct et franc- nous vaut une interprétation toujours intense mais jamais crispée. Et le ton de conteur qu’il adopte dans le premier mouvement, associé à son autorité naturelle, nous laisse tout simplement émerveillés. Si le son de l’orchestre dirigé par Ansermet est plus mince que dans l’oeuvre précédente, on mettra en exergue la très belle prestation de la flûte solo.

Le mouvement lent -dont Milstein fait à juste titre le coeur de l’oeuvre- est abordé sur le ton de la confidence, mais sans que l’interprète se départisse jamais de cette dignité qui lui est propre. On reste admiratif du don de conteur fabuleux du soliste qui parvient à faire monter imperceptiblement la tension d’une façon apparemment si naturelle, ce qui en est en réalité le comble de l’art.

Après avoir discrètement vérifié s’il était bien accordé, Milstein se lance dans un Finale enlevé et brillant, même s’il est moins incandescent que dans la belle interprétation de Johanna Martzy rééditée sur le même label.

Mais inutile de faire la fine bouche. Voici un excellent enregistrement qui nous montre un maître du violon au sommet de ses moyens et ce dans un son mono excellent.

Son 8 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10

Patrice Lieberman

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