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Festival d’Ambronay : petit format, grande émotion

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Le Festival d’Ambronay se poursuit jusqu’au dimanche 27 septembre. Réduit à trois week-ends, le célèbre festival de musique baroque et ancienne offre toujours une programmation fort variée, avec une grande diversité de propositions et une qualité constante.

Requiem imaginaire pour Charles Quint par la compagnie La Tempête

Pour son premier concert à Ambronay, Simon-Pierre Bestion souhaitait mettre en lumière « un témoignage poétique et non exhaustif d’une Espagne à la charnière entre deux mondes », médiéval et de la Renaissance, en prenant pour prétexte la répétition des funérailles de Charles Quint, organisées par le souverain lui-même en 1558. Il s’agit d’une version légèrement remaniée du programme La Bomba Flamenca, dont l’enregistrement a été publié il y a quelques mois : « une sorte d’immersion dans l’environnement musical espagnol » de la Capilla flamenca, créée en 1515 par l’empereur, où régnait l’émulation très forte entre les plus grands musiciens flamands immigrés à la cour d’Espagne. D’où ce titre. Loin de toute reconstitution historique, Simon-Pierre Bestion laisse libre cours à son imagination, avec une spatialisation qui déplace les chanteurs et les instrumentistes à vent dans les nefs latérales. Les jeux de lumières participent également à cette mise en espace, notamment grâce à des lampes-encensoirs ajourées qui créent une sorte d’ombre chinoise ambulante. La musique mêle habilement des pièces issues de traditions occidentale et orientale. Pour ces dernières, les chanteurs utilisent parfois une voix de poitrine presque « brute », offrant un contraste saisissant. Comme toujours chez La Tempête, l’originalité des idées convainc autant musicalement que sur le plan du spectacle.

Sonates du Rosaire de Biber : deux nouvelles parutions

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Heinrich Ignaz Franz Biber
(1644-1704) : Sonates du Mystère / du Rosaire. Mayumi Hirasaki, violon. Jan Freiheit, viole de gambe. Michael Freimuth, archiluth, théorbe. Johannes Loescher, violone. Christine Schornsheim, clavecin, orgue. Septembre 2020, avril 2021. Livret en anglais, allemand, français. TT 74’09 + 55’30. Passacaille 1088

Heinrich Ignaz Franz Biber (1644-1704) : Sonates du Mystère / du Rosaire. Amandine Beyer, violon. Baldomero Barciela, viole de gambe, violone. Francesco Romano, archiluth. Nacho Laguna, théorbe. Anna Fontana, clavecin, orgue. Septembre 2022. Livret en français, anglais, allemand. TT 52’04 + 53’26. Harmonia Mundi HMM 902712.13

 Amandine Beyer et les Gli Incogniti : un tourbillon vivaldien

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Antonio Vivaldi (1678-1741). Il Mondo al rovescio. Concerti con molti istromenti. Concerto en ré majeur RV 562 ; Concerto pour flûte en mi mineur RV 432 ; Concerto en do majeur RV 556 ; Concerto en fa majeur RV 571 ; Concerto pour violon et hautbois en sol mineur RV 576 ; Concerto pour violon en la majeur RV 344 ; Concerto pour deux hautbois en la mineur RV 536 ; Concerto en fa majeur « Il Proteo ò sia il Mondo al rovescio » RV 572. Gli Incogniti, violon et direction Amandine Beyer. 2021. Notice en français, en anglais et en allemand. 76.34. Harmonia Mundi HMM 902688.

CPE Bach : au-delà des limites et survolté

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Beyond The Limits/Au-delà des limites. Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Intégrale des symphonies pour cordes. Six symphonies, Wq. 182 (1773) et Symphonie, Wq. 177 (1759). Gli Incogniti, violon et direction :  Amandine Beyer. 2021. Textes de présentation en français, anglais et allemand. 71’11. Harmonia Mundi  HMM 905321

Tempora mutantur (« les temps changent »)

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C’est le sous-titre que Haydn donna à sa Symphonie en la majeur, jouée au premier des trois concerts gratuits échelonnés sur un long week-end festif à l’Opéra de Dijon. Fermé au public depuis de longs mois, il marque ainsi sa réouverture ainsi que le lancement de la saison prochaine. « Tempora mutantur » puisqu’à l’équipe de Laurent Joyeux a succédé celle de Dominique Pitoiset qui s’est entouré de Bruno Hamard, qui vient de l’Orchestre de Paris après avoir administré l’Odéon, et de Stephen Taylor dont on a en mémoire les mises en scène de l’Atelier lyrique de l’Opéra National de Paris.

Le concert d’Amandine Beyer, conduisant ses musiciens de Gli Incogniti -qui ne le sont plus, fort heureusement- s’ouvre par la Symphonie Hob.I:47 en sol majeur de Haydn, écrite « in nomine Domini », le titre « palindrome » étant apocryphe, bien que parfaitement fondé. Après l’allegro aux modulations parfois ambigües et les variations contrapuntiques du mouvement lent, le menuet et son trio sont en effet construits « al reverso », c’est-à dire que leurs secondes phrases sont la reprise textuelle de la première en commençant par la dernière note, certains diraient « à l’écrevisse ». Le finale, contrasté, violent et gracieux, porte la marque du « Sturm und Drang ». La réussite est manifeste : animés par Amandine Beyer, comme Haydn en son temps, les musiciens, debout, forment un ensemble particulièrement dynamique, homogène et clair. La connivence est manifeste, chacun écoute l’autre.