Mots-clé : Anastasia Kobekina

Le violoncelle à l’honneur au Festival international de Colmar

par

Le mardi 7 juillet 2026 fut un jour particulier pour les amateurs de violoncelle au Festival international de Colmar. Après la venue d’Edgar Moreau le soir précédent, c’est au tour d’Anastasia Kobekina de briller sur la scène de l'église Saint-Matthieu, tandis que le groupe Ô-Celli a investi le Théâtre municipal. 

Pas de violoncelle au programme du premier concert de la journée, mais bien un duo piano - voix. Accompagnée de Louis Dechambre, la mezzo-soprano Léontine Maridat-Zimmerlin a livré une prestation très convaincante autour du thème de l’amour. Variant les styles et les atmosphères, n’hésitant pas à ajouter une pointe d’humour et à mettre en contexte les chants avant de les interpréter, la chanteuse a démontré une capacité d’appropriation des œuvres assez impressionnante. Douée d’une présence scénique remarquable, elle nous a fait voyager parmi les textes en les personnifiant entièrement. Nous avons également pu profiter du jeu très à propos du pianiste Louis Dechambre, toujours attentif au moindre changement de nuances ou de tempo de sa comparse et prêt à prendre une place plus soliste quand il le fallait. Il a ainsi notamment pu démontrer son talent et sa sensibilité lors de deux pièces solistes de transition. Nous avons pu entendre des œuvres de Gabriel Fauré, Clara Schumann, Piotr Illitch Tchaïkovsky, Alberto Ginastera ainsi que Georges Enesco. 

Anastasia Kobekina, un oiseau dans la basilique, pour chanter Bach et neuf siècles de musique

par

La basilique Saint-Denis, dans la ville éponyme aux portes de Paris, est une cathédrale qui peut accueillir un millier de spectateurs. Le Festival de Saint-Denis, de renommée internationale, s’y est installé depuis plus d’un demi-siècle. Sa programmation, par les musiciens invités et les œuvres jouées, est aussi prestigieuse que celle des plus grandes salles de concert du monde.

La renommé d’Anastasia Kobekina est bien sûr plus récente, mais dans une belle dynamique également. Née en 1994 en Russie, elle y a commencé le violoncelle à quatre ans. En 2006, elle entre au très exigeant Conservatoire de Moscou, avant de venir se perfectionner, à partir de 2016, en Allemagne et en France. Lauréate de nombreux prix internationaux, elle est présentée par le programme de salle comme « une violoncelliste d’exception reconnue pour sa musicalité rayonnante, sa technique éblouissante et sa polyvalence artistique ». On ne saurait mieux dire.

Seule avec son violoncelle, elle avait investi le chœur haut de la basilique. En effet, cet édifice, qui frappe par sa hauteur et sa luminosité, a la particularité d’avoir un chœur qui a été surélevé un siècle après sa construction. Pouvant accueillir, lui, deux cents spectateurs, il domine donc la nef. L’impression y est à la fois grandiose et apaisée. Y assister à un concert, alors que le reste de la cathédrale est entièrement vide, nous donne un sentiment très privilégié. 

L’acoustique y est exceptionnelle. Avec certes beaucoup de réverbération (sans doute moins, cependant, dans le chœur haut que dans la grande nef), elle nous enveloppe et donne une sensation de douceur extrêmement bienfaisante. Surtout avec une musicienne telle qu’Anastasia Kobekina, qui en joue parfaitement. Elle ne cache pas en ressentir un plaisir qui semble même physique. Et puis, sa proximité avec un public assez restreint lui permet les nuances les plus ténues. Elle parle volontiers (dans un excellent français) au public, présentant les œuvres, sans hésiter à aller sur un terrain très personnel. Elle induit un tel rapport de familiarité que certains spectateurs vont jusqu'à réagir à ses propos !

Au programme, trois des six Suites pour violoncelle seul de Bach. Elles adoptent toutes la même structure : Prélude, puis une suite de cinq danses : les trois premières sont immuables (Allemande, Courante, Sarabande) ; la quatrième est une « galanterie » qui varie selon les Suites (Menuet, Bourrée ou Gavotte) ; la dernière est une Gigue. À saint-Denis, chacune était introduite par une courte pièce, plus ou moins liée au Prélude suivant.

Début de saison à la folie de Orchestre National de Cannes

par

Le premier concert de la saison de l'Orchestre National de Cannes s'intitule"A la Folie"et il propose, sous la direction de Benjamin Lévy, deux merveilleuses artistes : la pianiste Nino Gvetadze et la violoncelliste Anastasia Kobekina. Le programme nous fait voyager autour de Vienne à travers les siècles et les styles. Le concert commence avec la Symphonie en mi mineur Wq178  de Carl Philipp Emanuel Bach. C’est une partition très inventive, enjouée et pleine de surprises. L’interprétation  reflète le bonheur, euphorique, énergétique, à la limite de la folie.

Beethoven se qualifiait de poète des sons. Sa musique témoigne à maints égards d'une énergie poussée jusqu'à la frénésie. Le concerto n°4 de Beethoven est à la fois symphonie pour orchestre et fantaisie pour piano. Nino Gvetadze nous offre une superbe prestation. Elle exprime l'élégance, la passion et la beauté. On sent l'énergie, l'émotion, l'excellent équilibre entre légèreté et puissance, la joie, l'anticipation et la brillance de la mélodie. C'est une cascade écrasante de clarté, d'intensité vibrante, de musicalité riche et brillante. Nino Gvetadze, Benjamin Lévy et l'orchestre sont en parfaite harmonie. Après des applaudissements nourris, Nino Gvetadze donne en bis le Prélude en si mineur de Bach dans la transcription de Siloti.

Changement de ton avec le Concerto pour violoncelle de Friedrich Gulda, une œuvre qui semble avoir le vent en poupe des programmations. Véritable pied de nez musical, le Concerto pour violoncelle de Gulda se caractérise par un humour grinçant et une liberté extravagante, allant de la fanfare bavaroise au rock’n’roll. Sur scène un socle surélevé pour la violoncelliste, à gauche une douzaine de pupitres pour les instrumentistes à vent et à droite un "band" avec guitare, contrebasse et percussions amplifiés.

Anastasia Kobekina, bien connue du public de la Côté d'Azur depuis un concert remarqué au Festival de Menton 2021, s’amuse des difficultés et des contrastes de cette œuvre. Elle est engagée, énergique et fougueuse. Son interprétation est spectaculaire, même si son superbe Stradivarius semble surdimensionné pour cette partition ou le violoncelle est amplifié.  Le public est séduit et l'ovationne. Elle donne un bis composé par son père Vladimir Kobekin pour violoncelle et banjo. Benjamin Lévy qui est également percussionniste l'accompagne. Un moment de détente absolu ! 

Cannes, Palais des FEstivals, 21 octobre 2022.

Carlo Schreiber

Crédits photographiques : Yannick Perrin

Streamings de la semaine : Varsovie, Lille et Liège

par

On commence ce parcours avec rien moins que Martha Argerich dans le Concerto pour piano n°1 de Chopin avec le Sinfonia Varsovia dirigé par Jacek Kaspszyk (concert filmé le 27 aout 2010 à Varsovie). Ce concert est mis en ligne sur la chaîne Youtube de la Deutsche Welle.

https://www.youtube.com/watch?v=uUTFVNAa2_E

A Lille, l'Orchestre national de Lille, sous la direction de Jean-Claude Casadesus accompagnait la formidable violoncelliste Anastasia Kobekina dans le Concerto n°1 de Chostakovitch. En complément de programme : la Symphonie n°5 de Beethoven.

Enfin, on rappelle l'excellent concert opéra français de l'Opéra royal de Liège sous la direction de Guillaume Tourniaire en compagnie d'un trio de chanteurs belges : Jodie Devos, Marc Laho et Lionel Lhote. C’est à voir en ligne sur le site de l‘Opéra royal de Wallonie et jusqu'au 23 mai.

Premier album avec orchestre de la violoncelliste Anastasia  Kobekina 

par

Dmitri Chostakovitch  (1906-1975) : Concerto pour violoncelle et orchestre n° 1 op. 107. Mieczyslaw Weinberg  (1919-1996) : Fantaisie pour violoncelle et orchestre op. 52. Vladimir Kobekin (°1947) : Bacchants, pour violoncelle et orchestre. Anastasia Kobekina, violoncelle. Orchestre symphonique de Berne, direction Kevin John Edusei. 2018. Livret en allemand et en anglais. 52.41. Clavès 50-1901.