András Schiff dans Beethoven : main de fer, doigts de velours
András Schiff n’annonce pas toujours ses programmes avec précision. Quelques jours avant, à Genève, il avait préféré présenter lui-même les œuvres qu’il jouait, plutôt que de faire imprimer un programme.
À la Philharmonie, nous disposions bien d’un programme, doublé d’affichettes avec les durées des œuvres à l’entrée : ce serait du Beethoven, rien que du Beethoven.
Sans rien annoncer, et donc sans que le public ne s’y attende, il commence pourtant par du Bach, avec le Caprice sur le départ de son frère bien-aimé, une pièce de jeunesse en six parties, parfois très courtes, qui dure moins de dix minutes. Certes, sans forcément connaître cette œuvre en particulier, on peut imaginer que beaucoup, dans le public, auront reconnu du Bach. Mais certainement pas tous. Le choix de ce Bach-là était d’autant plus déroutant qu’il correspondait plus ou moins à la description que l’on trouvait dans le programme de salle de la première sonate de Beethoven programmée. De sorte que des spectateurs auront pensé entendre du Beethoven, et auront peut-être été perdus par la suite, quand, pour le coup, ce qui était écrit sur la deuxième sonate programmée ne correspondait pas à la première.