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Les Grands Interprètes ouvrent leur saison classique avec Tokyo Philharmonic Orchestra

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Du 28 octobre au 11 novembre, le Tokyo Philharmonic Orchestra a effectué une importante tournée européenne, avec huit concerts dans sept pays. Parmi eux, celui donné à la Halle aux Grains de Toulouse constituait l’unique étape française.

Une ouverture de saison prestigieuse

Pour célébrer leur 40e saison musicale, l’association Les Grands Interprètes a invité le Tokyo Philharmonic Orchestra à ouvrir leur série classique. Myung-Whun Chung, directeur musical honoraire de la formation, dirigeait le concert, tandis que Maxim Vengerov tenait la partie soliste dans un programme exigeant associant le Concerto pour violon de Tchaïkovski et des extraits des Suites de Roméo et Juliette de Prokofiev.

Fondé en 1911 et rassemblant aujourd’hui quelque 160 musiciens, le Tokyo Philharmonic Orchestra est la plus ancienne formation symphonique du Japon. Dans la capitale nippone, qui compte à elle seule une dizaine d’orchestres, celui-ci se distingue par un son dense et chaleureux. En résidence au New National Theater, il assure régulièrement la fosse pour les productions d’opéra et de ballet. Cette double vocation – symphonique et lyrique – explique sans doute la réussite éclatante du concert toulousain.

Le retour triomphal de Maxim Vengerov

Le public de la Ville rose n’avait pas entendu Maxim Vengerov depuis 2006. Les médias évoquaient un « concert explosif » – expression peut-être promotionnelle, mais qui s’est révélée d’une justesse étonnante. La soirée fut en effet électrisante : la salle entière s’est levée, submergée par un déluge de bravos. Mais qu’est-ce qui a pu susciter un tel enthousiasme ?

A l’OSR, un flamboyant Requiem de Verdi

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Durant de nombreuses années, la Messa da Requiem de Giuseppe Verdi n’a pas figuré à l’affiche de l’Orchestre de la Suisse Romande. Mais en ce début mai 2024, l’on fait appel au maestro Myung-Whun Chung pour présenter ce monumental ouvrage lors de deux soirées à Genève et une à Lausanne. Ayant été le principal chef invité du Maggio Musicale Fiorentino puis le directeur musical de l’Orchestra dell’Accademia di Santa Cecilia di Roma de 1998 à 2004 et directeur émérite de la Filarmonica della Scala di Milano depuis 2023, il en a étudié les moindres détails pour parvenir à une connaissance parfaite de la partition qu’il restitue avec une fidélité exemplaire en un souffle tragique qui ne faiblit jamais.

En bénéficie en premier lieu l’Orchestre de la Suisse Romande qui, sous la baguette d’un grand chef d’orchestre, révèle un rare équilibre des pupitres exhibant une palette de coloris d’une richesse inouïe. Tout aussi exceptionnel s’avère le Coro dell’Accademia di Santa Cecilia préparé par Andrea Secchi qui fait valoir une fusion des registres, une précision rythmique jamais prise en défaut et une ampleur hors du commun dans le Tuba mirum et les diverses reprises du Dies irae.

Abordant la séquence initiale Requiem en un lento où les cordes avec sourdines produisent un son blafard qui pétrifie l’auditeur, Myung-Whun Chung extirpe des basses du chœur un Te decet hymnus granitique qui sous-tend ensuite l’a cappella d’ensemble avant de laisser affleurer l’intervention des solistes pour le Kyrie. Son Dies irae est aussi apocalyptique que le Tuba mirum nous remémorant le Jugement dernier dans les fresques de Michelangelo à la Chapelle Sixtine, tandis que les demi-teintes et le pianissimo sont porteurs d’une intense ferveur dans le Hostias de l’Offertorio et l’ultime Requiem aeternam pour soprano solo et chœur.

Unsuk Chin, portrait à la berlinoise 

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Unsuk Chin (née en 1961) : Concerto pour violon n°1, Concerto pour violoncelle, Le Silence des sirènes,  Rocaná, Chorós Chordón, Concerto pour piano. Christian Tetzlaff, violon ; Alban Gerhardt, violoncelle ; Sunwook Kim, piano ; Barbara Hannigan, soprano ; Berliner Philharmoniker, direction : Myung-Whun Chung, Daniel Harding, Sakari Oramo, Sir Simon Rattle. 2005-2022. Livret en anglais et allemand. 1 coffret BPHR 230411 

La Staatskapelle de Dresde : un anniversaire en coffret

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475 Jahre Sächsische Staatskapelle Dresden. 100 Jahre Tonaufnahmen. Staatskapelle de Dresde, Direction : Fritz Busch, Richard Strauss, Karl Bohm, Karl Elmendorff, Joseph Keilberth, Rudolf Kempe, Franz Konwitschny, Otmar Suitner, Martin Turnovský, Kurt Sanderling, Herbert Blomstedt, Hans Vonk, Giuseppe Sinopoli, Fabio Luisi, Bernard Haitink, Myung-Whun Chung, Sir Colin Davis, Christian Thielemann. 1923-2021. Livret en allemand et anglais. 10 CD PROFIL PH23007.

A Genève, un chef magnifique, Myung-Whun Chung  

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A titre d’essai, le Canton de Genève organise quelques manifestations-pilotes permettant au public de participer à un test grandeur nature sans créer un foyer infectieux. Ainsi, pour les deux soirées des 9 et 10 juin derniers, le Victoria Hall a limité à 600 personnes le nombre de participants à un concert de l’Orchestre de la Suisse Romande placé pour la première fois ( !) sous la direction du grand chef coréen Myung-Whun Chung. 

Le programme de près de deux heures, donné sans entracte, était entièrement consacré à Beethoven et a débuté par le Triple Concerto en ut majeur op.56. Myung-Whun Chung en assume tant la direction que la partie de piano, ce qui lui permet de dialoguer avec deux des chefs de pupitre de l’OSR, le violoniste roumain et le violoncelliste français Léonard Frey-Maibach. Dans l’Allegro initial pris souvent au pas de charge, le chef imprègne l’introduction d’une grandeur tragique enveloppant les fins de phrase d’un halo de mystère, alors que le trio soliste cultive un intimisme bannissant tout clinquant au profit de la finesse de phrasé. Le Largo en demi-teintes impose un climat de recueillement que le piano irise d’arpèges clairs, tandis que le violoncelle aux accents généreux chante le ‘Rondò alla Polacca’ que le violon magnifie de traits arachnéens avant de conclure par une stretta brillante. 

Prokofiev miraculeux par l’Orchestre Philharmonique de Radio France et Martha Argerich

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Le 4 décembre, nous étions quelques chanceux à pouvoir assister, à la Philharmonie de Paris, à un concert exceptionnel à huis clos entièrement dédié à Prokofiev, par l’Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction de Myung-Whun Chung. Dans la première partie, Martha Argerich était au piano pour interpréter le 3e Concerto.

En entrant par une porte du premier balcon de face, on voit d’abord la scène en plongeon, éclairée par plusieurs rayons bleus et blancs. Et c’est dans un deuxième temps qu’on se rend compte que le parterre de la salle a été entièrement débarrassé des sièges et monté au même niveau que la scène, pour installer des matériels d’enregistrement et de transmission en direct (en replay sur Arte Concert et Philharmonie Live). Une partie de l’orchestre et le piano occupent également le bord de cet immense espace plat. Ce n’est pas tous les jours que cette salle complètement modulable est dans cette configuration.

A Genève, un Concertgebouworkest superbe 

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Chaque saison, outre sa prestigieuse série ‘Les Grands Interprètes’, l’Agence Caecilia organise deux ou trois concerts exceptionnels. Et en ce 10 février, elle a eu la main heureuse en invitant l’une des phalanges symphoniques les plus renommées que l’on entend rarement sous nos latitudes, le Concertgebouworkest d’Amsterdam sous la direction de l’un de ses chefs invités, Myung-Whun Chung.

Au programme, une seule grande œuvre, la Neuvième Symphonie en ré majeur de Gustav Mahler, la dernière achevée par le compositeur durant l’été de 1909 et créée par Bruno Walter et l’Orchestre Philharmonique de Vienne le 26 juin 1912. 

Un Freischütz de solide facture

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Carl Maria VON WEBER (1786 -1826) :  DER FREISCHÜTZMichael KRAUS, Ottokar ; Franck van HOVE, Kuno/Samiel’s Voice ; Julia KLEIDER, Agathe ; Eva LIEBAU, Ännchen ; Günther GROISSBÖCK, Kaspar ; Michaël KÖNIG, Max ; Stephen MILING, A Hermit ; Till von ORLOWSKY, Kilian ; Choeurs et Orchestre de la Scala de Milan, MYUNG-WHUN CHUNG, dir.Matthias HARTMANN, mise en scène ; enregistré les 13 et 17 octobre 2017, Teatro alla Scala, Milan. 135’-NTSC 16.9-PCM stereo and DTS 5.1- 0- DVD 9- sous titres allemand, anglais, français, japonais, coréen – Naxos 2.110597