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Maestro Spezanza Scappucci

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Cheffe principale de l’Opéra Royal de Wallonie à Liège, Spezanza Scappucci s’est imposée comme l’une des cheffes d’orchestre les plus demandées dans le domaine de l’opéra. Entre Washington, Dresde et avant Toronto, Vienne ou Paris, la musicienne dirige ses troupes liégeoises dans « I Puritani » de Bellini.   

Vous dirigez actuellement "I Puritani" de Bellini à l’opéra de Liège. Dans ce type d’oeuvre de bel canto, on a souvent l’idée (sans doute à tort) que les parties d’orchestre sont peu intéressantes à l’inverse des parties chantées. Qu’en pensez-vous ?

Dans tous les opéras de Bellini, ou d’ailleurs de Donizetti, les accompagnements de l’orchestre sont très importants, car c’est à travers les couleurs et la manière de phraser que l’on donne les impulsions aux chanteurs. C’est beaucoup plus difficile de bien jouer, et de jouer de manière expressive, un triolet chez Bellini qu’une cascade de notes dans un autre répertoire ! Les solistes de l’harmonie et les cuivres sont aussi très exposés.

À Liège, nous présenterons une version pratiquement sans coupures, et avec beaucoup de variations écrites par les chanteurs ou par moi-même. En outre, nous respecterons les finales des différents numéros telles qu’écrites par Bellini lui-même, avec la possibilité de chanter des notes très aiguës sur les accords de dominante, mais pas sur les toniques à la fin des numéros (ce que l’on appelle en italien des puntature in su).

Hannu Lintu : les chefs finlandais, une mafia ? Juste des amis !

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Au cours des dernières décennies, la Finlande est devenue une véritable pépinière de grands chefs d'orchestres. Et Hannu Lintu (Rauma, 1967) en est un représentant pertinent. Depuis 2013, il dirige l'Orchestre Symphonique de la Radio finlandaise après une carrière initiée à l'Orchestre Philharmonique de Turku et développée ensuite avec l'Orchestre Philharmonique de Helsingborg et de Tampere.

Pour Scherzo, Pablo L. Rodrígues s'est entretenu avec lui de ses activités symphoniques et lyriques, de ses enregistrements pour le label Ondine, mais aussi du système éducatif finlandais qui a permis à un jeune homme de la région côtière, isolée, de Satakunta, sans musicien dans la famille, d'étudier le violoncelle et la direction d'orchestre au plus haut niveau.

En 2011, un festival de musique de chambre était organisé pour les chefs d'orchestres finlandais : Okko Kamu, Jukka-Pekka Saraste, John Storgårds et Pietari Inkinen étaient au violon, Sakari Oramo à l'alto, Susanna Mälkki et vous au violoncelle, Osmo Vänskä à la clarinette et Leif Segerstam au piano. Pouvez-vous nous expliquer ?

En Finlande, c’est une tradition, tous les chefs d'orchestre ont fait partie d’un orchestre comme instrumentistes, à cordes pour la plupart. Imaginez ces huit chefs qui jouent ensemble un octuor : les répétitions sont extrêmement intéressantes mais aussi très intenses. On a donné des concerts vraiment fantastiques parce qu'on s'entendait très bien. Je peux appeler n'importe lequel d’entre eux si j'ai un problème et tous peuvent m'appeler. Les gens disent que nous formons une sorte de mafia, mais nous sommes juste des amis.

Le Festival Beethoven 2019 à Varsovie

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Le printemps à Varsovie est marqué par le festival Beethoven. Créé et dirigé par Elżbieta Penderecka, ce festival ne cesse de nous ravir. Invitant des artistes et des orchestres du monde entier : cette année, le public pouvait ainsi écouter des phalanges d’Espagne, de Corée du Sud, d’Italie, de Finlande, d’Allemagne, de Suisse et aussi les grands orchestres polonais. Le festival est une fenêtre sur le monde, formidable ouverture où l’on croise du public et des professionnels venus de la planète entière, saine attitude à une époque qui voit les esprits et les frontières se fermer. En l’espace d’un week-end, on pouvait avoir un aperçu de cette marque de fabrique unique et enthousiaste.

Le concert avec Susanna Mälkki et son Philharmonique d’Helsinki était des plus attendus. Venant en clôture d’une tournée européenne qui les a emmenés en Allemagne, Autriche, Pays-Bas et Pologne, l’orchestre et sa cheffe présentaient un programme de démonstration qui commençait par un inévitable Sibelius : mais avec l’un de ses poèmes symphoniques les moins usités : En Saga. Susanna Mälkki imprimait une marque intéressante en se concentrant sur une lecture plus orchestrale que narrative qui mettait en avant les masses instrumentales et la force de l’orchestration sibelienne. Violoniste inclassable, Pekka Kuusisto, ne pouvait pas livrer une lecture conformiste du célèbre Concerto pour violon de Tchaïkovski. Dès l’entrée du violon, le violoniste nous emmenait dans son monde musical, prenant le contre-pied du spectaculaire pour livrer une lecture ultra-narrative et même plutôt chambriste et lumineuse, comme si le musicien cherchait les lumières de lac Léman sur les rives duquel l’oeuvre fut composée. L’entente avec l’orchestre et sa cheffe était parfaite, même si le manque de projection du violoniste pénalisait certains passages. En bis, comme de coutume, Pekka Kuusisto sortait encore des sentiers battus avec une chanson populaire suédoise qui voyait l’instrumentiste jouer et siffler.