The Beethoven Project

par

Ludwig van BEETHOVEN
(1770 - 1827)
Les cinq concertos pour piano et quatre ouvertures : Coriolan, Fidelio, Egmont et Leonore N°1

Oliver Schnyder, piano; Orchestre Symphonique de Lucerne, dir. James Gaffigan
2017 DDD 73’33 + 58’31 + 75’02 Livret anglais, allemand et français 3 CD’s Sony Classical 88 751 82362

Les intégrales des cinq concertos pour piano de Beethoven ne manquent pas. Celle-ci est la première réalisée par des suisses : l’orchestre de Lucerne et le pianiste Oliver Schnyder sont suisses. Le chef, James Gaffigan, est américain, un chef dont on parle de plus en plus. Dès le premier concerto (le deuxième à avoir été composé), l’interprétation, avec un piano littéralement dominé par son interprète, s’affirme clairement. Les deux premiers concertos sont colorés de Haydn. La sonorité du Bechstein de 1921 convient parfaitement au style de jeu de Schnyder. Le troisième concerto est plutôt mozartien, surtout l’ouverture avec l’exposition du premier thème, le Mozart en mineur (le concerto est en do mineur). Le mouvement lent montre bien les qualités d'Olivier Schnyder : une parfaite maîtrise d’un lyrisme discret, portée par un jeu qui évite la virtuosité gratuite, tout autant qu’un romantisme de mauvais goût. C’est dans le quatrième concerto que se révèle le plus la personnalité des différents solistes. C’est d’ailleurs le piano seul qui ouvre l’oeuvre, la plus chantante des cinq. Mais, alors que Beethoven est pleinement lui-même (exit Haydn et Mozart), Schnyder déçoit un peu, tant par son jeu qui reste très mozartien que par le choix du Bechstein qui montre ici ses limites. La merveille des trois premiers concertos a du mal à se reproduire dans ce concerto qui demande un jeu plus expressif. Il en va de même pour l’”Empereur”, dans lequel le jeu délicat de Schnyder semble tout à coup hors-propos. L’orchestre, lui, est au bon diapason beethovénien, ce qui se confirme dans les quatre Ouvertures qui complètent ce “Beethoven Project”, Coriolan, Fidelio, Egmont et Leonore 1. La direction de Gaffican y est sans doute pour beaucoup. On souhaiterait donc entendre une symphonie de Beethoven par cet ensemble, et un concerto de Mozart par le pianiste suisse.
Dominique Lawalrée

Son 10 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 7

Un commentaire

  1. Avatar
    phil the fox

    Bonjour.
    désolé de vous ennuyer avec un si petit détail, mais le chef américain s'appelle Gaffigan (avec deux G).
    D'autre part, vous trouverez sur YouTube une version formidable du Roméo et Juliette de Berlioz dirigé par le même chef (avec une Géraldine Chauvet aussi sobre que bouleversante).
    Ben à vous
    un lecteur fidèle

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