Un siècle de musique italienne

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1700. Oeuvres de Mascitti, Caldara, Vivaldi, Durante, Geminiani, Locatelli, Galuppi, Pugnani. Concerto Italiano, dir.: Rinaldo ALESSANDRINI. 2017-DDD-65'03-Textes de présentation en anglais et français-Naïve OP 30568.

Après un disque intitulé « 1600 » conçu sur un principe similaire, Rinaldo Alessandrini tente un condensé de l'univers de la musique en italie au 18e siécle. Programme ambitieux, forcément quelque peu disparate et réducteur, où l'on ne sera pas surpris de rencontrer Vivaldi, Caldara, Geminiani, Durante, Galuppi ou Locatelli mais où l'on se demandera pourquoi, par exemple, avoir préféré le plutôt obscur Mascitti à Corelli ou aux Scarlatti père et fils.

C'est d'ailleurs par un concerto de ce Napolitain d'adoption, en fait plus français qu'italien puisqu'il s'installa à Paris en 1704 et y vécut jusqu'à sa mort, que s'ouvre ce disque: une page de belle facture, sans plus. La courte sinfonia introductive de l'oratorio La morte di Abel de Antonio Caldara frappera surtout par sa proximité mélodique avec le célèbre « sujet royal » que Bach utilisera comme matériau de base dans son Offrande musicale. De Vivaldi, nous avons le 3e Concerto de l'opus 12, dont la progression imprévisible, presque anarchique, est menée ici tambour battant par des musiciens sur les starting-blocks. Vient ensuite l'un des concertos a quattro de Francesco Durante, en sol mineur, qui illustre la richesse contrapuntique du compositeur tout autant que ses audaces harmoniques et le raffinement extrême de son écriture qui combine également charme et élégance.

De Geminiani vient ensuite la Sonata a quattro dal Concerto op. 3 n° 3, prétexte à d'étourdissantes alchimies mêlées à des prouesses de virtuosité. Locatelli, tout comme Geminiani, subit l'influence de Corelli, ce qui ne se remarque pas dans la tragique et tourmentée Sinfonia funebre « Composta per le essequie della sua donna che si celebrarono in Roma » née sur le coup de la disparition de son épouse et dont le lamento introductif émeut par l'atmosphère oppressée et étrange qui s'en dégage. Avec Baldassare Galuppi, compositeur de transition, on entre dans une autre ère, ce que laisse entrevoir en partie le dernier mouvement du Concerto a quattro en sol mineur présenté ici. Enfin, la Sinfonia en si bémol majeur de Gaetano Pugnani regorge de surprises, dissonances, chromatismes et bizarreries qui résument bien, tout à la fois, tout ce que cette musique avait de –littéralement- baroque, mais aussi tout le côté « laboratoire expérimental » qui surprend aujourd'hui encore, thèse qu'Alessandrini et ses troupes défendent avec leur maestria habituelle dans un disque tout à fait réussi et passionnant de bout en bout.

Bernard Postiau

Son: 9 Livret: 9 Répertoire: 10 Interprétation: 10

 

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