Hommage à Solti

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Oeuvres de Suppé, Gounod, Rossini, Ponchielli, Rosenthal, Beethoven, Brahms, Mahler, Schubert, Tchaikovski, Bartok et Verdi
Wilhelm BACKHAUS (piano), Georg KULENKAMPFF (violon), Mischa ELMAN (violon), orchestres divers, dir.: Georg SOLTI
1947-1958-ADD-7h30' env.-Pas de textes de présentation-Membran 233588 (10 cd)

Le 100e anniversaire de la naissance de Georg Solti a provoqué une avalanche de rééditions extrêmement bienvenues, parmi lesquelles on retiendra avant tout les coffrets Decca qui proposent l'intégralité de ses enregistrements d'opéras de Wagner (36 cd), Richard Strauss (15 cd), Mozart (15 cd) et Verdi (16 cd), auxquels il faut encore ajouter un ensemble Bartok (7 cd). De son côté, un éditeur coréen propose l'intégralité des disques de musique purement symphonique réalisés par Decca, toujours, dans les années 70 (53 cd et 5 dvd). L'hommage de Membran qui nous intéresse ici est beaucoup plus modeste: dix disques tous fort courts (à l'exception du premier), présentation très spartiate, il est vrai pour un prix dérisoire; rien qui ne soit déjà bien connu. Nous restons d'un bout à l'autre dans les années 40-50, à l'époque où le chef hongrois est au sommet de son dynamisme et de son extraordinaire talent de coloriste. L'anthologie débute par les fameuses et spectaculaires gravures de quatre ouvertures de Suppé avec les Wiener Philharmoniker: un véritable feu d'artifice sonore. Deux ouvertures de Rossini, le ballet du Faust de Gounod et la danse des heures extraites de la Gioconda de Ponchielli complètent de la plus agréable façon ce premier volet, lequel est suivi d'un deuxième tout aussi réjouissant puisqu'il propose une vision de la Gaîté parisienne très haute en couleurs, où l'orchestre du Covent Garden est particulièrement à la fête. Nous passons ensuite à des enregistrements de la radio de Cologne: un Empereur avec Backhaus, une 1ère symphonie de Mahler et le requiem de Verdi, des témoignages de bon aloi, sans plus. Le concerto de Beethoven, à Londres, avec Mischa Elman est une curiosité, déjà publiée par Testament: les minauderies du soliste pourront paraître insupportables au puriste. Ce sont ensuite les deux premières sonates pour violon et piano de Brahms, souvent rééditées, qui voient Solti, maître pianiste, donner la réplique à Georg Kulenkampff dans ces incunables de 1947 et 1948: des modèles de perfection stylistique. Si sa collaboration avec l'orchestre d'Israel fut longue et fructueuse, on sait moins qu'elle débuta très tôt, ce dont porte témoignage le disque suivant, avec une 5ème de Schubert solidement charpentée et une sérénade pour cordes de Tchaikovski sans histoire. Le cd le plus intéressant est sans doute le 8ème, qui rassemble la Musique pour cordes, percussion et célesta, ainsi que la suite de danses de Bartok. Le geste y est éblouissant, la dynamique plus éclatante encore que dans ses témoignages postérieurs mieux connus. Ici, avec une souplesse de félin et une discipline inimaginable, il emmène le philharmonique de Londres dans un monde foisonnant et virtuose, où l'esprit et la lettre sont servis comme rarement. Ce disque justifie à lui seul le joker qui est attribué à l'ensemble du coffret.

Bernard Postiau

Son 8 - Livret 0 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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