La clarinette sublimée par Jörg Widmann

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https://www.franklingraphicsllc.com/Wolfgang Amadeus Mozart
(1756-1791)
Concerto pour clarinette et orchestre en la majeur, KV 622
Jörg Widmann
(°1973)
Drei Schattentänze (2013)
Carl Maria Von Weber
(1786-1826)
Concerto pour clarinette et orchestre n°1 en fa mineur
Deutsches Symphonie-Orchester Berlin, Peter Ruzicka, direction - Jörg Widmann, clarinette
2015-DDD-59’34-Textes de présentation en anglais et allemand-Orfeo C897151A

Le clarinettiste, compositeur et chef d’orchestre Jörg Widmann nous revient au disque avec deux chefs-d’œuvre du répertoire pour clarinette et orchestre de Mozart et Weber, un couplage historiquement logique tant les deux œuvres se rapprochent à bien des égards. Parler de Mozart et Weber, c’est d’abord évoquer l’opéra et plus particulièrement la scène, un genre apparent dans ces deux concertos. Par ailleurs, et comme le souligne Widmann, ne peut-on pas affirmer que l’œuvre de Weber rend d’une certaine manière hommage à l’une des dernières œuvres achevées de l’auteur de La Flûte enchantée ? C’est en tout cas ce que croît, à juste titre, Widmann : « Le dernier mouvement du Concerto en fa mineur de Weber – un rondo espiègle, exubérant – est le développement logique du mouvement final du Concerto pour clarinette de Mozart. Et la mélodie et le mouvement de croches des cordes du mouvement lent de Weber est indubitablement un hommage concret à l’immortel Adagio de Mozart ». En complément, les Trois Schattentänze sont composées par Widmann vingt ans après sa dernière pièce pour clarinette solo (Fantaisie pour clarinette). Le langage s’apparente ici davantage à une volonté d’expérimentation, jouer des possibilités techniques que propose l’instrument, du micro-ton aux claquements de clés. Trois danses caractérisées à chaque fois par une image, une sensation ou un phénomène naturel que sont l’écho, l’eau, et les rythmes africains. Ce qui frappe à l’écoute de ce disque, c’est l’incroyable expertise des différents artistes dans ce répertoire. Dans Mozart – enregistré en live pour éviter de fixer et figer une proposition « studio » - l’orchestre de Peter Ruzicka est transparent, léger, doté d’un sens impressionnant du phrasé et des articulations, créant de fait une belle alchimie avec le soliste. La clarinette, imagée et colorée, apporte fraîcheur et renouvellement au discours et renforce le discours d’un respect permanent des valeurs rythmiques et de la pureté de la ligne. L’« Adagio immortel » - qui laisse place à un Rondo pétillant et amusé - est magique par la communion qui se créé entre le soliste et l’orchestre. Chez Weber, l’orchestre est davantage dramatique, offre un changement radical de registre et d’atmosphère et goûte de la même perfection. Enfin, l’œuvre de Widmann surprend agréablement l’auditeur, une manière de redécouvrir ce magnifique instrument qu’est la clarinette. Jörg Widmann, en se frottant à de nombreuses références discographiques incontestées, présente avec ce disque l’aboutissement d’une réflexion, qu’il ne faut pas hésiter à placer dans sa discothèque !
Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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