Elisabeth Leonskaja à Monte-Carlo

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La Philharmonie de Monaco a eu l'honneur d'accueillir la grande dame du piano, Elisabeth Leonskaja. À 80 ans, elle conserve une vitalité intacte.

Son répertoire immense embrasse aussi bien les classiques viennois que les compositeurs contemporains. Au titre de sa récente actualité : un album chez Warner Classics, entièrement dédié à la Seconde École de Vienne, avec des œuvres d'Alban Berg, Arnold Schoenberg et Anton Webern.

Chez Leonskaja, on perçoit une ferveur et une générosité qui oscillent entre un recueillement extatique, presque en apesanteur, et un bouillonnement rageur, parcouru de vagues emportant tout sur leur passage. C'est une interprète fascinante, au jeu puissant, très personnel, farouche et sans compromis.

Malheureusement, le grand public privilégiant les concerts symphoniques, la salle était bien trop peu remplie. Seuls Martha Argerich et Evgeny Kissin, lors de leurs derniers récitals, parviennent encore à faire salle comble à l'Auditorium. Il serait sans doute judicieux d'envisager une alternative, peut-être avec une salle de 300 à 400 places.

Le récital s'est ouvert avec la Sonate n° 18 en ré majeur K. 576 de Wolfgang Amadeus Mozart, qu'elle a interprétée avec une énergie et une expressivité remarquables.

Un changement d'atmosphère radical a ensuite été proposé avec les Sechs kleine Stücke d'Arnold Schoenberg : de petites pièces empreintes d'un lyrisme suspendu.

Dans la Sonate n° 2 de Dmitri Chostakovitch, écrite en 1942, Elisabeth Leonskaja a retrouvé une terre familière où elle excelle. Le son de son piano, époustouflant, captive et pousse à l'écoute de la première à la dernière note. Leonskaja possède une compréhension profonde des abîmes tragiques de la musique de Chostakovitch ; c'est son âme qui nous guide à travers la vision du compositeur.

Pour clore ce récital, Elisabeth Leonskaja a choisi le compositeur avec lequel elle est peut-être le plus en osmose, Franz Schubert, avec la Sonate n° 17 D. 850. Composée durant des vacances dans les Alpes salzbourgeoises en août 1825, cette « grande sonate » respire l'optimisme et la jubilation, offrant une manière lumineuse de conclure ce moment musical. Est-ce le paysage qu'il contemplait, la vitalité qu'il éprouvait dans cette nature ? Toujours est-il que l'œuvre rayonne de joie.

Auditorium Rainier III, Monaco — 29 avril 2026

Crédits photographiques : J-L Neveu

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