Le choix de couleurs d'Emil Gilels

par
Gilels, Seattle recital

Emil GILELS
The Seattle Recital
Beethoven : Sonate n°21 en ut majeur "Waldstein" - Chopin : Variations sur "Là ci darem la mano" op. 2 - Debussy : Images I - Prokofiev : Visions fugitives n°1, 3, 5, 11, 10, 17) - Ravel : Alborada del gracioso (n°4 des "Miroirs") - Stravinsky : Danse russe (n°1 des Trois mouvements de "Petrouchka" - Bach/Siloti : Prélude en si mineur BWV 855a
2016-DDD-74'47''-Textes de présentation en anglais, allemand, français-DG 479 6288

Le 19 octobre 2016, Emil Gilels aurait eu 100 ans. A cette occasion, Deutsche Grammophon publia en un coffret de 24 CDs "Emil Gilels, The complete recordings on Deutsche Grammophon". Aujourd'hui, nous rencontrons un inédit : le récital que le pianiste donna à l'opéra de Seattle le 6 décembre 1964, un enregistrement privé mais de qualité technique irréprochable racheté par l'étiquette jaune pour le plus grand bonheur des mélomanes. Contrairement à son compatriote Richter, Gilels fut un des rares artistes à pouvoir se produire régulièrement à l'Ouest. C'est ainsi qu'entre 1953 et 1983 il effectua pas moins de 12 tournées aux Etats-Unis qu'il appréciait tout particulièrement. "J'ai laissé ici une bonne portion de ma vie" osait-il dire alors. On ne reviendra pas ici sur l'art de ce pianiste entré dans la légende des tout grands du siècle dernier. Mais l'intérêt particulier de ce CD réside dans sa captation "live" où l'on sent la magie qui opère entre l'interprète et son public; intérêt aussi dans le choix du programme de ce concert dont il manque seulement une pièce jouée alors -la 1ère Ballade de Chopin dont il manquait quelques secondes dans l'enregistrement original. La soirée débute par une vision marmoréenne de la Waldstein -et on regrette encore que l'intégrale des sonates du Maître de Bonn ait été interrompue par le décès du pianiste- suivie de la version pour piano seul des Variations sur "Là ci darem la mano" de Chopin où Gilels renoue avec la fougue de ses jeunes années. Ensuite, un de ses chevaux de bataille, la 3e Sonate de Prokofiev d'une incroyable lisibilité (on se souviendra que c'est à Gilels que Prokofiev dédia sa 8e Sonate) qu'il fait suivre par le premier cahier des Images de Debussy, d'une force intime sous un toucher de velours. Quelques Visions fugitives sont suivies de l'Alborada del gracioso dite dans une incomparable richesse rythmique. En bis : le premier mouvement d'un Petrouchka virtuose suivi du Prélude en si mineur de Bach d'une profonde intériorité. Et, toujours, ce legato incomparable, ce toucher aux mille couleurs, cette pureté sonore dont il ne s'est jamais départi. Un tout grand moment; un récital comme si vous y étiez.
Bernadette Beyne

Son 10 - Livret 7 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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