Deux moments de pure félicité !

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Giovanni Battista PERGOLESI
(1710-1736)
La Serva Padrona
N. Rossi-Lemeni (Uberto), R. Carteri (Serpina), Orchestre du Théâtre de la Scala de Milan, dir.: Carlo Maria GIULINI
Domenico CIMAROSA
(1749-1801)
Il Maestro di Cappella
S. Bruscantini (basse), Collegium Musicum Italicum, dir.: Renato FASANO
2016-59' 24''-Notices en allemand et anglais-livrets non inclus-chanté en italien-Profil Hänssler PH16009

Créée à Naples en 1733, cette Servante maîtresse est restée célèbre pour avoir enclenché la fameuse "Querelle des Bouffons" lors de son apparition à Paris, en 1752. Deux ans durant, la France musicale s'étripa entre partisans de la musique française et ceux de la musique italienne. Plus sérieusement, le petit "Intermezzo" de Pergolèse, destiné à l'origine à divertir le public entre les actes d'un opera seria, contribua au développement du genre de l'opéra-comique, alors naissant. A l'écoute, on comprend sans peine son succès : très bref, il ne comporte que quatre airs et deux duos, aux mélodies simples, jolies, faciles à mémoriser. Et l'intrigue est amusante. Il en existe au moins une quinzaine d'enregistrements. Celui-ci date de 1956 et est dominé par un Rossi-Lemeni en belle forme. Cette basse virtuose, qui fit une éblouissante carrière, entre autres au Met, possède en outre une vis comica qui le sert particulièrement dans cet ouvrage (air "Son imbrogliato io già). Sa Serpina ne démérite pas pour autant, mais elle a moins l'occasion de briller. La soprano italienne adoucit son timbre très noble pour adopter le style piquant requis par la friponnerie de son rôle. Giulini enlève le petit chef-d'oeuvre avec un brio irrésistible. Tout autre est Il Maestro di Capella de Cimarosa. Bien plus tardif (1793), il se présente non comme un opéra, mais comme une scène lyrique pour basse. Un chef tente de répéter avec son orchestre un air ancien (de Scarlatti) puis un air moderne (de lui). Après mille facéties intempestives des instrumentistes, l'exécution peut enfin avoir lieu. Tout cela en moins de 20 minutes. Il n'est pas étonnant que ce petit bijou d'invention soit demeuré au répertoire des barytons-basses, qui y trouvent un rôle en or. Grand rossinien, Sesto Bruscantini y est parfait : très clair, lyrique, mais aussi comique (le début de la répétition) ou joyeusement enthousiaste dans la strette finale "Vi ringrazio miei signori". Le son, fort bon, permet d'admirer les multiples soli de flûtes, bassons, cors ou contrebasses. Cette réédition est l'occasion de réentendre d'illustres chanteurs du passé, et aussi de réécouter deux pépites de l'opera buffa italien : que du bonheur !
Bruno Peeters

Son 9 - Livret 7 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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