Joli, certes, mais pas tout le temps

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Florez

Wolfgang Amadeus MOZART
(1756 - 1791)
Airs d'opéras et de concert
Juan Diego FLOREZ (ténor), Orchestra La Scintilla, dir.: Riccardo MINASI
2017-51' 51''-Notice en anglais, allemand et français-chanté en italien et en allemand-Textes chantés inclus-Sony 88985430862
Le ténor péruvien Juan Diego Florez est l'un des plus illustres belcantistes actuels, et n'a pas son pareil dans Le Comte Ory, La Somnanbule ou La Fille du Régiment. Mais Mozart? L'intéressante notice cite son admiration depuis toujours pour Mozart. Il n'aurait jamais trouvé l'occasion de le chanter et se montre donc tout heureux d'enfin publier un récital de ses airs. Est-ce concluant ? Tout commence bien, avec un furieux "Fuor del mar" d'Idomeneo : l'éclat, la force, l'aisance dans les vocalises, tout y est. Virtuosité que l'on retrouve dans un air d'Il Re pastore. La douceur s'exprime gentiment dans l'air du miroir de Die Zauberflöte, et dans les deux airs de Don  Ottavio de Don Giovanni, chantés piano, stylés, au phrasé magnifique. On revivra cette beauté dans les deux extraits de La Clemenza di Tito, surtout "Se all'impero, amici Dei", l'un des premiers airs qu'il ait étudié, à 17 ans, à Lima, comme il le rappelle dans la pochette. On remarquera l'agilité de la ligne vocale, et les beaux sauts d'intervalle. Pourquoi faut-il que tout cela se brise dans la seconde moitié du récital ? On a une impression de fatigue soudaine avec un "Un'aura amorosa" de Cosi fan tutte indifférent, sans aucune poésie (ce qui est un comble !), et on y note aussi de bizarres et bien inutiles modifications de la partition vocale. Cette baisse de tension se remarque ensuite dans le long air de Belmonte "Ich baue ganz auf deine Stärke" de L'Enlèvement au Sérail, bien chanté évidemment, mais manquant de souffle. En fait, ce récital ennuie parfois : les caractères ne sont pas assez différenciés, la monotonie guette. Florez se reprend un peu dans l'air de concert final, "Misero ! O sogno" K. 431. Les sentiments ici sont plus exprimés, et le ténor, comme s'il se réveillait, passe du désespoir à la fureur, à l'amour puis à la résignation, dans ce mini-drame. La Scintilla est constitué de membres de l'orchestre de l'Opéra de Zurich, historiquement informés. Il accompagne bien, mais on ne peut nier une certaine froideur.
Bruno Peeters

Son 9 - Livret  - Répertoire 10 - Interprétation 8

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